ENCRE
Ou s'est servi d'encres de diverses couleurs dans les chartes et surtout dans les h anuscrils , mais l'encre noire est celle qui a prévalu. On ne trouve qu'un petit nombre de chartes qui soient écrites eu encre de couleur. Ou conserve à Orléans une charte de Philippe 1 qui esl en encre verle, et dont la croix, qui servait de signature au roi, est de couleur noire.
En Italie et en Allemagne on Irouve des diplômes en lettres d'or délivrés aux églises
Ear les princes lombards el les empereurs, e fond de la pièce était même souvent en vélin teint en pourpre.
Les rois anglo-saxons écrivirent aussi des diplômes en encre d'or. Cependant ils se bornaient plus ordinairement à écrire ou à faire marquer à la tête de leurs diplômes ou de leurs signatures, des croix d'or: en quoi ils furent imités par les évôques el les seigneurs de leur royaume (2).
Les empereurs de Conslantinople signaient j habituellement en rouge, bien que le corps , des pièces fût écrit en noir. On attribue la fixation de cette règle à l'empereur Léon, eu 470. Mais la loi qui ordonnait que tout décret ne serait regardé comme authentique que s'il était muni de la signature impériale en cinabre, éprouva bien des exceptions. Cependant l'usage de signer en celte couleur se maintint ches les empereurs grecs jusqu'à la fin. Ils regardaient ce droit c«»miuc une grande prérogative de leur couronne; toutefois ils s'en départirent un peu au xif < siècle, el j firent participer leurs proches j
(i) Mouvtau Traité de DipUxnidiqut, 1. 1, p. 546.
DICTIONNAIRE DE DllLOMATfQUE Cil h ETIENNE.
ENC
parents, pais leilrs grands officiers, comme aune faveur très-honorable; seulement ifs se réservèrent alors la date du mois et de lïndiction en caractères rouges.
Charles le Chauve voulut imiter les empereurs d'Orient, et apposa aussi sur quelques chartes son monogramme en vermillon.
On rencontre enGn des pièces dont les lettres initiales sont vertes, bleues ou rouges; mais ces couleurs sont très-rarement employées dans les chartes.
La conleur plus ou moins foncée de l'encre noire dans un acte, ne peut guère servir de moyen de vérification. Règle générale, la teinte de l'encre doit pâlir avec le temps; mais on se tromperait fréquemment si l'on t'attachait à celte circonstance comme à une preuve assurée et décisive. Tel acte récent a une conleur pâle et jaunâtre, tandis que tel autre fart ancien d conservé toute lafraieheur primitive de son encre. On voit même souvent des différences tranchées dans la teinte de l'encre d'une même pièce et d'un même mot. Il est facile de concevoir combien de causes ont pu modifier irrégulièrement les caractères. L'écrivain n'avaK pas toujours la plome également chargée d'encre,; et détail ainsi nuancer les lettres, que les influences de l'atmosphère ont dû ensuite aflectef plus ou moins.
On a donné beaucoup de receltes pour faire revivre les caractères effacés d'une charte; ■nais, à part la gravité qu'il y a â toucher improdemment à'tfné pièce qnî peut avoir de l'importance, on doit être extrêmement réservé sur cette sorte d'opération, qui n'a le plus souvent que de fâcheuses conséquences. Lorsqo'après avoir passé légèrement de Peau sur le parchemin avec un pinceau ou une barbe de prtfme, on n'obtient absolument aucun résultat à l'aide de la lotfpe, on peut Essayer dé l'essence de citron à une légère «ose; mais je ne conseillerai pas la teinture ue noix de galle étendue dans beaucoup deau; car il est rare qu'après l'opération, qui réussit quelquefois, la pièce no devienne pas entièrement noire et perdue.
Ao contraire des chartes, tes manuscrits wnt amplement décores de lettres d'encre fc couleur. Les litres des Chapitres, les lettres initiales des pages et quelquefois les ou vraintiers étaient écrits en lettres d'or; mais m manuscrits sont très-rares. On teignait, "'«s ces cas, quelquefois lu vélin en pour- *e pour recevoir l'écriture et lui donner Hus d'éclat. On cite comme beau manuscrit ;j letti-es d'or, les Heures de Charles le
Lcncre (Tor a été particulièrement cm-' >u>!*e du vnr au x' siècle, et surtout dans *> missels et les livres saints. Du xr au xnr «cle il est plus rare de rencontrer des let rfsdor; mais on en trouve fréquemment ans les trois siècles suivants. — Au lieu f'icrc métallique on appliquait ordinaire-
ENil 450 ment sur le vélin dis feuilles d'or, qui servaient aussi pour rî>s ornements. On trouve cet usage dès le xr siècle.
L'encre d'argent était peut être f ins fréquemment employée que l'encre d'or dans les manuscrits sur vélin pourpré. Les traces de I argent ayant souvent disparu, ont laissé è découvert un fond vert. Chez les Aneîobaxons les lettres historiées étaient souvent peintes sur un fond noir comme ailleurs* ou appliquait les lettres métalliques sur ïe 'vert et le rouge.
Le vermillon ou cinabre a été beaucoun p us employé que les encres métalliques. Les titres, les lettres initiales, les passages remarquables des manuscrits étaient ordinairement de cette couleur : quelquefois les lettres initiales étaient entrelacées de bleu ou de vert. Ce n'était pas le copiste du manuscrit qui peignait les lettres initiales ou les titres, mais b en un enlumineur : on vCit souvent ces parties rester en blanc par suite de I absence de ce dernier artiste.
Suivant les Bénédictins, un manuscrit dont les quatre ou cinq premières lignes sont en onciale rouge, appartient ordinairement au v ou au vr siècle, tandis que dans les manuscrits du vir et du vnr siècle on écrivait plutôt en rouge les litres que les premières lignes de 1 ouvrage.
ENDKNTURES {Voy. CoARTEs-r-ianas).
ENQUÊTE. Ce terme de procédure a reçu bien des noms au moyen âge. On nommait les enquêtes, en latin, enuuestœ, libri moueitarum, tnquisitionalesartieuli, inquestiù] inqumtio; Ce dernier mot remonte aux temps de I empire romain. r Il y avait des enquêtes dé douze et de vingt-quatre hommes, à raison du nombre des personnes dont on devait entendre le témoignage. Les examens à futur, les enquêtes par turbes {per turbàs), abolies par l'ordonnance de 1C67, avaient pour but d'empêcher, les uns, que la rnôrt des témoins ne fît disparaître la preuve de faits nécessaires pour appuyer des prétentions qui pouvaient dans la suite devenir des sources de procès el les autres de s'assurer de la véritable signification d'un terme de coutume locale et de la manière dont On en usait sur tes lieux.
Recogniiiones , recordum et recordatio étaient aussi des enquêtes. Les témoins devaient déclarer d'abord qu'ils se souvenaient de telles et telles choses sur les objets en litige, etc. La coutume de Normandie fait souvent mention de ces termes, que les Normands portèrent dans la législation anglaise après 1 invasion de Guillaume le Conuuérant.
ENREGISTREMENT. L'usage de l'enregistrement des rescrits impériaux dans les actes publics remonte aux premiers siècles de l'empire romain. Les contrats des particuliers étaient assujettis à la même formalité. En France i'enrcgislremeut continua chez les rois francs jusqu'aux invasions des Normands. Mais il cessa à peu près depuis ce
4ôl
temps pour no reparaître que sous saint Louis, où il était restreinl aux actes publics seulement. Cependant avant ce prince on mail déjà de l'enregistrement, mais les pièces éiaicnl inscrites sur des rôles de parchemin, comme en Angleterre, et non sur des r gislres.
L'enregistrement des lettres royaux au parlement ne commença peut-être pas avant l'an 1372, époque de la publication des lettres patentes du roi Charles V, qui reçurent celte formalité. On lisait an dos : Présentes litière lecte fuerunl et pnblicate in caméra pnrlamenli.... Actum in dicto parlamenlo, etc. (1).
Les formules d'enregistrement n'étaient point uniformes. On trouve également : Visa per gentes compoturum , lecta in sede , visa leeta et correcta per dominos tnagni eonsilii régis ad hoc deputatost etc. Sous Cbarle* VU et Louis XI il fallut mettre sur les ordonnantes, edils et déclarations publiés au parlement la clause : Lecta et publicata, requirente ou audito procuratore gêner al i régis. Dans les vérifications des lettres de Charles VIII , tant par son conseil qu'au parlement, on imita les formules du siècle précèdent.
ENSEIGNEMENTS. Ce mot est un des termes génériques des cliarU s et des diplômes, et principalement de ceux qui furent «i cordés par les princes aux églises. Les enseignements se rendaient en latin par documenta, d'où est venu le nom documents.
EPACTIiS. L'année solaire est de 365 jours rt l'année lunaire de 354. Il y a donc onze jours de moins dans celle-ci que dans cellelà. Ces onze jours, qui s'ajoutent à l'année lunaire commune pour la rendre égale à l'année solaire, s'appellent Epactes. Ce chiffre reste le même dans les années bissextiles, parce que le mois lunaire qui comprend le mois de février est augmenté d'un jour comme le mois solaire. Chacune des années du ryrle de dix-neuf ans doit donc fournir onze jours d'épacle. Il n'y a d'exception que pour l'année du cycle qui concourt avec l'épacto Tingt-neuf,où l'on ajoute douze jours, et cela afin qu'au bout des dix-neuf ans les épacles cl les nouvelles lunes recommencent à marcher dans lu même ordre que dans le cycle précédent.
Voici comment on faisait ce calcul (2). Les épacles s'ajoutaient les unes aux autres tant qu'elles n'avaient pas atteint lenombro 30 : alors elles formaient un mois intercalaire qui, ajouté aux douze mois de l'année commune, entrait dans uneannéc cmboHsmique; et il ue restait donc pour l'épacte que le nombre de jours excédant 30 ; et il faut remarquer que quelquefois l'épade xxix s'est appelée epacta nulla.
J'ai emprunté à M. de Wailly le tableau du calcul des épacles pendant le cours d'un cycle de 19 ans, calcul qui recommence
( t > Secousse. Ordotm., I. V, p. 525.
(i) Un doit faire remarquer qu'il oc * ngit \c\ que d«»
de même à chaque période. Il faut se rappeler que la première année avait toujours 29 d'épacte, qu'à la fin on ajoutait 12 à ce nombre, mais qu'on ajoutait seulement 1 1 à la 3o de chacune des autres années du cycle.
■Ni"
© te
is ^
w ta
la