XV. Srk db l'usqibe
L'ère de l'hégire ou de la fuite, dont se *»menl Ics'mahomclnns, commence du jour* OU Mahomet s'enfuil de la Mecque à Mé line
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Ce jour correspond, suivant l'usage civil, au vendredi 16 juillet de l'an de Jésus-Christ 622 ; les astronomes et même quelques historiens le Axent au 15 du môme mois : cependant l'usage le plus commun est de le compter du 16.
L'hégire se compose d'années lunaires plus courtes de onze jours a peu près que noire année solaire. Son cours se divise en cycles de 30 années, dont 19 années communes qui se composeut de 354 jours, et 11 années intercalaires , qui en ont 355. Les 11 années inlercataires sont les 2', 5% 7', 10«, 13', 16% 18', 21*, 2»*, 26* et 29*. Pour savoir si une année do l'hégire est intercalaire, il faut vérifier quel rang elle occupe dans le cycle de 30 ans : on obtient ee résultat en divisant par 30 le chiffre de l'année dont il s'agit. Si la division no donne pas de reste , c'est que l'aunéc est la 30* d'un cycle dont le quotient même fournil le numéro d'ordre. Quand au contrairo la division donne un reste, le quotient indique le nombre de cycles révolus, et le reste désigne le rang que Tannée occupe dans le cycle suivant.
Les mois de l'hégire -sont composés de semaines, dont chaque jour commence le soir après le soleil couché. Les astronomes arabes nomment caractère d'un» année ou d'un mois le jour do la semaine qui commence celle année ou ce mois. Voici les noms des jours de la semaine arabique et ceux de notre semaine qui leur correspondent.
l**jour, youm el-ahad, dimanche.
2* mur, youm sl-lhani , lundi.
3* jour, youm el-thaled, mardi.
4* jour, youm el-arbaa, mercredi.
5* jour, youm el-kharais, jeudi.
6' jour, youm el-dgioumaa, vendredi»
7* jour, youm cl-sabt, samedi.
L'usage de cette ère étant plutôt du ressort de la chronologie générale que d'un dictionnaire de paléographie, nous renverrons à Y Art de vérifitr les dates et aux Eléments de paléographie de M. de Waîlly pour étudier plus complètement sa concordance avec l'ère chrétienne.
ESTAMPILLE. L'estampille a servi de sceau chez les Romains. On pouvait nonseulcmcnt l'imprimer sur de la cire , mais aussi Ûgurer des caractèros après l'avoir trempée dans l'encre. On voit aussi sur les poleries antiques des marques en creux qui sont dues à des estampilles et retracent le nom du fabricant.
Au xi* siècle on vit des signatures formées à l'aide d'une espèce d'estampille : telles sont quelques signatures de Guillaume le Conquérant , de son père el de son aïeul. Celles, de la princesse Malhilde étaient probable» ment estampillées avec un sceau.
Aux xiii* et xiv* siècles les notaires traçaient les figures si variées de leurs signatures à l'aide d'estampilles.
KVÊQUE , episcopus. Le nom d'évéquo vient du grec episcopos , qui veut dire surveillant, visiteur. Dans certains siècles ce titre n'était pas attribué spécialement à ceux qui en remplissaient les fonctions; des prO-
trcs même furrnt qualifiés episcopi à raison des charges dont ils étaient quelquefois revêtus. Il en était encore de mémo au vin* siècle pour les abbés et les chorévéques aussi bien que pour les prêtres chargés de la prédication (1).
Les papes, évéques des évéques, en prenant lu titre à'episcopus , y ont ajouté différentes qualifications ( Voy. Papb). L°s évéques Turent longtemps sans désigner leur siège dans leurs souscriptions. Au vu* siècle on en voit quelques-uns qui commencent à l'ajouter à leur nom. Les Bénédictins, en citam un
Sri vilége de l'abbaye de Sainte-Colombe de ens, approuvé longtemps après sa date par une assemblée d'évéques, en 695 (2), disent que le seul Godin, archevêque de Lyon, mentionna le nom de son évéetié; j'ajouterai que j'ai vu une copie do privilège primitif dont il s'agit, qui est de l'année 665 , et où figurent des évéques de Rouen, d'Aulun, de Meaux et d'Amiens (3). Cependant on voit encore au xp siècle des évéques signer sans prendre le nom de leur siège.
Les titres pris par les évéques sont trèsvariés. Ainsi ils s'appelèrent sacerdos, pr«byler, servus servorum Dei , humilie, indignus ou peccator episcopus ; celte dernière suscription est très-ordinaire aux vp et vu* siècles. Ajoutons les qualifications de prœsut, autistes, prœlatus, qu'où voit accordées par des papes du iv* siècle, mais qui furent prises par les archevêques de France au ix* siècle. Le titre de vicaires de Jésus- Christ cl apostoliques leur fut donné du ix' au xup siècle, dernière époque où il fut réservé au pape seul; celui de vicaires de saint Pierre fut donné aux évéques au xip siècle. La qualification à'e'céque par la grâce du siège apostolique ne fut guère employée avant la fin du xup siècle; elle remplaça celle A'évéque par la misérie or de divine ou par la grâce de Dieu , et ne devint ordinaire que dans le cours du xiv* siècle. Plusieurs évéques prirent la qualité de rtcaiw des saints patrons de leurs églises. Aux xi* et xii' siècles les évéques choisis dans les ordres monastiques conservaient souvent le titre de frire, et ceux d'Espagne ajoutaient souvent le titre de dom frère N., évéque. Ce nom de frè e avait été donné souvent aux souverains pontifes par les évéques , au moins jusqu'au milieu du v* siècle , et même quelquefois depuis. Les évéques suffraganls de Rome ont pris le titre ù'episcopus urbis Roma ou sunctœ Romanat Kcclesice , qualification qui pourrait causer des erreurs si on u'y avait égard.
Il y avait dans les monastères royaux exempts de la juridiction de l'ordinaire, des évéques choisis par les moines et ordonnés pour exercer les fonctions épiscopales dans les monastères et leurs dépendances ; ils étaient soumis à l'abbé. Ces évéques ont probablement assisté aux fréquents conciles des viip et ix* siècles, où l'on trouve des prélats dont oo ne peut connaître les sièges.
(t) Mabiïlon, Annales bénédict., t. I, 392. Il, W9 «H Ï5IÏ. [*) nouveau TraUé de Diplomuiique, t. V, p. 406.
D'anciens évéques démissionnaires se retiraient dans les monastères pour y consacrer le reste de leur vie à la méditation ; mais ils conservaient leurs titres, quoiqu'ils fussent devenus abbés ou moines. On voit des évéques au concile d'Attigny, en 765, qui prennent le titre d'évéques de monastères et qui sont probablement de ce geure.
Les évéques in partibus infidelium sont titulaires des sièges situé* dans des pays occupés par les infidèles. On les nomme simplement évéques in partibus.
EXCOMMUNICATION. Cette arme spirituelle, dont on fil tant d'usage an moyen ége, était connue de toute antiquité. Saint Paul en présente un exemple terrible. Heu fréquente dans la primitive Eglise, l'excommunication devint aussi commune dans les chartes que les anaihèmes et les imprécations : non-seulement les papes et les évéques en usaient dans les actes publics et particuliers pour arrêter le» envahisseurs des biens des Eglises, mais les moines el les laïques mêmes s'étaient permis de les fulminer contre ceux qui porteraient atteinte à leurs chartes, comme on peut le voir dans le» actes du quatrième concile de Rome, de l'an 503.
Saint Grégoire VII substitua l'excommunication aux malédictions et aux anathèmes terribles dont les bulles étaient remplies avant lui , se contentant de menacer de la privation du corps et du sang de Jésus- Christ.
Les cérémonies qui accompagnaient l'excommunication avaient un caractère solennel et effrayant dont on peut voir la description dans le Pontifical romain. Nous ne parlerons ici que des documents datés où il est fait mention des différentes pratiques qui y étaient relatives.
Le deuxième concile de Limoges, tenu en 1030, contient une formule d'excommunication, lue par le diacre sur le jubé de l'Evangile , contre les nobles el autres gens de guerre du diocèse de Limoges qui avaient refusé la paix à l'évéque. On y voit l'usage d'éteindre les cierges que les évéques el les prêtres tenaient à la main et qu'ils jetaient par terre en disant : « Que leur lumière s'éteigne comme s'éteint celle de ces cierges. »
L'exemple le plus ancien de celte cérémonie, dans les chartes, est peut-être celui qui eut lieu dans l'arte c.ipilulaire de l'an 1 130. par lequel Robert , abbé de Corbie , et si s moines, attribuent les revenus de l'église de Saint- Thomas -des- Prés à l'office du sacristain. Cet acte porte que l'abbé et le» prêtres du monastère, revêtus d'étoles, et les simples moines , tenant de» flambeaux à la main , prononcèrent des bénédictions pour ceux qui observeraient le règlement, et des malédictions contre ceux qui y donneraient atteinte. Tous jetèrent par terre les flambeaux éteints; tous donnèrent les bénédictions et les malédictions par l'autorité do
(3) Bibliothèque de la ville d'Awcrre, histoire cnlc de Sainie-Cutouibe.
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Dieu, de sainl Pierre et du pape Innocent II. Une formule d'excommunication de l'an 1187 porte ce* mol...... : « Sicut txstinguitur lu-
cerna de manibus hostris projecta, sic in die judicii lucerna ejus cadal exstincta , ne possit videre gloriam Dei /Îu7, fiât. Amen.
11 étaii d'usage , aux xr et xir siècles, d'envoyer à Rome les chartes les plus importantes, pour que le souverain ponlife y mil son approbation , et que ses menace!» d'excommunication contre les violateurs en accrussent l'autorité. Un diplôme de Robert II, roi de France, en faveur de l'abbaye de Coulomb, est revêtu de la signature cl d'une formule d'excommunication du pape Benoit IX.
La formule d'excommunication ipso facto ne parait guère plus ancienne que le xm' siècle. On la trouve daus les statuts synodaux de Nantes, rédigés vers l'an 1220; elle y désigne une excommunication encourue