FIE
réellement , sans autre jugement , par les incendiaires, parles profanateurs, etc.
Celte formule d'ipso facto, plus ancienne en France qu'en Italie, a été en usago dans les conciles avant de paraître dans les mandements des évéques ou de leurs ufliciaux. On ne l'a pas rencontrée dans les autres actes ecclésiastiques de ce siècle.
En général, l'analhème et l'excommunication spécifiée et précise ne peuvent se trouver dans un acte antérieur au ix* siècle. Avant ce temps , des auatlièmes et des excommunications prononcées eu termes généraux ne reudenl point un acte suspect, surtout lorsque les usurpateurs des biens du clergé et les violateurs de privilèges en sont l'objet.
EXEMPTION. Voy. Juridiction cl PRIVI- LÈGE.
FACTUM. Ce terme usité dans les tribunaux désignait un mémoire contenant sommairement l'énoncé de la contestation intervenue entre les parties avec les moyens sur lesquels on fondait sa prétention et les réponses à la prétention des parties adverses. La relation ou le récit de l'élection d'Urbain VI, dressée contre Clément VII son compétiteur est intitulée factum. C'est la première fois, suivant Fleury, qu'on rencontre le mol factum employé dans ce sens (1).
Les jurisconsultes anglais appelaient /ottum tout acte solennel destiné à authentiquer nne donation ou un contrat.
FAUSSAIRE. Les Bénédictins ont fait sur ce sujet de longues recherches qui n'ont plus guère d'intérêt pour nous. Il en ressort évidemment que la passion aveuglait les adversaires des archives ecclésiastiques. M. l'abbé Lenglet, par exemple, disait qu'un Bénédictin lui avait rapporté que «sur quinze mille litres qui avaient passé par les mains des premiers auteurs de la Nouvelle Histoire de Bretagne, ils en avaient trouvé plus de la moitié qui étaient visiblement faux et supposés. » Et lorsqu'il dit qu'il n'y avait point de titres faux dans les archives laïques, les Bénédictins lui citent le faux commis par Robert de Beaumont, prince du sang et comte d'Artois, les impostures commises par de Rosières en faveur de la maison de Lorraine , la fausse dispense fabriquée par Antoine de Cambray pour faciliter le mariage incestueux de Jean V , comte d'Armagnac, avec sa propre soeur, etc.
L'opinion du mondesavanl esldepuis longtemps fixée à cel égard. On sait que le nombre des pièces fausses est très-reslreint dans toutes les espèces d'archives ; bien que l'on ait vu des faussaires dans toutes les classes de la société, ils ont été reconnus et flétrit
(I) Histoire ecclésiastique, t. XX, p. 559.
(?) Voyvi le Dictionnaire de droit canon de M. l'abbé
pour leur crime. L'Eglise , comme les gouvernements civils, a toujours sévi rigoureusement contre les faussaires. Les Bénédictins en donnent dans leur VI' vol. des preuves évidentes pour chaque siècle depuis Jésus- Christ. C'est surtout à la fin du xn* siècle qu'on voit la fabrication des fausses bulles
[wussée loin, et qu'Innocent III poursuivit es coupables avec tout le- zèle dont il était susceptible en donnant des règles précises
?>our reconnaître les vraies bulles d'avec les àusses. Ce grand pape, non content de cela, fit attacher à sa lettre circulaire une bulle fausse avec une bulle vraie ; c'est-à-dire un sceau faux avec un sceau véritable, afin de faciliter la comparaison qu'il avait prescrite. Il 6t aussi publier dans toutes les paroisses du monde chrétien une sentence générale d'excommunication, dont il réserva l'absolulion au sainl siège : excommunication qu'il ordonna de réitérer fréquemment contre ceux qui, dans la quinzaine, ne détruiraient pas, ou ne rapporteraient pas les bulles fausses qu'ils auraient en leur possession (2).
FEHIA.Conom étaitdonné aux sept jours de la somaine ; on disait feria 1' pour le dimancbe,/erta7/apour le lundi, feria III* pour le mardi, cl ainsi desuile. CependanlsainlBenoll, dans sa règle, n'appelle de ce nom que les cinq jours après le dimanche, en finissant au samedi ; et les compte feria 2, 3, 5 et 6 (1 oy. Dates dbh fériés).
FETES MOBILES. Voy. Clefs des fetej
MUBII ES.
FETES RELIGIEUSES (Glossaire des). Voy.
aux Dates, § VIII.
F1IÎF. Le fief, feodum, feudum , fevum, était une terre donnée par te roi ou le sei-. gneur à condition de fidélité et de prendre les armes quand il était nécessaire pour sa dé-> feu se. L'origine des fiefs émane des bénéfices,
André, édition Migoe, 1811-43.
3 ai étaient, sons ia 2e race, donnée à charge c service militaire et qui conféraient des droits et des privilèges accrus de plus en plu9 par leurs possesseurs sous les faibles descendants de Charlemagne.
Le feodum est le plus ancien des termes généraux sous lesquels la propriété élait connue au moyen âge. On ne le rencontre pas dans des documents bien authentiques avant les premières années du x* siècle. Cependant, un capitulaire de Chartes le Gros, qu'on regarde comme véritable , quoique la «taie en soit fautive, parle du feudwn. Fevum, el fetsale sont employés, vers 930, dans le testament du vicomte Adhéinar, publié par fialuze (I).
Il y avait vers le milieu du ix* siècle des' fiefs ecclésiastiques. C'étaient des biens donnés par les monastères à des seigneurs qui étaient leurs avoué». Ces avoués jouissaient à titr.« de fief de ces domaines cl en avaient toutes les prérogatives el tous les revenus, à charge de défendre les monastères contre les incursions des Normands.
Dans les xr et xir siècles tout se donnait en fief, dit Brussel (2). Les terres, les droits seigneuriaux, les rentes les plus minimes, tout était matière à fiefs. Le morcellement des fiefs devint extrême. J'ai vu, dans des aveux et dénombrements du xv siècle, des fiefs d'un arpent de terre , de façon , qu'il pouvait y avoir un nombre illimité de ces fiefs sur une seigneurie.
Dans l'origine, les nobles pouvaient seuls posséder des fiefs; mais on comprend que la division qu'ils subirent les fit tomber forcément aux mains des roturiers. Aussi Philippe le Hardi consacra plutôt un fait déjà depuis longtemps existant qu'il ne l'établit par son édilde 127'i, où il permit aux roturiers déposséder des fiefs moyennant un droit de franc fief ; plus lard, au xvi siècle , Henri 111 en ordonnant, en 157S), que les fiefs n'anobliraient plus , entendait sans doute parler de fiefs de dignité.
Il y avait des fiefs de plusieurs sortos^selon» les charges et les prérogatives qui y étaient
atlachées.
On distinguait les fiefs en fiefs milil'aireset en fiefs civils. Il y avail les fiefs purs ou d'hon* fieur, qui ne devaient que la foi et hommage, cl les fiefs conditionnés, qui, outre la foi et hommage , devaient des redevances portées dans l'inféodation.
Les fiefs de dignité étaient différents des fiefs simples. Les premiers étaient tes duchés, comtés, marquisats et autres fiefs qui avaient un titre ; ils s'appcllaicnt aussi fiefs nobles et royaux, parce que le roi seul pouvait les concéder. Aux seconds il n'y avait aucune dignité d'attachée.
Le fief simple était celui pour lequel le vaB* sal nedevait que la foi el hommage à son seigneur sans autres devoirs personnels et militaires ; l'hommage n'était que réel, et non
(J) Edition t>c Rcginon, apoendi*, p. 688. (50 Brussel, Traite des fie ft
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personnel, et cessait du jour où le fief était aliéné.
Le fief lige, du latin ligatu* , lié , entraînait l'obligation d'aller à la guerre , el de faire serment de fidélité à son seigneur pour toute sa vie cl de le servir envers el contre tous.
Le fief noble avait droit de justice haute moyenne et basse, et avait des fiefs tous sa dépendance.
Le fief roturier n'avait aucune de ces qualités.
L'arrière-Ûer était on fief inférieur qui dépendait d'un autre fief, relevant lui-même d'un seigneur supérieur*.
FILS. Les papes, depuis la fin dn v sièc'e, ont presque toujours donné la qualification de fils aux empereurs, aux rois el au* grands. Avant ce lemps il se servaient toujours des titres honorifiques cnécrivanl aux empereurs et aux impératrices.
Celle qualification de fils adressée aux souverains fut accompagnée des épithètesdefrè*elé;nentttrès-pieuz, très- glorieux, vie. En général les papes employèrent, jusqu'au ix« sièelc , pour les empereurs, la formule suivante sans y faire de changements notât) lés : Domino piissimo et serenissimo tictofi at triumphatori fiiio , amAori Dei et Ûomini nosin Jesu-ChristiiU.Âugustoyelc. Leur suscription pour les impératrices était aiûsi conçue : Uominœ pnssimœ M. filice augustee. Pour les rois, les exarques et Tes patrices, ils employaient les litres suivants : Domino excellentissimo atque prcecellentissimo filio Ht. patricio ou régi. Cependant ils refusèrent quelquefois letilredeOls aux rois qui n'étaient pas chrétiens (3).
Les papes ont également appelé fils les èvéqucs cl les ecclésiastiques du second ordre, principalement lorsqu'ils leur avaient conféré l'ordination, ou qu'ils les regardaient comme faisant partie du clergé romain. Si ces prêtres appartenaient à une autre Eglise, ils les traitaient plutôt de frères.
FLEUR DE LIS. L'origine de la fleur do lis comme emblème symbolique a soulevé les opinions les plus contradictoire*
Bullet prétendait que H est uu mot celtique qui signifie roi, el que la fleur de lis est un ornement arbitraire qui veut dire fleur de mi.
Les Bénédictins y virent le haut d'une hallebarde dont la pointe supérieure est accompagnée de deux autres pointes recourbées en bas en forme de croissants, ce qui a vraisemblablementdonné naissance à l'ornement des sceptres et des couronnes, auquel Rigord et les auteurs qui l'ont suivi ont appliqué le nom dé fleur de lis. M. de Foncemagne, qui, avant les Bénédictins, avail développé celte opinion dans un mémoire lu à l'académie des inscriptions le 25 février 1746 1 se fonde sur ce que le mol lilium désigne non-seulement le lis des jardins, mais encore un orne* ment quelconque qui imile les fleurs : c'est,
(5) Blémenu dt paléographie, 1. 1, p. 194,
»S3 FLR
dit-il, ce que nous appelons un fleuron. Il suppose par conséquent que le mot lilium, après avoir été employé dans ce dernier sons jinr d'anciens auteurs, aura été ensuite mal interprété, comme désignant une tleur vérit iblc. Celle erreur, si elle a été commise, dit M. de Wailly, rcmonîcau moins au règne de Louis VII. En effet M. de Foucemagne cite, d'après duTillel, une ordonnance de 1179 que ce roi rendit pour régler les cérémonies qui devaient s'observer au couronnement de son fils : il y est dit que la dalmatique et les bottines du jeune prince seront d azur et semées «le fleurs de lis d'or. Rigord, qui écrivait sous Philippe Auguste , parle aus^i d.-s fl<«urs de lis qui ornent l'oriflamme : Vcxillamfloribus UUorwn distinetum.
Os textes suffiraient pour dter toute espèce de doute sur la véritable origine de cet emblème, si la forme sous laquelle il est figuré était plus ressemblante à la fleur dont il porte le nom; mais la plupart des auteurs n'ont pu reconnaître l'image d'un lis dans l'ornement reproduit sur les contre-sceaux des successeurs de Louis VU. M. de Wailly, sans rejeter absolument l'hypothèse de M. de Foncemagne, en émet une autre qui pourrait bien se rapprocher de la vérité, cl à laquelle on pourrait peut-être accorder touto certitude, si les éléments de comparaison étaient moins varié*. Selon cet auteur, on peut se 'demander s'il ne serait pas plus simple d'assigner aux fleurs de lis l'origine indiquée par le nom qu'elles portent, au moins depuis la fin du xn* siècle. L'examen de l'image gravée au contre-sceau de Philippe Auguste l'amène à conclure que, si elle ne ressemble pas à un lis, elle ne représente pas davantage le Ter d'une halle— bjrJe. Alors, dans le doute, 0 serait plus naturel de s'en rapporter au témoignage des contemporains que de supposer qu'ils ont été induits en erreur par un mol équivoque. En observant de près certains détails qui se trouvent sur t'cmpreinle en question, on reconnaît évidemment deux jets accessoires <|ui s'élèvent à droite et à gauche de la partie supérieure de l'ornement, et qui paraissent destinés à représenter deux étamines. Ces objets ne peuvent être employés dans la figure d'un fer de hallebarde. Si la partie inférieure de l'ornement s'éloigne tout à fait de la forme du lis, elle est représentée autrement sur le premier côté du sceau de Philippe Auguste et sur celui de son père. Ici en effet la forme du lis est bien celle du lis des jardins. Or, comme il est logique de supposer que les monuments les plus anciens unit les plus exacts, en prenant pour terme di: comparaison l'ornement que Louis le Jeune lient à la main droite, on serait autorisé à dire qu'il n'y a rien d'incompatible entre le nom et l'origine de cet emblème (1) Kl ne pourrait-on pas supposer que les graveurs n'obéissant qu'à l'impulsion de la fantaisie, ont créé une figure imaginaire de la (leur de lis, comme on faisait alors des oi-
\\) Elémetm at paUograotue, i. Il, p 82.
(2) Archive* Ue la priCeclure Je l'ïuuuc, fcaJ» -le 1j 16-