‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 168 sur 455 · INS · texte numérisé non relu

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ÎNDICULES. On entend par indiculu* , indiculum, une espèce 1res- nombreuse de pièces qu'on pourrait définir, disent I«s Bénédictins, une notification en forme d'épltre : d'où on leur a donné les noms de Uttera, liiterola, suygestio, suggestiuncula, aptce$, prtrealiones. Ou n'adressait les indicules <|u à des personnes élevées en dignité, toiles ijue les papes, les rois, les évéques, les abbés et les seigneurs. Le fait d'un indicule mire simples particuliers ne s'est encore rencontré qu'uoe fois.

La profession de foi adressée à saint Pierre par nn pape nouvellement élu et celles des evéqoes faites entre les mains des souverains pontifes étaient appelées indiculi.

Ce mol a été pris pour un précepte royal •t pour un édit. Les instructions du pipe Uormisdas à ses légats allant à Conslautioople ont pour titre indiculus»

Cette même dénomination a élé donnée à des lettres de compliment adressées de la part des rois, et aux lettres de créance de leurs ambassadeurs. Les évéques ainsi que l« abbés, en » 'écrivant respectivement, ou en mnoyanl des eulogics , ou lorsqu'il s'agissait d'affaires, intitulaient leurs épllrcs i/iéiculi.

Ou ne connaît pas d'indiculc en form;* d'épi re postérieurement au ix* siècle, ni d'au- « une autre nation, depuis la fin du xi*.

Indiculus s'est dit aussi pour diminutif iindex, liste, catalogue.

INSINUATION. On appcllail autrefois in- » "a lion la transcription ou l'enregistrement '•l is le» registres publics des actes passés "Uire les particuliers, afin qu'ils aient par là i-jus les caractères de l'authenticité.

L'insinuation était pratiquée chez les Romains sous le uom d'allegatio ; c'était alors tous tes registres municipaux qu'avait lieu I iiiserlion des actes ; mais après la décadeuce

Ml SniirroH Tuiili de Diplomatique, t. I, p {50 Otillt* ChrMéMtt, l \ I, ei.1 7 tU.

de l'empire, on cessa de pratiquer cet usage, qui ne fut remis en vigueur que suus Fran-

Sois 1" Ce prince créa, par son édit de 1539, es officiers spéciaux pour recevoir les insinuatious des actes du donations faites entre-vifs. Les greffes des insinuations ecclésiastiques remontent à la même époque; on transcrivait dans ces registres tous les actes relatifs aux ecclésiastiques.

INSTRUMENT. Sous lu nom générique d'instrument, instrumentant, on comprenait au moyen Age un grand nombre de chartes, et spécialement les pièces destinées à faire valoir les droit* en justice. Sous la première et la seconde race on écrivait souvent «frumenta. strumentœ, slromentœ, au lieu d'tnstrumenla. Quand on voulait préciser davantage la nature des pièces on y ajoutait chartarum; de là astrumenta cartarum, etc. Mais on n'avait pas besoin de semblables additions lorsque le sens à' instrumentai était fixé par quclqu'aulre terme , comme publicum, ou quand là pièce se qualifiai! elle-mômc instrumentum (1).

Depuis le xu* siècle on vil fréquemment des titres de donation, de vente et même do testament prendre le nom tl' instrumenta publiée Au xiu* les instruments reçurent un»» épitbètc caractéristique selon l'objet qui y était traité: ainsi, en 120'+, un artc d'engagement esl appelé instrument pijnoratitii (2).

INSTRUMENTS DE L EClUVAIN. Chez les anciens, la profession d'écrivain avait, comme toute autre, ses instruments de Iravait qui consistaient dans la règle, le compas, le plomb, les ciseaux, le canif, la pierre a aiguiser, l'éponge, lu »ty le, le pinceau . I.i plume ou lu roseau, l'encrier ou cornet, l'ecriioire. le pupitre, une fiole pleine de qucl-

3ùc liqueur propre à détremper l'encra evenue trop épaisse, une autre de vermillon avec lequel on écrivait les titres des livres ou dus chapitres el une botte à poudre (3).

(3/ Nouveau Traité de Vii>toniatv,ur, t I

La régularité cl h beauté des anciens manuscrits nous montrent avec quel soin les écrivains s'y appliquaient. A l'aide du compas ils perçaient dans le parchemin des trous également espacés, pour fixer la position de la raie à tracer horizontalement. Deux lignes verticales, tirées du haut en bas de la page, marquaient la largeur d<* la ligne en laissant une marge de chaque côté. Souvcui chacune de ces marges était indiquée par deux raies verticales rapprochées l'une de Vautre : les manuscrits disposés sur deux ou trois colonnes ont chaque colonne comprise entre dent lignes verticales.

Au milieu de la variété que les écrivains apportaient dans la disposition du tracé des manuscrits on a cependant pu reconnaître, dans la comparaison des moyens dont ils se servaient, quelques principes généraux qui peuvent aider à déterminer l'Age auquel apparîit nnent leurs œuvres.

Ainsi jusqu'au xnr siècle on a tracé le? raies avec la pointe du style. Cependant on s'est servi du crayon ou de la mine de plomb dès l< xi' sècle; cet usage devenu ordinaire au xii convient surtout aux deux siècles suivants. Dans I s manuscrit'» p'us récents l'écriture s'appuie souvent sur des ligues rouges.

Selon les Bénédictin*), dit .M. de Wailly, les raies blanches tracé» s horizontalement sur toute la largeur de la feuillu indiqueraient un manuscrit remontant au moins au vit* siècle; mais s'il n'y avait que les deux premières et les deux dernières qui occupassent celte étendue , on ne pourrait regarder le manuscrit comme antérieur au xr siècle.

Comme les raies tracées avec la pointe du style entamaient souvent le parchemin et avaient l'inconvénient de lui faire boire l'encre, plusieurs écrivains avaient la précaution de maintenir leur écriture un peu au-dessus de ces raies. Dans les diplômes, qui ne sont presque toujours écrits que d'un seul côté, on évitait quelquefois cet inconvénient en rayant le revers du parchemin; la pointe du style produisait alors sur le côté opposé une légère saillie qui suffisait pour guider l'écrivain. Lorsqu'il existe dans la marge supérieure ou inférieure d'un manuscrit des points autres que ceux qui fixent la direction des raies verticales destinées à limiter les marges, il y a de fortes présomptions que l'on a employé pour ce manuscrit un parchemin palimpseste. Il faut examiner avec soin s'il ne reste pas de traces d'une écriture plus ancienne dont b s ignés, comme l'indique la position des points, devraient croiser celles de la dernière écriture.

Le style jouait comme on le voit un grand rôle dans la composition matérielle des manuscrits. Les Bénédictins ont publié dans leur savant ouvrage des modèles très-variés decet instrument, qui servait non-seulement a tracer des raies sur le parchemin, mais encore a écrire sur les tablettes enduites de cire ou do craie, sous le nom de graphium tt

ll\ iuiiq CXji' tj. i III. part, n, tir. 5, li G

de stylus. Dans ce dernier cas, on se servait de la pointe du style pour tracer les caractères, et de l'autre extrémité, qui était aplatie, pour les effacer.

Il est inutile d'entrer dans de longs détails i sur l'usage des ciseaux , qui servaient à rogner les inégalités du parchemin; du canif, de l'cncri' r, de l'écriloire, étui où l'on serrait les plumes ou les roseaux, et dont quelques-uns étaient faits de manière à servir de règle ; de l'éponge propre à effacer les erreurs quand l'encre était encore humide, etc. Nous terminerons cet article en transcrivant un passage du Nouveau Traité de Diplomatique sur les roseaux, les plumes et les pinceaux.

« La canne , le calamus ou le roseau. arundo, juncui, fut l'instrument ordinaire des écritures faites avec des liqueurs, longtemps avant qu'on se servit de plumes. David compare sa langue au calamus d'uu écrivain qui écrit rapidement. Ce calamus est interprété jonc par Aquila. L'Egypte fournissait beaucoup de ces joncs ou roseaux. Dateharlis habiles calamos Memphitica tellus, dit Martial. Perse décrit les défauts du calamus qu i, qualifie nodosa arundo. Les Grers des l.a< siècles continuèrent de se servir de canm » qu'ils tiraient de la Perse. Encore aujourd'li 1 les Orientaux, Grecs, Turcs, Persans, et .

font le même usage de ces cannes I) i

temps de Pline on donnait la préférence • <t calamus d'Egypte, de Coidc et du lac An>< en Asie... Les patriarches d'Orient croy.ne t autrefois qu'il était de leur dignité de sou>crire avec des plumas d'argent.

■ Celles d'oies , de cygnes , de paons . «'■.• grues cl d'autres oiseaux sont en OccMrrt depuis bien des siècles les seuls inslruincc * immédiats de l'écriture qui se fait sur le parchemin ou sur le papier. Mais à quel terne* en doit-on faire remonter l'origine? li <•>< assez iiii turel d'inférer d'un texte de l'Anonyme, publié par Adrien de Valois, qu'eu écrivait avec des plumes dès le v* sièc'e. Théodoric, roi des Ostrogoths, se servit, selon cet ancien auteur , qu'on dit être co < lemporain, d'une plume pour souscrire le* quatre premières lettres de son nom. On ci un vers de Ju vénal qui ferait remonter jusqu'à son temps l'usage des plumes â écrire, si on ne leur appliquait pas nue métaphore tirée des ailes des oiseaux , et que Ce poil? semble avoir entendue dans un seus fort ditférent de celui de nos plumes.

« La plume à écrire (1) ne peut ôlregucioi moins ancienne que Juvénal, au jugement d'un savant moderne; puisque Isidore, qui, comme chacun sait, ne parle ordinairement que des anciens usages, dit que les instro inents des écrivains étaient la canne cl h plume, que la canne était tirée d'uu arbre, et ta plume d'un oiseau, et qu'on la feuda I en deux pour écrire. Saint Isidore n'aura p;n sans d iutc été tellement occupé des ancien usages qu'il n'ait eu égard à ceux de s< i temps. Celui de la plume était donc déjà tout

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commun au Tir siècle, et celui de la canne n'était pas encore passé ; suivant Browerus, on se servait de la canne ou du culamu$ pour .es lettres onciates et majuscules, et de la plume pour les petits caractères.

« S'il nous était permis ici de recourir à des conjectures fondées sur les traits île l'écriture courante, nous donnerions les diplômes mérovingiens aux calamus, ainsi que les chartes romaines dont l'antiquité remonte encore p'us haut. Àu vitr siècle la plume et la ranne auraient, en France, érnt toar à tour les diplômes; mai* la plume aurait insensiblement pris le dessus. Au siècle suivant, le roseau n'aurait presque plus été admis à écrire le corps des actes émanés de la puissance royale, quoiqu'il ne Tut pas exclu des signatures, et que les bulles des papes cl les actes synodaux le préférassent encore a la plume.

« L'abbé de Gndwic observe fort judicieusement qu'au défaut de textes clairs des auteurs sur l'antiquité des plumes, on peut s'en tenir aux peintures des anciens manuscrits. Dom Mabillon en cite deux, l'une île l'abbaye de Hauviltters, du temps de Louis ie Débonnaire, et l'autre de l'abbaye de Saint-Ainand, du x* siècle. La première nous offre le portrait des évangé'.istes tenant des plumes à la main; la seconde représente dans la même attitude Baudemond, ancien écrivain de la Vie de saint Amand. Il ne s'ensuit pas qu'aux îx* et x' siècles l'usage des cannes fût totalement aboli, mais bien qu'on se servait de plumes, même pour écrire les manuscrits. Après tout, quand les cannes n'auraient plus é:é employées dans les manuscrits, on n'en pourrait rien conclure par rapport aux diplômes.

c Comme on remarque dans ces derniers des traits nels et dégagés qui semblent caractériser la plume, on en obsene d'autres obscurs et grossiers qui paraissent nous annoncer le calamus. Supposé que la canne fût encore alors de quelque usage en France pour transcrire les manuscrits, au xu* siècle Pierre le Vénérable ne connaissait plus que celui de la plume.

« On n'avait ordinairement recours au pinceau que pour former des lettres en or ou en cinabre. Les Chinois n'omit point encore aujourd'hui d'autre plume. C'est avec le pinceau trempé dans l'encre de la Chine qu'ils peignent leurs caractères. Les empereurs grecs se sont servis du pinceau pour souscrire, mais on ne peut douter qu'ils n'aient aussi usé des plumes, soit ordinaires, soit de quelque métal, quand on a vu quelques-unes de leurs signatures, r^ayi; pouvant également signifier le calamus et le pinceau, on ne sait si l'empereur Justin employait l'un ou l'autre dans ses monogrammes. On pourrait dire la même chose de ceux de quelquesuns de nos roi*. Au jugement de quelques gens de lettres, l'écriture deslivres d* linge, si t éièhrechez les llom tins, n'était pas peinte atec le calamus, mais avec le pinceau (i) ».

1NTKRLIGNE. [Voy. Apostille.)

(t; Sourtau TraM de Diplotmiiqitc, 1. 1, p 330.

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IN\ ESTITUUE. L'investiture, du latin rrstire, était l'envoi en possession de la chose vendue ou donnée, et servait de complément indispensable aux actes de donation ou vente, qui n'établissaient que des droits à la possession, sans mettre le iitulaire à même d'entrer en jouissance. La cérémonie de l'investiture, souvent annoncée dan« les actes ( Voy. Annonce), avait lieu par les symboles U t plus arbitraires et qui étaient conserves avec soin dans les archives avec les chartes dont ils dépendaient; mais le temps et l'ignoranec les ont détruites. On y rencontrait d s rouleaux, des pailles, ries vases sacrés, des livres d'église, une pièce de monnaie, un chapeau, une agraire, des lunettes, une canne, une broche, des fragments de pierre, de marbre, de bois, etc., etc.

Le plus usité de ces symboles élait le bâton, au moins jusqu'au xn* siècle; d'où est venu l'axiome des anciens jurisconsulte : Tu venditor, fuslem illum investito; tu ea>~ ptor, fustem tllum manu capito. Le même siècle et le suivant sont les deux époques où l'on employa les objets les plus rariés et l< s formes les plus diverses pour les actes d'investiture.

Au xiv sièc'e les marques d'investiture étaient encore très-variées; mais une des [dus communes, surtout dans le Languedoc 2), é'ait le opuchon, dont on usait également dans tontes les classes, et qui servai: de signe d'investiture des fiefs et des dignités.

L'investiture était une cérémonie d'une si grando importance, que, dans la transmission des différentes espèces de dignités, 0:1 la pratiquait soigneusement, et que le possesseur de cette prérogative veillait scrupuleusement à ce qu'on n'y portât aucune atteinte. Ainsi on sait que 1 investiture des évéques se Taisait par la crosse ou l'anneau. Tout le. monde connaît les longues querelles qui se sont élevé «s, aux xr et xir siècles, entre l s papes et les empereurs d'Allemagne, para* que ceux-ci » 'arrogeaient le droit d'instituer ainsi les prélats et les abbés des monastères, cl usurpaient en cela les signes de l'autorité spirituelle.

Pour jouir de son fief il fallait que le possesseur en reçût l'investiture de son suie rain. Par celte cérémonie, à la fois religieux cl militaire, le vassal s'engagait envers la seigneur, et celui-ci envers sou vassal. Celui qui recevait le fief se mettait à genoux devant le seigneur, cl plaçant ses mains dans les siennes, lui jurait foi et hommage; alors lu seigneur lui conférait le fief pour en disposer suivant les lois féodales.

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