INVOCATION
Les anciens peuples avaient coutume d'invoquer les dieux au commencement de leurs *>cles importants. Cet usage fut anobli p.<r les premiers chrétiens, qui enmmençaie.'t toutes leurs entreprises par les signes sacrés de leur foi. Les monuments païen graphiques nous offrent, sous ce r.tpput, de nombreux exemples. L'invocaiiou , qui
(2) D. Vajseuc, Bixt. du Languedoc, \ IV. p. oH>.
se rencontre quelquefois dans le corps ou même à la fin des actes, se trouve cependant l« plut souvent en tôle des diplômes cl des chartes. C'est tantôt une formule expresse adressée à Dieu, à la sainte Trinité, à Jésus-Christ et mémo a des saints, pour obtenir leur protection; et tantôt un sigue moiiogrummntique , dont la figure reproduit plus ou moins bien les principales lettres de l'invocation esprnsse.
Voici quelques unes des formules d'invocations expresses qu'on peut rencontrer : In Dei nomine, In Christi nomine, In nomine Domini, In nomine Domini noslri Jesu Christi, In nomine sanctœ et individuœ Trinitatis, In nomine Domini Dei et Salvatoris nostri Jesu Christi amen, In nomine Putris, et Filii, ctSpiritus $anctifnecnon B. Mariœ Yirginis, ou S. Michaelis archangeli, ou S. Slephani protomartyris , 5. Sepulchri Domini noslri Jesu Christi, etc.
L'invocation abrégée, probablement on souvenir des premiers chrétiens, représentait le plus ordinairement le monogramme de Jésus-Christ, formé des caractères grecs XP , auxquels on ajoutait, suivant les cas du mol Chris tus, les lettres latines S, 1, 0, M. On employait aussi le X seul ou le X traversé par le P placé entre les deux branches supérieures Ce dernier signe, connu sous le nom de labarum, est attribué à Constantin, auquel il apparut dans le ciel, et qui le fil broder sur sou étendard et l'employa dans ses diplômes et ses monnaies. Le labarum figure à la léte do plusieurs bulles des papes et au commencement de divers dip.ôines des rois de France, d'Angleterre et d'Espagne cl de quelques chartes d evéques et d'abbés. Quelques copistes ont rendu ce mouogramme par le mol pax au lieu de Christus ; mais c'est à tort. Les lettres grecques 1HS , 1S ou 1C doivent se traduire par Jésus. La lettre C du dernier monogramme so mettait souvent pour le 2, surtout dans les inscriptions.
L'A et 1*11, symboles de l'éternité, accompagnent souvent tous ces noms du Christ. La croix seule a servi aussi à exprimer l'invocation, soit en léte des actes, soit en téle des noms des témoins ou des signataires, il est arrivé à des savants de prendre cette lettre mal formée pour un Y.
Mais, parmi les invocations abrégées, il n'y en a pas qui aient plus embarrassé les antiquaires et fait naître plus d'explications que celles qui consistent dans ces traits lougs et entortillés, placés eu tôle des diplômes de nos premiers rois et devant leurs signatures ( Voy. à l'article Ecrituue le [ne suinte u* 29j.
Les Bénédictins disaient de leur temps que jusqu'alors elles avaient été plus inconnues que les hiéroglyphes d'Egypte. On ne les regardait que comme des signes arbitraires et sans signification. Cependant ces doctes auteurs y « connaissent toujours la lettre 1, dans le grand Irait vertical ; cl ou y voit qncli|ucfo;s des C, des X. des N et d'autres
ttj Nouveau Trait d. Uii-lo <u.ti]iie, l IV, ;.. tW.