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IL INVOCATION DANS LES DIPLOMES ET LES CHARTES PRMÉBS

Aux vr et vn* siècles. L'absence de documents ne permet pas d'affirmer que les rescrits des empereurs lussent précédés des formules d'invocation avant le vr* siècle ; mais on sait que la formule In nomine Domini nostri Jesu Christine trouve en léte de quelques constitutions deJustinicu; ses successeurs commencent leurs édits et leurs lettres par des invocations expresses.

Les rois francs de ces siècles no mettent a la tôle de leurs diplômes que le signe de la croix, ou ces monogrammes composés de (rails entortillés, dont nous avons parlé dans le § I Il faut observer néanmoins que l'invocation expresse n'est pas entièrement bannie de leurs actes , c. r on en voit une à la fin du diplôme de Clotis I * pour la fondation de l'abbaye de Mici près Orléans, laquelle est ainsi conçue : In nomine sanrt,r individwe œt/ualis et consuùstantialis Tnnitatis; et une autre au commencement d.- Dagolx't't 1 », rapportée par Ai moin, et où la sainte Trinité est également invoquée.

Les diplômes des rois lombards et de ceux d'Angleterre font quelquefois mention de l'invocation explieile; mais ces derniers présentent plutôt l'invocation cachée.

Au viir tiède. Les derniers rois francs continuent d'imiter leurs prédécesseurs , et n'ufTrentque des invocations monogrammaliqucs. Orloman, qui fut maire du palais en Auslrasic, donna en 7i2 un diplôme où l'invocation de Jésus-Christ est expresse au commencement. Sous Pépin le Bref ou ne trouve d'autre invocation explicite qu'en avant de la souscription. On cite cependant on diplôme de 743 qu'il donna étant encore maire du palais , el qui commence par les mots, in Deinomine. Charlemagne , avant d'être empereur, débute rarement dans ses diplômes par une invocation expresse; c'est toujours un signe monogrammatique qui précède son nom.

11 est encore asseï rare de trouver dos invocations dans les chartes privées de France , tandis que l'usage en était alors assez répandu en Italie.

Les diplômes des rois lombards et anglosaxons offrent quelquefois des invocalions expresses, mais ce n'est pas d'une manière régulière, surtout chei les derniers.

Au ix* siècle. Charlemagne, après son avènement A l'empire, employa bien plus fréquemment qu'auparavant les invocations explicites en léle de ses actes. M. de Vailly rapporte que. sar près de vingt diplômes ci les par dom Bouquet, il n'y en a que deux qui un renferment pas l'invocation In nomine Paint et Filii et Spiritut tanctit tandis que dans 1rs diplômes royaux, il y en a à peine un sur vingt qui débute par une invocation, li ajoute fort justement qu'il faut donc reconnaître que depuis le couronnement impérial de Charlemagne, il s'était fait daus les formules des actes un changement analogue A celui qui se remarque dans l'écriture des chartes el des manuscrits (i).

Louis le Débonnaire débuta par la forroule In nomine Domini Dei çtlerni et Saltalorit nottri Jetu Ckritli, qui fut reproduite dans les chancelleries des fils de ce prince, dans celles de l'ompereur Lothaire et des rois de Bavière el d'Aquitaine. Ou la trouve encore très-répandue aux x* et xi* siècles, ainsi que la formule In nomine sanctœ et individu* Trinitatit, qui distingue les diplô- ' mes de Charles le Chauve de ceux de Charlemagne.

Les rois des diverses parties do l'empire démembré continuent A employer les invocalions de la sainte Trinité ou des deux, premières personnes seulement.

Les chartes privées de France et d'Italie sont ordinairement précédées d'invocations.

Au x* siècle. Les derniers Carlovingicns invoquent la sainte Trinité, à l'exception de quelques diplômes où on lit : In nomine Domini Dei Salvatorit nottri Jetu Chritti. Hugues Ciipet ae sert des invocations les plus variées des noms des personnes divines.

[\)Elànenlt de paléographie, l. 1, art. Coaiumaok*. Diction*, db Diplomatique.

rst i»

Les rois el les empereurs d'Ail magne mettent à la léle de leurs diplômes et av.'ut l'invocation un grand C, le plus souvent accompagné do traits entrelaces . ee <|ui parait élre un reste de la formule In CJui&ti nomine.

Les rois d'Espagne , d'Angleterre et d Ilalie emploient de même diverses formules pour leurs invocations

Au xi* tièele. La multiplicité, des formules d'invocation dans toutes les chancelleries ne permet pas de les rapporler. On ne citera que les exceptions qui sont en dehors de» termes habituels de la Trinité, ou du nom du Père, du Fils, cl du Sainl-Espril.

Les chartes du roi Robert oui des formules extraordinaires, telles que /»» nomtne tummi et œterni régit Domini Jetu Chrisii, omnium redemptorit ; In nomine Jetu beniqni omnifx corde tupplici tuo miserantis: Cuhtittentit in unilate Deitalit tummœ et incoinpreJtentibilit Trinitati» in nomine ;el Henri I" In nomine creaturit et gubematorit cunclor«m, etc.

Celles d'Espagne se distinguent par leur singularité. Le roi Sanche commence ainsi un diplôme : Ad honorem tummi et œterni régit Patrie et Filii et Spiritut tancti. El Alphonse VI, en 1083 : In nomine Domini, qui e*l trinut et unut, Pater et F Mut et Spiritut tanetnt. On y voit aussi le monogramme de Jésus-Christ , l'alpha el l'oméga , el des croix de diverses formes.

En Angleterre , Edouard le Confesseur commence une charte par ces mois : In onomate summi Kyriot omnia jura regnorum gubernantis. Guillaume le Conquérant reui-

filare quelquefois toute invocation par le cbnrum; et les Charles d'Ecosse n'ont presque jamais d'invocation.

Les chartes privées de France sont fréquemment pourvues d'invocations variées, mais dont (a plus ordinaire est celle de la sainte Trinité.

Au xii* tiède. Les trois grandes formules générales du nom de la sainte Trinité, ou du Père, et du Fils, ou bien du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, continuent à dominer daus tes invocations de ce siècle. En France, on les trouve toutes trois dans les chartes des b irons comme dans celles des rois. En Allemagne, on ne trouve prosque que celle de la sainte Trinité précédée du sigle C. Les deux espèces d'invocations te voient aux diplômes d'Espagne. Ceux d'Angleterre en manquent quelquefois, et ceux d'Ecosse en sont tous dépourvus.

Même variation dans les invocations des chartes privées qu'au siècle précédent, en France et ailleurs.

Au xiu* tiède. Les invocalions ordinaires continuent de se rencontrer dans la plupart des diplômes solennels de* rois de France, qui se distinguent par les années du règne et de l'ère chrétienne, par l'apposition du sceau el du monogramme, et par la présence des grands officiers de la couronne; mais beau-

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coup d'autres chartes moins solennelles en sont dépourvues.

Les ducs et les comtes distinguaient de môme leurs chartes solennelles de celles qui l'étaient moins.

Dans les autres chancelleries de l'Europe, on commence à négliger l'usage de l'invocation, et le plus grand nombre des charte» privées de France en est dépourvu. En Italie on en rencontre encore assez souvent.

Au xiv' siècle. Depuis Philippe le Bel on ne trouve plus d'invocations dans les diplômes royaux , non plus que dans ceux des grands barons. Cette suppression est à peu près générale par toute l'Europe. Cependant quelques diplômes d'Allemagne présentent encore, jusqu'à la fin duxv* siècle, quelques invocations réelles de la sainte Trinité. On cite enfin l'acte de cession de l'empire de Conslantinople fait à Rome par André Paléologue , despote de Morée, en faveur de Charles VIII, qui porte pour invocation ces mots : In nomine omnipotentis Dei ac indioiduce Trinitatis.

Les actes des particuliers passés devant les notaires commencent ordinairement par des invocations, mais les autres actes en sont dépourvus. Il en est de môme des testaments. Le xv* siècle voit encore quelques actes notariés suivre les anciens usages; et, dans les deux siècles suivants, il n'y a plus guère que les actes des notaires apostoliques cl les testaments qui soient pourvus de formules d'invocation.

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