‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 196 sur 455 · M AN · texte numérisé non relu

M AN

IW, antérieurement à ce prince, que la mauvaise orthographe qui s'y rencontre à chaque pas. Nous ferons remarquer en passant qu'il en était de même alors dans les chartes.

Nons allons continuer de décrire quelques manuscrits de ces temps; car c'est par la connaissance des caractères variés de ces monuments qu'on peut arriver à en apprécier l'âge. »

5a ne tt Hieronimi Commtntariorum in Jeremiam libri sex (bibliothèque du roi, n9 1820). « Ce manuscrit d'écriture mixte a, disent les Bénédictins, sept pouces de largeur et dix de hauteur. Il vient originairement de l'ancienne abbaye de Mici ou de Saint-Mesmin. Les textes du prophète sont marqués en marge par deux petites s, comme des guillemets souvent verts , mais déteints. Ces deux lettres hb , traversées par une ligne horizontale , marquent le texte hébreu. Excepté le second cahier el les pages 100 et 110, dans ce manuscrit toul est du même temps , mais non pas de la même main. La plus ancienne de toutes les corrections est celle qui est eu encre verte. Elle parait du temps môme du manuscrit. 11 y a quelques sommaires en notes de Tiron. Plusieurs feuilles de parchemin sont très-fines , et d'autres assez grossières. Le manuscrit semble beaucoup plus ancien que l'abbé Pierre, qui vivait sou» Louis le Débonnaire, et qui marque à la première page qu'il l'a corrigé. Les solécismes sont trop fréquents, et l'orthographe trop irrégulière pour supposer ce manuscrit du IX' siècle ni même de la fin du nir, sous Charlemagne. Ou n'aurait pas de peine à le faire remonter jusqu'au vir. Quoi qu'il en soit, il e»l antérieur au renouvellement des lettres sous ce premier empereur français (2).»— « Il y a dans ce manuscrit une assez mauvaise orthographe, des e pour des t, des t pour des d, des c pour des q, des p pour des 6, el des b pour des p. L'intervalle entre les mois est très-petit. Il y en a d'aussi grands entre les syllabes el les lettres, et ces espaces ne sont que d'un quart de lettre. Les premières lignes qui font le commencement du premier livre sur Jéréiuie, ont été d'abord écrites en rouge ; mais comme elles s'étaient effacées , elle» ont été récrites avec de l'encre ordinaire, le tout en onciale... Les corrections de ce manuscrit sont souveqt faites "èn grattant de maur aises lettres. 11 arrive assez souvent que le premier texte vaut mieux que la corror lion... II y a de temps en temps à la tin des pages une moitié de mot qu'on ne veut pas porter à la page suivante ; mais ce n'est pas une réclame. Au feuillet 216 on trouve une page entière restée en blanc, à cause que l'cucrc a un peu pénétré le vélin , qui est d'une extrême finesse (3). » — Les Bénédictins font remarquer en outre que les liaisons de lettres sont fréquentes , que presque tous les points sont de la main des correcteurs , et qu'on ne se sert point de lettres capitales au commencement des noms propres.

(S) .Ventées Traité de Diplomatique, t. W, p. 178.

Code Théodosien (bibliothèque du roi, an* pitre de la première Eptlre de saint Jean, clen fonds latin, n* kk03). « Quoique ce livre mais le 8* y est avant le 7* en celte manière; ail appartenu à la bibliothèque du roi dès le Spiritus. aqua. et sanguis, et Ait très unum temps de Charles IX, Claude du Puis en a élé sunt, et très sunt qui testimonium dieunt in possesseur. Il parait do viu* siècle, mais an- caelum, Pater, Verbum ei Spiritus, et hiitret térieur à Charlrmagne. Il a dix pouces de unum sunt in XPO IHO. Les trois derniers hauteur et sept de largeur. C'est plutôt l'in- mots sont la fin du verset précédente! ne s* lerprélallon que le code des lois, qui ne pa- trouvent point dans notre Vulgate. Ils sont raissetit que quand elles sont les mêmes que même superflus, comme semblent le marquer l'interprétation... Dans ce manuscrit du roi, les deux obèles qui s'y rapportent. Il n'en 1rs mots sont le plus souvent séparés , mais est pas de même du 7* verset. Les deux asiéil en est beaucoup qui ne le sont pas, ou qui risques mis en marge signifient qu'il a été le sont où ils ne doivent pat l'être. Ce der- omis par la faute des copistes et qu'on l'a nier article est fréquent et très-remarquable, restitué. Mais comment aurait-on pu le ré- Les barbarismes et les solécismes sont fré- tablir, si on ne l'avait trouvé dans des exem-

Jnents. Outre l'écriture capitale, onciale, plaires plus anciens et plus exacts ? Cette eml-onciale, et la petite cursive romaine marque d'une omission reconnue au vin* qu'on pourrait qualifier demi-cursive, la mi- siècle, est assurément importante et le tnanuscole lombaidique de la seconde espèce, nuscrit où elle se trouve ne peut être plus dont le corps des pages est écrit , appartient récent que ce siècle. Les titres sont en lettres à différentes mains. Quoiqu'on trouve assez d'or et te texte en lettres d'argent. Il est cotnsonvenl un reste de mot au bas des pages, ce posé de vingt-cinq cahiers, régulièrement à ne sont point de véritables réclames : ce n'est quatre feuilles ou huit feuillets, qui font

que pour ne pas rejeter une moitié de mot à *i ize pages. La signature des cahiers est lou-

l'autre page. Ceci est fort ordinaire dans les jours en chiffre courbé, simple , sans orneanciens manuscrits... Les titres de ce manus- ment et même sans point. Elle est placée sor crit sont en rouge. La formule Dat. est aussi le verso de chaque dernier feuillet, vers le communément écrite en vermillon. Sur les fond de la marge intérieure. Chaque page est

rubriques il y a un vernis métallique , qui di visée en deux, colonnes. II y a deux lignes a

parait avoir été de plomb, mais souvent il a chaque extrémité et trois au milieu. Les per-

disparu (t). • pcndicolaires sont terminées par des pointi

Momies sur Job, par le pape saint Gré~ perçants. Ceux de chaque horizontale sont

$oire (bibliothèque du roi, n* 2206). « L'é- plus directs. Les lettrines sont entre les deox

criture de ce manuscrit est en onciale méro- parallèles. Les fins des lignes entrent souvent

vingienne, A double et gros trait, du vu* au dans l'espacedes deux premières perpendico*

mi* siècle. On y emploie les e pour les t. La lairrs. Quoiqu'on ne laisse pas découper les

fioesse extrême du vélin est cause qu'on mots, on y emploie aussi souvent pour abré-

laisse quelquefois des demi-pages et même gcrlesçaveccédille elles autres conjonctions

u>s pages entières sans écriture ; sans parler de lettres et même les abréviations ; — les mots

dos lignes et des demi-lignes, parce que ne sont qu'à demi distingués. Le point est a*«

l'encre a pénétré. C'est ce qu'il faut bien re- *''Z exactement marqué au bas. Au milieu il

marquer en général, afin qu'on ne suppose vaut la virgule, et souvent il en prend la

pas des lacunes là où il n'y en a point. Ce forme. Il y a des rubriques en lettres d'argent,

manuscrit parait avoir été corrigé au ix* mais qui commencent toujours par un H en or.

siècle, comme on en juge par quelques mots C'est pour marquer les renvois. 11 y a beau-

ajoulés de temps en temps. Car les correc- coup de conjonctions de lettres et de liaisons,

lions les plus fréquentes ne consistent que L'u est souvent sur le q; nul point surlT.

<l.:ns le changement de quelques lettres , L'n est mise pour l'ut, le e pour le 6, l'o pour

< <onme des e en t, des points et des virgules, l'u, le t pour le d et le d pour le / , l't pour

Au temps que le manuscrit fut écrit, elles y 1>. comme dans conplacuit, regnavit pour

tenaient lieu de points. Ceux-ci sont suivis regnabit, popolum , aput , quodquod pour

•l'on espace blanc, et serVent pour toutes les quotauot, vindilum, adulescentis, octobti,di-

dispensions de temps. Le grand nombre de scendit,discipolis, reddedit, conplieassit pour

fuites d'orthographe, et les mots sans sépa- eomplicasset , ebdomata pour hebdomada.

i a lion et sans nulle distinction, prouvent Toutes les stations de Rome sont marquées

♦•ut- ce livre appartient ou à la fin du vu' dans ec livre des leçons tirées des Epi 1res et

m!*t,!o ou au commencement du suivant. En- d<?s Evangiles. Les solécismes n'y sont pas

lia ce manuscrit n'en cède guère pour les rares. On y trouve feria vu pour sabbato (3) » • <<!éns:iies cl la mauvaise orthographe aux Glossarium antiquissimum quod pulatur

«ii;! ornes les plus barbares (2). » Ansileubi, 2 vol. in-folio maximo vui

Les h'pUres et (es Evangiles de saint c uli , litleris Longobardicis (biblioth. du rui .

Jtan. tCe manuscrit, de la bibliothèque de fonds Saint- Germain ). Ce manuscrit, d.l

M. le prince de Soubise, est en oncialo caro- M. de Wailly, a un pied neuf pouces de hao-

l:ne à plein trait cl demi-tranchée, arrondie, leur sur près de quatorze pouces de largeur,

l'arme et à queues courbées. LVxcmple que Les Bénédictins le placent au vur ou au tv

m us en donnons dans notre planche con- sièi l-'. Nous serions porté à croire qu'il est

ti.nt les célèbres versets 7* cl 8* du v çha- plutôt du ix<\ En effet l'écriture lorabar-

(i) Xo-veau Tiaùétle flivloimtùiut, < lit. p 76-77. I') Soutciu Tmitide Diplomatiqiu; t. III, p. t*.

\i] S'U'wt Tmiié de IU: h luù/Hf, < Ut, p. 173.

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