‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 205 sur 455 · IV. MOINES ET RELIGIEUX · texte numérisé non relu

IV. MOINES ET RELIGIEUX

La distinction établie entre ces deux ter*, mes était Traie dans certains cas : on appelait proprement moines les membres de l'ordre de Saint Benoit et de ses innombrables filiations ; tandis que le nom de religieux était celui des n ombres des ordres fondés depuis le xur sièelo : tels que les dominicains, les franciscains, les capucins, etc. Les maisons de rcs derniers étaient des couvents et leurs du fs des prieurs; mais celles des moines étaient des monastères et leurs supérieurs des abbés.

Le nom de religieux a cependant été donné également aux moines proprement dits; euuu il a été et est encore collectif pour tous les membres des ordres monastique* en général.

MOMT011Œ. Le pape Alexandre III est la premier qui ail introduit l'usage des mooiloires, devenus si communs dans les derniers temps, lin effet, jusqu'à son pontificat, lîisenl les Bénédictins, ou ne trouve point d'exemple qu'on ait obligé ceux qui avaient «onuaissance de quelque crime à venir le révéler sous peine d'excommunication. La formule des moniloires , telle qu'on l'employait encore au xviir siècle , se trouve j our la première fuis dans les £xtravagante$ de Jean XXII.

MONNAIE, l es noms des monnaies emp'oyés dans les chartes et les autres monujnenls ont extrêmement varié. Sous les deux premières races ou comptait par sous, demitmus, tiers de sou d'or, el par uYui< rs d'argent. Depuis l'établissement de la féodalité, > haque seigneur puissaul Trapp i monuaie jians ses domaines. On parle, sous la troisième race, de la livre, du sou, du denier et de l'obole; la première était seulement une valeur de compte composée de vingt sous.

Les monnaies du roi sont appelées tournois et parisis , des lieux où eUes étaient fiappées. La livre parisis, q«i valait uu quart de plus que la livre tournois, ceSî>a d'avoir cours sous Louis XIV.

(1) KlémttHi dt ft Id^i-^hte, par U de Wtilly.

Ut

Outre les monnaies des barons, il y avait aussi celles de plusieurs évéques,el même de monastères qui avaient obtenu le privilège de frapper monnaie.

Les rois commencèrent de bonne heure à arrêter la circulation des monnaies baronniales. Saint Louis défendit qu'elles eussent cours hors des terres de chaque seigneur, et voulut au contraire que la sienne Tût reçue partout. Il restreignit à trente et un le nombre de barons qui auraient le droit de battre monnaie dans le royaume j et Philippe V et Philippe VI achetèrent a ces seigneurs ce droit même : de manière que bientôt on vit la monnaie du roi remplacer toutes les autres dans les échanges et les transactions commerciales. ( Voyez, pour plut de détails, l'article des Monnaies dans It Glossaire de Ducange, et le Dictionnaire de numismatique qui fait partie de cette Encyclopédie théologique. )\

MONOGRAMME. Monogramme est un terme qui vient du grec pôw w*>p« » lettre seule. C'est la réunion de plusieurs lettres entrelacées de manière à ne former qu'un seul caractère , dont les éléments , s'ils étaient isolés, représenteraient soit une portion, soit la totalité des lettres qui entrent dans la composition d'un ou plusieurs mots (1). Nous citerons pour exemple le monogramme do roi Louis le Jeune, contenu dans les fac-similé des écritures n* 23.

L'origine des monogrammes est inconnue.

Les médailles en portent l'empreinte bien avant l'ère chrétienne. On voit des rois de la première race en user pour signer leurs diplômes. Depuis Charlemagne l'emploi des monogrammes devint constant chez. les em-

Sereurs et les rois de France, de Germanie, e Lorraine et d'Italie. L'usage en cessa en France au commencement du xtv* siècle, sous Philippe IV, et en Allemagne cinquante ans plus tard. Plusieurs papes du ix» siècle signèrent en traçant le monogramtn/ de leur nom; mais celte manière ne dura pas : leurs successeurs changèrent en monogramme la salutation Irène valete.

Les monogrammes de nos rois ne renferment en général que leur nom; cependant quelques-uns de ces princes y ajeutèrent le mot rex. L'écriture curgive démine dans ceux des Mérovingiens, et la capitale el l'onciale dans ceux des Carlovingiens.

Les monogrammes étaient tracée tantôt par les rois eux-mêmes , tantôt par leurs chanceliers. Les chartes laissent quelquefois dans le doute sur cette question. Quand l'annonce du monogramme indique que le prince s'est chargé de te tracer lui-o ôme, oa doit penser que ce signe est son ouvrage, à moins qu'il ne s'agisse d'une charte postérieure i la fin du xi- siècle : car, à partir de celle époque, les grands chanceliers furent chargés de ce soin. Mais quand la formule Nomtnis charactere roborari jussimus est au pas de la pièce, on doit en conclure que c'est le chancelier qui a apposé le munogramme.

Page 1