III. SCIENCES ET TRAVAUX DBS MOINES
Les services rendus à la socié'é par les corps monastiques sont aujourd'hui reconnus par toul le monde. On sait que la régla de saint Benoit prescrivait le travail des mains aussi bien que le travail intellectuel ; et il semble que cet institut avait un but
Erovidenliel, en s'établissant au milieu de lia arbarie, sur un sol en friche et dépourvu d'habitants, dans une société où le goûl des armes avait étouffé tout sentiment libéral. La culture de la terre y est prescrite au premier rang. Des granges ou métairies étaient réparties sur les propriété* de l'abbaye, et deunrent plus lard des villages (5). Nous rappellerons, à ce propos, que c'est à tort qu'on a avancé que les richesses des monastère? provenaient surtout des donations faites par les seigneurs lors de leur départ i our les croisades : longtemps avant il était d'usage de donner ses biens au monastère dans lequel on entrait prendre l'habit, à tout âge et même à l'heure de la mort, afin d'être enterré dans l'église; les parents, qui consacraient quelquefois leurs enfants dès le bas âge dans les monastères, leur donnaient une dut qui augmentait les biens de ces maisons.
La transcription des manuscrits était plus particulièrement cultivée dans certaines abbayes. Cassiodorc, dans ses Institutions, recommande à ses moines la plus grande exactitude sur cet objet. Les soins les plus scrupuleux étaient mis à ces travaux. Paul, diacre du Monl-Cassin , écrivant à s>uiut
France. 1. 1, p 141.
(i) Nouveau Trui'.é de Diplomatique, t. V, p. 46. (îi) HAgles.L- saut Bc.i.-tl cl du Clicaui.
Adhélard , abbé do Corbte , lui dit qu'en transcrivant les lettres de saint Grégoire le Grand, il n'a pas osé suppléer aux endroits défectueux, de pour de changer les paroles «lu saint docteur : Ne xidertr tanti doctoris vrrba immutnre. S.iinl Anselme, Lan franc , s mil Etienne, abbé de CHeaux cl tant d'autres dont les noms sont arrivé» jusqu'à nous ^ivec la réputation de lélés copistes ou réviseurs de manuscrits, ne permettent pas d'oublier que c'est aux moines que nous devons les trésors littéraires de l'antiquité et les seuls documents que l'on connaisse sur le tnoyro âge, avant le xr oa le xii" siècle. Nous ne dirons rien des temps modernes, parce que les travaux des moines des derniers siècles sont dans toutes les bibliothèques, < t que le terme, travail de bénédictin, est encore aujourd'hui synonyme d'œuvres savantes et contciencicuses, et de l'étendue de ceiles que produisaient ces pères.