NOBLESSE FÉODALE
Les carlulaires donnent, depuis le x' siècle, de précieux renseignements sur l'état de la noblesse : on voit que dès lors elle jouissait de tous ses privilèges honorifiques et héréditaires. Elle peut être divisée eu haute, moyenne et basse.
La haute noblesse était formée des grands vassaux ou feudataires, qui relevaient iminédiateiueul de la couronne : tels étaient les comtes, les ducs, les barons, et même les évoques, les abbés, et tous autre» dont le n i était le seigneur direct, à cause des fiefs qu'ils possédaient nûment de lui. En principe, le bénéfice ou fief accompagnait toujours le tilre : le duc possédait un duché, le comte un comté, et ainsi des autres : ce qui ne fut pas de même plus lard.
La moyenne noblesse était composée de seigneurs encore très-puissants, tuais qui ne relevaient du roi que inédialement, formant la cour des comtes et des ducs, comme ceuxci formaient celle du roi. Ils avaient tout droit de justice et seigneurie. Dans les chartes, ils prennent ordinairement les noms de fidèles: cl plus tard, de miles, seigneur de telle ou telle terre.
M. Guérard , dans ses jrolcgomène* do cartulairc de S. l'ère de Charte/»*, p'ace dans la bisse noblesse les vassaux ou vavassaut qui n'avaient p.:s de juridiction territoriale, el les officiers al'acliés au service de ta personne ou des terres des seigneurs. Tel es', en effet, le rang que les monuments donnent à certains util tirs qui étaient autant nobles que serfs; c'est-â-dire qu'ils devaient des offices plutôt que des services, cl qu'ils étaient placés dans la dépendance personn lie d'un seigneur, de laquelle ils ne pouvaieut sortir que par l'affranchissement^ 11 y a toutefois de sia.plcs milites qui sont complètement lthi es do toute dépendance. On peut encore mettre dans celte classe les casati, qui tiennent des portions de bénéfice, ou casamtntum , cl les armifjeii ou écuyers , portant l'écu du seigneur bauuerel. M. Guérard y nlacc encore les eavallarii ou chevaucheun, hommes devant le service d'un cheval, aiusi que plusieurs feod ti.
Les ministeriales du roi ou des grands soigneurs, quoiqu'ils ne fussent pa» nobles d * race, recevaient souvent le ll\re de dominuf et de nobilis, comme les chevaliers, el ceux
(l) Essais sur l'hisl. de France.
' ~( Ibid., ei r. Balu»e, CapHid. L I, p. KO elCiO.