‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 211 sur 455 · I. CBX2 LES ROMAINS · texte numérisé non relu

I. CBX2 LES ROMAINS

Chez les Rqmains, les anciennes familles patriciennes ayant été détruites dans les proicriptions de Tibère, Caligula, Néron et autres empereurs sanguinaires, il se forma par la suite, dans la classe des fonctionnaires

publics, une noblesse de cour, dont les mem bres jouissaient de certains privilèges. C'est au iv* siècle que celte noblesse reçut un caractère précis que nous a conservé la Notice des Dignités de l'Empire. On voit dans m document que 1 ■ noblesse se divisait en plusieurs classes. Il y avait des Nobilissimi, des illustres, des sptetabilcs, des cldfissmi, def perfectissimi, etc.

(11 Retue de la musique religieuse, populaire et classique, par Danjou, an. td43. Dictiohr. db Diplomatique.

Les empereurs donnèrent le tilre de nobilis par lettre* qu'on appelait codicilli honornrii. Saint Grégoire de Nazhnze, évéque de Constunlinople au iv* siècle, parle de ces lettres dans son poëme 11' (I).

11 CHBZ LUS FRANCS.

Sous les Francs, le litre de nobilis vir se donna, à l'imitation île» K<nu;ins, aux personnes qui remplissaient quelque fonction un peu considérable : tels étaient les dues, les comtes et autres officiers royaux qu'on appela aussi seniores et senatore*. Un capilulairc sans date s'exprime ainsi sur cet objet : Ut comités et cenlentrii et cœtrri nubiles viri teijem suam pleniter discant (2) ; et un autre de l'an 855 : Quidam tero laici et maxime , no lentes et nobiles juxta domos suas

bashxcas habent, etc. (3). Cette épitbèle de nobiles ne parait signifier ici que les hommes riches et d'une position élevée, cumme t'étaient les comtes, les leudes et les amnistions ou fidèles du roi. Il n'y a pas encore là Inicc de noblesse comme on l'entend aujourd'hui. M. Guizot a donc raison «Je dire à ce sujet : «11 faut renoncer à la prétculion de classer les conditions cl les hommes d'après un priucipe général et simple; toute hypothèse régulière et systématique est trompeuse, parce que tout système, toute règle permanente était alors étrangère à la société ('i).»

Pour no pas sortir de notre sujet,. nous dirons seulement que l'on peut regarder les leudes ou fidèles, ou anlruslions, corn ue 1rs nobles des deux premières races. Mai» c'est a tort que Moutesquicu a prétendu qu'ils formulent, dius l'origine, une classe distincte, jouissant do privilèges lépaux : son zèlo pour la défense de son ordre contre l'abbé Dubos l'a entraîné trop loin. « De très-bonne heure, dit M. Guizol (5), les rois s'efforcèrent de placer leurs leudes au premier rang de la société, et les leudes de s'y placer eux-mêmes : mais sauf l'élévation du toehergeld (le prix du sang), on ne voit pas que celle supériorité ait été légalement constatée avant le ix' siècle. Charlemagne est le premier qui l'ail écrite dans ses capitulâmes : encore n'est-ce, à vrai dire, que des honneurs do cour, une prééminence de cérémonie qu'il attribue a ses vassaux; et il parait mène qu'il lui souvent obligé du renouveler à ce sujet ses injonctions. » Et il ajoute plus loin : « C'est dans la classe des leudes ûJèles du roi cl des propriétaires puissants, plutôt que dans celle des Francs proprement dits, que la uoblesse moderne a pris naissance. D'autre part il n'existait, du v au x* siècle, aucune noblesse véritable, parce que l'origine des Francs ne leur garantissait point la perpétuité des prééminences réelles sur lesquelles la noblesse se fonde, et que les leudes ne les posséJaicul encore, ni depuis unlempsassezlong, ni d'une

manière assez stable pour qoe leur supériorité de fait fût devenue un droit héréditaire avoué des peuples et sanctionné parles rois. • Le* leudes ayant rendu , au ix" siècle . leurs bénéfices héréditaires , transmirent à leurs descendants tous les droits qu'ils s'étaient attribués, et la noblesse se trouva ainsi constituée.

Mais le nom de noble ne parait guère alors dans les chartes pour qualifier les personnes d'un rang supérieur aux liber i.

M) Nouv. Tra-'U de Diplom., t. II, (ijBaluxe, Capitut. I. I, p. 876.

(î) tOiJ ,i II, p. 35L

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