IV. TEMPS MODERNES
Si du moyen âge nous passons aux derniers siècles, nous trouverons une grande différence dans l'état de la noblesse. La féodalité est détruite : il n'y a plus que des citoyens distingués des autres par leur naissance ou par les services qu'ils rendent au prince; toute indépendance a disparu vis-àfis de lui. Il crée des nobles à sa volonté et attache la noblesse à la possession de certaines charges. La noblesse n'a plus conservé, de sa toute-puissance du xr siècle, que l'ombre. On sent que Louis XI et Richelieu ont passé le niveau sur ce grand corps.
Il y a bien encore les hommages des vassaux à leurs supérieurs, mais les cours féodales ne jugent plus les infractions commises et les manques de féaulé. Le seigneur a droit de justice dans ses domaines; mais il y a des bornes que les bailliages royaux et 1. s parlements savent faire respecter; d'ailleurs chacun peut assigner son seigneur devant ces tribunaux. L'exemption des impôts publics, récompense, dans l'origine, du service militaire , est attaquée par les écrivains comme un uon-sens (1). La formation des armées permanentes a rendu depuis longtemps inutile la convocation du ban et do l'arrière-ban. Aussi faut-il I ire comme morceau curieux les plaintes de M. d.« Buulainvillers sur la décadence de la noblesse.
Au xvw» siècle on distinguait plusieurs sortes de nobles, mais qui n'avaient aucun rapport avec les différentes classes dont nous avons parlé plus haut. Il y avait les nobles de race qu'on distinguait des nobles de naissance, en ce que les premiers descendaient dis anciennes maisons, tandis que les seconds tenaient leur noblesse de leur père ou de leur aïeul. Toutefois, ces deux noblesses étaient égales en France.
Une autre classe de nobles était composée de ceux qui acquéraient leur noblesse par les services rendus au prince ou à l'Etat. On les appelait nobles d'orfices, parce qu'ils l'étaient devenus par la provision de charges anoblissantes.
Enfin d'autres nobles le devenaient en vertu de lettres de noblesse qu'ils obtenaient du roi. Les descendants de ces deux dernières classes de nobles profilaient du privilège de leur père et naissaient nobles.
Dans quelques parties de la France il y avait certaines professions dont les niembn s prenaient le tilrc.de nobles : tels étaient les
U) foy. Yaubao,dans sa Dîne royale.