U PRATIQUE DES NOTES
L'exposition complète de l'écriture en notes tironienoe* exige rail des développements que l'étetidie de notre cadre ne comporte pas; d'autant plus que l'élude de celte Sténographie présente plu* d'intérêt pour la science que d'utilité dans la pratique. Si les noies lironiennes servent quelquefois à tracer des remarqués sommaires, il esl extrêmement rare qu'elfes occupent toute l'étendue d'un manuscrit ou d'un diplôme. Nous résumerons donc seulement en quelques lignes ce qu'en disent les Bénédictins qui ne sont pas d'accord avec D. Carpentier sur la manière d'expliquer ces signes, el qui avouent eux-mêmes, dans leur grand ouvrage, qu'ils ont à peine effleuré celle question.
Les notes lironiennes, qu'on a regardées dans un temps comme des œuvres de magiciens el brûlées comme telles (1), n'ont été reconnues comme des lettres qu'au dernier siècle. Il esl vrai que plusieurs de celles qui entrent dans leur composition ne ressemblent guère aux caractères modernes : les unes étant privées de leurs jambages ou de leurs traverses, les autres, el la plupart étant conjointes, mocogrammatiques, couchées, renversées eu tous sens. Quelques-unes sont si abrégées, qu'elles sont réduites à des points et à des petites lignes. Mais les Bénédictins y onl reconnu dans ta plupart de véritables lettres antiques grecques et latines depuis la majuscule jusqu'à la cursive. Toutefois il ne suffit pas de counalre la forme que chaque lettre de l'alphabet affecte ordinairement, lorsqu'elle est employée comme signe dominant ou primitif : la mémo lettre employée comme signe auxiliaire prendra une foule d'aspects nouveau! .
Si plusieurs notes se réunissent pour former un seul caractère, il n'est pas moins d'usage qu'une seule note se partage en deux. Mais les notes ne se décomposent que parce
Sue le mot est réellement compose, comme ans les verbes formés de deux mois ou dont certaines prépositions font partie. Ainsi on peut bien faire deux notes 6'excrcerc ou de propcllere; quoique pour l'ordinaire on n'en fasse qu'une seule. Mais il y a des mois où la division esl plus fréquente, comme dans les verbes composés des prépositions in, de, ub, etc.
(t) Alphabet lironien, par D. Carpentier.
(t) Homeau TraiU de Diplomatique, to.u. III, p. SCS
Ordinairement chaque note ne contient pas plus d'un mot. Quand il en entre plusieurs, souvent les finales seules suffisent pour les marquer. Far exemple, dans in sœcula tttmlorum ou in $<rculum sœculi, le premier mot sera désigné par un t ou par un trait simple horizontal, le second par sa lellie initiale s liée avec l'i horizontal et 17 son auxiliaire. Sa finale est en division ; mais le dernier mot ne conserve que sa finale également en division. Les mots multipliés s<»us un assemblage de figures ou de signes ne sont employés que pour des termes d'un usage trèsordinaire ou de formule (2).
On sent combien ce qui préi ède est incomplet sur celle partie- de la paléographie; mais on le répèle, il était impossible de faire un travail aussi considérable dans un dictionnaire, surtout lorsque la science n'a pas encore soulevé entièrement le voile qui couvre ces signes si bizarres. On renverra les personnes qui voudraient approfondir la matière a la Diplomatique de doin Mabillon, à celle des Bénêdielins, à l'ouvrage de D. Carpentier intitulé Alphabetum Ttronianum, seu notas Tironis explicandi methodus, et à un traité publié par V. F. Kopp, sous le litre de Palœographia eritica, aul tachygraphin velerum exposita et iltiutrnta; Manhcmii, 1817, 2 vol. iu • h: el tàb. in-f\