‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 238 sur 455 · II. MULTIPLICITÉ DES OMGI11UX DU MÊME ACTE · texte numérisé non relu

II. MULTIPLICITÉ DES OMGI11UX DU MÊME ACTE

Les anciens n'ont jamais eu de règle fixo pour f.ire un où plusieurs originaux du mémo acte. Cette pratique a varié suivant les convenances des personnes , les temps et les lieux. Les lois romaines autorisaient les testateurs a tirer autant d'exemplaires de leurs testaments qu'il leur convenait, lesquels étaient ensuite déposés dans les tcni-

Bles ou chez des personnes de confiance, agobert 1" suivit cet usage , et fit dresser quatre originaux de ses dernières volontés , pour être gardes dans différentes archives.

« D Calmct , disent les Béuédiclius, après s'être expliqué sur l'usage de percer les tables écrites en trois endroits, et de faire passer trois fois par ces trous le lin qui les enveloppait, avant d'y appliquer le sceau, en lire cetto conséquence : On juge bien que supposé cet usage de tenir les originaux scellés et enveloppés, il fallait nécessairement en avoir des copies pour les diverses .rencontres. » La même chose avait lieu principalement pour les testaments chez les Grecs el les Romains.

Justinien, dans ses Institutes, approuve formellement la multiplicité des originaux , et en démontre la nécessité par plusieurs raisons qu'il rapporte et par un grand nombre d'autres qu'il n'explique pas. Cet usage continua en Orient et fut imité en France, en Italie, en Allemagne et en Angleterre. C'était surtout pour les testaments que les origin tux étaient répétés. Cependant il en fut quelquefois de même lorsqu'il s'agissait d'actes d'une haute importance. Childebert , suivant D. Mabillon , fit dresser deux or. donnances tout à fait semblables, l'une desquelles fut déposée dans les archives do Saint-Denis, et l'autre gardée dans le trésor royal (3). La célèbre donation de Charlemagne au saint-sieçe de l'exarchat de Ravenue, des duchés de Spolcltc el de Bénévent, etc., fut faite en double. Après quo l'empereur eut offert la charte sur l'autel de Saint-Pierre, il fil écrire un second original du mémo titre, qu'il mit sur le corps du

(3) Souv Trui'i de Diplomatique, t. I, p. 310. (3) De ne Diptomai. p. 477.

même apôlrc. Non content de cela, il fil faire plusieurs copies originales du même acle, par l'archiviste de la sainte Eglise romiiuc, pour les emporter en France (1).

Ludvfig, jurisconsulte allemand célèbre, croyait que la coutume de lirer au moins quatre exemplaires de chaque diplôme commença sous la seconde race, cl qu'elle se maintint dans la suite. Les Bénédictins rapportent en effet plusieurs exemples de cette pratique pendant le vm* siècle, et beaucoup peodanl le suivant.

Au» xi\xn' et xiii' siècles, les instruments des échanges et des transactions étaient toujours en nombre égal à celui des parties intéressées. Les exemplaires nécessaires, écrits sur une même feuille de parchemin, étaient séparés les uus des autres par une inscription en gros caractères, qui contenait ordinairement les mots cyrograpttum manuale ( Voy. Cyrogiuphe). Un détachait ensuite chaque exemplaire qui emportait la moitié de ces mots. En cas de contestation, on rapprochait les parties les unes des autres, et l'on s'assurait facilement de leur authenticité.

Page 1