‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 276 sur 455 · O PRE · texte numérisé non relu

O PRE

plômcs mérovingiens. Au milieu du xr siècle il commença à être moins répandu ; au siècle suivant on rencontre encore un grand nombre de préambules dans les chartes de nos rois. Mais il devient plus rare d'en trouver des exemples après le xiir siècle dans les chartes ecclésiastiques; tandis que les lettres royaux, surtout au xiva siècle, pendant le règne de Charles V, contiennent des préambules pompeux qui dégénèrent souvent en lieux communs ; ce qui fut sans doule occasionné , disent les Bénédictins , par le désir qu'avaient les secrétaires du roi de flatter son goût pour les lettres.

La place qu'occupaient les préambules n'avait rien de fixe, quoiqu'il fût ordinaire de les mettre après la suscriplion : tantôt ils la précédaient, tantôt ils la suivaient ou même en faisaient partie.

Nous avons dit que les préambules renfermaient souvent l'exposition d'une vérité religieuse; en voici un exemple tiré d'un diplôme de Charles le Chauve de l'an 8V7 : « Si illius amorc, cujus munere céleris tnorlalibus prelati sumus , soit Deo sub sancla rcligione militanlibus, ad laudem honoremque ipsius, et ad animarum salulcm superuis angelorum çœlibns œterna bcatiludine ad^cribendarum, terreua commoda subsidii lernporalis , sine quibus prœsens Iransigi uon polest , comparâmes ; ut illi laulumnoodo sine impedimento, quantum mortalilalis prœsentis sinil fragililas , libère descrviant. cuise scmel. mancipasse ad laudem et obsequium ipsius tolum vilœ suo> cursum noscuntur, nostri laboris studium et pietalis opos apud eum nullalenus fore sine fruclu credimus, sine quo nec velle quisquam bene polest quanto magis perficerc? Igilur, etc. a On y trouve souvent des réflexions sur la mort : Memor finis mtœ dierumque meorum; sur le salut dan« l'autre monde : Pœnat infini cupienr effugere; sur la crainlc de la fin du monde : AJundt lerminum ruinis crebrescentibut adpropinquantcm indicia c cria manifestant : formule qui so trouve dans Marco ITe. La même idée a été souvent reproduite jusqu'au xr siècle par ces mots : Mundi termino appropinquante; mundi se- «10 stse impellente ad occasum; etc. D'au» 1res chartes présentent des réflexions sur l'utilité de l'aumône , comme dans cetle phrase : Qui pauperes Chrisii favet et sub- Ittut in eorum necessitalibust Cltritto mi' nittral. Sur le mérile do la piété , de la clémence , des prières qu'un donateur demandait, non-seulement pour lui-même, Pr§ remedio anima , ad requiem seu refngerium animât, mais encore pour l'âme «le se» ancêtres , de sa femme el de ses enfant*. Celle formule se trouve même dans <les chartes de princes qui n'élaienl pas encore mariés.

Les préambules consistent quelquefois dans de* considérations sur l'utilité de conserver par écrit les choses dont on désire conserver la mémoire ; comme dan* une charte de 1 142 : {Juoniam minuit itr lempore memoria, cl rc-

tt) Toy. B iluic, Forinul. de Bij;nca.

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