‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 280 sur 455 · III. PRÉCEPTES DES SEIGNEURS · texte numérisé non relu

III. PRÉCEPTES DES SEIGNEURS

Les seigneurs laïques et ecclésiastiques Imitèrent l'autorité souveraine et donnèrent aussi des préceptes. C'est depuis la fin du ix* siècle et pendant les deux suivants qu'ils suivirent celte pratique; mais c'est surtout par le terme auc tort tas que leurs chartes- préceptes se distinguent. {Voy. Privilèges.)

PRÊSID1AUX. [Voy. Justice rotalb.)

PRÊTRE , presbyter. Isidore de Séville donne au litre éepresbyter l'origine suivante : Grèce ac Latine senior interpretatur. Non pro attate vel decrepita senectute, sed pr opter honorent et dignilatem quam acceperunt, presbyteri nominantur ; unde et apud veteres iidem episcopi etpresbyteri fuerunt, quia illud nomen dignitatis hoc est œtatis.

On sait que le titre de presbyter a été pris dans les premiers siècles par lus évéques et même par des papes. Mais ce nom a toujours été propre aux clercs des ordres majeurs, qui, dans la primitive Eglise, assistaient l'évéque dans le service divin et siégeaient, autour de lui, dans l'hémicycle placé derrière le sanctuaire, et qu'on a appelé de leur nom presbyterium.

Du Cange donne la nomenclature des diverses qualifications des prêtres dans le moyen Âge. Presbyleri agrorum et ruris, étaient les chorévéques; pr«&y/en" forastici et pagenses , étaient les curés de campagne; on appelait forçâtes ceux qui élaieni d'un diocèse étranger ; les presbyteri inductitii ou conductitii sont opposés aux sacerdotes proprii dans le concile de Rome tenu sous Innocent 11 ; presbyteri parochiales sont les li-

Liber Diurn. F

Vov. Liber

Roman, p 01.

, moaumeut du un* siècle.

tulaires d'une paroisse ; presbyteri vieantper vicos dispertîti sunt (3).

On a aussi donné aux prêtres le titre de sacerdos, qui leur fut commun avec les évéques. Quand on les appelait de ce nom on ajoutait une épilhète déterrainative : ainsi l'on disait sacerdotes secundi ordinis, sactrdotes secundi ou minores , sacerdotes tillani. Ce n'est qu'au xnr siècle que le nom de evré, curatus, a remplacé celui de presbyter. (Voy. Curé.)

PRIÈRES. Le motif des donations quelei princes et les seigneurs firent aux églises fut presque toujours dans la voe de leur salut éternel et pour le rachat de leurs péchés. Dans les premiers temps , et même dans le moyen âge , ils exprimaient leur intention par cette formule, pro remedio anima, qu'on trouve déjà dans un acte de donation fait à l'Eglise de Ravenne au v siècle, et par d'antres termes du même genre. Ils demandèrent ensuite des prières pour eux et leurs parents; ainsi Dagobert, donnant, en 630, des terres à l'abbaye de Saint- Deuis , dit : Quotenus ipsi de prœdictis vit lis utentes , pro nobis et proie nostra, quotidiana orutiou Deum exoreni, ut ille sua nos misericordia protegat , pro cujus amore hœc eis contulimus. Dans les bas siècles on précisât souvent le nombre el la nature des prières que l'on voulait obtenir; d'où sont venues tant de fondations de messes, d'obits, d'offices , etc. Le Carlulaire de Redon offre petft* être le premier exemple de cet uwge dans une notice du îx* siècle où l'on fixe Te nombre des prières qu'on désire.

PRIEUR , PRIEURÉ. Le titre de prieur poor désigner un supérieur de moines était inconnu avant le commencement du ix* siècle. Ceux qui étaient à la lélc des co:nnionaaiés de bénédictins portaient les titres d'abbés, de prévôts, de doyens. Le nom de prieur, qui parut d'abord dans l'ordre de Cluny, ne remonterait, selon D. Catmet, que vers la fin du xr siècle; mais D. Mabillon en place l'origine vers le milieu du même siècle.

Le même savant (4) reporte l'origine des prieurés jusqu'à saint Colomban, en 590. Toutefois les auteurs du Nouveau Traité de Diplomatique disent qne le nom de prieuré ne se trouve dans les monuments que depuis le xi' siècle. Avant ce temps les prieurés n'étaient connus que sous les noms Je ceUx, cellulœ, abbatiolœ, monasteria. Ils n'étaient pas encore érigés en titre au xnr siècle, comme on le voit dans la lettre 510 du pape Clément IV, où il se plaint de l'usurpation de ces dépendances des monastères par certains évéques.

PRIM1CIER. Le terme de primicier, primcerius, qui signifie le premier d'un ordre quelconque [primus in cera, inscrit le premier sur la tablette de cire), était connu chez les Romains. On voit dans la Notice des dignités de l'empire que les officiers chargés de la direction de chacune des parties du service du palais étaient nommés primicien*

(3) Gtostahe de du Cange, art. Pbesbttiw.

(41 Carlul. de rabbaw de Pontigny, archives de 1 Tout

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