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XIV SIECLE

Rois et seigneurs français, rois étrangers, empereurs.

Annonce du sceau, des témoins, des souscriptions , du monogramme. Les formules d'annonce du sceau dans les chartes royales de France varient pour le même prince : on y distingue le sceau dont il usait avant d'é-

d'uue médiocre importance sont dépourvus Ire roi de celui qu'il employait après son de cette annonce. Les comtes et les autres avènement. Le sceau du Chéielet servait en (l) Archiusue i'Yumie. Ponds Pouiijtiiv, 6 l'absence du grand, aiusi que d'autres sceaux

n ANN

particuliers : Sigillum nostrum in absentia ma g ni, dit Charles VI. Plusieurs lettres et ordonnances ne font pas mention du sceao.

Les ducs et les comtes annoncent leurs sceaux et distinguent le grand du petit. Les seigneurs d'un rang inférieur mentionnent aussi leurs sceaux el ceux des cours dont leurs actes ont été scellés. Plusieurs de leurs chartes énoncent des témoins.

Les empereurs et autres princes d'AHcma-

5 ne ont pour formule ordinaire de l'annonce o sceau ces mots : Prœientium «u6 nostra majettalis sigillo testimonio titterarum.

Les rois d Angleterre n 'annoncent pas toujours leur sceau; ceux d'Ecosse l'annoncent avec les témoins.

Les sceaux pendants sont souvent mentionnés en Espagne, en Portugal et en Italie.

Les diplômes de nos rois ne font presque plus mention de leurs signatures, même apparentes, qui en disparaissent entièrement et sont remplacées par le sceau seul. Les autres actes sont munis de la signature d'un secrétaire, per regem, par ordre du roi. Cependant les Bénédictins citent des lettrés de Charles V. de Tan 136V, par lesquelles il s'oblige à donner la Touraine à son frère, Louis d'Anjou, et où il annonce sa signature réelle : • Et pour ce qu'il appert qu'ainsi nous plaît, nous avons mis nostre nom de noslre main à ces leclres, etc. » Cet exemple est un retour aux signatures réelles, dont l'usage était abandonné depuis longtemps. On voil encore dans les chartes royales l'annonce des témoins, mais moins fréquemment.

Les signatures des empereurs d'Allemagne ne sont guère annoncées que par iignum gloriosissmi imperatoris, avec le monogramme. Les témoins sont annoncés comme à l'ordinaire : Testes hujus rei sunt.

On trouve beaucoup de souscriptions apparentes dans les chartes des rois d'Espagne, mais elles ne sont pas annoncées formellement. Les rois d'Angleterre expriment nettement leur présence ou leur consentement par celle annonce qui leur est propre : Teste rtgt, et plus rarement : Teste custode Ant/liœ.

L'annonce du monogramme cesse en France avec l'usage de ce signe depuis Philippe le Bel, mort en 13l4. Les empereurs l'annoncent, comme nous l'avons vu plus haut.

Clergé et laïques.

Ajoncs du sceau, des souscriptions, des témoins, du notaire. Eu France, les chartes du clergé n'annoncent pour la plupart que les sceaux. On y fait aussi mention de petits cachets connus sous le nom de signets : Cutn impressione signeti quo utimur in hac parte.

L'usage des sceaux étant très-répandu et leur apposition tenant lieu de témoins et de signatures, il n'est pas étonnant que la plupart des actes les annoncent seuls.

En Italie, les chartes ecclésiastiques font quelquefois mention du sceau et des souscriptions tout ensemble; mais ces dernières

(I) Archives de (Tonne, Cartul. de Pouttgnj. DlCTIO*!*. DB DlPLOU VT QUB

ne sont peut-être que des signatures tracées par le notaire.

Quelques chartes du xiv siècle annoncent le sceau, le notaire cl les témoins.

Les chartes des laïques ne mentionnent souvent que le sceau, qui lient lieu de signaturcs et de témoins dans une multitude d'actes de France et d'Angleterre. D'autres pièces, en grand nombre, sont attestées, en Angleterre, par des témoins annoncés sous la formule Ai* lestibus; d'autres enfin mentionnent les signatures cl la date avec In sceau. Les Bénédictins rapportent à ce sujet le serment de fidélité de Guillaume de Montauban au duc de Bretagne, dans lequel ou ' lit ces mots : « Et en tesmoignage de ce ay baillé à mondit sire ces lettres scellées de mon propre scel et passées de ma main, lo V' jour de mars, l'an MCCCLXXX el ouil, signé Guillaume de Montauban. » Un accord passé entre les habitants de Vcnoose el l'abbaye de Ponligny, en 13V6, y ajoute le con tre-sceau : « En tesmoing de laquelle chose, par le rapport dudit juré, avec son saignet mis et pendant en ces présentes lettres, nous avons scellées ces présentes lettres dou seel et contre-seel do ladite prevosté de S. Florentin (1). »

XV flàCLB.

Rois et grands seigneurs franchis, rois étrangers, empereurs.

AivaoNCB du sceau, de li signature et dit monogramme. Les rois dr France continuent, comme au siècle précédent, d'annoncer leur sceau. Charles VU ne fait guère d'autre mention; Louis XI y ajoute quelquefois celle de la signature : « Et afin que ce soit chose ferme et eslable à toujours, nous avons signé ces presen es de nostre main et a icelles fait mettre noslre seel, etc. »

Charles VIII suit la formule de son aïeul. Louis XII annonce de la manière suivante son sceau et sa propre souscription au ban des lettres accordées â la ville de Bologne en Italie : In quorum omnium fidem et robur, présentes lUlcras manu nosira subscripsimus et sigilli nostri appensione muniri jussimus. Il annonce son contre-sceau dans une confirmation de diplôme en faveur do l'abbayo de Saint-Denis (2).

Les grands seigneurs commencent à distinguer leur grand et leur petit sceau; ils mentionnent aussi leurs signatures. Il n'y a, au reste, rien d'essentiellement différent des usages du siècle précédent, sinon que la couleur de la cire du sceau est plus souvent exprimée.

Les empereurs d'Orient et d'Occident persévèrent dans les usages du xiv* siècle.

Les signatures sont annoncées , comme nous l'avons vu plus haut, dans les chartes de plusieurs rois de France de ce temps; mais les ordonnances el les lettres royales sont cependant plus souvent conlre-signées de la main d'un secrétaire que de celle du roi. Les annonces sont ordinairement conçues en ces

(1) Nouveau Traité de Diplom , t. VI. p. 89.

dictionnaire i>e imtlomatîqu.1-: c.îreîi nnf.

termes : Par le roi e > son conseil iV. Les témoins y sont rarement annoncés, et seulement par les mois présent* Cris et' tels. Les dues et le» comtes souverains initièrent celle dernière formule.

L'empereur d'Oricn', Mmnel Paléologue, mentionne sa signature réelle en vermillon, et son sceau d'or : Hoc nostrum païens fieri fecimus impériale programma, subscript ione propria manus grœcis et verbis Htteris de rubeo, ut nostii imperii moris est, et nostro nureo pendmli siyiilo grœcis Htteris des tper scalpto munimine roboratum, 1 \02.

Les empereur* d'Allemagne signent en monogramme jusqu'à Maximilicn V'. [Voyez Monogr ammk.) Les rois d'Angleterre se servent de lu formule teste me ipxo, qui fut en usage jusqu'à Henri VI. ( Voy. Sou*cripti<<!i.) La plupart des autres souverains annoncent leur s<ing manuel.

Cleryé et Iniques.

Ak*o*cb du sceau et des signatures. La meution du sceau dans les chartes du clergé est d uo usage régulier; cependant il y a encore des exceptions. Les signatures aulographes s'annoncent quelquefois par le mot êiqnum, m.iis plus rarement. Les chartes des laïques sont scellées comme celles du clergé, et quelquefois signées. Les Bénédictins rapportent un aveu de Henri, seigneur de Drctli. ville, en îkol. à la lin duquel on lit : «En tc.smoing de ce jay signé ce présent adveu de mon s:gne manuel et scelle de mou propre acti d'armes cy mis. o

xvr siècle.

v Rois, clergé et laïques.

Annomcb du sceau, des signatures et des témoins. Les usages du siècle précédent so v maintiennent pour l'annonce du sceau dans les chartes cl les édils des souverains; on y ajoute même la couleur de la cire et le sujet du sceau. Cette formalité du sceau suppléait aux autres en Angleterre. Cependant la pratique de l'art d'écrire s'étaut beaucoup répandue dans ce siècle, on voit un grand nombre de signatures réelles, surtout dans les actes privés. Toutefois diverses pièces annoncent encore le sceau sans signatures; d'autres mentionnent les signatures sans parler du sceau ; on annoncé même qu'elles sont véritables par ces mots : Signum tna~ nuale; datumsub signa manuali. Les Bénédictins assurent qu'ils n'ont pas rencontré, jusqu'à ce siècle, dans aucun acte du clergé, l'expression de seing manuel, qui caractérise la souscription faite de la propre main des souscrivants. Ce n'est guère qu'au rétablissement de l'usage des signatures, au xiv siècle, qu'on commence à voir l'expression do seing manuel. Les seigneurs annoncent souvent leur signature et l'apposition du sceau de leurs armes.

L'annonce des témoins est très-rare; on trouve cependant encore, dans quelques actes royaux, vous présent, en parlant du chan-

<t) M-flpi. Istw ta .tivtom., 81.

i\i .Vuaifuu Inulé de l>i\>U»n , t. IV, 53t.

o lier; et tes l> tfre«-pntcn!cs <!• la rbamcllerie d'Angleterre finissent par la formule: Tes le re.e.

ANNOTATION. On appelait annotation chez le-» Romains une espèce de charte i !ipérialc qui empruntait son nom de la signature de l'empereur, appelée ndiwfalio. Ces sortes de piecs, appelées diplômes et brevets, étaient d usage dans !c Bas-Empire, surtout pour la concession du biens, ch :rges, privilèges, etc. (!). L'aunot tlion impériale était nécessaire pour la validité de l'acte. Juslinien y ajouta un surcroît d'autorité par l'annotation ou signature du questeur. On appelait aussi ces pièces du nom d'Annotations sacrées, par suite de l'adulation qu'on portail en parlant de tout ce qui venait de l'empereur.

Bien d s siècles après, on n'entendit plus par annotation que des obligations ou billets socs seing privé, ou bien encore la signature des actes, annotatio no mini s.

ANOBLISSEMENT. La noblesse qui était seule chargée de porter les armes au moyen âge, perdit beaucoup de ses membres dans les croisades. Les rois de France voulurent combler ces vides par l'anoblissement. Ils ne firent en cela qu'imiter les empereurs romains qui anoblissaient per codicillos honorarios ['2). Les premières lettres de noblesse données en France le furent sous Philippe le Hardi , en faveur de Raoul l'Argentier. Cependant, au xir siècle, l'affranchissement emportait quelquefois l'anoblissement. La Tli ium .s&ière cite l'affranchissement accorde par H -m i, comte palatin de Troycs, à Renaud et Fouques, frères, au mois de janvier 1171; le comte leur permet de se faire chevaliers : Pro rolunlale sua poterunt ad honorem militio? libère sublimari (3). Toutefois, i) est vrai di; dire qu'il n'y a point d'exemple de lettres d'anoblissement en France qui soient exemptes de soupçon do fraude uvaut le règne de Philippe le Hardi.

ANT1 LAMBDA. Signe usité dans les anciens manuscrits pour distinguer les citations, comme les guillemets aujourd'hui. Sa forme était celle d'un V couché vers la droite « Dans la suite, disent les Bénédictins, on s'est servi de petites s renversées ou tronquées par le bas. et quelquefois suivies de points et surmontées de virgules (»' *'). Ces ligures sont en vermillon dans le manuscrit de S:int-G rmain des Prés 840; en or et en vert argenté dans I») manuscrit 6"8 de la même abbaye. Dans les manuscrits du Roi 152 et 22')G on se sert d'y ponctuées intérieurement. Ce sont des espèces de 7 dans le manuscrit de saint Jérôme dans la bibliothèque de Saint-Martin de Tours. Dans les plus anciens , tels que celui du Roi 152, au lieu des marques de citation , on fait rentrer quelquefois les textes dit l'Ecriture sainte d'un quart de pouce dans la colonne. C< s textes sont distingués «»n marges par des barres (— ), des * et des 7 dans' le manuscrit royal 22à*5. Le manuscrit de Saint-Germain, -

(r.) t a Thauma»siûie, Notes sur tes Assises de Jiru sdem.

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