Grandeur des sceaux
La grandeur des sceaux n'a pas moins varié que leur forme ; c'est ce dont ou peut s'assurer en parcourant les ouvrage*! de diplomatique des Bénédictins et de M. de Vailly, ou bien les collections des archives publiques. Le diamètre des sceaux mérovingiens qui existent aux archives du royaume varie cuire onze et quatorze lignes. Les sceaux ovales des Carlovingiens s'agrandissent insensiblement. Les Bénédictins cilent un sceau de Charles le Chauve qui a deux pouces cl demi de hauteur sur deux de largeur. Les cceaux des rois de la troisième race sont toujours de plus en plus gros. Voici les dimensions de quelques-un» : Robert, vingt-trois lignes de diamètre dans le sens horizontal; (o) Henri 1", deux pouces huit lignes; Louis le Hutin, trois pouces sept lignes; François I"», quatre pouces; Louis XII, quatre pouces six lignes. En Angleterre le»
(") KL'nienU de ptiUoqraphie, t II, p. <t.
(i) Fonds «fa l yblwyr Saiut-l'Ierre-k -V.i. ikiyemié de Mauriac en Aow rpiu.
(!S) Ce sceau vti ogival, comme on l'a vu i*écédrm. ment.
sceaux des rois onl fini par avoir jusqu'à six p uceS de diamètre.
r Kn Allemagne comme ailleurs , disent les Bénédictins, les anciens sceaux snnl plus petits que ceux des siècles postérieurs. Les sceaux de Conrad I" et de Henri I" ne sont pas plus grands qu'un florin d'Allemagne; ceux des trois Ollon onl presque trois doigts de diamètre; ceux de Conrad II, de Henri III et IV, en ont un peu moins de quatre; ceux de Lolhaire, quatre et demi (1). » On peut donc admettre, ajoo^s M. de Wailly, que les sceaux des rois s'agrandissent à mesure- que l'on se rapproche des temps modernes. La même observation peut s'appliquer aux grandes familles chez lesquelles le droit de sceller avait été exercé depuis le xr ou le xir s èclc; mais quand les sceaux devinrent d'un usage pour ainsi dire universel, on vil paraître des types dont les ornements élaient moins riches el moins varié*. Les grands sceaux furent souvent remplacés par les sceaux secrets, qui eux-mêmes finirent par se transformer en cachets. Les règles tirées de la dimension des empreintes n'ont donc rien d'absolu, surtout après le xiu* siècle; cependant elles peuvent être d'une grande utilité quand on les applique avec discernement et dans certaines limites (2). Quel est l'antiquaire, disent les Bénédictins, qui balancera à taxer d'imposture la charte où l'on fait dire à Charlemagne qu'il y a fait mettre son grand sceau pendant : Magni sigilli appensione muuitnm? Les grands sceaux en cire pendants n'étaient pas moins inconnus au temps de Charlemagne que la formule qui en fait mention.