Ornements et symbole
Ornements. — Les représentations figurées sur les sceaux varient depuis la simple légendo jusqu'aux sujets les plus détaillés. Les empreintes ont «•idi.iaireuient pour objetl'image du personnage auquel lesccauapparlienl;dcs ornements p. us ou moins riches l'encadrent ou l'accompagnent. A défaut de compositions contemporaines, on f eservaitde pierres antiques, auxquelles on n'ajoutait pas toujours une légende. Ces sortes d'empreintes se rencontrent surtout au revers des sceaux. Il est curieux de voir combien d'églises et de grands seigneurs ont employé de ces types dont les sujets n'étaient souvent rien moins oe religieux. Tantôt c'est un guerrier armé e pied en cap, ou seulement en buste, tantôt c'est l'amour avec son carquois, ou bien encore un sacrifice antique.
Pendant qu'on empruntait ain-i les emblèmes du paganisme, on s'appropriait aussi des types gravés pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne. Les gravures contemporaines, qui sont naturellement beau coup plus nombreuses que les pierres antiques, ne présentent pas moins de variété. « Aux télés et aux bustes, dit M. de Wailly, on vit succéder peu à peu des personnages debout, assis, agenouillés, montes sur un cheval de bataille; les plus ricins détails de l'architecture gothique ornèrent le champ des sceaux: les chevaux, liés le commencement du xm« siècle, furent quelquefois revêtus de caparaçons qui les couvraient de la léte aux pieds. Les sujets traites par les graveurs s'agrandirent souvent jusqu'à devenir des tableaux véritables où l'on représentait tantôt plusieurs personnages
je ne suis pas a mCmo de déciilcr la question, je nie contenterai de nj'portor les deux opinion* (2) Arcb. de Honno, fond* de Pytili^nv, I3G0.
iogle
dans des attitudes diverses tantôt le porlail par qnc'ques-uns de ses successeurs ; mai* ou l'intérieur d'une église, tantôt les princi- e t ornement ne devint ordinaire que suim paux édifices d'une ville. Ces ornements ac- Constantin. « Les couronnes qu'on voit, «tic< >soires î-e multiplièrent à mesure que l'art sent les Béuéd ( lins, sur les télés des omp'> îles graveurs se perfectionna. Au lieu de se rcurs, des rois el des princes dans le* sceau*, borner à reproduire l'image d'un saint, on marquent l'autorité souveraine. 11 y a dvs représenta son mai tjre ou quelque trait re- couronnes radiales, à fleurons, de perles, de marquante de sa vie (1). » pierreries, de laurier, de fleurs de lis.de
St/mholes.-U* premiers chrétiens, obligés "'"«i «* dcs, couronnes ouvertes, fermées de ta. her aux païens les objels de leur foi, ct c» f;,rmfe d° bonnets. Celles que D. B,-ravaienl beaucoup de signes symboliques. nard. dl' Montfoucon el Hemcccius ont fait Leuis cachets relraçiicnl la figure d'une représenter offrent une variété surprenante
d ins la lormc. Nos rois de la première race ont des couronnes sur leurs monnaies, mais n'en portent point sur leurs sceaux ou an-
>lraç lient la ligure colombe, d'uu poisson, d'une ancre, d'une lyre. La bague d'or que l'époux donnait à sa fiancée représentait le plus souvent deux mains jointes comme symbole de l'union qui doit régner entre deux époux. La colombe est tantôt un signe d'innocence, tantôt la représentation du Saiul-Espril ; l'ancre rappelle la solidité de la f >i chrétienne ; la lyre est un symbole de foi el d'adoration. L'image d'un poisson gravée sur les cachet <( sur les lampes, sur les urnes sépulcrales, rappelait les eaux du baptéino, « où lés fidèles, disent les Bénédictins, sont régénérés et acquièrent la vie spirituelle de la grâce, comme le poisson csl engendré dans l'eau el ne peul vivre hors de cet élément. La piété éclairée des premiers chrétiens leur faisait encore voir dans le poisson une figure sensible de Noire-Seigneur Jésus-Christ, qui a
ncaux, excepté Chilpéric I-' elChildéric, dernier roi mérovingien. Depuis lui jusqu'à Louis d'Outremer, qui en porte une étoilée, elles sonl ordinairement de laurier. Pépin ct son fils Cirloman portent leurs cheveux courts et liés avec un ruban en forme de diadème. Cet ornement ne paraît que sur un seul sceau de Cbarlemagnc n'étant que roi; mais étant devenu empereur, il pnrle ordinairement une couronne de laurier à l'exemple d< s empereurs romains. On a de lui un sceau de métal où il est représenté avec une couronne de pierres précieuses...
Los princes carlovingiens ont ordinairement la lé'.e couronnée de lauriers. Le roi Eudes porte une espèce de diadème ou cercle
chassé le démon ct rendu la vie au genre ct sans nœuds, comme celui de Childéric 111.
humain, comme ce grand et mystérieux Dois- Zueuicboldc a un casque sur la téle, ct Louis
son, dont le jeune Tobie se servit par l'ordre d'Outremer une couronne radiale. Lolhaire
de l'Ange, chassa le démon, cl rendit la vue pénultième roi carlovingicn, porte au*si sur
au saint vieillard Tobic. »
De tous les symboles religieux, la croix est sans contredit celui que l'on rencontre le plus souvent, soit au commencement des inscriptions, soil dans le champ même des sceaux. Outre son caractère religieux elie fui regardée plus tard comme une des marques de l'autorité souveraine (2) en Allemagne. Les Bénédictins rapportent, d'après la
son sceau une couronne rayonnôe , cl ornée par le haut de pierres précieuses. Hugues Capet y ajoute les fleurs de lis , que Henri 1" porta plus distinctement que ses prédécesseurs. M. du Cange, dans son Histoire de saint Louis, ne voilqu'unemémesorte de couronnes sur les monnaies et les sceaux des rois de la troisième race, savoir: un cercle d'or enrichi de pierreries. Conrad I"
chronique de Godwic, que l'empereur Henri donua temple aux empereurs d Allemagne IV , fail prisonnier par son fils, fui obligé de de porter des couronnes radiées dans leurs lui remellre tous les insignes du pouvoir sceaux. Apres que Charlemagnc oui été de-
pouvoi
suprême, au nombre desquels on nomme la croix en première ligne : Rtgalia vel imperiulia insiynin, crueem scilicct et lanceam, sceptrum, globum nique evronam fdii poteslati Iradidit. Quelques empereurs sonl représentés sur leurs sceaux, portant la croix de la main droite, en signe de victoire.
On trouve ausi sur les sceaux ,dcs châsses, des reliques et dos images de saints. La crosse pastorale se voit sur les seaux des evéques el des abbés ; et sur plusieurs contre-sceaux de la même classe de personnes, une crosse et une main qui bénit.
Les couronnes sont un des plus grands symbolesdu pouvoirsouverain. Leur forint' u h.-auconp varié. Aurèlien csl le premier, chez les Romains, qui osa porter en public le bandeau royal ou diadème. Il fut imité
I) Elinunlt de pftliojrnpltie, t. H, p. 76.
ciaré empereur à Rome, il prit la couronne impériale, telle qu'on la voit dans les peintures en mosaïque de Saint-Jean de Lalran. Elle est fermée en haut comme un bonnet, el semblable à celles que portaient les empereurs d'Orient. On ne peut pas douter que cette sorte de couronne n'ait été d'usage ce France avant Charlemagne ; mais on ne la trouve pas sur les sceaux mérovingiens. Les empereurs d'Allemagne la portèrent sur les leurs dès le x' siècle. Au suivant, on la voil sur le grand sceau de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre: ce qui fait voir que l'usage où sont les potentats de l'Europe de porter des couronnes f-rmées ne vient pas de Charles VI'!, roi do France. Avant lui Edouard IV, roi d'Angleterre, en portait une semblable. Quoiqu'on convienne assez universellement que Cbar-
(2) Souvenu Traité de Div<omaliqvc. l. IV
les VIJI est îc premier cl. s rois «h* France île la troisième race «jui ci i t porté l.i couronne fermée ou impériale, elle est ouverte sur le sceau dont il se servit pour l'iulie, ainsi que sur relui de Louis XII, Son successeur. Néanmoins celui-ci est couronné comme, empereur dans plusieurs do ses monnaies. On a des sceaux, des monnaies cl des cachets où la couronne de François l r est omette; mais, depuis Tan 153G, elle est presque toujours fermée. Elle parut telle dès le commencement de son règne, dans le sceau apposé au bas du fameux concordat passé avec Léon X , pour abolir le droit des élections , aussi ancien que le christianisme. » Le type de ce sceau conservé autrefois dans la bibliothèque de Saint-Germain-des-Piés est en ogive : il représente une croix placée entre l'ecusson de France timbré d'une couronne, el l'écusstn du pape surmonté de la tiare ou triple couronne, terminée par une houle surmontée d'une croit.
Selon M. de Wailly et les Bénédictins , c'est au xr siècle que les princes souverains de l'Europe commencèrent à se faire représenter assis sur leurs trônes à la manière des empereurs de Con&tanlinople. Cet usage fut introduit en France par Henri I % en Angleterre par Edouard le Confesseur, cl en Allemagne par Henri H. Les trônes de Henri ï,f et de Philippe I" sont de forme triangulaire : ceux de leurs successeurs ressemblent à des pliants terminés par des (êtes d'animaux. Dans la suite, les dimensions des trônes s'agrandirent, mais ils ne furent jamais aussi magnifiquement ornés sur les sceaux des rois de France que sur ceux des rois d'Angleterre. On voit quelquefois sur des sceaux d'évéques ou d'abbés un siège assez semblable aux pliants de quelques sceaux dcroisdeFraiice.Lcs reines sont presque toujours debout, et les seigneurs montés sur un cheval de bataille.
Le globe, le bâton royal, le sceptre et la main de justice sont aussi des symboles de l'autorité royale. La figure du globe parait sur plusieurs médailles des empereurs romains. Lesempercurs de Conslanlinoplc ajoutèrent une couronne au dessus. On retrouve le globe dans les monnaies mérovingiennes el dans les monuments des empereurs français. On le voit aussi sur les sceaux des empereurs d Allemagne dès le règne d'Oilon II , et sur ceux des rots de France Hugues Capet et de son fils Hobeit; mais ici il n'est point surmonté d'une croix. Depuis lors il ne parait plus que sur quelques sceaux de Louis XII.
Le sceptre est un bâton assez court, qui, depuis longtemps , est un des signes de la souveraineté. Los consuls romains le portaient surmonté d'un aigle; celui des empereurs était ordinairement terminé par une croix, une fleur ou quelque ornement arbitraire. Lothairc , fils de Louis dOulrcmer, est le premier de nos rois qui ait adopté cet emblème, le sceptre elle bâton sont deux attributs distincts; l'un, suivant les Bé.né-
scr# n
diclins, est la marque de la dignité royale et l'autre est un symbole d'adminslrutiou. Louis le Hutin est le premier dont le bâton royal soit terminé par une main de justice. Les au'eurs dont nous venons de pat 1er attribuent l'origine de ce s;gne à la main céleste qu'on voit dans divers monuments sur la (été de Chorlemagne el Kur celle de Cliarlo* le Chauve; et aussi à la figure du même genre qui se moulro sur le sceau de Hugues Capet, derrière le buste de ce prince. C» t ornement, qui ne parait pas sur les sceaux dei empereurs d'Alteui.ignc, ne se rencontre que rarement sur ceux des rois d'Angleterre.
Les symboles empruntés à l'art militaire ont également été regardés dans tous les temps au nombre des attributs de la royauté. Mais, à la différence des précédents qui sont réservés aux souverains, ceux-ci se voient sur les sceaux des simples chevaliers comme sur ceux des grands seigneurs et des rois. Tels sont l'épée, adoptée par quelques rois d'Angleterre, les boucliers, destinés dans l'origine à rappeler la protection que les princes doivent à leurs sujets, et qu'on voit déjà sur les médailles des empereurs romains postérieurs aux deux Antonin ; enfin les étendards, les javelots et les pique*.
Le cheval de guerre était considéré aussi comme un attribut royal. 11 était usité en Angleterre el en Ecosse. En France, Louis le Jeune est le seul de nos rois qui ail eu un contre-sceau équestre, et encore est-ce comme dut- d'Aquitaine. Les empereurs d'A lemagnu n'ont pas plus que les rois de France adopté les contre-sceaux équestres. Il n'y a pas de pays au contrait c où les sceaux équestres n'aient clé employés par la noblesse, soit comme symbole de guerre, soit comme signe de suzeraineté féodale. Les symboles du droit de chasse, comme les cors, les ch:ens , les faucons, etc., paraissent aussi sur les sceaux des seigneurs, mais, en général, les attributs guerriers y dominent. « Dès le xif siècle, disent les Bénédictins, les dames sont représentées à cheval , tantôt a la manière des hommes , tantôt à la manière des femmes , portant un oiseau, une fleur, un lis. » Au xv siècle, le nombre des sceaux équestre* diminua sensiblement ; ils furent remplacés par des types beaucoup plus petits figurant seulement des armoiries.
Dans celte longue nomenclature des attributs de la royauté figurés sur les sceaux , nous ne pouvons oublier la fleur de lis. Mais comme nous en avons déjà longuement parlé au mol F leur drus, nous y renverrons pour ne pas faire de répétitions inutiles.