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Les sigles, selon l'élymologie la plus admise , sont des lettres uniques (singttlct) , destinées à exprimer des mots entiers ; on les distingue en simples et en composés de différentes manières, comme on !e verra plus loin : les noms propres, les litres et certains mots d'un usage fréquent sont ceux qu'on représentait ordinairement par des sigics. * Les sigles ont élé surtout employés dans les inscriptions. Cependant on les rencontre aussi dans les manuscrits, dans les diplômes et môme sur les sceaux. L'usage des sîgles était déjà connu des Hébreux. « C'est tic co genre d'abréviations hébraïques, disent (es Bénédictins, qu'on entend ordinairement ces paroles de David : Ma tangue sera comme la plume d'un écrivain qui écrit avec rapidité. Les Grecs ayant reçu leur écriture des Phéniciens-Hébreux, on ne peut guère douter qu'ils n'en aient aussi tiré leurs abréviations par sigles. Des Grecs les sigles sont passés chez les Homains, qui les ont portés dans la reslc du monde ancien. »
Nous emprunterons aux Rénédictins quel-
SUcs remarques qu'ils ont faites sur l'emploi os sigics dans les manuscrits et dans les dip'ômes. Le Virgile d'Asper offre des vers écrits tout entiers en sigics. Asper, ou son copiste, supposait que ceux pour qui il écrivait étaient extrêmement versés dans la lecture de Virgile. Encore aujourd'hui qui serait embarrassé à lire ce vers. Tityre t. p. r. s. t. /*., etc., et bien d'autres également familiers? Dans ce très -ancien 'manuscrit les sigics soul suivis de points comme dans les inscriptions et les autres monuments de l'antiquité. L'emploi des sigles avait lieu également pour certains passages do PKcrïlure sainte, dans plusieurs traités théologiques, cl pour certains aphorismes qu'on répétait dans les ouvrages philosophiques.
Dans les diplômes ou écrivait quelquefois militari; cing'ulum par M. C. On n'avait pas oublié, au xr siècle, celte manière d'abréger l'écriture. Le fameux terrier d'Angleterre , dressé par ordre de Guillaume le Conquérant; en est uue preuve. Ce manuscrit en deux volumes, que les Anglais appelant Dotnesday book , fut écrit en lettres antiques et eu sigics. Ces sigles néanmoins n'y soul
Sas à beaucoup près aussi fréquents que ans le Virgile d'Asper. On s'en servail encore pour distinguer les livres, pour inar-
Sucr le nombre des chapitres et des cahiers 'un manuscrit (2). Ou exprimait aussi la valeur des poids par différentes lettres des deux alphabets grec et lalin.
blés on indiquait le nombre des versets de chaque livre pnr l»>s sixtes A. t». n. (fmbet versus numéro)..., suivis «le* cl» flVrs romain» qui exprimaient le nombre de ces verset*.
(M. do Wully.)
L'ancien usage dos soûles lettre? htitia'cs pour marquer les noms propres s csl toujours maintenu. On pourrait ciler une suite de manuscrits depuis les premiers temps jusqu'au xv siècle où les noms de baptême el de famille sont exprimes par des aigles. Que cet usag" ail été pratiqué dans les arlcs et les chartes de toute espèce, c'est une vérité certaine, assurée par une multitude de monuments et d'auteurs do tout pays. Ces sigles ont été souvent mal interprétés par les copistes qui se sont donné la liberté d'écrire les noms propres tout au long. I.* nom à'hes ou de Josctran n'étant écrit que p ir la lettre initiale dans deux épi 1res d Ivrs de Chartres, un écrivain téméraire a rendu ce siglc par Jean, archevêque de Lyon. D us les lettres iv el v d'Etienne, évêque de Tournai, où les manuscritsne marquent qu'un P, le Masson, qui les a données au publie, a imprimé Petro au lieu de PotUio, comme l'a remarqué M. Baluzc^d'après le P. du Moulinet. Les méprises des éditeurs el des copistes dans l'explication des noms Iais»és eu blanc, ou marqués seulement par leur lettre* initiale, ont nou-sculcment jeté beaucoup de confusion dans l'histoire, mais elles ont encore donné occasion d'accuser de suppositions des pièces très-sincères et très-aulhentiques, où Ton a substitué un nom pour un autre.
L'usage des sigles a toujours présenté des inconvénients à raison de l'obscurité qu'offre souvent cette écriture. Justlnien alla même jusqu'à en interdire l'emploi dans les livres de droit, lors même qu'il s agissait de désigner les noms des jurisconsultes, les titres cl les nombres des livres.
« Puisque celle languo énigmatique présentait de si graves inconvénients, même pour les contemporains, on ne doit pas s'élonuer, dit M. de Wailly, que de nos jours l'interprétation des Sigles anciens exige des connaissances aussi profondes que variées sur les coulnmes de chaque siècle et de chaque contrée. Le seul conseil que l'on puisse donner à cet égard, c'est de rechercher avec soio toutes les circonstances accessoires qui peuvent aider à la solution du problème. Il csl facile de comprendre, par exemple, que certaines interprétations conviendraient plutôt à une inscription funéraire qu'à une médaille, et réciproquement. S'il est possible de connaître le temps et le lieu auxquels se rattache une inscription , il faudra tenir compte de ces données, qui fourniront presque toujours des indications précieuses. Mais, pour en profiter plus sûrement, il csl indispensable avant tout d'étudier les recueils de »'glcs et de se familiariser avec certaines formules qui se représentent souvent, telles que : S. P. Q. R. : Senatus pop alusque Rontanus. A. D.K. Ante diem kalendas. A. I». V. C. Anno post Urbem conditam, etc. (I). »