SIGNATURES DBS MANUSCRITS
En termes d'imprimerie, on entend par signature une lettre que l'on met au bas de la première page de chaque feuille pour marquer Tordre à suivre dans l'assemblage des feuilles. Dans les manuscrits on plaçait au contraire la signature au bas du verso du dernier feuillet du cahier. Les signatures prennent les formes les plus variées. Quelquefois elles sont en chiffres romains, d'autres fois en lettres, ou en chiffres et en lettres a la fois. On en trouve en onciale, en minuscule et en cursive, avec ou sans ornements. Les signatures fournissent un moyen facile de s'assurer s'il y a eu des cahiers ajoutés ou retranché*. Mais comme tous les copistes n'ont pas eu le soin de les marquer, ce moyen devénOcalion mnnque quelquefois. Ajoutons que souvent des relieurs ignorants les ont rognées pour donner au volume la forme qui leur plaisait. Lors même que l'on retrouve dans un manuscrit la série de toutes les signatures , il faut avoir soin de vérifier le nombre de feuillets dont se compose chaque cahier; le plus souventee nombre ne varie pas dans chaque manuscrit, si ce n'est dans le dernier cahier, qui est un peu plus fort on un peu plus faible. Il est plus rare de trouver de la variation dans le même manuscrit, à moins d'intercalations. Mais, dans ce cas, on dislingue les adjonctions soit par la différence de l'écriture, soit par la nature du par chemin, dont la finesse csl généralement une marque d'antiquité. On rencontre des cahiers du douze feuillets ; il est plus ordinaire d'en trouver de deux, trois, quatre ou cinq ; d'où sont venus les noms de binio , temio , quaternio, quinio ou quint erniù. Lorsque l'abréviation d'un de ces mots fait partie de la signature , le nombre des feuilles de chaque cahiT se trouve par IA même indiqué. Quant au nombre des cahiers, on le marquait quelquefois à la Gn des manuscrits.
a La situation des signatures au bas de la marge inférieure, disent les Bénédictins, se; Ion qu'elle approche plus du fond d'un manuscrit, décide de son âge : si elle n'en est éloignée que d'un pouce au plus, le manuscrit sera régulièrement au moins du %r siècle; portée au milieu, du vur; jusqu'à la marge extérieure ou totalement supprimée, elle désignera le ix* ou tous les temps postérieurs. Mais , à l'exception de la première observation , qui ne semble pas pouvoir se
(I) La Icllre s, un nombre, signitie ordinairement «mil. Ex. : vi. s. tes,
: xju.
vériGcr (si ce n'est comme par hasard) sur des manuscrits plus récents que le vu* siècle, 1rs autres peuvent quelquefois se montrer même depuis le ix*...
« Les signatures sont, comme nous l'avons dit plus haut, tantôt en chiffres romains, tantôt en lettres. l'A répond à 1 , le B à 11 . et ainsi des autres. Si la signature en chiffres n'est pas plus ancienne que la signature en lettres, du moins la haute antiquité Taisaitelle de la première un usage plus fréquent. Relevée par des ornements, elle désigne un âge postérieur. Le mot quaternio, en sigle, en monogramme, en abréviation , précédant quelquefois la signature , n'est pas moins «ju'elle susceptible d'ornements relatifs à l'âge des manuscrits. Ces ornements ne commencent guère qu'au vu* siècle. Quoique nous ne rencontrions presque jamais la signature sur la première page du rahier avant le ix* siècle, on en peut toutefois produire quelques exemples des temps les plus reculés (1). »
Quand les réclames étaient marquées exactement dans un manuscrit, les écrivains s'abstenaient en général d'y mettre des signatures.