CER
CERCLES. Les grandes bulles des papes, à partir du XI' siècle, sous Léon IX , contiennent une sentence ou devise presque toujours tirée des livres saints, et qui est » propre à chaque pape. Cette sentence est inscrite dans l'espace vide d'entre deux cercles concentriques. Au milieu du cercle intérieur est tracée une croix qui partage l'aire «le ce ccrele en quatre parties égales. Au haut de la croix , ou lit , dans le premier quart du cercle, S. Peints, auquel , bientôt après, episcopus fut ajouté. A côlé, dans le deuxième quarl de cercle, est écrit : S. Paulin , auquel on joignit de même apostolus. Au bas de la croix, le seul nom du pape régnant répondait à celui des deux apôtres. Au-dessous du nom de saint Pierre, se trouve celui du pape , suivi de ces deux lettres PP, qui signifient papa; el vis-à-vis le nom de saint Paul est marqué, en chiffres romains, le rang du pape parmi ses prédécesseurs de même nom.
La sentence inscrite entre les cercles et adoptée par chaque pape a pu varier. Ceux des pontifes qui en onl pris plusieurs les employaient souvent toutes à la fois. Cette sentence fut d'abord écrite de la propre main des panes ; mais ensuite ils en chargèrent leurs chanceliers , qui signèrent aussi a.'sez souvent pour eux. Il n'y a guère dès lors que la petite croix qui se trouve au haut des cercles qui soit de la main du pape; elle remplaçait celle qui devait être avant la souscription, qui n'en admettait pas ordinairement. La grande et la pelile croix , renfermées dans les cercles, étaient quelquefois accompagnées de quatre points ou de quatre traits.
Il y a quelques exceptions à cette disposition du cercle chez pluoicurs papes. On conservait dans l'abbaye de Cbezal-Benolt une bulle originale d Urbain II, qui ne portait point d'autre signature que celle du cercle, autour duquel on lisait: Legimut , firmamus, el dans le centre, partagé par une croix : Sanctut Petrut , sanclus Puulus. Il n'y avait ni le nom, ni la deusc du pape. Un cercle d Honorius 11, représenté dans le Bifilaire romain , ne porle pis d'autre inscription que sa devise, disposée entre deux cercles. Dai s les bulles de Jean XX et Martin IV, • ne tus Petrut est placé au dessus de sanclus Paulus; au lieu qu'anciennement ces inscriptions étaient sur une même ligne (1).
Selon les Béné liciins , des bulles - pancartes ou privilèges, sans devises ou sentences , depuis le commencement du XII* siècle, et même le milieu du Xl«, seraient suspectes. Toute bulle , revêtue d'nne sentence différente de celles qu'on saurait certainement avoir été prises par un pape, serait liès-suspeele. à moins qu'on ne pût alléguer, en faveur de l'exception , quelques raisons solides , fondées sur des (ails.
CERTIFICATS. (Voyez Cbdijlb. )
CERTIFICATS d'aff chb et de publication. On trouve dans les bullos des papes, depuis Eugène IV , mention de certificats
(I) Nouveau Traité de Diploaut. t. V.
i:,5 DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE.
qu'elles ont élé lues et publiées dans la chancellerie romaine , on présence du régent , du correcteur des lettres , etc. Innocent VIII et ses successeurs onl fait fréquemment usage de ces corliGcals d'affiches, • e publication el de lecture des bulles. Au du* d'une bulle de Clément VII , le réd icteur du certificat s'exprime ainsi : Présentée retroecriptœ litterœ publicnlœ fuere in valvis seu pot lis basilicœ principis aposlolorum de urbe , audientiœ pnlutii 'apottoiici ; cuncellariœ apoilolicœ et aciœ campi Flora per me Juannem Cerrurier , SS. D. N. ( sanctissimi domini nostri ) papœ cursorem. f'ûinus de BtllaviUa, mayistrr curiorum. On voit ici paraître le maître des courriers. Sous Jules 11, ces certificats sont encore plus prolixes.
CHAMBELLANS. Le chambellan était un officier de la cour de France, attaché à la chambre du roi. Des autours onl confondu celte charge avec celle de chambricr ; mais Du Tillet les distingue nettement, et M. de Wailly cite à ce sujet l'extrait d'une ordonnance de Philippe III, qui ne laisse pas de doute sur la différence des fonctions.
« En l'an 1272 fut ordené pardevaul
le roy , prési us M' l'abbé de Saint-Denis , monsieur Jean d'Acre, boutcillerde France, monsieur Hérart , chambrier de France , monsieur Mathieu de Mailli, chamberlenc de France, etc. »
Dès le règne de saint Louis, le premier chambellan gardait le sceau secret en l'absence du grand chambellan ; el Ton ne doit pus oublier que , sous un même roi , il y avait plusieurs grands chambellans. Il ne faudrait donc pas rejeter comme faux des
actes qui, à la même époque, parleraient de grands chambellans différents.
La charge de grand chambellan fut érigée en 117» On remarque qu'en U01, on assigna au grand chambellan £000 f. d'or d'appointements, el que c'est ta première fois qu'il y eut des gages fixes pour celle charge (1).
La charge de grand chambellan de l'Empire ne fui attachée à la maison de Brandebourg que depuis la dièle de Mayeuce, en 118». Dans celle assemblée, les grands officiers de l'Empire, nommés par l'empereur, remplirent personnellement auprès de ce prince les fondions de leur charge; et, depuis celle époque, ils les perpétuèrent dans leurs familles.
CHAMBRE DES COMPTES. La chambre des comptes était une cour souveraine, établie pour faire rendre les comptes des deniers publics, pour veiller à la conservation du domaine royal, et pour connaître de lous les procès qui pouvaient s'élever à ce sujet.
Cet établissement remonte à une époque très-reculée. Sous les premiers rois de la 3' race, elle n'était pas distincte du conseil du roi, qui devint ensuite le parlement. Les membre-, de.cetle cour, chargés de l'apurement des comptes des baillis, étaient nommés YenerabiUs inagit tri compotorum , sous saint Louis. Ils étaient si bien les collègues des
l\) Lnss«n.. Itht de Charte» VI, l. II. <D V. Du Uuil, de Cancien gouvernement de Fiatuc,
conseillers du parlement, que dans certaines occasions ils remplacèrent la cour el jugèrent des causes qui n'élaient pas de leur dé-
fiarlemenl ordinaire, avec ceux des conseilers qu'ils pouvaient rassembler. Cet usage n'était pas nouveau. On trouve , dans les Olim, plusieurs exemples d'arrêts rendus et d'enquêtes terminées par les maîtres de la cour, qui étaient alors députés pour les comptes (2).
Avant Philippe le Long, cette chambre élail ambulante ; mais, par un éditdel'an 1319,' ce prince la rendit sédentaire à Paris. Il y' avail des présidents, des maîtres, des correcteurs et des auditeurs des comptes.
Outre la chambre des comptes de Paris, il y en avail huit autres dans le royaume qui furent établies par l'édit du mois de mars la 1583, savoir : Dijon , Rouen , Montpellier, Nantes, Grenoble, Aix, Pau et Blois ; mais leurs attributions étaient moins étendues que celles de la chambre des comptes de Paris , el se restreignaient surtout a la réception des comptes des receveurs qui étaient dans leurs ressorts respectifs.
CHAMBRE ECCLI SI ASTIQUE. Celte juridiction, appelée aussi chambre ou bureau des décimes, était entièrement ecclésiastique cl connaissait, privalivemenl à tous autres juges , de toutes les contestations sur les décimes, dons gratuits, subventions el autres impôts qui s'établissaient sur le clergé.
Il y avail deux sortes de chambres :1a chambre ecclésiastique particulière el la chambre ecclésiastique souveraine.
La première était composée du syndic et des dépulés de chaque diocèse, où I on imposait toutes les taxes du diocèse, el où l'on faisait la répartition de ce que chaque ecclésiastique devait payer.
La seconde était formée d'un certain nom bre de conseillers et d'ecclésiastiques , et connaissait des appellalious interjetées des sentences rendues dans les chambres ecclésiastiques particulières.
Avant Henri 111 les syndics généraux cl agenls du clergé avaient la connaissance de toutes les contestations qui arrivaient au sujet du paiement des décimes et dons gratuits. Mais ce prince, par ses lettres patentes du mois de mai 1586, établit huit chambres souveraines de décimes, pour juger, à l'exclusion de lous autres juges, toutes les causes cl procès qui seraient portés par appel de diocésains, ressortissant à ces huit bureaux, qui sont : Paris, Lyon, Rouen, Tours, Toulouse, Bordeaux, Bourges el Aix.
Tous les diocèses de France ressortissaicnl, par appel, à ces huit bureaux, qui s'appelaient bureaux diocésains (3;.
CHAMBRIER. Le chambrier était un des quatre grands officiers de la couronne, dont la'présence est ordinaire dans les chartes des rois de France. Sa fonction élail la garde de la chambre du roi, c'rsi-a-dirc du trésor royal. C'était un officier distinct de celui de chambellan. Il cesse de figurer dans les chart m, p. 2i9
pl Du ùmmmre de droit, par M. «le Fcrrière.
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tes, comme les autres grands officiers, au commencement du xit* siècle.
Le p:rand chainbricr a subsisté jusqu'à François I", en 1545, année où ce prim e le remplaça par les quatre gentilshommes de la chambre. Le premier chambrier connu est KaioaMus, en 10G0. Cependant Dom de aines assure que celte charge remonte à la première race de nos rois (Voy. la liste des taiMBMBRS aux grands officiers de la couronne.)
Le chambrier, dans les monastères, avait l'administration des terres, des revenu* et de tout le mobilier de l'abbaye ; c'était l'officier chargé particulièrement des intérêts temporels de la communauté.
CHANCELLERIE. En France, la chancellerie était le lieu où l'on scellait les lettres publiques émanées du roi, pour quelque cause que ce soit. 1: y avait la grande et la petite chancellerie.
Dans la grande chancellerie s'expédiaient les lettres scellées du grand sceau, les édils, les lettres d'anoblissement, les privilèges , les exemptions et autres lettres qui élai* nt dressées au xviir siècle par les secrétaires do roi.
Le chancelier garde des sceaux présidait aux opérations, assisté de deux maîtres des requêtes et des secrétaires du rot qui apportaient les lettres à sceller.
Pendant la plus grande partie du xnr siècle, la chancellerie fut souvent vacante; mais il y arait des officiers qui remplissaient les fonctions de chanceliers sans en porter le nom. Cet événement , qui arriva sous Louis VIII pour la première fois, porta ce prince à insérer dans ses diplômes la formule l ofante cnncellaria, coupée en deux mots par ton mouogramme.
Plusieurs de ses successeurs, qui se trouvèrent dans le mémo cas, en usèrent de même. [Voy. Chanceliers.) Celle formule a paru pour la dernière fois peut-être, dans un diplôme de 1313. On doit ajouter aussi qu'elle a pu signiGer seulement que le chancelier n'était pas présent à la rédaction de l'acte.
La petite chancellerie était établie près le parlement de Paris; les lettres de moindre conséquence s'y expédiaient sous la présidence d'un maître des requêtes. Ou y deli 'rail des lettres de commitlimus de main souveraine, de terriers, d'assielle, etc., et diverses lettres de justice.
Celle petite chancellerie n'était peut-être pa* encore établie en 1W)3, suivant les Bénédictins. Ce n'est que vers la On du xv* siècle qu'on commença à établir doit chancelleries particulières auprès des parlements et des présidiaux ; el les lettres de justice qui } sont expédiées ne pouvaient servir hors lelendue du ressort de la cour qui les "ail délivrées, d'après un édil du 26 juillet
Chancellerie romaine. Les papes eurent, sans aucun doute, une chancellerie dèi les premiers siècles; mais la première Denlion qu'on eu fasse, sous le nom des