‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 83 sur 455 · CON · texte numérisé non relu

CON

contraire par un sceau de Robert, corn le de Leicestcr, suspendu à une charte de 1195(1).

En résumé, les contre-sceaux des évéques paraissent plus anciens que ceux des seigneurs ; mais dans le clergé comme dans la noblesse, la plupart dis sceaux du xir siècle ne portent qu'une empreinte, tandis qu'où siècle suivant l'usage contraire avait prévalu. Il est inutile d'avertir qu'il s'agit ici nonseulement de contre-sceaux proprement dits, mais encore de toule empreinte marquée au revers du sceau principal.

Au xiv siècle on rencontre quelquefois dt»s sceaux dépourvus de contre-sceaux , bien qu'on sache que le personnage énoncé dans la charte en ait usé ailleurs. Après la première moitié de ce siècle, il n'est pas rare de rencontrer des sceaux qui n'ont pas de contre-sceaux et qui n'en ont jamais eu. D'un antre côté on voit renaître en même temps Image d'appliquer les sceaux sur les actes, surtout sur les quittances et autres petites pièces, sans y marquer de contre-empreinte. De tous ces faits il est permis de conclure qu'au xiv* siècle on avait cessé d'attacher la même importance à l'usage des contre-sceaux, et qu'un acte scellé, sans être contrc-sccllé, était considéré comme parfaitement authentique (2).

La forme des contre- sceaux a suivi ordinairement celle des sceaux auxquels ils c.aienl appliqués, quoiqu'il n'est pas rare d'y trouver des contrastes.

Ceux des rois de France sont urïnculaircs et de moindre dimension que les sceaux. Celui de Louis VII, qui représente ce prince à cheval, est peut-être la seule exception qu'on puisse citer. Ceux des rois d'Angleterre sont comme celui de Louis VII, cl la légende est la suite de celle de la face.

Les reines et les dames ont presque toujours des contre-sceaux orbicolaires, quoique la forme des sceaux soit ovale.

Le clergé n'a rieu de fixe dans la forme de »cs contre-sceaux, qui sont tantôt ovales, tantôt ronds.

La noblesse et les communes ont toujours eu des contre-sceaux orbiculaires comme l'empreinte desceaux dont ils faisaient usage.

Les inscriptions des contre-sceaux les divisent en plusieurs espèces par les différences qu'elles présentent. Selon les Bénédictins, les plus anciens contre-sceaux reproduisent textuellement la légende du sceau; bien qu'un retrouve cependant quelquefois la même disposition sur des contre-sceaux bien plus récents. Il suit de là que cette empreinte n'est appelée un coutre- sceau que parce qu'elle se trouve appliquée au revers d'une autre empreinte : séparément elle réunit tous les caractères d'un sceau proprement dit. D'autres contre-sceaux ne diffèrent, dans la légende, du scaau principal que par des détails si peu importants, qu'on pourrait les preudre pour des sceaux véritables.

M) Eléments de paléographie, t. Il, p. S3. (1) tbid. loco cûuto.

con eto

M. de Wail!y complète ce qui concrrr.o celte espèce de contre-sceaux par les observations suivantes. « Parmi les empreintes qu'on trouve appliquées au revers d'un sceau, mais qui pouvaient aussi être employées séparément, on doit ranger celles dont la légende se rapporte à l'une des formes suivantes : sigillum minus N., siyillum parvum N., sigillum secretum ou secrcli N., secretum sigilli ou secretum N. Les deux premières sont rares; quant à celles qui annoncent un sceau secret propremcntdit, on pourrail en citer des exemples sans nombre (3). » L'apposition do cette empreinte du sceau secret au revers d'un sceau doit inspirer une entière confiance dans la pièce qui la porte; en effet ce type ne devait être employé, selon toutes les probabilités, que par celui à qui il appartenait, ou par un dépositaire de sj c onfiance h plus intime; tandis que les sceaux ordinaires n'étaient souvent apposés, dans les chancelleries, que par des officiers subalternes. Ce sceau secret servait aussi pour les expéditions et les lettres particulières, surtout après le milieu du xm siècle.

Les contre-sceaux proprement dits et qui ne servaient qu'à conirc-scetler sont ceux qui s'annoncent pour tels dans la légende par le mol conlrasigitlum. Souvent cille léciide, est aussi complète que celle du sceau ans les titres et les noms du pi rsonnage; mais , comme l'empreinte était bien plus petite, on était obligé d'employer des caractères plus tins et de nombreuses abréviations. Souvent aussi ou supprimait les mots les moins essentiels ou ceux qui terminaient la légende.

D'autres contre-sceaux do la même dimension que les scoaux ou même plus petits en sont néanmoins inséparables; les Bénédictins en citent beaucoup tirés de la Flandre, où l'on voit que la légende du sceau se continue el se complète sur le contre-sceau. Au xnr siècle rien de plus ordinaire que de voir des légendes commencées sur le sceau et continuées sur le contre-sceau : il était naturel, en effet, de partager ainsi des inscriptions devenues si prolixes par l'accumulation de litres de dignités el de noms de territoires.

On range dans la même classe tous ceux qui ont des inscriptions vagues el qu'on ne peut appliquer à personne en particulier sans le secours du grand sceau. De ce nombre sont les contre-sceaux sur lesquels on lit : secretum comitis ; secretum meum ; ou secretum meum mihi ; teslimonium veri; c/avis ou cuttoi sigilli ; secretum colas ; annuntio sécréta; confirma, secretum veri; secretum est ; secretum serva ; secreti custos ; secreti sepulcra; sigillum veritatis ; secretum; annulare secretum; contrasigillum ; sigillum contrasigilli ; contrasigillum ad causas ou ad obliyationes, etc. Telles sont encore les devises Deum time; Deux in adjulorium meum intende; Fugile, parles adversœ ; Miserere

(3) Eléments de paléogiapliti, t. II.

Sil DICTIONNAIRE DE DIPLOMATIQUE CHRETIENNE. ÏI2

met, Deus ; Bonwn est confileri Domino ; et lor, est gravé au revers du sceau de plusieurs

autres du même genre (i). de ces seigneurs, au commencement du xiir

On trouve aussi des contre-sceaux dont siècle; quelquefois, mais plus rarement, la

les inscriptions se rapportent au sujet qui y légende du contre-sceau est en latin, quoique

est figuré. Les églises, les monastères et les celle du sceau soit en langue vulgaire. Mais

villes représentent souvent sur leur contre- ces exemples ne doivent être considérés que

sceau l'image de leurs patrons. Les évéques, comme des exceptions; la légende de la face

au commencement du xm* siècle , lor* de lu et celle du revers sont ordinairement dans

guerre des Albigeois, prenaient pour contre- lu même langue, li n'est pas rare aus>i de

sccl unugnus Uei : de là ces légendes, Agnns trouver, sur un contre-sceau, des armoiries

J)ei miserere mei; Dionysius Areopagita ; ri- qui n'existent pas sur leéceau proprement d»L

deo cœlos aptrtot ; Nicolaus suscitons clcri- CONTRE-SEING. Le contre-seing est la si-

cos; Ave, Maria, gratin plena, etc. Ces ius- gn.ilure d'un officier public apposée sur un

criplious, dont le seus est moins vague que acle dans le but d'en attester la vérité. Lrs

dans lus précédentes, ne sont cei-endunl pas notaires, les référendaires et les chanceliers

assez précises pour donner au type sur te- onl rempli les fonctions de contre-signer les

quel elles étaient gravées, le caractère de sceau chartes.

secret. Il en est de même des empreintes qui Sous les Mérovingiens, les référendaires

«'oui qu'une date pour légende, lelleque celle conlre-signaient les diplômes avec la formule

du contre-sceau du chapitre de Notre-Dame obtulit, parce qu'ils les présentaient au roi

de Paris, rapportée parM.de Wailly, qui porte pour les signer. Ce mot so voit dans les

les mois Sigillum renovatum an no graliœ chartes de donation, de privilège ou de cou-

M*. CC°. XX.11*. firmation. Lorsque les diplômes contiennent

Une autre espèce de contre-sceaux pré- le mol recognovit, au lieu A'obtulit, celte

sente des images autour desquelles il n'y a formule s'applique plutôt aux jugements ,

point d'inscriptions. Tels sont lès contre- ou à des Charles qui, tout en renfermant une

sceaux de rhilippe Auguste et des rois ses donation, étaient adressées à des officiers

successeurs, qui se composent d'une ou de royaux chargés de leur exécution. Ces dei/x

plusieurs fleurs de lis; tels sont ceux de plu- formules sont quelquefois accompagnées des

sieurs évéques et seigneur* des xu* et xm* mots rogatus, jussus, annttit et subscripsit, le

siècles. Ces contre-sceaux sont de simples tout très-peu lisible et mêlé de notes tiro-

cachels ou signets dont on pouvait se servir niennes.

indépendamment du sceau. Depuis la deuxième race jusqu'au xu* sié- Eufin on a vu des coutre-sceaux servir de cle, la formule recognovit se voit dans toutes sceaux et avoir au revers d'autres contre- les espèces de chartes royales, quoique plusceaux appliqués; et souvent aussi des per- sieurs pièces en soient dépourvues. Quand sonnes, présentes à la rédaction d'uu acte, la vérification était faite par un suppléant de prêtaient leurs sceaux pour servir de contre- l'officier titulaire, il employait souvent les sceaux : quelquefois même ces empreintes formules N; vice, ad vicem ou ad vices N. re~ n'appartiennent à aucune des personnes eognovit. Au x* siècle on voit souvent rclegi mentionnées dans la charte à laquelle elles pour recognovi ; on retrouve ce mol dans les sont figurées. Les nobles, disent les Bcné- chartes de Louis le Gros. Au xr siècle on dictins, se servaient souvent de sceaux ec- commence à se servir de la formule data per clésiastiques pour conlrc-sceller , afin do manum N. cancellarii, à laquelle on su bsli • donner plus d'autorité à leurs propres sceaux, tua souvent, depuis Louis le Jeune, data vaou bien parce que les clercs dressaient les tante cancellaria. Dans les siècles posté actes, quoique leurs noms n'y parussent pas. rieurs la plus grande variété régna dans ces

... formules. Les Bénédictins rapportent celles-ci

prises à la fin des lettres royaux depuis le Les images, figurées primitivement sur les milieu du xiv* siècle : De mandalo consilii. contre-sceaux, étaient extrêmement variées. Visa per génies compotorunt. Lecla in sede. Les pierres antiques avec ou sans iuscrip- Visa, iecta et correct* per dominos mngni lionn, les fleurs, les sujets du martyre ou de consifft et pnrlamenti régis ad hoc deputalor. la vie du saint patron, pour les églises et les Si placel contentur. Vidi le contenter. Mulinonaslères, ont été employés. Les rois de tipticata. Triplicata. Nihil pro sigitlo. Sotut. France ont, dès l'origine, adopté la fleur de lis hue us que. Scriptor, etc. Colla tw facta fuit pour contre-sceau. Ceux d'Angleterre étaient cum originali, etc. Les évéques et les abbés représentés à cheval. Mais' les armoiries ont faisaient contre-signer leurs chartes par généralement pris au xiu» siècle, surtout leurs chanceliers , qui au x* sièc'e emcbez la noblesse, la place des sujets arbi- ployaient les termes relegi et subscripsi. Les traircs qu'on gravait sur les contre-sceaux, formules des chartes royales furent suivies {Voyez Armoiries.) On verra A l'article des jusqu'au xiv siècle qu'on cessa d'énoncer la Sceaux tout ce qui concerne la disposition vérification en mettant seulement en abrégé, et le style des inscriptions des coutre-sceaux. ou tout au long, le nom de celui qui était Il suffit de remarquer ici que l'emploi de chargé de délivrer l'expédition. ( Voyex Nola langue vulgaire y est peal-élre plus fré- taire ) Ce n'est qu'après le xv* siècle qu'on quent que sur les sceaux. Le cri de guerre doit rencontrer des actes d'évéques couiredes comtes de Champagne, Passavant te meil- signés par leurs secrétaires, (l) JoNCfau Traité de Diplomatique, i. IV, et U. de WaiUj d*ii* sa Pd.'ogropfiie.

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