‹ Dictionnaire raisonné de diplomatique chrétienneChapitre 93 sur 455 · Î21 CM · texte numérisé non relu

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être regardé cominc faux , ni ce qui est simplement suspect, comme supposé. En ce qui concerne les rails, toutes choses égales, Tau* leur connu doit être préféré à l'anonyme, l'ecclésiastique ou le religieux au laïque , l'homme en place au simple particulier, le contemporain à celui qui ne l'est pas.

11*7 a trois sortes de soupçons : le simple, le légitime et le violent. Le soupçon simple est un jugement défavorable, mais basé seulement sur des possibilités dénuées de réalisation. Aussi, quelque multipliés qu'il» soient contré un titre ou un fait bien attesté, ils ne doivent répandre aucun doute contre la certitude de ce litre ou de ce fait. Le soupçon simple détient légitime lorsqulil se fonde sur l'inobservation des usages constants au siècle dont une charte est datée ; alors il porte atteinte à la sincérité de la pièce. Le soupçon violent rend uuo charte sans valeur et annule ta preuve qu'on voudrait en tirer, parce qu'il est formé de la réunion de plusieurs soupçons légitimes ou sur la contrariété, du moins apparente, des faits énoncés, avec des histoires contemporaines d'une autorité reconnue.

Le soupçon simple se réfute par d'autres conjectures ; le soupçon légitime contre une pièce même originale ne peut se détruire que par des faits , non simplement possibles en eux-mêmes, mais moralement possibles , c'est-à-dire dans les circonstances dont il est question ; le soupçon Tioleut est détruit entièrement , quand on montre par des faits positifs quelques exceptions, dans les siècles voisins , à l'usage qu'où présumerait invariable.

On doit se rappeler aussi que des pièces qui avaient à nue époque toutes les apparences de la fausseté, ont été, par la suite des temps , déclarées vraies à l'aide d'une connaissance plus approfondie des usages, des formules et du style de l'antiquité : de mémo que daus ces dernières années , les découvertes de Roscllini dans les monuments de l'Egypte ont servi à assurer, s'il en était besoin, la vérité de certains passages de la Bible violemment attaqués au dernier siècle (1).

CROIX. Le signe de la croix, qui se trouve daus tous les monuments de l'antiquité chrétienne, religieux et civils, qui se trouve mêlé à tous les actes de la vie dd nos ancêtres, ne pouvait être absent de leurs chartes et de leurs Manuscrits. Lacroix, au commencement des actes ou des signatures, passait, à juste litre, pour une invocation à Jésus-Christ. Par là on était censé s'adresser à lui afin qu'il sanctifiât l'action qu'on allait faire, ou qu'il fût le vengeur des engagements contractés, si l'on venait à les violer. Enfreindre une promesse ratifiée par le signe de la croix était un parjure qu'on n'envisageait qu'avec horreur. Ti'lle était, disent les Bénédictins, la manière de penser des hommes du ix* siècle ; bien qu'on commençât déjà , dans quelques affaires de grande importance, à ne plus so con-

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(enter de fonder la solidité d'un acte sur d s serments tacites , quoique regardés comme très-réels par bien des personnes.

Les croix initiales des actes étaient toujours formées de deux traits on d'un seul. Ces dernières sont les plus anciennes. EU s imitent le tour et la manière de l'écriture cursive mérovingienne.

On a mis des croix de diverses couleurs à la tête des chartes. Avant la conquête des Normands , les Anglais y faisaient peindre des croix d'or. {Voy. Invocation.)

La croix commence presque toujours les légendes des sceaux et contre-sceaux jusqu'au xiv* siècle ; on en voit aussi daus Se champ des sceaux. Vers le xv* siècle, l'affaiblissement de la piété fil négliger celte pratique et substituer aux croix des rosettes, des étoiles et d'autres figures semblables.

L'apposition du signe de la croix en avant des signatures était uu usage très-répandu dès le vu* siècle. Ou souscrivait également par la simple Ggure de ce signe ; cet usage , pratiqué dans les chartes royales comme dans celles des simples particuliers , dura jusqu'au xir siècle.

D. Mabillon donne trois motifs pour expliquer les causes qui avaient introduit la manière de signer avec des croix : l'ignorance, le mépris des lettres et la coutume. «La barbarie des nouveaux peuples établis dans nos contrées introduisit ct perpétua l'ignorance. Le mépris des nobles pour les lettres passa à tous ceux qui leur étaient inférieurs, et même jusqu'à des ecclésiastiques. Plusieurs ignoraient l'art d'écrire jusqu à ne pouvoir signer leur nom. Celle incapacité devint du bel air, lorsqu'on la vit assise sur le trône. Au lien que la plupart des rois mérovingiens savaient écrire, presque tous ceux de la deuxième race n'étaient pas eu état de mettre leur nom au bas de leurs diplômes. Aussi cessèrent-ils bientôt de les signer en aucune façon , si ce n'est qu'on veuille attribuer à quelques-uns d'entre eux la formation de leurs monogrammes. Ainsi , avec le temps, la coutume étendit à la multitude un usage que la nécessité avait introduit en faveur de quelques-uns (2). »

La croix fut encore mise dans les chartes comme signe honorifique. Une charte d'Etienne , roi d'Angleterre , de l'an 1 138 , contient ce signe placé en avant de chaque nom de roi ou de prince, cité dans le cours du texte (3).

CRYFrOGRAPHIE. La cryptographie, ou écriture secrète, formée de caractères déguisés et transposés, a été en usage dès la plus haute antiquité et n'a pas cessé d'être mise en pratique. Suétone nous apprend que Jules César écrivait en chiffres, et cet empereur appelait ces signes eœcas litleras, lettres occultes. Il employait la quatrième lettre, le d, pour l'a, et ainsi de suite. Auguste au contraire écrivait 6 pour a, e pour 6 , et transes) De Re Diptomulica , til». II. cap. wu. W Xwvcau Tuuc de Dirlo.nuiinuc, t. V, j>. 814.

Îi3 DICTIONNAIRE DE DIPL

posait toutes les lettres de cette manière ; et au lieu de l'x il marquait deux a.

Le concile de Nieéc cul recours à des caractères seerets ; et le moyen qu'il prescrivit pour écrire 1rs lettres formées qu'un pouvait inlercc|i!cr, ressemble à c lie espace do Monographie où les mois aunt exprimés par leurs initiales.

Au moyen âge cet art devint très-répandu, et suint Bonifacc , arclr véquo cl martyr, passe pour l'avoir importé d'Angleterre en Allemagne. Raban , abbé de Fulde el archevêque do Maycncc , donne deux exemples «l'un chiffre doul les Béncdictius ont trouvé la clef.

Les personnes qui consulteraient un manuscrit de Riban seront bien aises de connaître le résultat des recherches des Bénédictins : « Dans le premier exemple, disentils, ou supprime. les cinq voyelles A, E, I, O, U, el on leur substitue un certain nombre do points ainsi disposés :

JiCP T V- RS: :S B::N.F:C. :RCH.

GL::R:.:S.Ui MUIT.K.S

» L'1 est représenté par un point, l'À par

deux , TE par trois , l'O par quatre el le U

par cinq. Ces points oui été mal rendus par

les copistes ou les éditeurs de Ruban, qui

n'ont point entendu ce chiffre doul voici

l'cxp icalion :

INCIPtT YERSUS BONIFaCII ARClll.

GLORIOSIQUR M ART Y RIS.

« Dans le second exemple on substitue la lettre suivante à chaque voyelle que le premier chiffre remplace pardes points. Les consonnes B, F, K, P, X, tiennent lieu des voyelles cl ne laissent pas de conserver leur propre valeur. Voici le chiffre dont Raban fait honneur aux anciens saos l'expliquer :

KRRXS. XPP. FPRTKS. TKRP.

KNSTBR SHFFKRP. BRCKTFNENS.

SCFPTRP. RFG.NK. XT. DFCXS BXRF.

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