PATRIMOINE DE SAINT-PIERRE
Sous le nom de patrimoine de Saint-Pierre, on comprend tous les biens temporels de l'Eglise de Rome. — Napoléon, considérant, disait-il, que la donation de Charlemagne, son illustre prédécesseur, des pays composant l'Etat du pape avait été faite au proût de la chrétienté, et non à l'avantage des ennemis de la religion, et que, néanmoins, le souverain actuel de Rome avait constamment refusé de faire la guerre aux Anglais et de se coaliser avec les rois d'Italie et de Naples, pour la défense de la presqu'île d'Italie, déclara les provinces d'Urbin, Ancône, Macerala et Gamerino, irrévocablement et à perpétuité réunies à son royaume d'Italie. (Décret imp., 2 avr. 1808, a. 1.) — Ce décret était antérieur d'un jour à la noie par laquelle on le faisait pressentir au cardinal légal, en lui envoyant ses passe-ports qu'il avait demandés. Le cardinal Gabrielli, après en avoir fait la remarque et exprimé la surprise du pape, répondit : 1° Que Sa Sainteté n'avait cessé de représenter que son caractère sacré de ministre de paix, comme tenant la place du Dieu de paix, que les saintes lois de la juslice ne lui permettaient pas d'entrer dans un système de guerre permanent, et beaucoup moins de la déclarer sans aucun motif au gouvernement britannique, dont il n'avait pas reçu le moindre sujet de mécontentement ; 2° qu'il était assez notoire
que le célèbre et glorieux empereur, dont la mémoire sera en bénédiction <la:is l'Eglise, ne donna point au saint-siége les provinces actuellement usurpées; qu'elles étaient, à une époque bien plus reculée, au pouvoir des pontifes romains par la reddition libre des peuples abandonnés par les empereurs d'Orient; que dans la suite l'exarchat de Ra* venne et de la Pentapole, qui comprennent ces provinces, ayant élé envahies par les Lombards, l'illustre et religieux Pépin, père de Charl.'inagne, les enleva de leurs mains et les rendit, par un acte de donation, au pape Etienne; que Charlemagne confirma et approuva celle donation, et ne laissa à ses successeurs aucun droit de la révoquer; 3° qu'en supposant même que, au lieu de restituer ou de donner librement ces biens an saint-siége, ce prince religieux les eût rendus ou donnés au profit de la chrétienté, c'était précisément pour le bien de la chrétienté ou, à parler plus juste, pour le bien de la religion catholique que le sainl-père voulait la paix avec lout le monde. (19 mai 1808. Note au chargé d'aff. du roy. d'Italie.) Voy. Puissance. Rome.
Actes législatifs.
Décret impérial du 2 avril 1808, a. 1".— Note au chargé •''affaires du royaume d'Haut 19 mai 1808.