DEB
dont il n'esl pas aise de trouver le débit ou de faire un bon emploi. Le premier se dit en ce sens : On cherche vn débouché poitr ses marchandises, pour ses billets; le second ne se dit |)ius. Debout. Adv. Les poètes disent (pieI<|uefois être debout dans le sens de subsister encore :
IIj TÎTenl cepeiuljnt, et leur temple esl debout.
(lUc, a<h.,acl. II, se. V, 138.)
Aacine a dit aussi dans un autre sens(y^Ma/i>, act. V, se. IV, 8) :
Songei qu'autour de tous.
L'ange exteruiinateur esl debout avec nous.
Débris. Subsl. m. Racine a souvent employé débris au singulier :
Il n'a point détourné ses regards d'une fille, Seul reste du débrit d'une illustre famille.
[Britan., act. II, se. ui, 29.)
D'un malhenreux empire acheter le débris.
(Mithrid., act. I, se. I, 18.)
Quel dibriê parle ici de Tolre résistance?
(Iphig., act. IV, se. iv, 94.)
Par une belle chute il faut me signaler,
Et laisser un débrii, du moins après ma fuite.
Qui de mes ennemis retarde la poursuite.
{Baj., act. lY, se. vil, 36.)
Chargeant de mon débrtt les reliques plus chères. (Baj., act. III, se. il, 31.)
On a remarque sur ce dernier vers qu'on ne dit point le débris de quelqu'un. Voltaire met ordinairement débris au pluriel:
Ces califes tremblants dans leurs tristes grandeurs, Conchés sur les débrie de l'autel et du trône.
[Zaïre, act. I, »c. 11, 16.)
Ad milieu des d^brzt des temples renversés.
[Idem, act. II, se. I, 77.)
k. peine as-tu caché sous ces rocs escarpés Quelques tri$tes débris au naufrage échappés.
(Oreste, act. II, se. i, 9.)
Dans ses sombres fureurs Âssur enveloppé Rassemble les débris d'un parti dissipé.
{Sémir., act. V, se. l, 57.)
Amis, il faut tomber sous les débris des lois,
(ifort de César, aci. II, te. m, 2.)
Sur les débris d'un trône écrasé par vos mains.
(Brut., act. III, se. vu, 26.)
Près de ce Capitole où régnaient tant d'alarmes. Sur les pompeux débris de Bellone et de Mars, Un pontife est assis au trône des Césars.
{Henr., IV, 179.)
Delille l'emploie aussi ordinairement au pluriel :
Alors s'offrent aux yeux, flottant de toutes parts. Un mélange confus de voiles, d'étendards. Les débris d'Uion, son antique opulence.
[Énéid.. I, 171.)
Et leurs mains diligentes Reeaeillent les débris de leurs rames flottantes. {Enéid., Y, 285.)
Sergeste, qui, tâchant de reprendre son cours. Luttant contre son roc, implorant du secours, Bisayfcit vainement quelques débris de rames. (Énéid., V, 297.)
DEC
Partout, chez ce poëte,je trouve rfe'irtï au pluriel, excepté dans les deux passages suivants :
Au moment où sa bouche.
Comme un gouffre profond revomit sur sa couche, Parmi des Ilots de sang, la chair des malheureux. Effroyable débris de son festin affreux.
{Énéid., 111, 870.)
Ici, la chair des malheureux, étant au singulier, on ne peut pas dire (jue la chair des malheureux sont des débris. I.c singulier est donc selon les règles. Il en est de même dans les vers suivants néid., VI, 633) :
Déiphobe soudain frappe ses yeux surpris, De la race des rois misérable débris.
Déiphobe ne peut pas être des débris. Je crois que c'est seulement dans des cas semblables que l'on peut employer débris au singulier.
Décacheter. V. a. dclal"conj. Il se conjugue comme cacheter. Voyez ce mot.
Décadence. Subst. f. Le père Bouhours a dit, et l'usage aconfiriné que ce mot ne s'emploie qu'au ligure. On dit qu'wn empire tombe en décadence ; mais on ne dit pas qu'j/«e maison, qu'un palais tiivibe en décadence; on dit (ju'iZs tombent en ruine. — Quand on dit qu'«ne maison tombe en décadence, c'est que le mot maison est pris pour famille.
Décalquer. V. a. de la 1" conj. Voyez Calquer.
Décampkh V. a. de la 1" conj. Quoique l'Académie ne donne à ce mot que l'auxiliaire aroir, il est certain qu'on le conjugue aussi avec l'auxiliaire être. Madame de Sévigné a dit, les troupes sont décampées. Avec l'auxiliaire avoir, ce verbe signifie une action : les troupes ont décampé hier matin ; avec l'auxiliaire être, il signifie l'état qui résulte de l'action de décamper : Je me rendis au camp, et je vis avec surprise que les troupes étaient décampées.
Décanat. Subst. m. Le t ne se prononce point.
Décéder. V. n. de la 1" conj. Ce mot ne se dit qu'en termes de palais et d'administration. Dans le langage ordinaire on dit mourir. — Dans un acte de notaire, ou un prorés-verbal,on dit lequel est décédé le... ;m\\\s ailleurs on dit /non frère est mort, et non pas mon frère est décédé.
Déceler. V. a. de la i" conj. Dans la conjugaison de ce"verbe, toutes les fois que le l est suivi d'un e inuct,on met un accent grave sur Ve qui précède : Je décèle, je décèlerai.
Décemment. Adv. On peut le mettre avant le verbe : Il est décemment vêtu, il est vêtu décemment.
Décemviral, Décemvirale. Adj. Il se met toujours après son subst. On ne trouve nulle part décemviraux au pluriel; mais si l'on avait besoin de ce terme, je ne vois pas pourquoi on ne l'emploierait pas.
Décemvirat. Subst. m. On ne prononce pas loi.
Décence. Subst. f. Féraud prétend qu'on dit décences au pluriel, et il cite à l'appui de son assertion la phrase suivante d'un ai:leur obscur: Philippe, bravant toutes les lois et toutes les décences.— On ne dit p:is des décence.^, comme on dit des bienséances. Des bienséances sont des actions conformes aux temps, aux lieux, aux personnes, et ces actions sont de différentes sortes.
DEC
La décence est la conformité des actions avec les temps, les lieux, etc.; et cette conformité est une: On met de la décence dans ses actions; mais des actions décentes ne sont pas des décetices.
Décennal, Décennale. Adj. Il ne se met qu'après son subsl. : Maaistrature décennale, fête décennale. 11 fait au pluriel décennaux : F'œiix décennaux, jeux décennaux.
Décent, Décente. Adj. On i>('Ul tpiejqnefois le mettre avant son subst., (M) c()n^ultant l'oreille et l'analogie : Un homme décent, une femme décente, des manières décentes, une conduite décente, cette conduite décente, ces décentes manières.
* Déceptif. Adj. Trompeur, séduisant.
Ce présent déceptif 3. bu toute leur force.
(Corn., Médée, act. lY, se. ii, 25.)
Déceptif n'est pas bon, mais il est là, et ce passage de Médée est remartjuable par le style, comme une très-grande partie de cette tragédie si méprisée. (Ch. Nodier, Examen critique des Dict.)
Décès. Subst. m. On peut ai)pliquer à ce mot les observations que l'on a faites sur le mot décéder. Voyez ce mot.
* Décesser. Ce mot, qui n'est pas français, n'est mis ici que parce que plusieurs personnes l'emploient. On dit abusivement qn' une personne ne décesse de parler, pour dire qu'elle parle continuellement. Il faut dire, en ce cas, qu'elle ne déparle pas, ou qu'elle ne cesse de parler.
Décevam, Décevante. Adj. verbal tiré du v. décevoir. On pourrait dans quelques cas le mettre avant sdu subst. : Un espoir décevant; ce décevant espoir.
Décevoir. Y. a. de la 3" conj. Il paraît que ce verbe est plus usité dans les temps composés que dans les temps simples :
Par quelle trahison le cruel m'a déçue !
(Rac, Iphig., act. Y, se. m, 41.)
Cruelle ! quand ma foi vous a-t-elle déçue ?
(Rac, Phéd., act. I, se. m, St.)
Déchaînement. Subst. m. Il ne se dit qu'au figuré. On ne dit pas le déchaînement d'un prisonnier, pourdire l'action de lui ôter ses chaînes. 11 signifie un emportement extrême qui s'exprime par des discours violents ou des paroles injurieuses : Son déchaînement contre cet homme est extrême, son déchaînement contre la philosophie est ridicule.
Déchaîner. "V. a. de la l"conj. Delille a dit {Énéid.,ï,15):
F.lle-même, lonnanl du milieu des nuages. Bouleversa les mers, déchatna les orages.
Il se dit au propre et au figuré, au lieu que déchaînement ne se dit qu'au figuré. Déchaîner, c'est ôier la chaîne ou les chaînes, détacher la chaîne ou les chaînes; et au ligure, c'est exciter, animer, irriter contre quelqu'un ou quelque chose • On Va déchaîné contre vous. Il est déchaîné contre la philosophie.
*DÉCHALANDEn. Y. a. de la 1" couj. Ou dit plus ordinairement désachalander.
DÉcHAKGE, Déchabgesient. Substautifs, le premier féminin, le second masculin. Décliarge se dit des voilures, chariots, etc., et décharge7nent des navires, des bateaux, etc. — Cependant l'Académie dit aussi le déchargement d'une diligence.
Déchiffr.\ble. Adj. des deux genres. On ne
DEC
lyô
prononce qu'un f. 11 se met toujours après son subst., et ordinairement avec la négation: Cetl* écriture n'est pas déchiffrable, son écriture ft'estelle pas déchiffrable?
Déchiffrement, Déchiffrer, Déchiffreur. Dans ces trois mots, que l'on ôt-rit avec deux f, on n'en prononce qu'un.
Déchirant, Déchirante. Adj. verbal tiré du V. déchirer. Il ne se dit qu'au figuré : Un combat déchirant entre la tendresse maternelle et la piété filiale. Il y a dans celte tragédie plusieurs situations décliiranles. (Voltaire.)
DÉCHIRE.MENT. Subst. m. Au propre, il ne se dit guère que du déchirement des habits qui avait" lieu chez les Juifs pour marquer de la douleur ou de rindigiiatioM. On dit aussi // y a eu déchirement des fibres, des muscles. (Acad., 1S35.) Au ligure, on dit déchirement d'entrailles, déchirement de cœur, etc.
Déchoir. Y. n., irrégulier et défectueux de K' 3" conj. Yoici comment il se conjugue :
Indicatif. — Présent. Je déchois, tu déchois, idéchoit; nous déchoyons, vous déchoyez, ils déchoient.— Iiiiparfuil. Il n'est pas usité. — Passl simple. Je déchus, tu déchus, il déchut; nous déchûmes, vous déchûtes, ils déchurent. — Futur. Je décherrai, tu déchorra^, il décherra; nous décherrons, vous dôchcrrez, ils dccherront.
Conditionnel.— /'/•ese/j;. Je décherrais, tu dccherrais, il décherrait; nous décherrions, von-; décherriez, ils décherraient.
Impératif. — Présent. Déchois, qu'il déchoie ; déchoyons, déchoyez, qu'ils déchoient.
Subjonctif. — Présent. Que je déchoie, que tu déchoies, qu'il déchoie; que nous déchoyons, que vous déchoyez, qu'ils déchoient. — Imparfait, Que je déchusse, que tu déchusses, qu'il déchût ; que nous déchussions, que vous déchussiez, qu'ils déchussent.
Participe. —Prtfsewi. Il n'y en a point. — Passé. Déchu, déchue.
Ce verbe prend l'auxiliaire avoir ou l'auxiliaire être, suivant qu'il exprime une action ou un état: Depuis ce moment Ù a déchu de jour en jour, il a fait l'action de déchoir II y a longtemps qu'ils sont déchus de ces privilèges, il y a longtemps qu'ils n'en jouissent plus; c'est un état qui résulte de l'action de déchoir.
Yo.s ennemis, déchus de leur vaine espérance, Sont allés chez Pallas pleurer leur impuissance.
(Rac, Britan., act. II, se. Il, 3.)
DÉCIDÉ, DÉCIDÉE. Adj. Avoir vn goût décidé pour les beaux-arts. Expression qui s'est introduite dans la langue par abus. Voyez Langue française.
DÉCIDÉ.MENT. Adv. Il pcut sc mcttrc avant ou après le verbe, ou entre l'auxiliaire et le participe ; Décidément, ils ont pris leur parti; ils ont pris décidénient leur parti; ils 07it décidément pris leur parti.
DÉCIDER. V. a. de la l"^"" conj. Décider une affaire, une question. Décider quelqu'un à. . . Se décider «... Décider de la vie et de la mort des hommes. Décider de tout, décider sur tout.
Décider, dans le sens de résoudre, prendre une résolution, prend de avant l'infinitif suivant : H a décidé de renvoyer son domestique.
* DÉCIDEUR. Subst. m. Voltaire a employé ce mot, qui n'est point usité, mais qui peut être bon dans quelques cas particuliers : Décideur impitoyable, pédagogue à phrases, raisonneur fourré,
DEC
tu cherches les hnrne.i de ton esprit; elles sont j au bout de ton nez. (Voltaire.) j
Déciileb. V. a. de la 4" conj. L'Académie a I écrit desciller, puis dessiller. Il semlde qu'il est 1 mieux d'ocrivc déctller, puis(|ue ce mot vient de cils. — En dS35, IWiadcinio reconnaît cette orlhu- | graphe, tout en iircfcraiit dessiller. CU. JNodicr, j dans son Examen critique des dictionnaires, se déclare pour ii(ct7/er.
Décimal, Dk(;i.mai,e. Adj. qui suit toujours son j SUbst. : Calcul décimal, arithmétique décimale, fraction dccimule. Il n'a point de pluriel au mas- : culin.
DÉCISIF, Décisive. Adj. Il se met toujours après son sulist. : Point décisif, bataille décisive. — Esprit décisif, ton décisif. Décisif n'n pas exac- I tenieiit hi niènic ^ignilicalion dans iin argument | décisif , C\. vn homme décisif. Un argument dé- \ cisif e>l un ari^'unicul (jui , par sa force et sa j clarté, décide la ([uesliim et termine la discus- j sion. Dans un homme décisif, l'adjectif emporte l'idée d'un honiine qui s'en fait accroire, (jui se croit mieux instruit ijue les autres, et (]ui, d'après cela, décide ou a l'habitude de décider avec une certaine arrogance. C'est dans ce sens qu'on dit aussi vn ton décisif, vn air décisif. — Ce mol se prend en mauvaise part toutes les fois qu'il est appli(iué aux personnes ou aux choses qui ont lapport aux personnes. Lorsqu'on dit vn homme décisif, on entend toujours un homme qui a le défaut de décider avec une prétention maniuce. J.-J. Kousseauadit en ce sens: Rien iiest si décisif qxie l'ignorance ; et le dovte est aussi rare parmi le peuple qvc l'affirmation chez les rrais philosophes. {Discours sur cette question : Quelle est la vertu la plus nécessaire avx héros? l. Xlll, p 437.)
Décisivehent. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : lï a parlé décisivement, el non pas il a décisivement pai-lé.
Décl.imatelr. Subst. m. Selon l'Académie, on dit d'un houiMie (pii récite en public, c'est un bcm déclamateur, vn mavrais déclamalevr; et dans ce sens, on n'a égard qu'au ion el aux gestes. Nous jiensons qu'on emploie rarement celte expression en ce sens; on dit pluiôt un homme ipii déclame bien, qui déclame mal. Le mot déclamateur s'emploie plus généralement pour signilier un oraleur boursouflîé, enqihatique, fad)le de pensée et bruyant d'expression. — On l'emploie aussi adjectivement : Ton déclamateur. En ce sens, il se prend toujours en mauvaise part. \'oyc7. Déclamatoire.
DÉCI..4MAT10N. Subst. f. Cc uiot sc prend en bonne et en mauvaise part. En bonne part, c'est l'expression du discours par les traits du visage, par le gf^stc et par la voix. On dit en ce sens /'«r/ de la déclamation. Ce mot, [)ris en mauvaise part, se dit de la fausse élo(iuence, de l'élocpience boursouflli'e, cnqdiatique cl bruyante d'expression. Déclamation se prend aussi en mauvaise part, dans réloquence poétique. Elle consisic dans des moyens fi)rccs qu'on emploie pour (^mouvoir, on'dansiin pathétique qui n'est point à sa place. {Encyclipédie.)
DÉctAjiAToir.E. Adj. des deux genres. L'Académie le déliiiil, i;ui appartient à la déclamation, el donne jiour exemple, art déclamatoire. Je doulc (pi'oii le |)renne aujourd'hui en bonne part. — La différence entre déclamateur et déclamatoire , pris .-idjectivement , c'est, ce me semble, (pie le j)rciïiicr se dit particulièrement du déclamateur et de ce qui a rapport au défaut
DEC
qui le caractérise; et que déclamatoire se dit mieux des choses qui rendent le sujet amiwulé. On dit bien un ton déclamateur, et il inc semble que style déclamatoire esl plus exact (jue style déclamateur.
* Déclaratedr. Subst. m. Ce mot ne se trouve point dans le Dictionnaire de l'Académie. Voltaire a appehï les théologiens les déclara tettrs des commandements célestes.
Déclarer. V. a. de la i'" conj. L'Académie le délinil, manifester, faire connaître. Déclarer, c'est dire les choses exprés et a dessein, pour en instruire ceux â (pii on ne veut pas qu'elles demeurent inconnues. Ce qui était inconnu el incertain, on le déclare en l'exposant et en l'apl)uyaut d'une manière positive. Ce qui était ignoré ou obscur, on le manifeste en le dcvelopi)ant ouvertement ou en l'étalant au grand jour.
Déclin. Subst. m. Voltaire a dit le déclin de mes ans :
Illustres chevaliers, vengeurs de la Sicile, Qui daignez, par égard au déclin de mes ans. . ,
[TancT., act. I, se. I, I.)
Ayez pitié du déclin de mes ans.
(Enf. prod., act. V, se. T, 82.)
DÉCLINABLE. Adj. dcs dcux genres. II se dit des noms qui, dans les langues transpositives, varient leiu's désinences selon les cas des déclinaisons de ces langues. Il se met après son subst. : Les noms de la langue lutine sont déclinables. Les noms de la langue française ne sont pas dêclinubles.
On appelle invariables ceux qui ne prennent ni la marque du féminin ni celle du pluriel : Les adverbes sont invariables.
Décocher. V. a. de la l'« conj. On l'emploie figurément :
Et que feront fous les traits satiriques Que d'un bras faible il décoche aujourd'hui?
(Volt., Épttre XXÏV, 1&4.)
DÉcotLETER. V. a. et n. de la l'« conj. Lorsque le t est suivi d'un e muet, on met un accent grave sur ïe qui précède : f^ovs avez là un habit qui décolleté beaucoup. (Acad.)
Décoloration. Subst. f. De décolorer on a fait décoloration, mot nouveau qui peut être utile : f^oici novembre, voici lu chute des feuilles, le départ des beaus jours cl le triste marnent de la dt-colo ration de la nature. — L'Académie adinel ce mol dans sa nouvelle édition, mais seulement comme terme de médecine : Jm décoloration de la peau.
Décoloré, Décolorée. Participe et adj. Il s"em|)loie au figuré. On dit un style décoloré, une figure décolorée.
Décombres. Subst. m. pluriel. Menus débris d'un ouvrage de maçonnerie qu'on a abattu ou démoli : Il faut eidever tous ces décombres .
Décompte, Décompter. Dans ces deux mots on ne prononce point le p.
Déconseiller. V. a. de la 4" conj. On mouille les.^
* Déconstrdire. V. a. de la 4' conj. Mot nouveau. En parlant d'une mtichinc, démonter sigiiilîela même chose, el pour les bâtiments nous avons démolir. Déconstruire esl donc inutile au propre. Au figuré, en parlant do discours, de phrases, de vers, le mol déconslruire esl utile. On construit une phrase, et l'arrangement des
DEC
mots dans l'ordro convenable s'appelle construction. On ne penl applicpier ici ni démonter ni démolir. Il niaïKpiail donc un mol i)iiur signilier le dérangement de consiruclion d'un discours, d'une i)l)rase, d'un vers, l.a Harpe a exprimé heureusement celte idée jiar déconstruire. Déconslruire vne phrase, déconstruire des vers. Des vers déconstruits, devenus semblables à de la prose par la su[tpression de la rime et de la mesure: La poésie française déconstriiite resse table à de Ve.vcellente prose. [Cours de littéra^ turc.) — Nous pensons que l'on pourrait cin- ])loycr dans le même sens le substantif déconstruction .
Décorum. Subst. m. tiré du latin. Il n'a point «le ])luriel. Garder le décorum, c'est garder les bienséances.
Découdre. Y. a. et irréç. de la i" conj. 11 se conjugue comme coudre. Voyez ce met.
*Découviîeur. Siibst. m. ISiot inusité qui peut être quelquelois bien placé. Voltaire a dit : Quel fut le pris des sennces inouïs de Cor/ez9 celui qu'eut Colomb. Il fit persécuté, et le même évêqxie Fo7iseca , qui aidait contribué à faire renvoyer le découvreur de l'Amériqtic charr/é de fers, vtidut faire traiter de même celui qui en était le vainqueur. (Essai sur les mœurs , cliap. cxLvii.)
Décodvrir. V. a. et irrég. de la 2* conj. Il se conjugue coimme couvrir. A'oyez Irrégulier.
Racine a dit dans Iphigénie (act. I, se. i, 144) :
Hais surloiit ne va point, par un zèle indiscret, Découvrir à ses yeiix mon ftincsle secret.
On dit figiirémenl qu'Mw homme se découvre trop, pour dire qu'il donne trop à connaître ses alTaires, ses secrets, ses sentiments. — On dit aussi simplement en ce sens qu'M« homme se découvre.
Je n'accepte la main qu'elle m'a présentée.
Que pour ra'armer contre elle, et, sans me découvrir,
Traverser son bonheur, que je ne puis souffrir.
{Hac, Iphig.,3LCl. II, se. i, 112.)
DÉCRLDiTER. V. 3. de la 1" conj. On confond quel(]uefois ce mot avec décrier. Tous deux blessent la considération dont jouissait l'objet sur (pii tombe l'attaque. Le premier va directement a l'honneur, le second au crédit. On décrie une femme en disant d'elle des choses qui la font passer pour une personne peu régulière. On décrrdile un marchand, un négociant, en publiant qu'il est ruiné. L'esprit de parti décrie les personnes pour venir plus aisément à bout de décréditer leui's oi)inions.
Décrépit, Décrépite. Adj. Il se met ordinairement après son subst. : Jc/e décrépit, vieillesse décrépite. On peut le faire précéder son substantif quand l'analogie et l'harmonie le permettent. On ne dit pas vn décrépit âge, parce qu'il n'y a pas assez d'analogie entre ces deux mots; mais on dira bien une décrépite vieillesse. Voyez Adjectif
Décret. Subst. m. Voltaire a dit dans iÇeWra- TOs(act. I, se. m, 8):
D'un Dieu qui conduit tout, le décret oleniel Vous amène à mes yeux plus que l'ordre d'un père.
DÉCRIER. V. a. de la l^e conj. Voyez Décréditer.
Déccire. V. a. et irrég de la 4'' conj. Il se conjugue comme écrire. Voyez ce mot.
Décroître. V. n. de la li<^ conj. Ce verbe prend
DÉF
l'auxiliaire avoir ou l'auxiliaire être. Le premier a rap|)ort a l'action, le second à l'état : La rivière est décrue, la rivière a décru.
Décrue. Subst. f. Mot nouveau qui se dit pour décroisscment, et qui exprime une nuance (lifférenie. Le décroissemenl est l'.uiiou dedécroltrc, et la décrue est la quantité dont la cliosc a décru : La crue et la décrue.
DÉDAiGNEt;. V. a. de la l"' conj. On mouille le gn.
... Ce cœur, c'est trop vous le celer. N'a pas d'un chaste amour dédaigné de brûler.
(Rac, Phèd., act. IV, se. ii, 85.)
Dédaigneusemi'.nt. Adv. On mouille \cgn. Il se met après le verbe : Il m'a regardé déda-igneusement, et non pas il m'a dédaigneusement regardé.
Dédaigneux, Dédaigneuse. Adj. On mouille le g>i. On peut le mellre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent. Ou ne dit pas un dédaigneux homme , une dédaigneuse femme ; mais on dit bien celte dédaiiinevsc réponse, ces dédaigneuses manières', loi^scpie ce (]ui précède a établi une analogie étroite entre cet adjectif cl ces snbslantil's. Voyez Adjectif.
Quand on donne un régime à cet adjectif, on se sert de la i)réposition de :
Tout monarque indolent, dédaigneux de s'instruire. Est le jouet honteux de qui veut le séduire.
(Volt., Épttre XLVI, 45.)
Dédain. Subst. m. Voyez Fierté.
Dedans. Adv. Autrefois on employait dedans comme préposition, au lieu de dans. On disait dedans la maison, dedans la ville. Aujourd'hui ou ne le dit plus.
Va dedans les enfers plaindre ton Curiace.
(Corn., Hor., act. IV, se. v, 70.)
Le mot de dedans, dit Voltaire, est toujours un solécisme quand on lui donne un régime. On ne peut l'employer (juc dans un sens aiisolii : Etesvous hors du cabinet? Je suis dedans. i\lais il est toujours mal de dire dedans ma chambre, dehors de ma chambre. (Volt., Remarques sur Cûrneille.) Dedans. Subst. m.
Et quoique le dehors soit sans émotion. Le dedans n'est que trouble et que sédition.
(Corn., Poly., act. II, se. ii, 43.)
Le dehor'i el le dedans ne sont pis du Style noble. (Volt., Hemarq. sur Corneille)
DÉnicAToiRE. Adj. f. qui ne se met qu'après son subst. : Epttre dédicatoirc.
Dédire. V. a. el iriégulier delà 4* conj. Il se conjugue comme dire, à l'eKceplion de la seconde personne du présent de l'iiidicalif, oii l'on dil vous dédisez, au lieu de tmus dédites; on dit aussi dédisez-vous à riinf)ératif. A oyez Dire.
Défaillance. Subst. f. Les / sont mouillés.
Défaillant, Défaillante. Adj. verbal lire du V. défaillir. Les l sont mouillés : La nature défaillante.
Toi-même rappelant ma force défaillante.
(Rac, Phid., act. III, se. I, 33.)
Défaillir. V. n. de la 2' conj. On mouille les l. 11 n'est plus guère usil • (ju'à la prcinière personne du pluriel do l'indicatif, n mis défaillons ; à l'imparfait, je défaillais ; ctu passé sim-
DÉF
pie, je défaillis; cl à rinlinilif, dcfuillir. On mouille les l.
J'ïi senti défaillir ma force et mes esprit.-.
(Ric, Daj., ad. Y, se. i, H.)
DÉFAIRE. V. a. Cl irréjulier de !;i i^'conj. Il 5e conjugue coiiune fuire. Voyez ce mot. Défaite. Subsl. f.
, . . Fille qui rieillit tombe dans le mépris. C'est un nom glorieux qui se garde avec honte. Sa défaite est filrlieuse h moins que d'être prompte. (ConM., ilcnttur, act. H, se. Il, 34.)
L'usage permel qu'on dise cette fille est de défaite, c'csl-à-dirc clic est liellc, on pciii s'en défaire, la marier. .Mais la défaite d'une fille exprime liguirmcnl qu'elle s'est rendue. (VoUaire, Remarques sur Corneille)
Défaut. Subsl. m. On dit adverbialement au défaut, pour dire au lieu, à la place. Dans ce sens, à défaut est un barbarisme, c.\cc|)lé le cas où le mol défaut est précédé des adjectifs possessifs mon, ton, son , clc. Ainsi l'on dit .se servir de nouveaux ouvriers, pour suppléer au défaut des anciens. (Acad.) A son défaut, je vous servirai. A mon défaut, ce sera vion frère qui viendra. — L'Académie, en 1833, admet parmi ses exemples: Au défaut, ci défaut d'aulresarmes, il prit une barre de fer ; à défaut de vin , nous boirons de l'eau. Girault-Duvivier pense que au défaut de signifie à la place de, et à défaut de, fa%ite de.
Défavobable. Adj. des deux génies : Un cas défavorable, un jugement défavorable.
On peut le meure av;ml son subsl., lorsque l'analogie et rbarmuuiele permellcnl. On ne dit pas un défavorable cas, mais on pourrait dire cette défavorable opinion, si ce qui précède avait établi une analogie élroiie entre cet adjectif ei le mot opinion. A'oycz Adjectif.
DÉFAvonABLi MENT. Adv. Il sc met après le verbe. On dit on Va traité dé favorablement , et non I)as on Va défavorablement traité.
Défectif. Adj. m. Terme de granunaii'e. On appelle verbes défectifs ou défectueux ceux qui n'ont pas lous les modes ou tous les lein|)s qui sont en usage dans les verbes réguliers. Ilègle générale : Tuut verbe «;ui n'a puini de passé simple n'a point d'imparfait du subjonctif; tout verbe qui n'a point de participe i)résent n'a point d'impai lail de l'indicatif, et point de présent du subjonctif; tout veilie ([ui n'a point de futur n'a poini de conditionnel, iùi un mol,(iuand un temps primitif maïKiue , les dérivés de ce temps nu'MKiucnl aussi. Celle règle a très-])cu d'exceptions. A l'arlicle de clia<iucverl)e défectif, on trouve les observations (]ui lui sont propres.
DÉFENDEuit. Subst. m. Qui se défend en justice contre un demandeur. On dit au féminin défenderesse.
Défendre. V. a. de la 4' conj.
£t qu'au lieu d'attaquer il a peine à défendrt.
(ConN., Serlor., act. I, se. ii, 26.)
Z)i'/enire, dit Voltaire, n'est pris neulralemen'tlue quand il signifie [iroliiber, ne vouloir \iS: Je défends qu'on marche de ce côté\,je défends qu'on prenne les armes, [fiemarq. sur Corneille.)
Défendre a beaucoup d'analogie avec empêcher ; l'un et l'autre exprime un obstacle apporté. Mais défendre, opposé direct de permettre, exprime un obstacle apporté par une volonté puissante qui agit; c'est un ordre précis i)0ur qu'une
DÉF
chose ne soit pas. En ce sens, il régit la préposition rfe avec l'infinitif, s;uis négation, ou la ccnjonclion que avec le subjonctif: Il défendit lu général de s'élnigner. Il défendit i\u'il s'éltngnût. On emploie de quand le verbe défendre a un régime indirect : J'ai défendu éi mon fils de le voir. On em|)li)ie que ^\\.^^^n^\ le \c\\)G défendre ne régit pas un inlinilif : Il défendit qn aucun étranger entrât dans la ville, (\oliaire, Charles XII.)
J'ai même défendu, par une expresse loi, Çu'on osât prononcer votre nom devant moi.
(lUc, Phéd., act. II, se. T, 25.)
Défensif, Défensive. Adj. 11 se met toujours après son subst. : Traité défensif, armée défensive.
Déférant, Déférante. Adj. verbal lirédu v.dcférer. On ne le dit qu'en ces phrases : Esprit doux et déférant, humeur douce et déférante. L'Académie donne \)ovv exemple : Je Vai toujours trouvé dcfévaui à ce que j'ai désiré de lui. Féraud n'admet point celle phrase, et je crois qu'elle n'esl pas française. On ne le met qu'après son subst.
* DÉFED1LLÉ, Défedii.lée. On ne le trouve point dans le Dictionnaire de l'Académie. JNous croyons cependant tpi'on i)cut dire un arbre défeuillé. J.-J. Rousseau a dit {Réccries, 2'' promenade, t. XVII, |). 41) : La campagne, encore verte et riante, mais défeuillce en partie et déjà presque déserte, offrait partout V image de la solitude et des approches de Vliiver.
Défiant, Défiante. Adj. ([ui se met ordinairement après son subsl. : Un homme défiant, une femme défiante. On peut le mciire avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent. On ne dit pas i/h défiant homme, une défiante femme, parce qu'il n'y a pas une analogie étroile cnlre cet adjectif et les mots homme et femme; mais on dira bien une défiante réserve, ou cette défiante conduite, si ce (|ui précède a éiabli une analogie olroile entre ces deux mois. Voyez Adjectif.
Déficit. Subsl. m. On prononce le t. Ce mol, étant em[)runlé du lalin, ne prend point de s au pluriel. On écrit des déficit.
Défier. V. a. de la 1" conj. On l'emploie au figuré : Défier les dangers, défier la mort.
Ce formidable amas d'armes élinceUnles, Cet or, ce fer brillant, eti lances éclatantes. Défiaient dans les camps les rayons du soleil.
(Volt., Henr., Mil, 41.)
Défier, dans le sens de faire un défi, régit la préposition d : Défier quelqu'un à boire, à qui sautera le mieux ; défier quelqu'un aux échecs, au trictraf..
Quand il signifie mettre quelqu'un à pis faire, déclarer qu'on ne le crainl pas, il régit dé iVous me menacez de vie battre, je vous en défie, je vous défie i\(i ]k faire. — On dit auss,\ je vous défie de deviner cette énigme. Je vous défi£ dQm'uublier, etc.
Défini. Adj. m. ïcrine de gramm. Il se dit de l'article le, la, les, soil qu'il soit simple ou qu'il soit joint a la préposition de ou à. Ainsi du, au, des, aux, sont des articles définis, car du c>l pour de le; au, jjour à le ; des, pour de Us ; et auje, pour à les. On les appelle définis parce que ce sont des prénoms ou préposiiil's qui ne se mettent que devant un nom pris dans un sens précis, circonscrit, déterminé et individuel. Ce, cet, cette.