DEH
femme; mais on dit de découlantes injures, ce déffoélaiit repas. Aboyez Adjectif, Fastidieux.
Dégouttant, Dégouttantk. Ailj. verbal tiré du verbe d^gmitter. 11 ne se iiicl (jii'aprcs son subst. On le dit absolumenl : Du linge dégmittant ; et avec la |irt>ix)sition de : Être dégouttant de sueur, de sang.
DÉGRAFEii. V. a. de la d" conj. Détacher une chose qui oiail attachée avec une agrafe ou des agrafes : Dégrafer une jupe.
Quelques personnes disent désagrafer ; mais celle expression, indimiOc dans le Dictionnaire de Trévoux, n'est pas du bon usage.
Dégravo^er. y. a. de la \." cunj. Il se dit de l'eau qui dégrade, qui déchausse des [)ilotis, des murs. Dans la conj. de ce verbe, on conserve l'y de l'inDnitif, excepté avant un e muet : Je degraroie, tu dégravoies, ils dégravoient, je dégratoierai, etc.
Degré. Subst. m. Plusieurs personnes prononcent et écrivent degré; c'est a tsrt. En termes de grammaire, on ledit des adjectifs qui, par des particules prépositives, maniuent ou le plus, ou le moins, ou l'excésdans la qualification qu'on donne au substantif. Savant, plus savant, moins savant, très ou fort savant. Ce mol degré se prend alors dans un sens figuré; car, comme dans le sens propre, un degré sert à mouler ou à descendre, de môme ici la particule prépositive sert a relever ou à rabaisser la signilicalion de l'adjeclif. 11 y a Irois degrés do couiparaison, ou lilutùt de signification. Le positif, qui est l'adjectif même, sans aucun rapport de comparaison, savant ; le comparatif, qui est l'adjectif avec comparaison de plus ou de moins dans la qualité de deux choses comparées, plus savant, vioins savant; le superlatif, <iui est l'adjectif exprimant la qualité portée au suprême degré de plus ou de moins, très-savant, fort savant; le plus savant, le moins savant. On appelle superlatif absolu celui qui exprime d'une manicic absolue une qualité portée au suprême degré, fort savant, très-savant. On apjiclle superlatif relatif celui qui exprime une qualité à un degré plus élevé ou moins élevé dans un objet que dans un autre, le plus savant, le moins savant. \'oyez Positif, Comparatif el Superlatif.
Dégringoler. V. a. el n. de la 1""' conj. Voltaire l'a employé au figuré : Si deux ou trois personnes ne soutenaient Je bon goût dans Paris, nous dégringolerions cfans lu barbarie. Il est familier.
Déguigmonnf.r. V. a. de la 1" conj.. On ne fait pas sentir Vu de gui, cl l'on mouille gri. 11 est familier.
DÉGuisF.R. V. a. de la l''« conj. Voltaire a dit dans OEdipe (act. IV, se. i, 155) :
Je diguitai partout ma naissance et mon nom.
Je n'aurais point percé les ténèbres frivoles D'un vain sens dégmié sous d'obscures paroles.
[Idem, act. II, se. m, 32.]
Bacine a dit dans Esther (act. IV, se. i, 13) : Se déguiser le front de fausses couleurs:
Quiconque ne sait pas dévorer un aOront, Ni de fausses couleurs >e déguiser le front.
Déhanché, Déhanchée. Adj qui suit toujours «;or snbsl. : Un homme déhanché, un cheval déhanché.
Déhonté, Démontée. Adj Ce mot ne se trouve
DEJ
jMs dans les dictionnaires. Cependant quelques personnes rcmploionl pour signifier qui est sans honle, sans pudeur, (jui a perdu toute honte, toute pudeur. Marmuntel dit que c'e^t un vieux mot qu'on devrait conserver. Il ne se met qu'après son subst. Voyez Éhonté. — Dans sa dernière édition, l'Acadcmie admet le mot (ie/io»)/e comme synonyme de éhonté.
Dehors. Adv. de lieu. 11 est opposé à dedans. Hors est la préposition qui correspond à ce mot, comme dans correspond à dedans. Dehors ne prend point de régime : Restez dedans, j'irai dehors. Il y a par conséquent une faute daiîs ces vers de Racine :
Mille objets de douleur dccliiraient mes entrailles. J'en voyais et dehors el dedan$ nos muraillet.
^Frères ennemie, ael. II, se. I, 45.)
Quelquefois il est préposition, el alors il prend un régime : Passer par dehors la ville.
Dehors. Subst. m. Au figuré il ne se dit qu'au pluriel :
Nul sur ses passions n'eut jamais plus d'empire, El ne sut mieuT cacher sous des dehors trompeurs Des plus vastes desseins les sombres profondeurs. (Volt., Uenr., lU, 72.)
Déification. Subst. f. La déification n'est pas la même chose que Vaputhéose. La déificmtion est l'acte d'une imagination sujierslitieuse et craintive, qui suppose la divinité où il n'y a que la créature, et qui, en conséquence, lui rend un culte de religion. L'apothéose est la cérémonie par laquelle les emi)eieurs romains étaient, après leur mort, transmis au nombre des dieux. (Girard.)
Déifier. V. a. de lad" conj. L'Académie n« dit pas se déifier. Voltaire a dit dans Mahomet (act. V, se. IV, 4i/ :
A force de forfaits tu t'es déifié.
Déjà. Adv. de temps. Il se met ordinairement après le verbe dans les temps siini)les : Il revient déjà. Dans les temps composés, il se place entre l'auxiliaire el le participe : // est déjà revenu, il a déjà reconnu son erreur. Qnelipicfois on le Iilace à la tête de la phrase, surtout 'lans le style historique : Déjà l'ennemi avait pris la fuite ; et dans le style oratoire: Déjà se répandaient dans nos campagnes ces liordvs de barbares.
Déjeuner. V. n. de laJ"'" conj. L'Académie dit déjeuner d'un pâté, el queltiues grammairiens en ont conclu que les trois verbes neutres, dé~ jeûner, dîner Cl souper, tiu\ycn\. être suivis de la jjréposilion de, (juand ils précèdent un nom. Ainsi, selon eux, il faut dire déjeuner de café, dîner d'w/j dindon, souper d'i/zi poulet. Je pense que l'Académie el ces grammairiens sont dans l'erreur ; el l'usage, inak'rc leur prétendue règle, rejette cette façon de parUîr.
Si, après avoir mangé d'un pâté à mon souper, il en reste un morceau, je dirai bien gardes ce morceau de pâté, j'en déjeunerai demain; et cela veut dire j'en ferai mi»n déjeuner, cela suffira pour mou déjeuner. On dira aussi dans le même sens, après un grand déjeuner, gardes et qui reste du déjeuner, nous en dînerons.
Hélas ! reprit l'amant infortuné.
L'oiseau n'est plus ; vous en avez dinc.
(La Fo.m., le Faucon, 223.)
DÉL
Mais on ne dit pas dt' jeûner, dîner, souper de quelque chose, \m\\v sigiiKicr ce qu'on num;.'e à CCS repas. On dil iorl h\cn il <iag ne cent km i s par an, et il en vil; mais il ne s'ensuit pas de là qu'on puisse iliie il vit de cent louis.
II parait que cette expression, telle qu'on veut l'établir, se dirait de tout ce (pi'on inani^'c à déjeuner, à dincr, etc. Dcjcimer de café, c'est prendre du cale jiour son déjeuner. II faudrait donc dire, en parlant du diner, j'ai dîné de soupe, de bouilli, de rôti, etc., ce qui serait très-ridicule.
Du reste, je pense, avec les grammairiens que je combats, qu'il ne faut pas "dire j'ai déjeuné avec du pâté, avec du jambon, avec du café, parce qu on dit j'ai dijcuné avec won frère, avec mes amis, et que cet avec rendrait le sens louche. Mais le de rend de même le sens louche dans j'ai déjeuné de café, car on dit déjeuner de bon appétit, déjeuner de bonne heure. On me demandera sans doute conuncnt il faut s'exprimer eu Cl' cas. Je crois ipi'il faut dire : J'ai pris du café à mon déjeuner ; j'ai mangé du pâté à mon déjeuner; (ju'avez-vous mangé à vctre déjeuner, à votre diner, à votre souper? ou choisir (pieliiue autre tourcjui exprime exactement ce ([u'on veut dire, connue je n'ai pris que du café à mon déjeuner, je n'ai manç/é que du bouilli à mon dîner, etc.
Déjklineh. Subst. m. On prononce déjeuné, et beaucoup de personnes écrivent ainsi.
Déjouer. V. a. de la 1" conj. Mot nouveau (}ue l'usage a consacré, il ne se dit que des projets et des desseins nuisibles : Nozts déjouons ceux qui veulent nous jouer. On ne dit pas déjouer une entreprise utile, un dessein honnête; mais on dit déjouer un complot, déjouer une intrigue.
DÉJL'CHER. V. n. de la 1"" conj. II prend tantôt l'auxiliaire "ire, tantôt l'auxiliaire avoir. Ou dit les poules ont déjuché, pour marquer l'action de déjucher; ci elles sont déjuchées, pour signifier l'état qui résulte de l'action de déjucher.
Delà. Préposition. 11 s'écrit toujours d'un seul mol, c'est-à-dire sans trait d'union eiUre deux : Deh'i la rivière, delct les monts. On écrit aussi au delà, par delà; et non pasaw-cieZà, pardelà.
De là, écrit en deux mots, est la préposition de et l 'ad verve là : De là à la rivière il y a cent toises; c'est-à-dire de cet endroil-W à la rivière, etc.
DÉLACER. V. a. de la '!'<= conj. Dans ce verbe, le c a la prononciation de se ; et pour Ui lui conserver à lous les temps et à toutes les personnes, il faut mettre une cédille dessous toutes les fois qu'il est suivi d'un a ou d'uno. Ainsi on écrit ; Nous délaçons, je délaçais, je délaçai, et non pas nous délaçons, etc.
1)ÉLATEUR. Subst. m. Il fait au féminin délatrice, l'accusateur s'adresse à la justice ; il sollicite une vengeance juste et légitime; c'est une action particulière. Le dénonciateur annonce, manifeste un fait, le rend [)ublic; il défère à la justice, à la société, un crime, un complot qui intéresse la sûreté [)ublique. Le délateur chercha, découvre, défère ou rapporte servilement ce qu'il croit avoir vu, et souvent ce qu'il est intéressé à faire croire. On peut (luelquefois a[iprouver l'accusuteur, ou louer le dénonciateur, mais le délateur est toujours méprisable.
Dehyer. V. a. de la l''' conj. Il se conjugue comme Payer. Voyez ce mot.
DÉL
Délectable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. lorscpic ranaloi;ie et l'harmonie le permettent. On dit un lieu délectdlilc, VU séjour dvlcctuble; on ne dil pas un délectable lieu, mais on dit un délectable sé-
et lieu, \oyez
jour, parce qu'il y a plus d'analogie entre délectable et séjour (pi'eutre délectable et Adjectif.
DÉLIBÉRANT, DÉLIBÉRANTE. Adj. Verbal lire du v. délibérer.^ H ne se met qu'après son subst. : Assemblée délibérante.
DÉLiBÉisATiF , Délibérative. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Genre délibératif, voix délibérative .
Délibérément. Adv. Il se mot après le verbe; Marcher délibérément. Agir délibérément. C'c.it le défaut de filtration du sua nerveux qui fait que les Anglais se tuent si délibérément. (Voltaire.)
Déi.ibéiîer. V. n. de la 1"^* conj. :
Kl je puis dire enfin que jamais potciital N'eut à délibérer d'an si ^'nuid coup d'Élal.
(CoKN., ad. I, se. I, 47.)
L'usage, dit Voltaire, veut aujourd'hui que délibérer soit suivi de sur; mais le de est aussi i)ermis : On délibéra sur le sort de Jacques II, dans le conseil du prince d'Orange. Mais je crois que la règle est d'employer rfe quand on spécifie les intérêts dont on parle : On délibère aujourd'hui de la nécessité d'envoyer des secours en Allemagne. On délibère sur de grands intérêts, sur des points importants. (Remarques sur Corneille.)
DÉLICAT, Délicate. Adj. On peut le mettre avant son subst. lorscpie l'analogie et l'harmonie le permettent : Un mets délicat, une viande délicate ; goût délicat; une affaire délicate, UM crainte délicate, ces délicates craintes ; santé délicate, cette délicate santé.
Que c'est un dangereux poison Qu'une délicat': louange !
iC.HAULiEC, Deuxième épttre à M. Dangeau, 18.)
On dit au \î\^\\ïéi\\\' une pensée est délicate, lorsque les idées en sont liées entre elles par des rapports peu communs qu'on n'aperçoit pas d'abord, (pioiqu'ils ne soient point éloignés, (pii causent une surprise agréable, qui réveillent adroitement des idées accessoires et secrètes de vertu, d'honnêteté, de bienveillance, de volupté, de plaisir, et <pii insinuent indirectement aux autres la bonne opinion qu'on a ou d'eux ou de soi. On (lit d'une expression «pi'ellc est délicate, lors- (]n'elle rend l'idée clairement , mais qu'elle est empruntée, par métaphore, d'objets écartés, qye nous voyons tout d'un coup rapprochés avec plaisir et surprise.
Délicatement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Cela est délicatement travaillé, cela est travaillé délicatement.
Délice. Subst. m. et L Vaugclas, Thomas Corneille et Ménage disent que ce mot ne doit pas s'employer au singulier. L'Académie et quelques grammairiens modernes ne sont pas de cet avis, et je crois qu'ils ont raison.
Au singulier, délice est masculin : C'est un délice, c'est un grand délice.
Au pluriel, délices est féminin: Dans les Champs-Elysées... les rois foulent à leurs pieds les molles délices et les vaincs grandeurs de