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leur ancienne condition, qu'ils déplorent. (Fcnel., Télémaque, liv. XIX, l. 11, p. 232.)
Uéliciel'sement. Adv. On pcul le mettre entre l'auxiliaire cl le p.Trlicipe : I^ous avons n'eu di'licieu sèment; nous avons délicieusement vécu. DÉLICIEUX, Délicieuse. Adj. On peut, lorsiiuc l'harmonie et l'uiudogie le pcnnciteiit, le iihicer avant son sul)Sl. : C'est un homme délicieux, vn lieu dclicieux, tin séjour délicieux, un délicieux séjour.
Dki iÉ, Déliée. Adj. (^ui ne se met qu'après son suhsi. Il se dit au propre de tout ce qui a tros-i)eu dï'i)aisseur relativement à sa longueur : Un fil délié, un trait délié, etc.; et, au figuré, d'un esprit propre aux afCaires épineuses, fertile en expédients, insinuant, lin, souple, cache; qualités qui lui sont communes avec l'esprit fourbe et méchant. Cependant on peut être délié sans être ni méchant ni fourbe.
Un discours délié est celui dont on ne dislingue pas du premier coup d'œil l'artifice et la fin. II ne faut pas confondre le délié avec le délicat. Les gens (ieVica/i sont assez souvent déliés ;mn\^ les gens déliés sont rarement délicats. Répandez sur un discours délié la nuance du sentiment, et vous le rendez délicat. Supposez à celui qui lient un discours délicat quelque vue inlére.>sie cl secrète, el vous en ferez a l'instant un homme délié.
Délit. Subst. m. On ne prononce pas le t. Délirant, Délirante. Adj. verbal tiré du v. délirer. Il ne se dit guère qu'au figuré : Une imagination délirante.
Délirer. Y. n. de la 1" conj. Il signifie être en délire ; Je m'aperçus qu'il délirait.
Délivrcu. y. a. de la l"^"' conj. : Délivrer quelque chose à quelqu'un , délivrer quelqu'un de \ quelque chose.
Délivrer, dans le sens de livrer, ne peut avoir deux régimes de personne. On dit bien délivrer des marchandises à quelqu'un ; maison ne doit pas dire délivrer un prisonnier à quelqu'un. (Bouhours, de Waiily.)
Déloger. Y. a. et n. de la i" conj. Dans ce verbe, le g doit toujours se prononcer comme j; et pour lui conserver cette prononciation lorslu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met un » muel avant cet a ou cet o : Je délogeais, iélogcons, et non \yds j'e délogais, délogons.
Déloyal, Déloyale. Adj. Il est peu usité aujourd'hui. On pourrait, dans quelques cas, le mettre avant son subst. : Ce déloyal umi.^ Il n'a point de masculin au pluriel. Y ijyaz Jdjectif.
Déloyalkment. Adv. Ce mot est peu usilé. On ne pourrait j)asle metlre entre l'auxiliaire^ el le participe. On pourrait dire il en a usé déloyalement envers moi, et non pas il en a déloyalcment usé envers moi.
Délustrer. y. a. de la \" conj. Je ne sais pourquoi ce mot n'est pas employé dans la langue. Il signifie ôter le lustre, faire perdre le huître. Il est" vrai «lUC nous avons rfeVain-, mais celui-ci ne se dit que des draps et dcséiolfes. — En 48:^5, rAcadémic admet délustrer dans le sens d'ôter le luslre, et le seul exemple (lu'elle en donne est : Délustrer une e'^o^.— Cérulti l'a employé an figure : Un nom illustré par la valeur ou par le génie ne saurait être délustn; ni par la calomnie ni par le despotisme. — L'analugie ■entre illustré cl délustré me semble un peu forcée. Cela vient sans doute de ce que l'esprit
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n'est pas accoutumé a prendre le mot délustré dans le sens figuré.
DÉ.MAIGRIR. V. n. de la 2'^ conj. L'Académie, dans l'édition de 1798 et dans celle de 1835, dit que ce mol signifie devenir moins maigre. Malgré cette autorité, les bons dictionnaires n'ont lioini adopté celte expression. En effet, on ne sait trop ce qu'elle signifie.
Demain. Adv. de temps. Il peut se mettre avant ou après le verbe, mais jamais entre l'auxiliaire et le partici[)e : Demain firai, ou j'irai demain. On ne dit pas ?ious aurmis demain dîné à cinq heures, mais demain nous aurons dîné à cinq heures.
Selon (iucli]ues grammairiens, on peut dire indifféremment demain au inalin OU demain matin; mais si ces deux expressions sont également bonnes en elles-mêmes, celle qui est exprimée en moins de mots doit être la meilleure. Disons donc hier matin, et non |)as hier au matin.
Demander. Y. a. et n. de lai" conj. : Demander quelque chose à quelqu'un, demander une stmune à emprunter. — Quand demander est neutre, régit-il d ou de devant un verbe? Faut-il dire il demande d'être reçu, ou à être reçu dans cette compagnie"^ Il demande à entrer on il demande d'entrer? — Si l'objet de la demande est une action, il faut employer à : Il demande à parler, il demande à entrer, il demande à vous parler, il demandei\ entrer dans cette conipagnic, il demande à vous suivre. Lorsque l'objet de la demande n'est pas de faire une action, il faut employer de .• Il demande d'être reçu dans cette compagnie Il demande de ne pas vous suivre. Il demande d'être dispensé de cette démarche. Demander, neutre, régit aussi que avec le subjonctif: Ils demandèrent au roi qu'il leur fût permis de retourner dans leur patrie.
Demandeur. Subst. m. Dans le langage ordinaire, on dit au léminin demandeuse ; en style de palais, demanderesse.
Démangeaison. Subst. f. Au figuré, il régit lie avec l'inOnitif : Avoir la démangeaison de parler, de courir, etc.
Il f.iut qu'un galanl homme .lit toujours grand empire Sur les démangeaisons qui nous prennent d'écrire. (Mol., Misanthr-, acl. I, se. u, 96.)
DÉMANGER. V. n. de la \" conj. Dans ce verbe le ^ doit toujours avoir la prononciation du j ; el pimr la lui conserver lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un 0, on met un e muet devant cet a ou cet 0 : démangeais, démangeai, ct non pas démangais, démangai.
DÉMARQUER. Y. a. dc la 1" conj. Il ne se dit point dc la marque qu'on ôle, mais de la chose dont on ôle la marque : Démarquer vn livre.
Démasquer. V. a. de la 1" conj. Il n'a que le régime direct : Démasquer quelqu'un. On ne dit point, en parlant de queit]u'un iiu'on veut faire connaître, /s vous le démasquerai.
DÉ.MÈLER. Y. a. de la 1" conj. Voltaire a dit dans Sémiramis[^c{. II. se. i. 41) :
J'ai démêle son ime, el j'en vois la noirceur.
DÉMEMBREMENT. Subst. m. l.'Acadciiiie dk avec raison que ce mot ne se dit ([u'au figuré ; Le démembrement d'une terre, d'un royaume.
Démembrer. V. a. de la 1'''^ conj. Ce verbe, non plus que le ?,\\\)^\M\\\i démembrement, ne se dit point au propre. Cependant l'Académie dit
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qu'il est usité en ce sens, et elle donne pour exemple : Les bacchantes déchirèrent et déineinbrèrenl Punllm. Coriainciuenl un homme qui est déchire doit cire à peu près démembré, et la seconde expression ajoute peu de chose a la première. Il se ferait plutôt démembrer et mettre en pièces. C'est la miMiie faute que dans l'exemple précédent. Mettre en pièces signifie a [kîu l)rés la même chose (|ue démembrer, qui n'est pas français en ce sens.
Démentir. V. a. et irrég. de la 2* conj. Il se conjugue comme sentir. Voyez Irrégulier.
L'Académie dit qu'il signifie (igurément faire des choses indignes de sa naissance, de son caractère, de sa profession. Racine a dit en ce sens dans Iphigénie (acl. II, se. iv, J9) :
Mais puisque désormais son làclie repentir Dément le sang des dieux dont on le fait sortir.
Mais démentir se dit aussi d'une chose mauvaise, odieuse :
Vous ne dimentez point une race funeste.
(Rac, IpMg., act. IV, se. IV, 82.)
On dit aussi son cœur dément sa bouche :
Kt ne voyais-lu pas dans mes emportements Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments? (Rac, Androm., act. V, se. m, 55.)
Se démentir. Voltaire l'a dit de la fierté et du sort :
Celte fierté qu'en nous soutient la modestie Dans mon cœur à ce point ne s'est point démentie. (Zaïre, act. I, se. I, 65.)
Jlais je connais le sort, il peut se démentir.
(.We'rop., act. I, se. IV, 55.)
Démériter. V. n. de la 1"^ conj. On AW. démériter auprès de quelqu'un, et déviériter de quelqu'un. Je l«îiise que démériter auprès de quelqu'un, c'est faire quelque chose qui, sans le loucher directement, ])rive cependant de sa bien- %"cilIonce. Je sais qu'une personne s'intéresse à moi, (lu'ellc a à cœur (juc j'aie une conduite régulière : si je me conduis mal, je démérite auprès d'elle. Je jouis de la confiance d'une personne, et j'en 'àhusc : je démérite d'elle.
Déiviesuré, Démesui'.ée. Adj. 11 ne se met qu'aprés son siîbst. : Une grosseur démesurée, une ambition démesurée.
DÉJiEsuRÉmENT. Adv. Il se met après le verbe : Il est démesurément rjrand.
DÉMETTRE. V. a. et irrég. de lu A*" conj. 11 se conjugue comme mettre. \ oyez ce mot.
DEJiECREr.. V. n. de la 1"' conj. Ce verbe prend l'auxiliaire avoir, si l'on veut faire entendrequc le sujet n'est plus au lieu dont il csl question, qu'il n'y était plus ou (pi'il n'y sera plus à l'époque dont il s'agit. Ainsi l'on du-a : Il a demeuré six mois à Madrid, il a demeuré longtemps à Paris, il a demeuré longteinps en chemin, il a demeuré quelque temps en Italie. J'ai demeuré captif en Egypte comme Phénicien. (Fénel., Télémaque, liv. III, t. I, p. 120.)
L'n grammairien prétend qu'il fallait j'ai été captif ; la moindre reflexion fera sentir la difi'érence entre /'^it été et j'ai demeuré captif; le premier est vague cl n'a aucun rapport à la durée de la captivité; le second marque celle durée, quoique d'une mnnicre indéfinie. Celui qui a été captif peut ne l'avoir élc qu'un jour; celui
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qui a demeuré captif Vil été pendant un temps considérable. Le besoin d'exprimer ces nuances et l'exemple de Fénclon justifient cette expression.
Si l'on veut exprimer (pie le sujet est encore au lieu donl il esl (|uestioii, (pi'il y élail ou ipi'il y sera encore à Icpotpie dont il s'agil, dp;He»n't' prend l'auxiliaire être : Il est demeuré en chc- 7iiin, mon frère est demeuré à Paris pour faire ses études; il est demeuré court en haranguant le roi; il est demeuré deux mille hommes sur la place.
Ma langue embarrassée
Dans ma liouche Tingt fois a demeuré glacée.
{Rac, Dérén., act. II, se. Il, 137.)
Dans ces vers, dit d'OIivct, demeurer ne saurait être pris que pour rester; ainsi ma langue est demeurée glacée était la seule bonne inaiiièrc de [larior.
Demi, Demie. Adj. Cet adj. se met avant ou après son subst. Quand il le piécèdc, il est invariable, c'est-à-diie (ju'il ne prtMid jiunais ni le féminin ni le pluriel : Un demi-cercle, un demibastion, une demi-lune, deux demi-cercles. Mais quand il suit son subslanlif il cesse d'èlre invariable, c'esl-àdire qu'il prend seiilcinenl la marque du féminin quand ce subslanlif esl féminin, mais il ne prend pas la manpie du pluriel : Un iour et demi, une heure et demie, deux heures el derme.
Demie, subst., prend la marque du pluriel; Une pendule qui sonne les demies.
* Demi-hiatus. Siil)sl. m. Son désagréable qui résulte de la prononciation d'un e inncl que l'on est obligé de prononcer au milieu d'un vers :
On leur fait admirer les baies qu'on leur donne.
(COBM., Menteur, acl. I, se VI, 34.)
Baies signifie ici bourdes, cassades. Il faut éviter soigneusement au milieu des vers ces mots baies, braies, etc., el ne les jamais faire rencontrer par des syllabes qui les heuricnl. On esl obligé de faire baiesdc deux syllabes, el ce son esl tiès-désagreable; c'est ce ipi'on appelle \c demihiatus- (Voltaire, Rcmarq. sur Corneille.) L'Académie ne met point ce mol.
* DÉMiTRER. V. a. de la d" conj. F.xprcssion de circonslance qui signilie délruire les évéques, leur ôter leurs évérhés. Vollaire a dit : Nous ne voulonspas votis démilrer.
Démocratique. Adj. des deux genres. Il se met ajirôs son subsl. : Gouvernement déinocratique, maximes démocratiques.
Démocratiquement. Adv. 11^ se met après le verbe : Ce pays est gouverné démocratiquement, et non pas est démocratiquement gouverne.
Demoiselle. Subst. f. Terme devenu commun à toutes les filles d'honnèie famille, el par lequel on les dislingue des femmes mariées. On esl quelquefois fort embarrassé aujourd'hui pour l'emploi de ce mot. Autrefois on disait d'une |icrsonne, de (juclque condition (lu'elle fût. qu'elle avait un garçon et deux flics. Aujourd'hui que le mot file est devenu un terme injurieux, personne ne veut plus avoir ilp,s fdles, tout le monde veut
avoir (]iis demoiselles. Une fe le du peuiiledil
qu'elle a deux demoiselles, [loiir dire qu'elle a deux filles, ce qui parait ridii-ule d'après l'acceplion commune du mol demoiselle.
DÉMOLIR. V. a. de la 2' conj. L'Âcndémic le définit détruire, abattre pièce à pièce. On ne dé-