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semées dans tout leur jour, il est nécessaire que des exemples les rcnticut plus sensibles; mais il faut qu'il n'y on ait point trop pour los lecteurs inslrniis, cl ipi'il y en ait assez pour les autres. Ceux «lui a la lumière joindront ragrément seront très-propres à cet elTet; car on craimlra moins de les prodiguer. Tout consiste à puiser dans de bonnes sources. J'ajouterai encore que, si un exemple est nécessaire pour faire entendre une pensée, ce n'est pas par la pensée qu'il faut commencer, comme on fait comnuuiémcnt ; c'est par l'exemple.
L'instruction est sèche quand elle n'est pas ornée. Un écrivain doit imiter la nature , «]ui donne de l'iigrcment à tout ce qu'elle veut rendre utile. Elle n'crit rien fait pour notre consorva- ^on si les sensations qui nous instruisent n'eusrent pas été agréat)les. Tracez-vous donc tuie route à travers les plus beaux paysages ; q\ic ce que l'arcliitcctiue, la peinture, ont de plus beau y forme mille points de vue; en un mot, enq)i'un- ÎC7. des arts et île la nature tout ce qui est propre à embellir la vérité. Cependant prenez garde de ne pas l'obscurcir; elle veut être orncc, mais elle ne veut rien qui la cache. Le voile le plus léger l'embarrasse.
On ne saurait trop étudier son sujet. D'abord, il le faut dépouiller de tout ce qui lui est étranger, ensuite le considérer par rai)port à la fin qu'on se propose, et uemidoyer pour l'embellir et pour le développer que des idées qui se lient également a ces deux points fixes.
Dans les détails du style, il faut, parmi les tours <iui se conforment à la pins grande liaison des idées, choisir ceux qui expriment l'intérêt qu'il est raisonnable de j)rendre aux vérités qu'on enseigne. Le style serait ridicule si les expressions marquaient un intérêt trop grand; Userait froid si elles n'en marquaient aucun. Quoique le propre du philosophe soit de voir, il n'est pas condamné à être (jrivé de sentiment, et on s'intéresse peu aux matières qu'il traite, s'il ne paraît pas s'y intéresser lui-même. Il observera tout ce que nous avons dit sur les constructions et les différentes espèces de tours, et il emploiera les figures, moins pour donner de l'agrément à son style, que pour répandre une plus grande lumière.
Diérèse. Subst. f. Terme de grammaire. Voyez Ti-éma.
Dieu. Subst. m. Quelques grammairiens pensent que le pronom on ne doit pas être employé en [Kirlant de Dieu. En effet, on vient du mot homme, et signifie (jueliprun ou quelques-uns d'entre les honmies : il ne peut donc être appliqué à Dieu. Ainsi, dit de Wailly, au lieu de dire au jtigcinent dernier, on ne nous demavdcta-pxxs <.<: •/Ma /i.mj uv^m fuii ^ ùilM Dliil Ui.' noîis demandera pas.
r.acinc a dit dans Phèdre (act. IV, se. vi, 30) :
La raorl est le seul dieu que j'osais implorer.
On a critique mal à propos ce vers en disant la mort n'est point un dieu, mais une déesse. Cette critique est absurde. Dieu est pris ici dans un sens générique : c'est conune s'il y avait je n'osais implorer d'autre dieu que la mort.
On a prétendu (lu'on ne doit jamais employer/jar avant le nom de Dieu, et que l'on doit dire : Toutes nos actions et toutes nos pensées seront jvpees de Dieu à la résurrection, et non pas par Dieu.
Diï!'
Cette décision a sans doute pour motif d'éviter l'équivoque avec le juron vulgaire purdieu. Ce scrupule paraît minutieux et ne suffit pas i)our vitilcr les régies du langage. On ne peut pas dire l'homme a été créé de Dieu, il faut nécessairement dire pur Dieu. Voltaire a dit : f^ous dites que ces livres sont écrits par Dieu mctne. [Diu- Iffues.)
DiFFAMA>T, Diffamante. Adj, verbal tiré du v. diffamer. Il ne se dit que des choses, et se mci toujours après son subst. : Discours diffamant, paroles diffamantes. Eu parlant des écrits, on dit diffamatoire. Voyez cC mol.
Diffamateur. Subst. m. Qui diffame. 11 y a aussi des fenunes (jui diffament; les appellera-ton des diff^u matrices? L'Académie ne dit ni oui ni non. C'est, je crois, une licence que l'on peut prendre sans inconvénient.
Diffamatoire. Adj. des deux genres, lise dit particulièrement des écrits publics qui tendent a diffamer.
Différemment. Adv. Il s'emploie absolument ou avec la préposition de: Ils en parlent tous deux différemment. Il a rapporté l'affaire différemment éc ce quelle s'est passée. 11 se met toujours après le verbe.
Différend. Subst. m. Débat. Il s'écrit avec un d final, qui le distingue de l'adjectif différent, (\m s'écrit avec un t.
Différent, Différente. Adj. On peut le mettre avant son subst. surtout au pluriel : Les différents talents, les différentes espèces. Maison dit aus>i des talents différents, des espèces diff'é rentes. (Juehiuefois il régit la préposition de : Ils sont différents d'humeur, de langage.
Diffékf.ntiel, DiFFÉRi.MiEi-LE. Adj. dcs dcux genres, lise met toujoiu's après son subst. : Quantité différentielle, calcul différentiel.
Différer. V. a. et n. de la l'" conj. Dans le sens de remettre a un autre temps, il régit la [U-éposition de devant un infiniiir: // diffère Ad venir. Dans le sens de n'èlie l)as de même, il régit de devant les noms : // diffère de son frère, Voltaire dit dans Brutus (act. I, se. i, 39) :
Rome sali à quel point la liberté m'ai clicre; Mais, plein du nicine esprit, mon sentiment itifire.
La phrase grammaticale n'est pas complète. En prose, il faudrait donner un régime à ce verbe, et dire mon sentiment diffère du vôtre.
Difficile. Adj. des deux genres. 11 se dit quelquefois absolument, et (luelquefois il régit la préposition d ou la préposition de. Quand il est pris absolument, on peut le mettre avant son .«ui'St., suivant l'analogie ou l'iiannonie . Une entreprise difficile , cette difficile entreprise. Quand il a un régime, il ne se met qu'après son substantif.
Difficile, avec le verbe être, régit à devant les verbes : Il est difficile à contenter; ce mot est difficile à prononcer; mais, ipiand le verbe être est pris impersonnellement, il faut meltrc de : Il est difficile de bien écrire. On dit homme difficile d vivre, c'est-à-dire avec lecpiel il est dilhcilc de vivre.
Difficilement. Adv. Quelquefois on le met au commencement de la phrase, mais alors i! faut mettre le pronom sujet du verbe après son verbe, comme dans les phrases interrogalives : Difficile^ ment irouvera-t-on des gens qui veuillent... Par