DIM
AU lieu de dire tV a été dignement puni, il faut dire il a été puni comme il le méritait.
DicMTAiiK, DiCMTÉ. Dans CCS deux mots, on mouille }Cj7».
DiGL'E. Subst. m. L'm nc se prononce pas; il n'est dans ce mol que pour donner au g un son fort, qu'il n'a pas devant \'e.
Dilapidation. Sul)St. ï. Dilapider. A', a. delà 1"" conj. L'Académie explique le premier de ces mots par dépense excessive cl désordonnée, le second par dépenser avec excès cl avec désordre, (^e n'est point la l'idée ([u'ils |)résenleril. Dilapider, du latin dilapidare, signilic littéralcincnt ôler les i)icrres, démolir, disperser les pierre; d'un èdilice. iSous nc l'employons qu'au ligure et il nc peut s'a|)pli(iuer qu'a la dcstruolion d'um grande fortune, d'une fortune bien fondée, biei établie, bien solide, comme un cdilice. Celui qu dépense les fonds avec les :"evcnus d'une bclk fortune, dilapide. Les mauvais administrateurs travailleul souvent à dilapider la fortune publique.
DiLâYER. V. a. et n. de la 1" conj. Différer, remettre à un autre temps. Il est vieux cl hors d'usage. Féraud prétend qu'ilscditencore dans lesens neutre. Il ne sc dit plus ni à l'aclif ni au neutre.
DiLECTioN. Subst. [. Meux mol conserve par l'Académie, mais qui n'est plus usité.
Mercier donne à ce mot une acception que l'on nc trouve point dans les dictionnaires. La diicction, dit-il, est un amour calme, profond, durable : Heureux celui qui trouve la diicction dansle vif sentiment de i'a/rtoi/r.' Diicction filiale. Ils s'enti-'aimaient d'une dilection vraiment filiale. On sent que cette expression renfcrtnc quelque chose que n'expriment point les mots analogues; mais l'usage ne l'a point consacrée.
Dilemme. Subst. m. On ])rononce dilème.
Diligemment. Adv. Il pcul sc mcilrc entre l'auxiliaire et le participe : Il a travaillé diligemment ; il a diligemment travaillé.
Diligence. Subst. L Ce mol ne prend de pluriel ([ue dans le sens de poursuites, faire ses diligences ; cl lorsqu'il sc dit de certaines voilures publiques.
Diminutif, Diminutive. Adj. qui se prend souvent substantivement. En termes de grammaire, on le dil d'un mol qui signilic une chose plus pcnie (]ue celle ipii est désignée par ir [iriinilif. V;\v exemple, muisonnctte est le diminulif de maison; monticule de rnont ou montagne ; glnbulc,(i>' glibc. Ce sont là des diminutifs pliysiquc.-<. Tels sont o\n-orc perdreau, de perdri.v ; faisandeau , de faisan; poulet et poulette, <lc poule. Outre ces diminutifs physiciues, il y a encore des diminutifs de compassion, de lendrcssc, d'amilic, en un mol de sentiment. C'esl à l'occasion de ces sentiments leudrcs (]uc nos poètes ont fait autrefois tant de diminutifs : rossignolel, iendrclet , agnelet , herbelle, f curette, grassetle, etc. Le goût des diiiiinuiifs est depuis longtemps passé parmi nous. On peut emiiloycr ceux qui sonl autorisés par l'usage; mais il faut sc garder d'en introduire de nouveaux.
Les diminulifs suiveni le genre de leurs primitifs. Maisonnette e>l du féminin, parce (jue le primitif maison est de ce genre ; ghibulc est masculin comme son primitif globe; monticule est masculin, parce qu'il dérive île mont. Il faut excepter perdreau, qui est masculin, et dont le primitif, perdrix, est féminin.
Diminution. Subst. L L'Académie dil sans article, demander diminution. Féraud observe
DIP
avec raison qu'on dit bcnucoup mieux demander dt la dïminiiliit/i.
* DiNAToini:. Adj. des deux genres. On dil déj'cvitcr dînatoire , \)0uv iVwd un déjeuner <jui sei'l en même temps de diner. Féraud |)rélend que ce mot est un terme de province. Je crois (pi'on le dit a Paris comme ailleurs. L'Académie ne le met point. Il est familier, et ne se met qu'après son substantif.
^Dj.M)i;. Subst. f. Dans l'usage, on le fait tantôt masculin, tantôt féminin.' On dit un dinde pour sisnilicr le mâle, et vnc dinde pour la femelle. Punie d'Inde, qu'indique l'.Académio, est plutôt un terme d'histoire naturelle ou de bassecour, (]u'un mot du langage ordinaire. Quand on dit simplement dinde, on ne met point d'a|)ostroplie, et il prend un s nu pluriel : Les dindes. Quand on dit poule d'/nde, coq d'Inde, on met l'apostrophe, et le s, signe du pluriel, se met à poule ou à coq, et non pas à Ijtde : Des iwiiles d'hide, des coqs d'Inde.
DI^no^. Subst. m. Quand on dit vn trovpeau de dindons, (larder les dindons, on entend jjar là les màlcs, les femelles et les i)ctits.
Dindonneau. Subst. ni. L'Académie le définit petit dindon ou petite dinde. Cela n'est pas exact. Un dindonneau est un jeune dinde, ou une jeune dinde qui n'a pas encore pris toute sa croissance. Élever des dindonneaux.
DIner. V. n. de la '\" conj. Voyez Déjeuner. DÎNr.r,. Subst. m. On prononce dîné, et beaucoup de personnes écrivent ainsi.
DiPHTHONGDE OU DiPHTONGUE. Subsl. f. Ce inot par lui-même est adjectif; mais dans l'usage on le prend suhslnntivement. Une diphlhongue est une syllabe qui fait entendre le son de deux voyelles par une même émission de voix, modifiée par le concours des mouvements simultanés des organes de la parole. L'essence de la diphlhongue consiste en deux points: 1" ([u'il n'y ait pas, du moins sensiblement, deux mouvements successifs dans les organes de la parole; 2' que l'oreille sente distinctement ces deux voyelles par la même émission de voix. Quand on prononce Diev, j'entends Vi et la voyelle eu, et ces deux sons se trouvent réunis en une seule syllabe et énoncés en un seul temps. Celte réunion, qui est l'effet d'une seule émission de voix, fait la diphthongue. Ainsi ieu est une diphthongue. L'oreille seule est juge de la diphthongue; on a beau écrire deux, ou trois, ou t]uatre voyelles de suite, si l'oreille n'entend (jti'un son, il n'y a point de diphlhongue. Parexemple, an, ai, aient, prononcés à la française, ne sont point des dii)hthongues.
Cette différence entre l'orthographe et la prononciation, dit Dumarsais, a donne lieu à nos grammairiens de diviser les diphthongucs en vraies ou propres, et en fausses ou improjires. Ils appellent aussi les premières, diphthongucs de l'oreille, et les autres, diphthongucs aux yeux. Ainsi, œ et œ, qui ne se prononcent pîus aujourd'hui que conune un e, ne sont diphthongucs qu'aux yeux; c'est improprement qu'on les aj)pellc diphthongucs. iS'os voyelles sont a, é, è, e, i, 0, n, eu, e muet, ou. Nous avons encore nos voyelles nasales an, en, in, on, vn. C'est la combinaison ou l'union de deux de ces voyelles en une seule syllabe, en un seul temps, qui fait la diphthongue. Nos grammairiens ne sont pas d'accord sur le nombre de nos diphlhongues. Voici celles qui ont été indiquées par les plus célèbres d'entre eux.
DIP
-«, ler qu'on l'entend dans l'interjection de douleiu' ou d'exclamation aie, et (]uaiid l'« entre en conqjosilion dans la même syllabe avec le mouillé fort, comme dans mail, bail, de l'ail attirail, éventail, portail, -OH {]n"\\ est suivi diJ mouillé faible, comme dans Blaye, ville, les ilcs Lucaies.
Eau. Fléau est de deux syllabes; Sceau et eau se prononcent comme un\» long, et alon> leur ensemble n'est qu'une diphthongue oculaire, ou une sorte de demi-diphlliongue.
Ei. Nous ne prononçons guère celte diphthongue que dans des mots étrangers, bei ou bcy, dei ou dey ; ou avec le n nasal, comme dans teindre, Heims, ville. Selon quel(|ues grammairiens, on entend en ces mots un i très-f;rible, ou un son particulier qui tient de Vc et de Vi. Il cri est de même devant le son mouille, <iaiis les mots soleil, conseil, sommeil, etc. .Mais selon d'autres, il n'y a dans ces derniers que \'e suivi du son mouilh', conse-il, sovxvie-il, et de même avec les voyelles a, eu, en. Ainsi, selon ces grammairiens, diins œ/Z, qu'on prononce ei/i'Z, il n'y a (pie e»/. suivi du son mouillé, ce «lui parait jilus exact. Comme dans la prononciation du son mouillé, les organes commencent d'abord par être disposés comme si l'on allait prononcer i, il semble (pi'il y aitz; mais on n'entend que le son mouillé, qui dans le mouillé fort est une consonne. Mais à l'égard du mouillé faible, c'est un son mitoyen qui parait tenir delà voyelle et de la consonne, comme dans moyen, puyen. Dans ces mots, yen est un son bien différent de celui qu'on entend dansj/tien, bien, rien.
lu. Diacre, diamant, fiacre, viande, négociant, etc.
lé. Pied, amitié, pitié, premier, dernier, etc.
lè. f^olière, niais, biais, que l'on prononce niés, biès, fier, tiers, miel, fiel, etc.
Icn. Bien, mien, tien, lien, comédien, etc. Dans ces mots la diphthongue a le son qui approche de l'c fermé; et dans patient, inconvéjiient, elle a le son à'ian.
Ieu, Dieu, lieu, deux, mieux, etc.
lo. Fiole, carriole, viole, surtout en prose.
Ion. Pion, action, que nous aimions. Ion est souvent de deux syllabes en vers.
lou. Cette diphthongue n'est d'usage que dans nos provinces méridionales, ou dans des mots (pli en viennent: Montesquiou, chiourme, Olioules, ville.
Ya, yan, ye, ye, etc. Duclos ne veut pas qu'il y ait de diphlhongue dans ayant ; mais Dumarsais, et plusieurs autres grammairiens distingués, mènent au rang des diphthongiies les sons composés de Vi grec et de la voyelle sui\anle, dans les mots où celte lettre tient lieu de deux i. Ainsi ils reconnaissent une diphthongue dans les mots ayant, voyant, payant, employer, que l'on [iroiioncc ai-iant , roi-iaîit, pai-iant , emploi— ier.
Oi. La prononciation naturelle de cette diphlhongue est de faire entendre Vo cl l'i. C'est ainsi (ju'on prononce coininuiiémentroi-yè-/e, moi-yen, loi'yal, roi-yati-me; qu'on écrit voyelle, moyen, loyal, royaume.
Les autres manières de prononcer la dijihthongue oi ne peuvent pas se faire entendre exactement par écrit. Cependant ce <pic nous allons observer pourra n'éire pas inutile pour plusieurs de nos lecteurs.
11 y a des mots où oi est presque toujours changé en oe, d'autres où oi se change en oa.