‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 159 sur 453 · EUX · texte numérisé non relu

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de facilité dans le jeu îles organes de la parole. Ces consonnes soûl appelées Icilrcs ev phonique s. C'est ainsi que l'on dit m'aimet-il, diia-t-on, au lieu de wi '«me (7 ? dira on? Le t est la lollie euphonique; il doit èlre entre deux tirets, et non entre un tiret cl une aiwslroplic, parce qu'il n'y a point de lettre supprimée. Mais il faut écrire va-t'en, parce que le t représente le singulier de vous ; on dit ru-t'en comme on dit allez-vousen, allons-nous-en.

On est un abrégé de homme ; ainsi comme on dit l'homme, m dit aussi l'on : Si l'on veut. Le l interromiil le bâillement que causerait la rencontre des deux vuyelles i o.

S'il y a des occasions, dit Dumarsais, où il semble que l'euphonie fasse aller contre l'analogie grammaticale, on doit se souvenir de cette réflexion de Cieéron, que l'usage nous autorise à préférer Terq^honie à lexactilude rigoureuse des règles. — Jsous convenons de la justesse de la réflexion pjur les cas où il ne s'agit que de quelque accident grammatical, comme mon amitié, mon ^pée, au lieu de ma amitié, ma épée ; m:ds nous n'en convenons pas si l'on veut eu inférer (jue l'euphonie peut autoriser à changer la nature des mots, et à employer, par exemple, au lieu d'une préposition, une autre préposition qui a un rapport tout différent, comme à pour <//v ou de pour a.

EuPHOMQCE. .\dj. des deux aenres qui ne se met qu'après son subsL Yoyez Evphonie.

EoROPÉKîs, EoRupÉENNt. Adj. 11 sc met toujours après son subst. : Les nations européennes, les mœurs européennes. "S'oltaire disait européen, européane; mais l'usage n'a point adopté cette locution, et l'on dit généralement européen.

Eux. Pronom de la 3'' personne, m. pi. C'est le pluriel de lui; mais il ne s'emploie pas comme son singulier eu régime indirect; on y supplée par le pronom leur, qui se dit au masculin et au féminin. Voyez Leur.

Eux se met toujours après le verbe. Souvent il est précédé d'une préposition, et alors il est le terme du ra|ipori. S'il n'en est pas précédé, il est le sujet d'une proposition. Dans ce dernier cas, il ne se met jamais seul, et est suivi ou d'un autre substantif ou de l'adjectif /«(?me : //* souffrent hcuuconp eux et leurs enfants, c'esl-à-dirc, eus et letirs enfants souffrent beaucoup; ils le disent cu.r-mêmes. — « Il est cependant certaines I)lirascs où le pronom eux n'est pas place nécessairement après le veibe ; témoin ce vers de La Fontaine (liv. XII, fable xvni, 6] :

Eux seuls seront exempts de la commune loi.

Mais il n'y a peut-cire que ce seul cas. » (A. LemairC; Grammaire des Grammaires, p. 333.)

Après un substantif suivi de la préposition de, \on n'emploie guère eux ; mais au lieu de ce pro- |noui on met l'adjectif possessif Zcî/j- avant le subjstantif. On ne dit jias c'est le livre d'eux, mais ■c'est leur livre. Cependant on dit /'ai besoin d'eux, j'ai soin d'eux ; parce qu'avoir besoin, avoir soin, sont des verbes, et qu'il ne s'agit pas ici de S3ns possessif.

Eux s'emploie aussi pour rappeler au mascuiiii l'idée du pronom les mis en régime direct, et pour lier ce pronom avec une proposition incidente : P^ous les blâmez, eux qui n'ont suivi que vos conseils.

Eux rappelle aussi ce même pronom au masculin, lorsque ce pronom partage lu fonction de régime a\ec un ou plusieurs substantifs placés

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après le verbe, et sert à le lier avec ces substantifs : Je les ai vus, eux et leurs enfants; jo les ai vus, eux, leurs femmes et leurs enfants.

Eux sert aussi, dans un cas semblable, à raj)pclcr l'idée du pronom leur, employé c(jmmc régime indirect : Je leur aiparlc, à eux et à leurs adhérents.

On peut dire, je veux leur parler ou je veux parler à eux, mais avec la même différence de sens que nous avons appliquée au mot lui. Voy. Lui, Leur, Pronom, Amphib logie.

Ev.vcL'ANT, ÉvACLANTK. Adj vcrbal tiré du v. évacuer. 11 ne sc met qu'après son subst. Ou peut en dire autant de l'adjectif Évacualif.

EvASGÉLiQct:. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subsl. : Doctrine évangéliqx:e, prédicateur ccangéliqtic.

ÉvA>cÉi.iQiKMEAT. .\dv. 11 SC met toujoui's après le V. : // H prêché évangéliquement , et non pas il a évangéliquement prêché.

EvA.NGiLE. Subst. m. Boileau l'a fait féminin {Sat. XI, 1J2) :

L'Evangile au chfétien ne dit en aucun lieu ; Sois dévot. EHc dit

De son temps, on mettait indifféremment ce mot à lun ou à l'autre genro. Aujourd'hui, il n'est plus que masculin.

ÉvAsiF, ÉvAsivE. Adj. qui no se met qu'après son subst.

EvF,^TL•EL, ÉvENTCELLE. Aà']. qui suit toujours son subst. : Traité éventuel, successioîi éventuelle.

ÉvERsioN. Subst. f. 11 est peu usité.

Évidemment. Adv. Il ne se met guère qu'après le verbe : Il a prouvé évidemment ce qu'il avait avancé.

ÊvlDL^T, ÉVIDENTE. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorsciue l'analogie et l'harmonie le permettent : P'éHté évidente, preuve évidente, proposition évidente; ces évidentes propositions . Voyez Adjectif.

Evier. Subst. m. Ce mot signifie une pierre en forme de table et légèrement creusée, avec un conduit par où s'écoulent les eaux. On dit aussi pierre d'évier et pierre à laver. Beaucoup do femmes, quoique [)arlant assez bien leur langue, disent un levier. Ce mot n'est pas français.

ÉvinBLE. Adj. des deux genres. Corneille a dit dans Pompée (act. IV, sc. j, 37) :

Oui, par là seulement ma perte est évitabU.

P(»urquoi, dit Voltaire, à l'occasion de cette expression, pourquoi évitaUe n'est-il pas en usage, \>\x\'i(\\\(iinérituble est reçu? C'est une grande bizarrerie des langues, d'admettre le mot composé, et d'en rejeter la racine. {Bemarques sur Cor neille.) Isous avons, dit leraud d'après Bouhours, plusieurs mots composés qui sont trèsusités, quoique les simples ne le soient pas comme inexorable, implacable, irréconcilialU insatiable, indubitable, ineffable, immanquable, inévitable, etc.— Dans sa derniérf édition, l'Académie admet ce mot, mais elle fait remarquei qu'il est j^eu usité.

ÉVITER. V. a. de la i'^ conj. Ou demande si l'on peut dire éviter quelque chose à quelqu'un On le trouve dans de bons écrivains, et Eeraud pense que si r.\cadémic ne l'a pas mis en ce sens, c'est peut-être un oubli : Le lapin évite par la à ses petits les inconvénients du bas âge. (Buffon, le Lapin, t. XII, p. 544.) Je veux voui

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éviter Venrui de trouver cet homme maussade.

(Marmonlol.)

Maigre CCS autorités, nous ne pouvons nous empôcîicr d'ap|irouvor les remarques suivaules, que l'on trouve dans \cMumiel de la langue française, et dans la Grammaire des Grammaires p. 1141). Éviter n'a point de régime indirect; ainsi on ne saurait en faire usage dans lo sens d'épargner. Éviter quelque chose d quelqu'un présente donc une faute grave. En effet, si je dis à quel(]u'un jV veux vous éviter celle peine, ce que j'énonce est en opposition avec nui pensée; car, loin à'ériler, de fuir la peine, je veux la prendre sur moi en la faisant éviter, ou en l'eparg liant à la [tersonne à qui je parle. Éviter une peine, un danger à quelqu'un, lie doit se dire dans aucune langue, parce que c'est contre le sens commun. Esl-il possible d'éviter une cluse à quelqu'un, ou pour quelqu'un, si l'on veut que la i)ersonne évite elle-même cette cliose? On évite une chose purement et simplement, dit Domcrguc, on ne Vcviic ni à soi, ni aux autres. Le verbe éviter n'a point de régime indirect. Nos bons écrivains ont employé le verbe épargner lans le sens qu'on veut donner à éviter, ou bien, is ont dit faire éviter :

l'épargne & sa Terlu d'clernels déplaisirs.

(Conx., Kicom., acl. III, se. ii, 59.)

Vous me pourriez sans doute épargner quelque peine Si TOUS vouliez avoir l'âme toute romaiae.

(CottK., Ser(or., act. III, se. ii, 31.)

Ex, devant une voyelle, a le sou de gz : Exagérer se prononce comme egzagércr. Devant une consonne, il se prononce comme un c. Exciter se prononce ecciter.

Exact, Exacte. Adj. On prononce le n et le t. Il se met avant son subst., lorsque l'harmonie et l'analogie le permettent. On peut dire vne exacte recherche, une exacte perquisition. Mais on ne dirait pas un exact homme, un exact récit, un exact compte. On peut dire il a une exacte con.iaissance des faits, OU une connaissance exacte des faits.

Exactement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a suivi exactement les ordres qu^on lui avait donnés, ou. il a exactement suivi, etc.

ExAGÉr.ATEUR. Subst. m. Son féminin est exagératrice, qui s'emploie surtout adjectivement ; T'eûtes les passions sont exagératrices , et elles ne sont passions que parce qu'elles exagèrent. (Cliampfort, Maximes et Pensées, t. 1, p. 337.)

ExAGÉR.tTiF, ExAcÉRATivE. Adj. qui nc se met qu'après son subst.

Exaltation. Subst. f. L'Académie ne dit point exaltation du style, expression Irës-usitée depuis longtemps.

Examen. Subst. m. L'Académie dit qu'on prononce ordinairement la syllabe finale comme celle de chemin, mais que quelques-uns font, au singulier, sentir le u final, connue en latin. Il y a aujourd'hui très-peu de personnes qui fassent sentir ce n.

* ExANGUE. Adj. des deux genres. Vieux mot qui signifiait futile. Prête exungue, diseur de futiliiés sonores en grands et en petits vers. On a critiqué le mol exangue, qui est de Montaigne; Miais, demande Diderot, ce mol n'est-il pas énergique'' rs'aurait-il pas été regrellépar Voltaire, •l mis au nombre des expressions que cet homme

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