AIR
les phrases où ainsi que se Irouvc entre deux singuliers, ou après un singulier cl devant un pluriel, le verbe <pii suit se met ;iu singulier, parce (pTalors ainsi que est la cuininc en parenlli('*se: Ceitc fable, ainsi que beaucoup d'autres, est toute simple.
Aii\. Sultst. m. On «lit i]\\'une femme a l'air hautain, pracieux; i\\\'eUe a l'air gro-ise, boiteuse; qu'une nbe a l'air bien faite, elc Mais quelle est la raison de col ns;ige, el dans ipiels cas faut-il faire aa-order l'adjectif avec le subslaniir«ir, cju avec le substantif qui est le sujet de la jiropusilion ?
Celle question a élo souvent agitée par les çraminairiens, el il ne inc sciuIjIc pas qu'elle soit encore bien r<'Soluc.
Pour parvenir à la résoudre, il faul ohsen'cr (juc dans ces plirases, le mot uir signilic tantôt nianières, fa(;uns, cl qu'il se dit de la manière de parler, il'agir, de marclier, de se tenir, des'liabiller, de se conduire dans le monde; et çcnéraleinenl de luul ce <pii regarde le inainlicn, la cootenaiicc, la mine, le port, la grâce cl lontes les laitons de faire; cl (juc lanlôl il se prend pour apparence, exierieur.
l'uur eonnaitrc si l'adjectif des phrases dont il est (piesiiun doit s'accorder avec le mol air, il faul examiner si ce mot est pris dans le premier ou dans le second sens. Si dans le premier, l'adjectif s'accorde avec ce mot; si dans le second, il s'accorde avec le sujet de la piirasc.
.Mais il n'est pas aisé de taire celle distinction à l'èganl des personnes; car ce sont les manières et les façuns ijui funiicnl en grande partie l'apparence, l'exliMienr; ei par conséi]ucnl, l'apparence, l'extérieur résulte en grande partie des manières, des façons, elc.
Le moyen <lc disiinguer ces deux choses, dans le sens donl il s'agit, c'esl d'examiner si la inodilicalion cx|trimée par l'ailjeclif i)eul c^nivenir à Vair pris dans le sens de manières, façons, etc., on a Vair pris dans le sens d'apparence, d'extérieur. Essayons l'apiilication de ce moyen. On demande s'il fau! dire cette femme a l'air fier, ou cette femme a l'air fière. J'examine tl'aliord si l'idée de licrlc coin|irise dans l'adjectif ^«rpeut cire attribuée aux manières, aux laçons, etc.; el je trouve que c'est parliculièraneni par les manières, les façons, etc., ipie se inanifesle la lierlè; j'en conclus que la lierté convient à l'air jiris en ce sens, «pic l'ailjedif fier conviciil à ce substantif, et (ju'on peut iWvc celte femme a l'air fier. Mais si je considère que, par le mol air, on peut entendre aussi l'appirence, l'exitTieur, je serai obligé de convenir (pi'on peut dire également, celle femme a l'air fiere; car la lierlc ne convenanl point à l'apparenc.;, cuiniue elle convient aux manières, aux laçons, aux gcsies, etc., je ne puis, en ce sens, faire aiconler l'adjeclif ipi'avec le sujet de la pro|iositiun. Dans cette femme a l'air fier, j'ap|ielle rallciitioii sur ses manières, .ses façons, ses demarclies, si* gestes, ses discours, etc.; quand je dis celte femme a l'air fiere, \e. n'ai en vue que l'apparence, l'e.Xlérieiir ipii résulte de ses manières el qui fait présumer qu'elle a de la licrlé dans l'àme. Ainsi par ces deux phrases j'exprime deux nuances différentes; ce qui sufllt pour Ic^ autoriser.
Mais si je veux faire les nièincs e|)reuves sur les adjectifs gros, sage, prudent, amoureux, content, heureux, 6r/H, je trouverai <pi'ils ne convienne:!! point au mot uir pris dans le sens de mauièies, façons; car la grossesse ne se mani-