‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 166 sur 453 · FAN · texte numérisé non relu

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et qui ne le serait point aujourd'hui pour sa nation. Il y a des peuples fanfarons. La f:infaronnade est aussi dans le ton. Il y a tel discours héroïque qu'un mut ajouté ou changi- l'crail di'gèni'ier en fanfaronnade; et rcciproquoment, il y a lc\propos fanfaron qu'une pareille correction rendrait héroïque. 11 y a plus, le même discours, dans la bouche de deux hommes ililIVrents, est un discours élevé ou une fanfaronnade. On tolère, on admire même dans celui qui a p;u--dovers soi de grandes actions, un ton qu'on ne souffrirait point dans un homme qui n'a rien fait encore qui garantisse et qui justifie ses promesses. {Encyclnp.)

Fangedx, Fangeuse. Adj. Il ne se met guère qu'après son subst. : Chemin fangeux.

Un torrent débordé, qui, d'un cours orageax, Ronle plein de gravier sur un terrain fangeux.

(BoiL., Â. P., 169.)

FANT.iLsiE. Subst. f. Fantaisie signifiait autrefois imagination, et on ne se servait guère de ce mot que pour exprimer cette faculté de l'àmc qui recuit les objets sensibles. Descartes, Gassendi, et tous les philosophes de leur temps, disent que les espèces, les images des choses se peignent en la fantaisie; et c'est de là que vient le mot fantôme. Jlais la plupart des termes abstraits sont reçus à la longue dans un sens différent de leur origine, comme des instruments que l'industrie emploie à des usages nouveaux. Fantaisie veut dire aujourd'un un désir singulier, un got'tt passager, n a eu la fantaisie d'aller à la Chine. La fantaisie du jeu, du bal, lui a passé. Un peintre fait un portrait de fantaisie., qui n'est d'après aucun modèle. Avoir des fantaisies, c'est avoir des goûts extraordinaires qui ne sont pas de durée. La fantaisie prise dans le sens moral est une jassiou d'un moment, tjui n'a sa source que dans l'imagination. Elle promet à ceux qu'elle uccu|)e, non un grand bien, mais une jouissance agréable; elle s'exagère moins le mérite que l'agrément de son objet; elle en désire moins la possession que l'usage; elle est, contre l'ennui, la ressource d'un instant; elle suspend les passions sans les détruire; elle se mêle aux i)euchants d'habitude, et ne fait qu'en distraire. Quelquefois elle est l'effet de la passion même; c'est une bulle d'eau qui s'élève sur la surface d'un liquide, et qui retourne s'y confondre; c'est une volonté (l'enfant, et (lui nous ramène, par sa courte durée, à l'imbécillité du premier âge.

Fantaisie en ce sens est moins que bizarrerie et que caprice. Le caprice peut siguifier un dégoût subit et déraisonnable. Il a eu la fantaisie de la musique, et il s'en est dégoûté par caprice. La bizarrerie donne une idée d'inconséquence et de mauvais goût que la fantaisie n'exprime pas : // a eu la fantaisie de bâtir, mais il a construit sa maison dans un goût bizarre. U y a encore des nuances entre avoir des fantaisies et être fantasque. Le fantasque approche beaucoup plus du bizarre. Ce mol désigne un caractère inégal et brusque. L'idée d'agrément est exclue du mot fantasque, au lieu qu'il y a des fantaisies agréiibles. On dit quelquefois en conversation familière, une fantaisie musquée, et musquée en cette occasion est une expression e.xpiétive qui ajoute à la force du mot, comme on dit sottise pommée, folie fcffée, pour dire sottise et folie complète. (Extrait eu partie de Voltaire, Dict. philosophique.)

F*NTASJiAcor.iE. Subst. f. Art de faire apparaître

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