‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 169 sur 453 · FAT · texte numérisé non relu

FAT

Att«ndrai-jc en tremblant qu'un avis funéraire Vienne du coup fatal assassiner ton père ?

{Idem, VIH, 857.)

La Harpe , dans son Caiirs de littérature, reproche à Voltaire d'avoir abuse de celle expression :

J'entends trop celte voix si fatale et si chère.

{Orph. de la Chine, ad. I, se. vil, 2.)

La voix du sang, dil La Harpe, esl ici cruelle; clic n'est point fatale; cl ce mut si souvent vague esl réputé dans deux i)ases jusqu'à satiété ;

Je tremble malgré moi de son fatal retour.

(Idem, act. II, se. I, 5.)

Aura-t-on consommé ce fatal sacrifice?

(Idem, 5.)

Présent fatal peut-être.

[Idem, act. II, se. Il, 7.)

On aravi son ûls dans sa fatale absence. . . [Idem, 10.)

Tant de répétitions prouvent la négligence. Voy. Fatalité.

Fatalement. Adv. Il se met après le verbe : Cela est arrivé fatalement.

Fatalité. Subsl. f. Ce mol vient du latin fatum. Fatum a clé fait de furi, et il a signifié d'abord, d'après son origine, le décret par lequel la cause primitive a déterminé l'existence des événeiiicnls relatifs au bien ou au mal des élres sensibles; car, quoique le décret ait dû détcnniner également l'existence de tous les effets, les hommes, rapportant tout à eux, ne l'ont considéré que du côté par lequel il les intéressait. A ce décret on a substitué ensuite, dans la signification du mot fatvm, une idée plus générale, les causes cachées des événements; et comme on a pensé que ces causes étaient liées et enchaînées les unes aux autres, on a entendu par le mot fatum, la liaison et rench:iinemenl de ces causes. Le mot fatum a subi encore queUpies changements dans sa signification en passant dans notre langue, et en forinanl le mol fatalité; car nous avons employé particulièrement le mol falalilé pour désigner les événements fâcheux; au lieu que dans son origine il a signifié indifféremment la cause des événements heureux et malheureux; il a même gardé cette double signification dans le langage philosophique. — Destin et destinée sunl synonymes de fatalité, pris dans le sens que nous venons de lui donner. Us le sont aussi dans leur origine, jJUisiju'ils viennent de destinatum, ce qui esl arrêté, déterminé. — On ne peut pas employer l'un pour l'autre les mois de hasard ci de fatalité. Un événement, quoique imprévu, et tenant à des causes cachées, n'est ajjpelé fatal que lorsqu'il a quelque influence sur le bien ou le mal des êtres sensibles. C:ir si je parie ma vie ou ma forlunc que je n'amènerai pas six fois de suite le même point de dés, et que je l'amène, on s'en prendra à la fatalité ; mais si, en remuant des dés sans dessein et sans intérêt, la même chose m'arrive, on attribuera ce phénomène au hasard. Dans l'usage qu'on fait du mot hasard, il arrive souvent, cl même en philosophie, qu'on semble vouluir exclure d'un événement l'action d'une cause déterminée; au lieu (ju'en employant le mol de fatalité, on a ces causes en vue, (pioiqu'on les regarde comme cachées. Or, comme il n'y a point d'événement qui n'ait des causes dé-

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