ALI S
qu'ainsi il faut dire elle a l'air grosse, h-iteuse, bossue, incommodie ; elle a l'air heureuse, contente, bonne, sai/e, Clc.
A la veriie, IVnelon a dit en parlant dc slatucs ; En voilà une qui a l'air iu-n i/r<.f»«>r, an lieu de grossière. Boileau , en pari ml (lune l'eimnc [les Héros de Jiomans, t. Il, p. \'iJt\\: Je lui trouve l'air bien acquêt, an lien (|(> (-0. quelle. J.-.l. HonsM-au, en p;irlant de rumeriiires [Euvle, liv. IV, t. \ 11, p. I7.i : L, t„ile a l'air plus propre et plus gai que le rliauni» au lieu de (7«tf. Mais puisque celle qiic>(ii(ii, lani disiutee depuis longleiiqts, ne par.iil pas eneoi-c éclaircie de nosjours, elle l'elaii enrure moins du temps lie renclun.de ISoileau et ile.l.-.l. llnnsvcau. — L'Académie, en IS.3:;, la décideainsi : « <,>uaiid « le mol air esl immedialeineni sni\ i d'un ad- « jeetif, si cet adjectif se rappoiie au sujet du la « jiropiisllioii , il doil s'accorder avec le sujet; « s'd se rapporte senleincni au mut air, il doit tt èlre mis an masculin »
AisK. Adj de-- deux genres. Il régit de avant les noms: Que je suis aise de cette «.<:-. .,'Jp .' Avanl les verbes, il regil do avec l'inliniiif, ou que avec h" sulquiielif . Je suis bien aise de roi/s voir. Je suis bien aise ipi'il soil veini. On ein- |Jnie (/e (piand le vetbe a lapporl au Mijel «le ki phrase, cl 7»^ quand il n'y a pas rapport. Cet adj. suit toujours son siibst.
Aise, AisKK. Adj. Il régit à : Cela est aisé u faire. (Juand il est jnint a\ec le verbe <•//•<? pris impersonnelleinenl, il régit de: C'est une clwse qu'il est aise iU' faire. U suit lonjours s^n snbsl.
AisKiii>T. Adv. On peut le inellre enire l'auxiliaire el h; participe : Jl en est venu aisément à bout, ou il en est aiséuient venu à bout.
Ai..\RJi.\NT, Ai..vr.MAME. Adj. verbal lire du v. alarmer. On lient le mellie avanl son snbsl. 0 consiiltant l'oreilU! el l'analogie ; Une nourel. alarmante, une situation alurm'oitc Celteuiar niante nouvelle, celte alarmante situation. 11 ii-L'il (iiic'lquefois la préposition pour : Ci»lu est iilurmant |iour les mœurs. L'est une situation u. armante pour la pudeur.
Alkcrr. \oye/. j-lllègre.
Alkmour. Adv. Les ichos d'aientour. Autrefois on omployail la loculion o l'entuur comme préposition, en y ajouiant de:
... A «nii riiïi'll M trouve L'attirail de U mort .i l'unUiiir ilc «on ror|n.
(L* l•"o.^TAl^li, liv. m, iMc vu, 13.)
Aujourd'hui on doit dire autour de.
Ai.cMOuivb. Subsl. m. qui lie s'emploie qu'au pluriel
AïKr.TK. Adj. des deux genres qui se met toujours apri'S Son subsl.: Un Iwmme aicrle, une femuie alerte
Ai.oKiir.iocE. Adj. des deux genres qui suit toujours s<jn silbst. : (^alrul al'/i brique
Ai.iiii. Subst. m. Ce mot ne prend point dc s au |iluiiel.
Ai.iÛNAnLF.. Adj. des deux genres qui se mct toujours après son subsl ; Ihiuiaine uliéniMe.
Ai.iMKNT\iBK Adj. des deux genres qui se met toujours après son subst.
Ai.iNKA. Terme de grammaire, «pu signifie, comiiieiice/. par une nouvelle ligne. C'est en ce sens une espèce d'iiiler|eeiioii. Celui ipii dicte dil»/£/.e«, |Miiir dire, lerinine/ par un point ce que v.iiis venez d Ceriie, laisse/, en bl.mc ce «lui ivsiea 1 emplir di? voUedernii'ie ligne, quilic/.-ld, Unie OU non linic, cl commeucci-cu uue uous-
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Telle, observant que le premier mot de cette nouvelle li^-'iic commence |t;ir une capitule, el <iii'il soi I un peu rentré, pour mieux ni;u-quer lu séparation ou ilislinclion du sens.
Une iiçne dont le premier mol est ainsi rentre s'apiielle un «Zt«c'«,,et alors ce mol est suhstanlif masculin. Les ali/n'a bien pfaci's cnntrittuent à la netteté du discours. Ce mol ne prend point de s au pluriel, parce que c'est le nom d'un si^'nc indivjilnehpii peut être ré|iélé, mais (pii, dans le fond, est to\ijours le même Voyez Nombres.
* Allanguissemem. Snhsl. m. lùat de langueur. Mot inusité (juc J.-J. Housseau a employé. Un tiède aUiinguissemcnl l'nerve toutes mes facultés, et l'esprit de vie s'éteint en moi par derjrés.
ALLA>r, Allante. Adj. verbal tiré du verbe aller. W suit toujours son subsl.
Allkger V. a. de la i"' conj. Dans ce verbe, e ff doit louj'Hirs se prononcer comme im /; et pour lui conserver celte prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on mcl un e muet avant cet a ou cet o : J'allégeais, allégeons, el non pnsj'allt'gais, cdlégnns.
ALLÈGoniE. Subsl. f. On prononce les deux l. L'allégorie, dit Dumarsais, a beaucoup de rapport avec la mélaplioie; l'alicjorie n'est même qu'une inétapliore coiilinuce. L'allégorie est un discours (]ui csl d'abord présenté sous un sens propre, qui parait toul autre que ce <iu'on a dessein de l'aire entendic, el qui cependant ne serl que de comparaison pour donner l'intelligence d'un autre sens (jn'on n'exiirime poiiil.
La métaphore joint le ujoI ligure à quelque terme propre; par cxemiile, le feu de ros yeux ; yeux csl au [iropre, au lieu (jue dans l'allégorie tous les mois ont d'aboid un sens ligure; c'csl-àdire, (jue tous les mots d'une pliiasc ou d'un discours allégorique forment d'abord un sens littéral <pii n'est l)as celui qu'on a dessein de faiic entendre. Les idées accessoires dévoilent ensuite facilement le véritable sens ([u'on veut exciter dans l'cs[)i'il ; elles dém;is(]uent, |)our ainsi dire, le sens littéral étroit; elles en font l'application.
Quand on a commencé une allégorie, on doit conserver dans la suilc ilu discouis l'image dont on a enqiiunlé les premières expressions. Ainsi l'idylle où madame Deslionliéres, sous l'image d'une bergère qui parle a ses brebis, rend coin|ite à ses curants de loul ce (|u'ellc a l'ait pour leur procurer des établissements, et se plaint tendrement, sous cette image, de la dureté de la fortune, est une allégorie toujours soutenue par des images, el <pii loutes ont rapport a l'image jirincipalc par ou la ligure a commencé; ce qui est essentiel a l'allégorie.
L'allégoiieest fort en usage dans les proverbes. Les piovcrbcs allégoriques ont d'abord un sens propre qui csl vrai, mais ipii n'est jias ce qu'on veut |irincipalemcnl faire entendre. On dit l'amiliërcment : 'J'antra la crnciie à l'eau, qu'à la fin elle se brise ; c'e t-à-du'C cpic. quand on affronic trop souvent les dangers, a la linon y péril.
Les li( lions <pie l'on débile comme histoires, pour en tirer quelque moralité, soiu des alh'gories que l'on \\\)\)Q.\\\tap(iUgves, purubdcs, ou fables morilles.
Les énigmes sont aussi une espèce d'allégorie Mais l'éuigme cache avec soin ce ipii peut Ta dévoiler; au lieuqne les antres espèce^ d alh'gories doivent élrc e\|)rimées de manière qu'on puissi' aisément en faire l'application.
ALLÉtiOBiQLE. Adj. dcs deux genres. On pro-
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nonce les deux l. Fn prose, il suit toujours son S\\h%\..: Discours allégorique. On ap|)i'lle*e«s allégorique, le sens (pii se lire d'un discours qui, à le prendre dans son sens |)iopre, signilie toute autre chose, ^■oyc/. Allvgin ic.
ALLÉ(;oniQL'E.>iKM. Adv. On prononce les deux i. Il ne se met ([u'aprcs le verbe : Les prophètes parlent ullégoriqucment.
ALLÉGor.iSER, Allécohiseiir, Allécoriste. Dans ces trois mois on prononce les deux i.
Allègre. Adj. des deux genres. Il suit touj(Mirs son subsl. : Un homme allègre, une femme allègre.
ALLÉGUER. V. a. delà 1" conj. On prononce les deux /. L'm ne se [Hononcc pas. Il n'est mis là ipie poiu- donner au g une prononciation qu'il n'a i)as devant Ve.
Alléluia. Subst. m. Mol hébreu qui ne prend point de 5 au pluriel: Des alléluia. — Les uns veulent qu'on prononce ul lé-lu-ia; les autres al-lé-lui-a. Je j)ense (pi'il n'y a pas grand inconvénient dans l'une ou dans l'autre prononciation. L'Académie indiijuc allélmjn.
Alli R. V. n. el irregidicr de lai" conj. On ne prononce (ju'un/. \oici conuncnt on le conjugue :
Inlinilif. — Aller.
Indicatif. — Présent Je vais ou je vas, tu vas, il va; nous allons, vous allez, ils vont — Imparfait. J'allais, lu allais, il allait; nous allions, vous alliez, ils allaient. — Passé simple. J'allai, lu allas, etc.; nous allâmes, etc. — Passé camposé. Je Suis allé ou allée, lu es allé on allée, il e:;l allé ou elle est allée; nous sommes allés ou allées, ils sont allés ou elles sont allées. — Autre passé composé. J'ai été, lu as été, il a élé; nous avons été, vous avez élé, ils ont été, oh elles ont élé. — Passé antérieur couipo.se. J'eus été, tu eus clé, il eut élé ; nous eiJines éii", vous entes clé, ils eurent clé. — PlusqvcparfaH. J'étais allé ou allée, lu élais allé ou allée, etc. — .lutrc plusqvepar- /fu7.J'avL'isélé,ctc.; nous avions élé, etc. — Futur simple. — J'irai, tu iras, il ira; nous irons, vous irez, ils iront. — Futur composé. Jcscrai allé, etc.; nous serons allés, elc. — Autre futur composé. J'aurai élé, etc.; nous aurons été, clc.
Conditionnel. — Prvacnt. J'irais, etc.; nous irions, clc. — Premier passé. Je serais allé, etc.; nous serions allés, elc. — Autre premier passé. J'aurais élé, etc.; nous aurions élé, elc. — So~ cond passé. J'eusse clé, tu eusses été, etc.; nous eussions élé, clc.
Impératif. — Présent ou futur. Va, qu'il aille; allons, allez, qu'ils aillent.
Subjonctif. — Présent ou futur. Que j'aille, que tu ailles, etc.; (pie nous allions, elc. — Imparfait. (^)ue j'allasse, (jne tu allasses, (pi'il allât; que nous allassions, (jne vous allassiez, qu'ils allassent.— Passé. Que je sois allé, etc.; que nous soyons allés, clc. — Autre passé. Que j'aie été, etc.; (pie nous ayons clé, elc. — Plnsqueparfiit. Que je fussc'allé, etc.; (pie nous fussions ailes, etc. — Autre plusqueparfait. Que j'eusse Clé, etc.; (jnc nous eussions élé, etc.
Participe. — Présent. Allant. — Passé. Allé.
On a icmanpié (pie ce verbe fait a la première personne (lu présent de l'indicalif, /c rnt* ou j'c ras. On ne dit jibis guère aujourd'hui ipie le premier, malgré les raisons d'analogie (pii semblaient cire pour le second. Voyez. Usage.
Le verbe être est proprement l'aKxiliaire du verbe aller. Il est allé éi Paris, f^ous étiez allé en campagne. 11 faut donc cmi)loycr cet auxiliaire pour la formation des temps composés de
ALL
ce verbe, toutes les fois (|u'on lui conserve si significalioii nntiirclle, c'cst-à dire, toutes les fois qu'il csl <]ucslion d'expiiinoruii mouvciiicnljdce essentialk- de ce vcrl)c Maisiiuclquefois on veut seulcnicfl exiiiimcr rcxislonce [lasséod'un sujet dans un lieu, ahsiraciion faite du niouvemenl par lequel il a éié iiansporlé dans ce lieu, et relaiivement à^ son absence aciuello de ce lieu ; cl alors on dit j'ai l'të (i P(i ris, j'ai clé ci lîomt i ce qui ne siijnilie autre cliuse (pie j'ai existé, j'ai etc présent a Paris, à Rome, et je n'y exisic plus, je n';7 suis plus présent. In homme qui s'est iranspcrlc de Taris à Home, [jourra bien dire /e suis allé à Iiiime,i.-c (pii sign:lieia, j'ai faille voya:;c de Pari> a Rome. Ij dira, dans le même sens, je suis allé en trois jcnrs d'Orléans à Bordeaux. Dans CCS piirases, le mouvement est exprimé ; mais si, abslrarlion faiiedu voyage, il veut indiquer sculeuient son exislence, sa présence passée à Rome, il ne dira plus, je suis allé à Borne, mais j'ai été à Borne. Ici, j'ai été n'est point un temps du verbe aller, mais un temi)s du vcrl)e être dans le sens d exister, d'être présent en un lieu. A la vérité, ce temps a un rapport de conséquence avec le verbe aller; «ar pour avoir été en un lieu, il faut y être allé. Mais il n'indique en aucune manière l'idcc de mouvement qui est essentielle au vcrijc aller. 11 ne l'indique pas pliis que y't^ow, dansyv/afs d Borne. .Montesquieu a dit ; Strabon, malgré le témoignage d'Apollodore, paraît douter que les rois grecs soient allés jj/i/5 lin que Séleucus et Alexandre ; soient allés indi(iuc évidemment un sens d'espace parcouru , et par conséquent de mouvement. 11 ajoute : Quand il serait vrai qu'ils n'auraient pas été plus loin, vers l'Orient, que Séleucus. Auraient été indi(|uc ici la |)rcsence, l'existence en un lieu, f^ous êtes allée d Marseille pour me fuir. (Madame de Sévigné, lettre lviii, tom. I, p. 49J.) Le ver! e fuir indique bien ici un espace parcouru, un voyage fait dans rinlenlion de s'éloigner, yous avez été serait une faute. Depuis ta lettre reçue, je suis allé tous les jours chez M. Sylvestre (J.-J. Rousseau), c'est-à-dire, je m'y suis transporté tous les jours. J'ai été faire des compliments pour vous à l'hôtel Bamhuvillet. (Madame de Sévigné.) 11 fallait je suis allée, parce qu'il ne s'agit point ici d'avoircxistc à l'iiôtcl Rambouillet, mais de s'y cire transporté [lour faire des coiii|)lJmcnls. J'ai été hier d l'Opéra; je suis allé à sept heures à l'Opéra. Dans la première phrase, je n'indique (pie mon existence, ma présence passée à l'Opora ; dans la seconde, je marque le mouvement (juej'ai fait pour m'y transporter. Il était trois heures quand je suis allé chez lui, quand je me suis transporté chez lui; j'ai été chez lui hier; j'ai été présent chez lui, mais je n'y suis plus. Si l'on vient me demander, vous direz que je suis allé à l'Opéra, que je me suis trans|)0ité à l'Opéra, et que je n'en suis pas encore revenu.
L'usage des temps du verbe être en ce sens, auquel plusieurs personnes attachent mal à propos une idée de mouvement, a fait croire que les temps passés de ce verbe pouvaient être employés iudifféreinment au lieu des temps passés du \erbc aller; et l'on a dit je fus le voir, je fus le trout;er,etc.,au lieu àc j'allai le voir, j'allai le trouver, etc. Corneille a dit dans Pompée (act. I se. m, 57) .- /- V ,
Il fut jusqoes à Rome implorer le sénat.
Voltaire a dit sur ce vers : // fut implorer, c'é-
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tait une licence qu'on jM-enait autrefois 11 v a même encore pluMcuis personnes ipii dis(>nt"jV tus le voxr jt fus lui parler; mais c'est uîie faute, par la raison qu'on va parler, qu'on ra voir, et qu'on n'est point parler, qu'.n n'est p^int voir. 11 faut doncdire,y'fl//(,//Hi/;«Wo-, /„Wut le voir, il alla l'implorer. Ceux (pii tduil.i'iit dans cette faute ne disent jjas je fus lui rcu„„trcr je fus lui faire apercevoir. {Bemarqucs .sur Corne,lie.) Celle locution, dont on trouve des exemples dans les meilleurs auteurs, et nièiiic dans \ollaire, (pii la condamne, doit être re-ardée comme vicieuse. D'ailleurs, elle est inuiiks puis- (jue le passé j'allai exprime exactement ce qu'on veut lui faire sisnilier, en lui attribuant le mouvement qui lient esseniiclleuient à l'idée exprimée par le verbe aller.
Lors(pie le terme du mouvement est manjué d'rne manière détcrmim'e, le rapport du verbe à ce terme s'indi(iuc par les préjiosilions à, en, ou dans. Aller à indique le ternie du niouvemenl considéré comme un point déterminé: Aller à Lyon, à Bordeaux. Aller à la ville, à la campagne. Aller à indique quebiuefois, outre le terme du mouvement, le dessein de trouver, de se procurer quehiue chose, de faire, d'obtenir quelque chose. On va au marché pour se procurer des denrées; à la boucherie, pour acheter de la viande; à l'eau, pour se procurer de l'eau; aux eaux, pour prendre les eaux ; on va à là guerre, au combat, au feu. On va à la messe, d vêpres, au sermon, à l'Opéra, au concert. Aller au café, aller au cabaret. Aller au roi, au ministre, pour demander (piclque chose, pour obtenir quelque grâce, quehiue faveur.— Ouebiuefois le dessein est considéré comme terme du mouvcmenl -.Aller à confesse, à la promenade, aux informations. Aller à la chasse, à >a pèche. Aller aux opinions, aux voix. Figurémcnl, aller à la fortune, aux honneurs, aux dignités. On empluie aller en pour indiquer le terme du mouvement considéré comme étendu, par opposition aux autres termes de la même espèce; Aller en Espagne, en Italie, par op|)osilion à tout autre pays ; aller en campagne, par ojiposition à rester dans le lieu où l'on demeure. Par analogie, aller en vendange, aller en pèlerinage.
Lorsiiiie l'on considère le terme non-seulement comme étendu, mais aussi comme circonscrit par des bornes dans lesquelles on est contenu, on se sert de la préposition dans -.Aller dans la rue, aller dans l'eau.
Aller de, indique le point où commence le mouvcinent: ^/?er(fe son fauteuil à son lit, aller de Paris à Lyon, aller de France en Espagne. S'en aller se conjugue comme aller, dans ses temps composés : Je m'en suis allé, tu t'en es allé, il s'en est allé, ou elle s'en est allée ; nous iinus eu sommes allés, vous vous en êtes allés, ils s'en sont allés, ou elles s'en sont allées. — A l'impératif , va-t'en, qu'il s'en aille; allezvcus-en, qu'ils s'en aillent. On voit que en précède toujours l'auxiliaire être.
11 ne faut pas, disent plusieurs grammairiens, écrire à l'impératif ra-i-«?n, comme si le t était euphonique ; mais bien va-t'en avec une apostrophe, parce que c'est le pronom te dont on retranche l'e. Condillac prétend au contraire qu'il faut écrire va-t-en avec le t euphonique. Mais une preuve incontestable que ce verbe prend le pronom te à la seconde personne du singulier de l'impératif, c'est (ju'il prend le pronom vous à la seconde personne du pluriel du même mode. On
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dit allcz-rovs-cn, donc il faut dire ra-t'en. Il n'y a jioini de raison pour que la seconde personne du siniiulier ne suive i»as, à cet égard, la mèine lui ijue la seconde personne du pluriel.
A l'iuipcralif on dit avec un s, vas-^j, cl non pas va-y.
Corneille a dil dans les Iloraces (act. V, se. 1,5):
No5 plaisirs les plusdoui ne Tont point sans tristesse.
Expression rainiliôrc, dil Yollairc, dont il ne Tant jamais se servir dans le style nolilc. En effet, des plfiisirs ne vont point. [Remarques sur Corneille ) Dans Cinna (act. I, se. m, 86) :
Ârec la liberté Rome s'en va renaître.
Vollaire ne trouve point celle expression fautive en poésie, au contraire; voyez dans Vlphijénie de llacinc (act. î, se. v, 27) :
Et ce trinmplie Iicnrctu qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir.
On lit aussi dans Cinna (act. I, se. m, 133) :
Va inarclier sur leurs pas où flionncnr te convie.
Il faudrait, dit Voltaire, ra, marche. On ne dit pas plus aU<ns ?narclier, qu'alims aller. [Remarques sur Cnrneillc.)
Oirneilli' a dil, allons, mon Iras, et aUons/mon âme, du nmins saurons l'hnnneur. [Cid, art. I, se. vu, 49.1 "N'oilaire a dit à ce sujet, allms, signifie marchons; ct ni un bras ni une àme ne inarclieiu, D'ailleurs, nous ne sommes plus dans un tcmiis où l'on parle à son bias et à sun âme. (Rdiiarqiies sur Ccrneille)
Ce verbe sert d'auxiliaire pour former les futurs procliaiiis des verbes : Je rais faire, je rais chanter. On sent (pie dans cet cinplui il n'a jibis sa signilicati(jn primitive. Voyez Conjugaison, Aiisiliaire.
Ali.ia>ci:. On appelle en littérature alliance des mots, une espèce de métaphore plus hardie que 1rs auires. Elle consiste dans le rapproi-hcmenl de deux idées, de deux mots qui semjjlcnl s'e.xclure, comme dans ce vers de Corneille :
Et, monté sur le faite, il aspire à descendre.
(Cin., act. II, se. i, 10.)
Je désire de descendre serait Ircs-simplc. Mais ce iniii aspire suppose un objet élevé, cl pourtant s'api)li(pie ici à descendre. De la l'énergie île la pensée el de l'expression. Le vomi de l'amliilion, qui est onlinaireincnl de monter, al ici de descendre. A'oyez Aspirer.
Racine dil dans Rritunnicus [acl. I, se. ii, 76) :
Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir.
L'enfance et la vieillesse semblent s'exclure; elles sont ici réunies, el le sens est trop clair pomêtre e\|iliqué.
Le père du Glorieux dit à son fils, qui se jette à ses pieds en le priant de ne pas se découvrir :
J'enlends, la vanité me déclare à grnoux Qu'un père infortuné n'est pas di^-ne de vous.
(Destodches, L» Glorieux, act. IV, se. vu, 53.)
La vanité à genoux semble offrir deux choses contradictoires.
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llans l'Orphelin de la Chine, Ccngis-Knn, voulant expiiuicr le vide qtie la graiulc fortune a laissé dans son âme avant qu'il aiinûl Idamc, dit
Tant d'Étals sulJDjoé» ont-ili rempli mon cïwT Ce cœur lassé de luul dumaniLiit une erreur Qui put de mes eniuiis clias^er la iiinl proTonde, Kt qui me consolât sur le lr6nc du monde.
(.\ct. IV, se. m, 9.)
Consoler sur le trône du monde ! Quel senlimcntà la fois touchant el prutiuid ! et comme ces deux idées, qui paraissent si loin l'imede l'autre, sonl ici nalureileuieiil réunies I (La Harpe, Cours de Litléraliire.)
Lorsipie raliiancc des mots n'ajoute point à l'énerge de l cx|>ression, c'est un vice d'clocution. L'on Voit des cens qui, dan.9 les conversations, dégoûtent par l^urs ridicules expressions, par la nouveauté, et j'use dire par l'impropriété des termes dont ils se serrent, comme par l'alliance de certains mots qui ne se rencontrent enseinhle que dans leur b niche, et éi qui ils font signifier des choses que leurs premiers inventeurs n'ont jamais eu intention de leur faire dire. (La Bruyère, de lu Société, p. "iii'S.)
Ai-LiKiî. V. a. de la i" coiij. Ou ilil alliera, et allier arec. Allier arec suppose ipic les choses que l'un allie sonl de iiaiure dilliTcnte, cl qu'elles n'ont en cllcs-méines auci::i rapport i\\\\ les dispose à être alliées. On dit, .i est dillicile d'allier le fer arec l'or, ou Vanjent, imur uiarciucr l'espèce d'incuiupalilnlili' ipii s'up|ii^e a l'alliage de ces métaux. Au liuiin-, // est difficile d'allier les maximes du monde arec crUes de l'Eraw/ile. 1/8 vice ne peut pus s'ullicr arec la rerlu. — Allier à su|)pose que les choses que l'un ail. e oui un rafppuil, une coiii|iatii)iliir', une len.laïu-equi lesdisjiose à être alliées : Allier l'or éi l'argent ; au figuré, il est aisé d'allier les uiiuviues do l'Evangile Il celles dcsxlinciens. Ou vint la sécurité, la vertu, s'allier, dans son chaste regard, à la douceur et à la sensihililé. (J.-.J. Ùuusscau , Héluise, W part., lelire 6, f IV, p. .•)7.) — S'allier Cl une famille, su|i|ios(! des rapports d'égalité, (le convenance (îHlic la immsouiic (pii s'allie ct la famille à laipiclli; elle s'allie. Un noble s'allie à une famille ndlc. S'allier arec une /h- 7/n//e suppose (le liiKi'galilé, de la d spruporiion : un roturier s'allie avec une finniilc ncble; nn noble arec une ftimille roturière Un homme paurre s'allie avec une famille riche; un homme riche arec une famille paurre. — On dil (ju'i/nt? puissance s'est alliée avec une autre puissance, luisiiue l'alliance a pour bul pruicipal (pielque entreprise à laquelle les deux puissances alliées doivent concourir. L' .Ivtriihe s'est alliée avec V Angleterre, pour faire la guerre ii la France. Si l'alliance n'avait pour bul (jue la jouissance, le maintien d'un avantage comuini. (I(''ja établi, on dirait s'allier à: Cette petite république s'est alliée à la Suisse.
Ai.LOBr.ooK, ALLOCATioiii, Allocutio^t , Allo- DiAL, Allodiai.itk, Allusion, Dans ces mots on prononce les deux l.
Allusiom. Subsl. f. On prononce les deux L C'est une ngurederhéloriiiue par laquelle on dît une cliose ipii a du rai)port a une a'ître, sans faire une mention expicsse de celle à laipielle elle a rapiiort. Ainsi, subir le joug est une allusion à l'usage des anciens, de fan e passer leurs ennemis vaincus sous une traverse (h; bois portant sur deux montants, la(]ucll(! s'ajjpelait /i/^in//, joug. Ces sorles d'allusions, (luand elles ne sont point