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flamme :\\ ce âme. Féraiul,qui aime beaucouii lessyllîibes longues, voudniil ijuc l'on écrivit y^/ume On i o iloil pas i>lus écrire fîûme qu<pigrùme. Flamme, pour la passion de l'amour, n'a poinl de pluriel.
Le ciel mit dans mon sein une flamme funeste.
(Rac, Phèd., ad. V, se. VII, 52.)
Je verrai le témoin de ma (tammc adultère.
[Idem, acl. 111, se. m, 17.)
De vos feux devant moi vons étouffiez la flamme. (Volt., Brut., act. II, se. i, 11.)
Corneille a dit dans Xa Menteur (acl. III, se. ii, 4):
... L'ardeur deClarioe est égale à vos flammes.
Ce mot au pluriel, dit Voltaire, était aloi"s en usage; et, en eflcl, pourquoi ne pas dir^ à rn.i flammes aussi bien (\u\'i vos feux, à vos amours? [Remarques sur Corneille.) Flanc. Subst. m. Le c ne se prononce pas
De votre dictateur ils ont percé le (lanc.
(Volt., Nort de César, act. III, se. viii, 19.)
Flanqdant, Flanquante. Adj. verbal tiré du V. flanquer. Il ne se met qu'après son subst. : angle flanquant, bastion flanquant.
Flasquk. Adj. des deux çeiires. Il peut se mettre avant son subst., en consultant roreiilc et l'analogie : Un hoTnme flasque, un cheval flasque.
Flattf.u. V. a. de la 1" conj. Ce verbe a une signilicalion propre et physique dont ne parle point l'Acadéiiiie. 11 désigne ce que fait un agent qui, au lieu de résister directement à une force dont il veut arrêter ou changer la pente, semble plutôt aider à son luouvement , et l'accompagner; mais cependant en faisant avec la ligne de sa direction un angle qui le détourne peu à peu de la route (pi'd suivait, et le fait ainsi arriver à un terme irés-dilférent de celui au(iuel il tendait d'abord ; On flatte le couruiit d'une rivière (pi'on veut détourner d'un bord qu'elle endommage, no"n pas en lui opposant une digne qui lui résiste en face, et <pie bientôt elle renverserait, ou qui la porterait avec une violence nuisible du côté opposé; mais eu lui présentant une surface qui, ne faisant d'ahord qu'un léger angle avec son courant, l'écarté insensiblement du bord «[u'ellc rongeait, et [)orte ses eaux vers un point ([ui n'a rien a craindre de ses cfiorls. On flatte la violence des varjues de la mer, (pii engloutiraient un rivage si on les abandonnait à ellcs-méuies, ou qui renverseraient une digue qui leur opposerait une surface perpendiculaire contre laquelle ces eaux viendraient frapper à angle droit. On leur op|)ose une digue consiruite de manière (pi'ellc n'offre à l'impéluosiié des flots (ju'un long talus qui accompagne plutôt (]u'il ne retient leur mouvement, mais qui, s'élevant insensiblement au-dessus du niveau, ralentit leur fureur, et la réduit à la lin au repos, sans secousse, sans brusque résistance, en évitant tout choc capable d'ébranler l'obstacle qu'on lui oppose. — On flatte aussi vu cheval fougueux (]ui s'emporte, non en lui opposant brutalement un mors contre lequel il se révolterait toujours davantage, mais en paraissant céder un peu à sa fantaisie, et en ralentissant et détournant insensiblement sa course [lar un mouvement des rênes qui n'ait rien pour lui de douloureux, et qui semble accompagner et ai-
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der ses mouvements, tout en les dirigeant avec délicatesse. On le flatte aussi de la main et de la voix i)ar des caresses (pii lui plaisent, et par un son de voix (pii n'annonce rien de contraiiant, mais (pii j'encdurai^e, l'adoucisse, et lui inspire de la coiiliancc.
C'est dans un sens à peu prés semblable que l'on em|)loic le mot flatter, en y juignant (luehpie rajjport au moral, lorsqu'on dit qu'ail faut flatter les sots, les furieux, les persoimcs enqxirtées par un accès violent de colère. Ici le physiiiuc et le moral se réunissent, et leur action a tant d'analogie, que les mémos termes servent a exprimer l'un et l'autre. C'est dans le môme sens cpi'un homme galant llatlc une femme, qu'un courtisan llattc un prince. Si l'on y fait bien attention, on irouvcia la i)lus grande analogie entre le sens propre cl physiipie, et le sens figuré et moral de ce mot.
On dit se flatter, et lorsqu'il y a deux verbes dans la [ibrase, on met çwesi le second verbe ne .^0 rapporte pas au sujet de la phrase : ./<> me flatte que vous viendrez; et de avec l'inlinilif, si ce second verbe s(? ra|)porte au sujet de la phrase : Je me flatte d'obtenir votre suffrage.
Flatti'.ur. Flattf.iisk. Adj. Il peut se mettre avant son subst., lorsque l'oreille et l'analogie ne s'y opposent i)()inl : Discours flatteur, esprit flatteur, langage flatteur, espoir flatteur; une espérance flatteuse, ou zi?ie flatteuse espérance ; une image flatteuse, ou %i,nc flatteuse image. On l'emploie aussi substantivement • Un flatteur.
Fléghiiî. V. a. et n. de la 2' cunj. Ployer, courber. Le père Bonhours pense qu'il ne se dit I)oint au propre. On dit bien, ajoute-t-il, fléchir un hojnvie, fléchir la colère de quelqu'un ; mais on ne dit pas fléchir un arbre, fléchir un bâton. Quand on dit fléchir le genou, cela signifie adorer, et non pas simplement plier le genou. Nous pensons que le père Bouhours a parfaitement raison.
Pour le fléchir enfin tente tous les moyens.
(Rac, Phéd., act. lU, se. i, 71.)
Puissé-je auparavant fléchir leur injustice!
(Uac, Jphig., dct. II, se. Il, 44.)
Un danger si pressant a fléchi ma colère.
(Volt., Henr., IH, 559.)
Il n'a devant Aman pu fléchir les genoui. Ni lui rendre un lionneur qu'il ne croit dû qu'à vous. (lUc, £et;t., act. V, se. i, 111.)
Fléchir au neutre, se dit au propre et au figuré : Une poutre qui fléchit, fléchir sous le joug.
Vous seriez libre alors, seigneur, et dcantvous Ces maîtres orgueilleux /Zechiratcnt comme nous.
(Rac, Britan., act. IV, se. iv, 75.)
Heureuse de vous suivre et de vous obéir. Devant vos volontés vont apprendre à flcrhir.
(Volt., Zaire, act. 111, se. VI, 10.)
Flegmatique. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consuliant l'oreille et l'analogie. On d\lun homme flcgutaliquc, un tempérament flegmatique. Mais onijonrrait dire aussi cette flegmatique .humeur, son flegmatique tempérament.
FLÉTRin. V. a. de la 2' conj. Ce verbe a au figuré une signification beaucoup plus é'-'ndue que ne l'indique l'Académie.
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Quel secret pénétxé peut flétrir tolre g\oire !
(Volt., OEd., acl. lU, se. l, 39.)
Ce trône a vu flétrir sa majcstô suprême, . .
[Volt., Sémir., act. I, se. i, 45.1
Ce cœur triste et flétri que les ans ont glaeê.
(Volt., Mahom., acl. I, se. l, 71.)
Le chagrin vint flétrir la lleur de ses beaux jours. (Volt., Henr., 111,17.)
De longs remords, une horrible tristesse. Sur mon visage ont flétri la jeunesse.
(Volt., Enf. Prod., act. IV, se. m, 74.)
Fleurer. V. n. de la 1" conj. II siçnific n-- IKindre une odeur, exhaler une odeur : Cela fleure bon, les tubéreuses fleuieut Ion- On dil plus ordinairement sentir. Figurémenl el provorhiaieinent, œi dit d'une affaire qui parait bonne et avanlaçeuse : Cela fleure comme baume. On ne peut pas dire cela flaire comme baume. "N'oyez Flairer.
Flecri, Fleurie. Adj. Qui est en fleur. Arbre fleuri, rosier fleuri. On ne dit point des fleurs qu'elles fleurissent ; on le dit des plantes et des arbres. Teint fleuri, dont la carnation semble un mélange de blanc et de couleur de rose. On a dit quelquefois c'est un esprit fleuri, pour signifier un homme (|ui possède une littérature léEîére, et dont l'imagination est riante. — Un discours fleuri est rempli de pensées plus agréables que furies, d'images plus biillanles que sublimes, de termes plus recherchés qu'énergiques. Celte métaphore si ordinaire est justement pi'ise des fleurs, qui ont de l'éclat sans solidité. (Volt., Dict. phdosoph irjue.)
Fleurir. V. n. de la 2* conj. Au propre, il est régulier dans toules ses formes. Au (iguré, il est irrégulier à rinq)arfait de l'indicatif : Le commerce florissait ; el au participe présent, florissant. — L'Académie remarque, dans sa dernière édition, qu'au figuré, on doit toujours dire florissant au iiarlicipc ou adjectif verbal, mais qu'on emjjloie queliiuefois 1 imjjarfait , fleurissait : Les sciences et les beaux-arts fleurissaient ou florissaient sous le règne de ce prince. Elle ajoute qu'on dit toujours florissait quand on parle d'une personne ou d'une collection de personnes, comme d'un peuple, d'une ville, d'une républjcjuc : Athènes florissait sous Périclès.
FLEURissàM, Fleurissante. Adj. verbal tiré du V. fleurir. En vers, on le met quelqucftiis avant son subst. : Les prés fleunssanls, les fleurissantes prairies. Au figuré, on dit florissant, florissante. ^ oyez Florissant, fleurir.
Flki;ve. Subst. m. Le mot fleuve, flumen, de flucre, couler, désigne une quanlilé considérable d'eau qui coule dans une longue étendue de pays, et qui conserve son nom depuis sa source jusqu'à ce qu'elle se jette dans la mer, ou qu'elle se perde dans les sablcscommeleRhin. La grande quanlilé d'eaux, et la conservation du môme nom jusqu'à ce que ces eaux ne coulent plus sur la terre, constituent le fleuve, el on se serl de ce mot dans tous les cas où ces idées forment le fond de la pensée. Ainsi l'on dira les fleuves qui traversent la France, les grands fleuves d'Amérique, le cours d'un fleuve.
Mais si l'on considère ces mêmes eaux abstraction faite de leur long cours, elles prennent le norn de rivière. C'est surtout ce qui arrive lorsqu'on considère ces eaux relativement à un endroit parliculicr, ou aux besoins journaliers des