‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 185 sur 453 · FON · texte numérisé non relu

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champ, d'un héri.'age, ou d'un établissement indus* triel et commercial, et dans tous les sens figurés qui peuvent se rapporter à ces acceptions : Cultiver un londs ; ce marchand a vendu son fonds; c'est un homme qui a ttn grand fonds d'esprit.

11 ne faut pas confondre ce mol avec le mot fonts q\\\ s'écrit avec un <et un s, et qui se dit d'un grand vaisseau de jnerrc ou de marbre où r<in conserve l'eau dont on se sort jmur baptiser. On l'écrit avec un l [lar analogie avec le n\o\. fontaine : Les fonts baptismaux. Tenir un enfant sur les fonts.

Fondamental, FoND.\ME:tTALE. Adj. 11 fait au plnricl masculin fondamentaux , et ne se met cpi après son subst. : Loi fondamentale, points fondamentaux.

Fo.M)AMK.:sTALE.MF,NT. Adv. 11 sc uict Ordinairement entre i' mxiliaire cl le participe: Ce point est fondamentuleincnt établi.

FoMDA\T, FoîvDANTE. Adj. vcrbal tiré du v. fondre. 11 ne se met (ju'aprôs son subst. : Fruit fondant, poire fondante, remède fondant.

Fo^DATEL:«. Subsl. ui. Eu parlant d'une femme, on dil fondatrice.

Fondation. Subsl. f. Ce mol, dans son sens primitif, s'applique à la construction de cette parlie des édilioes cpii Ifur sert de base ou do fondement, et q\ii est plus ou moins enfoncée au-dessous du sol, suivant la hauteur de 1 édifice ou la solidité du terrain. Quoique le mut fondation, suivant l'analogie grammaticale, ne doive signifier que l'action de poser les fondements d'un édifice, il a cependant passi,' an usage parmi les architectes et les maçons de donner le nom de fondation aux fondements eux-mêmes. Ainsi l'on dit ce bâtiment a douze pieds de fondation. Malgré cet usage, il semble qu'il serait mieux de préférer le mot de fondement, qui est plus conforme a l'analogie.

Fondement. Voyez Fondation.

Fondre. V a. et n. de la 4' conj. Fondre, dans le sens de tomber impétueusement, ne se dil, selon le père Bouhours, que des choses visibles et animées: Fondre sur l'ennemi; un oiseau qui fond sur sa proie. Ainsi l'on ne dirait pas bien les vents sont venus fondre sur cette maison, un tourbillon de vent vint tout d'un coup fondre sur la lac. Nous pensons que ces deux dernières expressions ne sont pas régulières, parce iiue les vents ne tombent pas sur une maison, sur un lac, de haut en bas, ce qu'mdicjue fondre sur. Mais on peut dire l'orage est prêt à fondre.

Le tonnerre on éclats jcinblu fondre sur moi.

(Volt., OEd., acL Y, s. IV, 19.)

A la vérité, on dit fondre sur l'ennemi, mais fon • dre ne signifie pas ici s'élancer contre, mais s'élancer jjour tomber sur l'ennemi.

Fonds. Subst. m. Voyez Fond.

Fontaine, Sut)st. f. 11 est à propos de fixer ici les acceptions précises suivant lesquelles il parait (juc sont employés les termes de fontaine cl de source Source semble être en usage ilans toutes les occasions où l'on se borne a considérer ces canaux naturels qui servent de conduits souterrains aux eaux, a quelque iirofoiideur qu'ils soient placés, ou i)ien le produit deceses|K;cesd'a(iueducs. Fontaine indique un bassin à la surface de la terre, et versant au dehors ce (ju'il reçoit par des sources ou intérieures ou voisines : Les sources du Rhône, du Tessin., du Rhin, sont dans le mont

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Saint-Golhard. La fontaine d'Arcveil est à viicôte. La source de Jiiingis fournit environ cinquante pouces d'eau. Les sources des 7nines sont très-difficiles à cpuiser. Dans le bassin de cette fontaine, on aperçoit l'eau de plusieurs sources qui jaillissent.

Fonts. Siibst. m. plur. On ne prononce ni le t ni le s. Voyez Fond.

Forain, Foraine. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Marchand forain, traite foraine.

Force. Subst. f. On a repris avec raison Rat'ine d'avoir dit {Frères ennemis, act. I, se. vi, 14) :

Seconde mes soupirs, donne force à mes pleurs.

i)n ne dit pas donner force sans article, mais donner de la force. — On dit sans article perdre courage, perdre haleine; nuiison ne dit pas^erdre force. Il faut dire perdre sa force ou les forces.

Les forces d'un amour que vous avez fait naître.

(Corn., Rodog., act. IV, se. m, 30.)

Voltaire dit au sujet de ce vers : On ne dit point perdre les forces au pluriel, excepte quand on parle des forces d'un Élal. {Remarques sur Corneille.) Voltaire aurait dti ajouter, ou quand on parlb des forces du corps.

Si verla comballue a redoublé ««» forces.

(CoBK., Cin., act. V, se. m, 18.)

On dil les forces d'un Etat, et la force de l'âme. (Volt. Remarques sur Corneille.)

On A'w par force, lorsque /!;7-ce se rapporte au sujet de la proposition : Il l'a fuit par force. On ditie force lorsque force se ra|)porle au régime : On le lui a fuit faire de force. Amener un homme de f.;rce devant un tribunal.

Il .faut ajir <î,' force avec de tels esprits.

ConN., Héracl., act. I, se. I, 87.]

On dit entrer de force, u.ier de force, dit \o\t^irc au sujet de ce vers; je doute tju'on dise iiyir de force ; le Style de la conversation permet arjir de tête, uyir de loin; et s'il permet u^ir de force. la pot^sie ne le souffre pas. {Remarques .sur Corneille.)

Il y a bien de la différence entre rêguer par force, et régner par la force. Le premier veut dire régner malgré soi ; le second, maintenir son autorité par la force Ainsi on peullrouverunc faute dans ce vers de Corneille {Horaces, act. III, se. IV, 53) :

Il règne avec douceur, mais il régne par force. 11 fallait dire par la force.

Mais ma force est au Dieu dont l'intérêt me guide. (Ric, Ath., ad. IV, se. ui, 35.)

Il fallait dire est dans le Dieu; car Joad n'entend pas ici que sa force est à Dieu, mais que Dieu fait toute sa force.

La force de l'esprit est la pénétration, la profondeur. La force d'un raisonnement consiste diins une exposition claire des preuves exposées dans leur jour, et dans une conclusion juste. Elle n'a point lieu dans les théorèmes malhéinaliques , parce qu'une démonstration ne peut recevoir plus ou moins d'évidence, plus ou moins de force; elle peut seulement procéder par

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un chemin plus long ou plus court, plus simple ou plus compli(pié. La fjrce du raisonnement a i)arlout heu dans les questions problématitpies. La force de l'éloiiueiice n'est |)as seulement une suite de raisonnements justes et vieoureux, qui subsisteraient avec la sécheresse f cette 'force demande de reml)on|)oint, des images fra|)i»antes des termes énergicpics. Ainsi on "a dit ciuc les sermons de Boiirdaloue avaient plus de fiirce, ceux de Massillon plus de grâce. Des vers peuvent avoir de la force et inampier de toutes les autres beautés. La force d'un vers, dans noire langue, vient i)rinci|)alenienl de dire quelque chose dans chaque hémistiche :

Et monté sur le faite il aspire à descendre. . .

(CoRjf., Cin., act. II, se. i, 16.)

L'Eternel est son nom, le monde est son ouvrage. (Rac, Esth., act. V, se. i, 57.)

Ces deux vers, pleins de force et d'élésance, sont le meilleur modèle de poésie. (Voit., Dict. philos.)

FoRr.KiiENT. Adv. 11 se met après le verbe : // a fait forcément cette démarche; et non pas il a forcé/lient fuit cette démarche.

FoRcr.MÎ, For.CE.NÉE. Adj. : Un homme forcené, une femme forcenée.

*For,cENER. Vieux mot inusité qui signiliait être colère, en fureur, être hors de sens.'Fénelon a dit : Le despotisme du peuple est une puissance folle et oreiiglc qui se l'orcéne cmitre ellemême, et qui n'est absolue et au-dessus des lois que pour achever de se détruire. Ici l'expression est heureuse et bien placée.

Forcer. V. a. de la i.'' conj. Dans la conjugaison de ce verbe, le c doit toujours avoir le son de s, et pour lui conserver cette jirononciation lorsqu'il est ])récédé d'un a ou d'un o, on met une cédille dessous : Je forçai, forçons. L'Académie dil forcer quelqu'un à faire quelque chose, el forcer quelqu'un de faire quelque chose; mais elle ne dil point dans quel cas ou peut employer l'une ou l'autre des deux prépositions; elle ne donne même pas un seul exemple qui puisse aider à le deviner.

On force quelqu'un à faire quelque cliose, lorsque l'action dont il s'agit a un but hors du sujet qui la fait; on force quelqu'un a manger, à purtir, à se remuer, parce ([ue ces aclions ont un but marqué hors du sujet qui agit; mais on force quelqu'un de consentir à quelque chose, (i'ubéir, de se soumettre, |)arce (juc ces aclions sont des actes de la volonlé qui u'onl pas un but marqué au dehors.

On sent cette différence dans celte phrase de Vollaire : Le ministère a été si indigné de celte abominable intrigue de la cabale qui faisait agir J ..., qu'on a forcé ce misérable de donner un désistement pur et simple, et à rendre cette letlie arrachée à la bonne foi. {Corresp) Doimcr son désistement est un acle de la volonté (|ui n'a |)oinl de bui au dcliors, c'est se désister; mais rendre une lettre est une action qui a un but hors de la personne qui agit. Ces pcrsécutiin.i d'un coté, et de l'autre une nouvelle invitation du prince de Prusse et du duc de Hulslcin, me forcent enfin àpartir. (\ oit., Corresp.)

L'arche qui fil tomber tant de superbes tours, El força le Jourdain de rebrous.wr son cours.

(Rac, Ath.. ict. V, se. l, 3o.J

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L'action de rebrousser son cours lie tend pas a un but; au contraire, elle marque la cessation de l'action qui tendait à un but, l'cloignemenl de <c but; mais on dirait forcer tm fleuve à reprendre son cours.

L'inconvénient de l'hiatus ne sérail point une raison pour préférer de; il vaudrait mieux prendre un autre tour que de donner à une préposition un f;iux rapport grammatical.

L'Acadoinie dit se forcer, pour faire quelque chose avec trop de force et de véhémence, et pour se contraindre. — Racine l'a employé dans ce dernier sens [Bvilann., act. IIL se. vin, 29) ;

Ainsi Néron commence à ne se plus forcer.

FoncLOs. .\dj. Qu'on arrive aux portes d'une ville fermée, dit ^'uitai^e, on est, quoi? Nous n'avons plus (le mot pour exiiriiner cette situation; nous disions autrefois forclos.

l'ORFAïuB. V. n. et (Jéfcclueux de la 4' conj. Il n'est usité (ju'à rinfiiiitif, /o;-/((tVe, ctau participe, forfait, et i)rond l'auxiliaire arotr.

Jb'ORF.\iT. Subst. m. On disiingueles mauvaises actions des hommes relativement au degré de leur méchanceté. Ainsi faute, crime, forfait, désignent tous une mauvaise action; mais la faute est moins grave que le crime, le crime moins grave que le firfuit. Le crime est la plus grande des fautes, le forfait le plus grand des crimes. La faute est de l'iioinme, le crime du méchant, le /br/àz7 du scélérat. Forfait ne s'applique qu'aux crimes éclatants, rares, hors de la classe ordinaire, et suppose toujours une grande audace.

FoRGEH. V. a. de la d'* conj. Dans la conjugaison de ce verbe, le ^r doit toujours se prononcer comme un y, cl pour lui conserver cette prononciation avant un a ou un o, on fait précéder ces voyelles d'un e muet : Je forgeais, forgeons, et non jias jV forgai, forçons.

FoRMATlo^. Subsi. f. Les grammairiens entendent ordinairement par ce mot la manière de faire prendre à un mol les différentes terminaisons ou inflexions (pie l'usage a établies pour exprimer les diffcronis rapports du moi à l'ordre de renonciation. A l'égard des noms, la formation consiste dans leurs variations du singulier au pluriel, et du masculin au féminin. A l'égard des verbes, elle consiste dans la variation relative aux temps, aux modes et aux personnes, c'est-à-dire dans les conjugaisons.

Les pluriels ne se forment pas de la même manière dans tous les substantifs. Voici les règles que l'on a établies pour cette f(jrmalion.

En général, pour former le pluriel des substaniifs, de (luelque terminaison qu'ds soient, on ajoute un 5 a la lin du mot : le roi, les rois ; le prince, les princes; la loi, les lois.

11 en faut excepter, 1" les noms terminés au singulier par un s, un x ou un s; ceux-là n'éprouvent aucun changcmcnl au pluriel : le lis, les lis; le fils, les fils; la croix, les croix; le nez, les nez.

2° Les noms terminés par eau, au, en et ou, prennent au pluriel un x ou un s. Le chapeau, les chapeaux; Vétau, les étaux; Vessieu, les essieux; le chou, les choux, etc. Clou, filou, lovp-garou, matou Cl trou, suivent la règle générale, et prennent un s.

3' La plupart des noms terminés au singulier par al ou par ail, ont leur jjluriel en «wx,- comme arsenal, arsenaux ; canal, canaux; cordial, cordiaux ; corail, coraux; émail, émaux; canal, 1

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canaux; ail, aulx ; travail, travaux. — Il faut observer que la finale al et la finale ail se changent en ai/x,- ainsi n'écrive/ pas crisleaux, arienieaux, au lieu de cristaux, i>rit'ntuvx. Travail fait au pluriel travails, lorsqu'il signifie une machine de bois dans la(pielle les maréchaux attachent les chevaux fougueux pour les ferrer, et aussi lorsqu'il se dit des complcs (pi'uu ministre ou autre administrateur rend des affaires de son administration, ou des rap|)orls que les commis font au chef d'une administration de celles qui leur ont été renvoyées.

Les noms suivants, bal, cal, camail, carnaval, détail, rpcuvantail, éventail, gouvernail, mail, pal, poitrail, portail, régal, sérail, etc., suivent la régie générale, et |)rennent un 5 au pluriel.

liercaU, bétail, miel, nont point de pluriel. Voyez Bestiaux.

Ciel et œil, font deux et yeux dans le sens primitif, et ciels et wils dans le hcns étendu. Ainsi l'on dit des ciels de lit, de. tubleuu.v, de carrières, Cl tics œils de bœuf, terme d'architecture; des œils de chat, terme de lai»idaire; des œtV.v de caractère d'imprimerie ; mais on dit les yeux du fromage, du pain, de la soupe. — Pénitentiel , rituel de la pénitence, WdpéniteiUiels au pluriel; et pénitentiaux est un adjectif masculin qui n'a point de singulier, et qui ne se dit guère qu'en parlant des psaumes, des canons. — Universel, terme de logique, fait au pluriel masculin universaux. Aïeul fait aïeuls lorsqu'il signifie le grandpère paternel et le grand-père malcinel; et aïeux, quand il s'applique à tous ceux dont on descend. Voyez ce mot.

Pour la formation du pluriel dans les substantifs terminés par ant ou par ent, voyez ci-aprés la formation des adjectifs qui ont cette terminaison.

11 règne une grande diversité d'opinions pour ia formation du pluriel des substantifs composer. Nous avons exposé au mol composé les règles (|ue nous croyons qu'on doit suivre à cet égard, et que nous avons suivies nous-môme dans le cours de ce dictionnaire. A'oyoz ce mot.

Les adjectifs, de même que les substantifs, forment leur pluriel par l'addition d'un s: Grand, grands ; petit, petits ; grande, grandes; petite, petites. Mais il y a un grand nombre d'exceptions à celte règle générale.

1" Les adjectifs tcimin(^s au singulier par un s ou par un x, ne changent point de fornie au pluriel; tels soni. gras, gros, heureu.v, jaloux. — 2" Les adjectifs terminés en eau î'orment leur pluriel au masculin en ajouiaul r; ainsi beau,'\\ïvteau, nouveau, font beaux, juir.eaux, nouveaux — 3" Les adjectifs teriuincs eu al forment leur pluriel au masculin, en cliangeani al en aux; ainsi l'on dira avec rAcadcmic, abbatial, abbatiaux ; allodial, allodiaux ; anomal, anomaux; arsenical, arsenicaux ; banal, banaux; baptismal, baptismaux; bracliir.l, brachiaux ; bursa/, bursaux; capital, capitaux; cardinal, cardinaux; claustral, claustraux ; collatéral, collittéraux ; cordial, cordiaux ; curial, curiaux ; û'i cennat, décennaux; doctrinal, doctrinaux ; à>maniai, domaniaux ; dotal, dotaux ; égal,égau.v; épiscipal, épiscopaux ; féodal, féodaux ; fiscal . fiscaux; fondamental, fondamentaux ; général, généraux; grammatical , grammaticaux; in fer nul, infernaux ; lacrymal, lacrymaux ; lu téral, latéraux; légal, légaux; libéral, li~ béraux; local, locaux; méridional, méridionaux ; moral, moraux; municipal, municipaux; national, nationau.v ; nuptial, nuptiaux; occi-

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dental, occidentaux ; ordinal, ordinaux ; oriental, orientaux ; patrimonial, patrimoniaux; présidial, présidiaux ; prévotal , prévotaux ;principal, principaux ; pronominal, pronominaux ; quinquennal, quinquennaux; royal, royaux; 1 lirai, ruraux; sacerdotal, sacerdotaux ; sacramental, sacramentaux ; seigneurial, seigneuriaux; septentrional, septentrionaux; sépulcral, sépulcraux; spécial, spéciaux; spiral, spiraux; synodal, synodaux; triennal, triennaux; triomphal, triomphaux ; vénal, rénaux ; vertical, verticaux ; vital, vitaux.

On dira avec Trovoux impartial, impartiaux, etc. — On dira avec Buffon di s êtres idéaux, des mouvements ynachinaux, des ?!iuscles transversaux. — Dans sa dcrniore édilion, l'Académie remarque que ce pluriel est peu usité. — On dira avec Rousseau et Desfontaines, des compliments triviaux, etc., etc. — L'Académie, en 1835, reconnaît le pluriel de trivial, mais elle remarque (lu'il est peu usité. — On dit des instants fatals, des cierges pascals. — L'Académie ne s'explique point sur le pluriel masculin des mots canonial, clérical, conjectural, déloyal, diaconat, ducal, électoral, final, etc. — Mais l'Académie dit positivement que les mots amical, automnal , colossal , frugal , glacial et jovial, n'ont |)oinl de i)luriel au masculin. ^^enéficiul , expérimental labial, virginal, n'ont point de pluriel au masculin, parce que bénéficiai ne s'emploie qu'avec les mots féminins matière, cause, pratique; le mol expéritnental avec les mots (émimws phy.iique, philosophie ; le mol labial avec les mots féminins lettres, offres; enfin le moti'îVginal avec les mots lait, pudeur, qui n'ont point de pluriel. — Girault-Duvivier est d'avis qu'on dit un teint, un air virginal, et, par suite, des teints, des airs virginal s.

L'usage veut, pour les adjectifs comme pour les substantifs, que l'on supprime le t au pluriel de ceux qui soiil terminés par le son nasal ant, ent. Les grammairiens qui réclament contre cet usage prétendent qu'il est sujet à bien des inconvénients; car, disent-ils, si l'on dit au masculin pluriel pay ça «5 et bienfaisans ?,'Aïi?> t final, les étrangers n'en concluront-ils pas que le pluriel féminin est le même pour ces deux mots; et par conséquent, ou qu'on doit dire au féminin paysantes, parce qu'on dit bienfaisantes, ou qu'on doit dire bien faisa nne \}aTCC qu'on d\[ paysanne? On peut répondre à cela que les étrangers qui apprennent notre langue, avant de former le féminin dos noms ou des adjectifs, apprennent comment se fait cette formation; et, lorsqu'ils savent que le féminin d'un substantif ou d'un adjectif se forme du masculin du même nom, ils forment paysanne de paysan, bienfaisante de bienfaisant, et ne vont point chercher le pluriel de l'adjectif bienfaisant pour apprendre comment on doit former le féminin du substantif paysan, ni le féminin du subslanlirpuysa/j pour apprendre comment on doit former le féminin de l'adjectif Ô('en/aisn7i<. D'ailleurs, simplifier l'orthographe d'une langue, c'est la perfectionner. Ces retranchements donnent aux langues dérivées un caractère particulier, un caractère national; et quand même il en résulterait quelque peine de plus pour les étrangers, cette considération ne devrait point arrêter : car, comme nous l'avons dit ailleurs, les langues ne sont pas faites pour les étrangers, mais pour les nationaux. Nous ne pensons pas que les Allemands ou les Russes, en formant leur langue, aient pris en considération

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les moyens de nous en faciliter la connaissance, et nous croyons, i)ar conséquent, que nous pouvons, sans manciuer à la politesse, nous dispenser du même soin à leur égard. — L'Académie et la plupart des auteurs modernes conservent le t dans tous les cas. Nous avons cru devoir adopler cette orthographe, s;uis retrancher jwur cela les remarques de l'auteur. — On trouvera à chaque substantif et à chaque adjectif des remarques sur les difficultés de la formation de leur féminin ou de leur pluriel. Voyez aussi les mots Adjectif &\. Genre. Passons maintenant à la formaliou des temps des verbes.

Les temps des verbes sont ou simples, ou coinposés. Les temps sim[)les consistent en un seul mot, dérivent tous d'une même racine fondamentale, et diffèrent entre eux par les inflexions et les terminaisons propres à chacun. Los temps composés résultent de plusieurs mois, dont l'un est un temps simple du verbe môme, savoir, le participe passé; et le reste est emprunté d'un des verbes auxiliaires avoir ou être.

Parmi les temps simples d'un vorbe, il y en a cincj que l'on nomme primitifs-, parce (ju'ils servent a former les autres temps dans les quatre conjugaisons. Ces temps sont le présent, le passé simple de l'indicatif, l'infinitif, le participe présent et le participe passé.

De la première personne singulière du présent de l'indicatif, on forme la seconde personne singulière de l'impératif, en ôlant seulement le pronom ye, comme j'aime, je souffre, je finis, je reçois, je rends; impératif, uiTrie, souffre, finis, recois, rends. 11 faut en excepter les verbes avoir, aller, savoir et être,qu'\ font j'ai, impératif, aye ou aie ; je rats, impératif, va ; je sais, impératif, sache ; je suis, impératif, sois.

Du passé simple on forme l'imparfait dj subjonctif, en changeant ai en asse, pour la première conjugaison, j'aiwaz, que j'aimasse, et en ajoutant se aux terminaisons du passé simple pour les autres conjugaisons : Je finis, que je finisse; je reçus, que je reçusse ; je rendis, que je rendisse ;je vins, que je vinsse; je crus, que je crusse.

De l'infinitif se forme le futur de l'indicatif de la manière suivante. Dans les verbes de la première conjugaison, on ajoute ai à la consonne *• de l'infinitif : Donner, oublier, jouer, prier, créer; je donnerai, j'oublierai, je jouerai, je prierai, je créerai. — Dans les verbes de la seconde conjugaison, on ajoute également ai à la consonne finale r de l'infinitif: Emplir, finir; j'emplirai, je finirai. — Dans les verbes de la troisième conjugaison, on retrancheoir de l'infinitif pour y substituer rai : Recevoir, apercevoir, concevoir; je recevrai, j'apercevrai, je concevrai. — Enfin, dans les verbes de la quatrième conjugaison on change la finale re de l'infinitif en la finale rai : Rendre, défendre, tordre ; je rendrai, je défendrai, je tordrai.

Le conditionnel présent se forme de même que le futur du présent de l'infinitif, en mettant la finale ais au lieu de la finale ai: Donner, Je donnerais; emplir, j'emplirais ; recevoir, je recevrais; défendre, je défendrais.

Du participe présent se forment : 1* les trois personnes plurielles du présent de l'indicatif, en changeant ant en ons pour la première personne, en ez pour la seconde, en ent pour la troisième : Aimant, nous aimons, vous aimez, ils aiment. — Il faut en excepter toute la troisième conjugaison en ce qui concerne la troisième personne

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Auani et sachant, font 7iotis avons, vous avez, ils ont ; nous savons, vous sares, ils srii^nt, cic. Il faut aussi excoptcr le vcrbo /«ùf el luiis ses COini)OSés: Faisant fait nov s faisons, mus faites, ils fnt; 2" l'impai-rail de l'iiulicalif on rhangcanl 1.1 finale ant on ais : aimant, j'aimais ; evifUssant, f emplissais ; recevant, je recevais ; rendant, ie rendais; 3" le présent du subjonctif en (•li;inçeaut ant, selon la personne cl le nombre, en e, es, e, ions, icz, ent : Aimant, que j'aime, f/tie tu. aimes, qu'il aime, que nous aimvms, que vous aimiez, qu'ils aiment; emplissant, que j'emplisse, que lu emplisses, etc. ; rendant, que je rende, que tu rendes, etc.; cousant, que je couse, que tu couses, etc. — Celte rcirle ne s'a|)plique |)resi]iie jamais à la troisième conjugaison; recevant fait que je reçoive ; percevant, que je perçoive, etc , elc.

Tous les temps comiwsés se forment du participe passé, en joignant à ce participe les différents temps des auxiliaires avoir ou cire : J'ai

Dans les verbes i)ronominîiux , el dans les verbes neutres qui prennent l'auxiliaire être, les temps composés se forment de même, mais avec l'auxiliaire être: Je me suis repenti, je m'étais repenti, etc.; jV suis tombé, j'étais tombé.

Les adverbes terminés en ment soui formés de quelque nom adjectif, à l'exception de l'adverbe comment, qui est formé de l'adverbe comme; de nuitamment, diablement, iovaii^s des substantifs nuit et diable; d'incessamment, notamment, sciemment, dontlesadjeclifs n'onljamaisexisté,ou n'existent plus. La formation de ces adverbes se fait par la simple addition de ment aux adjectifs, avec quekiues différences, suivant les différentes terminaisons de ces adjectifs. Voici, à cet égard, les règles qu'ont données les grammairiens.

1» Quand l'adjectif Unit au masculin par une voyelle, la simple addition de ment forme l'adverbe. Juste, honnête, jili, vrai, résolu, absolu, donnent les adverbes justement, honnêtement, joliment, vraiment, résolument, absolument. 11 faut excepter impuni, dont l'adverbe est impunément. L'e muet des adjectifs aveuyle, commode, conforme, énorme, se change en e fermé : Aveuglément , covimodéme nt , conformément, énormément. L'e muet des adjectifs féminins commune, confise, expresse, im,portune, obscure, précise, profonde, se diangc aussi en e fermé •■ Communément, confusément, expressément, etc. \. es :\d\Qv\)C?> follement, mollement, nouvellement, bellement, se forment des adjectifs féminins fdle, molle, nouvelle, belle.

2° Quand radje;tif Unit par un é fermé, la simple addili(jn de ment fait l'adverbe.- Aisé, déterminé, privé, sensé; aisément, déterminéme.nt, privément, sensément, etc.

3" <Miand l'adjectif linil par une consonne au masculin, l'adveriie se forme de la terminaison féminine, en y ajoutant ment : fort, franc, doux, vif, long, heureux, forment de leur féminin, forte, franche, douce, vive, longue, heureuse, les adverbes fortement, franchement, doucement, vivement, longuement, heureusement.. Il faut en excepter 5e/i<î7,(]ui fait gentiment, parce que le l ne se nrononcc pas.

4° Les adjectifs terminés en ant ou ent forment l'adverbe en changeant ant en umment; et ent en emment : feuillant, élégant, constant ; vaillamment, élégamment, constamment. Dili-

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gent, éloquent, évident; diligemment, éloquem— ment, évidemment. H faut en excc|)tcr lent et présent, qui forment leurs adverbes en ajoutant ment à leur terminaison féminine : Lentement, présentement.

jSoiis avons donné ici ces règles des formalions, i>arce qu'elles se trouvent dans la plupart des grammaires, et que jdusieurs granunairiens y alïrtchenl beaucoup iriuiportancc. Mais nous ne conseillons ù jjersoDue d'en embarrasser sa mémoire.

Formel, Formelle. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Paroles formelles, termes formels, texte formel, aveu formel.

L'Académie n'a pas indi(iué toutes les acceptions de ce mol. Il signille, (jui est revêtu de toutes les formes nécessaires : c'est en ce sens qu'on ilit un déinenti formel; qui ordonne ou qui défend une action de la manière la plus exacte et la plus précise : on dit en ce sens la loi est formelle ; (|ui n'a de rajijwrt qu'à la forme ou à la (jualilé : l'objet formel de la logique. — Les théologiens distinguent le formel et le matériel d'une action. En ce sens, il est substantif.

FoKMELLEME.'^T. Adv. Il pcul ijuclquefois se placer entre l'auxiliaire et le parucii)e : Il s'y est opposé formellement, ou U s'y est formellement opposé.

Former. "V. a. de la 1" conj. Dans le sens d'instruire, élever, dresser, il se dit avec le seul régime direct : Former un jeune homme ; ou bien il régit la préposition à devant les noms i;t devant les verbes : Former un jeune homme à la vertu.

Dans l'ombre du secret, depuis peu Médicis A 1» fourbe, au parjure, avait formé son fils.

(Volt., Henr., Il, 155.)

Je conviens que cela les forme à être impertinents. (J.-J. Rousseau.)

L'Académie dit se former des chimères; mais on dit aussi se former des obstacles :

Ah ! n« nous formons point ces indignes obstacles. (Rac, Iphig., aci. I, se. il, 97. j

Formidable. Adj. des deux genres. 11 i)eut se mellre avant son subst. , lorsque l'analogie et riiarmonic le permettent : Une armée formidable, une formidable armée. Il régit la préposition à. Féraud dit qu'il n'en a guère vu d'exemples, et n'en cite qu'un seul tiré d'un auteur ([ui ne fait pas autorité. Racine aurait pu le tirer d'embarras :

Aux portes de Trézène, et parmi ces tombeaui. Des princes de ma race antiques sépultures, Est un temple sacre formidable aux parjures. . [Phéd., act. V, se. I, 64.)

On dit aussi en prose un prince formidable à ses voisins. — En 1S35, l'Académie admet ce régime.

FonrdcATEUR. Subst. m. Féraud dit qu'on ne dit point firnicatrice en parlant d'ime femme. L'Académie l'indique, mais n'en doimc point d'exemple. H parait qu'il ne peut point y avoir de firnicaieur sans fornicatrice, et que ce fiéminin est indispensable

FoRMCATioji. Subst. f. Ce mot, dit Voltaire,

vient du mol latin fornix , petites chambres

I voûtées, dans lesquelles se tenaient les lemnies

I publiques à Rome. On a employé ce terme pour

! signifier le «onunerce des personnes libres; il

FOR

n'est point irusage dans la conversation, et n'est guère reçu aiijourd'liui *iuc dans le style marotique. La dc'ccnce l'a banni de la chaire. Les casuisics en laisaienl un grand usage, et le distinguaient en plusieurs csijéfcs. On a traduit par le mot /b;-«/c«/t()« les inlidélités du ]»cuplejuif pour les dieux étrangers, parce que chez les propiictos, ces inlldclilcs sont iiy\)c\r(is,impii reiés , souilliuesA.'csl parla même extensionqu'on a dit que les Juifs avaient rendu aux faux dieux un nommage adultère.

Fort, Foute. Adj. On peut quelquefois le mettre avant son subst, en consultant l'iiarmonie et l'analogie .• Un homme fort. Avoir le bras foi't, la 711 II in fn rie. Une exprêssinn forte, une ville forte, une /j/wce forte. Une forte pluie. une. forte iielcc, une forW, doul-etir, une forte maladie. Une forte inclination, une forte passion, une forte impression.

Se faire fort; cette expression, dit Voltaire, signifie j'en réponds, je |)ronds sur moi l'enireprisc, je nie Halte d'y réussir. Se faire fort ne peut être em|)ioyé qu'en prose. {Remarques sur Corneille.) — Dans cette expression, fort est invariable. Une l'eniuie dira je me fais fort, et non pas forte; et au pluriel ou dira î7s se font fort, et non pas ils se font forts.

Onilii il est fort de votre faiblesse, ils sont forts de nos divisinns. L'Académie n'indique point ces expressions :

Je m'altacliais sans crainte à servir la princesse. Fier de mes clieveui. l)lancs, et fort de ma faiblesse. (Corn., Pulchérie, act. II, se. I, 89.)

Les Turcs encore forts de nos divisions.

(VOLTAIRB.)

Quelques-uns disent cela est fort de café, cela est fort d' eau- de-vie ; son style est fort d'esprit, ce discours ect fort de raisonnement. Ces expressions ne sont guère tolérées ((ue dans la conversation. — « Isotre temps est celui des discours forts de choses, et il n'«!st [)ersonne entre nous qui n'ait eu le bonheur d'entendre quelque part des avocats fortj de la vérité de leurs moyens, et des orateurs forts de lu pureté de leur conscience. Ce style n'est pas fort. » (Gb. Nodier, Examen critir/t/e des Dict.)

FoKT. Adv. il se met avant les adjectifs et les adverbes «lu'il modifie: Fort beau, fort aimable, fort heureusement; et après le verbe, ou entre l'auxiliaire cl le participe : lia frappé fort, il itCa fort diverti.

Foi'.TEME.NT. Adv. Il peut se mettre entre l'auxiliaire et le [larticipc: Il a parlé fortement, il a fortement appuyé sur cette condition.

For■TlFIA^T, For.TiFu.NTf;. Adj. verbal tiré du V. fortifier. 11 ne se met qu'après sim subst.

FoniL'iT, Fortuite. Adj. 11 ne se met qu'après son subst. : Cas fortuit, rencontre fortuite, événement fortuit.

Fortuitement. Adv. Il se met après le verbe : Je Vai rencontré fortuitement. Cela est arrivé fortuitement.

FoRTCNK. Subst. f. Ce mot se prend pour tous les événements heureux ou malheureux de la vie.

Vous avez entendu sa fortune.

(Rac, Àth., act. H, se. VII, 43.)

Celle expression est hardie. En prose, elle ne serait point reçue. Voltaire a dit {Zaïre, act II, se. m, 12i) :

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