FOU
Toi qui seul as conduit sa fortune et la mienne.
Mon Dieu qui mêla rends, me la rendi-lu chrétienne t
Hors de l'ordre commun il nous fait des fortunée. (Conpt., Hor., act. 11, .•se. ni, 14 )
Voltaire dit au sujet de ce vers : Ce mot d» fortunes au pluriel ne doit jamais être employ», sans épithéte : Bonnes et mauvaises fntunes fortunes diverses, mais jamais des fortunes. {Remarques sur Corneille.) Voltaire a employé ce mot fortunes au pluriel, sans l'accompagner d'une épithéte; il a dit dans OEdipe (act. V, se. Ji, 79) :
A vous qui présidez aux fortunes des rois.
^lais des rois, qui suit ici fortunes, donne à ce mol un sens déterminé.
Je le vois éprouvant des fortunes diverses. Trop fier dans ses succès, mais ferme en ses traverses. (Volt., Uenr., VII, 360.)
Ce mot se construit sans article avec jdusieurs veri)es: Chercher fortune, faire fortune, tenter fortune, courir fortune, etc. \'oye/. Fatalité.
Fortuné, Fortunée. Adj. 11 peut (juclquefois se mettre avant son subst. : Un prince fortuné, un amant fortuné ; ces fortunés amants ; ce fut pour nous un fortuné présar/e.
Fou, Folle. Adj. \oyez Fol.
Foudre. Subst. On r"em|)loie tantôt au masculin, tantôt au féminin. Ménage et Bouhour.s disent qu'on le fait plus souvent féminin au propre; et inascjilin au ligure. Cette remarque parait juste : Etre frappé de lu foudre, l'éclat de la f udre.
Mais du jour importun les re^'ards éblouis Ne distinguèrent point, au fort de la tempête. Les foudres menaçants qui çn'ndaieut sur sa têto (Volt., Uenr., 111, 102.)
Allez vaincre l'Espagne, et songez qu'un grand homme Ne doit point redouter les vains foudres de Rome. {Idem, 111, 39b.)
Avec plus d'art encore, et plus de barbarie, Dans des antres profonds on a su renfermer Des foudres souterrains, tout prêts à s'allumer. {Idim, VI, 204.)
Voltaire a dit la foudre dans le sens figuré, ou plutôt dans un sens étendu. [Sémirumis, act. II, se. 1,6):
Vou.'i seuls portant la foudre au fond de leurs déserts.
Voyez Genre.
Foudre diffère de tonnerre, I" en ce que le premier ne se dit guère que de la matière enflammée qui s'échajipe des nues; au lieu i|ue le second se dit aussi de cette même matière, en tant ([u'elle roule avec bruit au dedans des nuages. Ainsi l'on Ci\l j'ai entendu plusieurs coups de tonnerre, plutôt <iue j'ai entendu plusieurs coups de foudre. 2" Foudre s'emploie souvent au figuré, et tonnerre toujours au propi'e. On dit un foudre de nuerre, un foudre d'éloquence, les foudres de l'Efflise, etc.
Foudroyant, Foudroyante. Adj. verbal tiré du V. foudroyer. Comme ce mot est surtout usité en poésie, on le met quelquefois avant son subst. : Son regard foudroyant, son foudroyant regard.
Foudroyer. ^. a. de la 1'" coiij. Il se conjugue comme employer. Voyez ce mol. Si l'on en
croit l'Académie, il ne se dit au propre que de la foudre, des canons et des mortiers. Delille lui a donné plus d'étendue. {Éntid., IX, H8l>.)
Acharné sur sa proie . . .
Le terrible Mnestbée i grands coups le foudroit.
Fouetter. V. a. de la 1" conj Voyez Flageller.
FocciELx, FoLGCEisE. Adj. 11 pcul sc placer quelquefois avant son subsl., en consullant l'oreille cl l'analogie : Un homme fougueux, un clieval fougueux, un caractère fou,ucux, un fougueux caractère, un fougueux aquilon.
Foulant, Foulante. Adj. verbal tiré du v. fouler. Il ne se met qu'après son subsl. : Une pompe foulante.
Foule. Subsl. f. L'Académie dit que foule se prend quelquefois pour oppression , vexation : Les privilèges tendent à la foule des citoyens, de l'État, de la province. — Il ne faut admettre ni celle acception, ni cet exemple. On ne dit pas la foule du peuple, la foule des citoyens, la foule de l'État, pour signifier l'oppression du peuple, des citoyens, de l'État; mais on dil bien fouler le peuple, pour dire l'opprimer.
Foule se dil d'une multitude de personnes qui se pressent, qui s'cnlre-poussenl. Lorsque ce mot est suivi d'un autre substantif, le verbe suit le nombre de ce dernier subsianlif; il se met au singulier s'il est au singulier, au pluriel s'il est au pluriel: Une foule de monde y accourut, u?ie foule de personnes y accoururent.
Du temps de Corneille, on disait à la foule :
Les Farthes à la foule, aux Syriens mêlés.
{Rodog., act. Y, sc. il, 15.)
J la foule ne se dit plus; on dit aujourd'hui en foule :
Les morts jonchent en ^ouîeet les profanes lieux Et des temples sacrés le seuil religieux.
(Dblil., Éneid., II, 4S3.)
Fouler. V. a. de la 1" conj. On lit dans le Dictionnaire de l'Académie : On dit figurément fouler aux pieds, pour dire traiter avec mépris : Un vrai chrétien foule aux pieds les vanités du monde ; il foule aux pieds toutes les lois. Voltaire a donné à ce mol une acception un peu différente :
Des prêtres fortunés foulent d'un pied tranquille Les tombeaux de Caton et la cendre d'Emile.
(Uenr., IV, 183.)
Fourbe. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subsl. : Un homme fourbe, une femme fourbe.
Fourchu, Fourchue. Adj. Il ne se met qu'aprés son subsl. : Arbre fourchu, nunton fourchu, chemin fourchu, barbe fourchue.
Fournaise. Subsl. f. Espèce de four où l'on pourraitallumer un grand feu. JS'ous ne connaissons plus de fiurnaise, et ce mot n'est guère employé que dans ces phrases et quelques autres : Lame s'épure dans l'adversité comme le métal dans la fournaise; les trois en faits delà fournaise.
Fournil. Subsl. m. On ne prononce point le l.
Fourrer. V. a. de la 1"' conj. Cette expression D'est que du style très-familier.