‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 191 sur 453 · FRO · texte numérisé non relu

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dernière édition, mais elle remarque qu'il a vieilli et qu'on dit refroidir.

Froidurelx, Fiioidureuse. Adj. C'est un barbarisme recueilli par l'Académie. On ne dit jamais (iu't/« homme est froidurcux, on dit qu'il est frileux.

Froncer. Y. a. de la 4" conj. Dans la conjugaison de ce verbe, le c doit toujours se piononcer comme «e; et pour lui conserver cette pruiionciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met une cédille dessous : je fronçais, ff*^ çons.

*Frondeiîie. Subsl. f. Mot inusité forgé {>*.. madame de Sévigné, d'après fronder cl frondeur: Il y a ici (en Bretagne) de grandes fronderies, mais cela s'apaise dans vingt-quatre heures.

Front. Subst. m. On dit heurter de front, mener de front, faire marcher de front, se présenter de friut. Heurtant de frunt tout ce qui fait aujourd'hui l'admiration des himmes.jc ne puis VI attendre qu'à unblâme universel. (J.-J. Rousseau.)

Voici quelques autres cm[)lois de ce nom, dont on ne trouve point d'exemples dans le Dictionnaire de l'Académie :

Ces mots ont fait monter la rongeur sur son front. (Rlc, Ath., act. III, se. m, 34.)

Combien nos fronts pour elle ont-ils rougi de fois ! (Rac, Iphig., act. IV, se. ir, US.)

N'cclaircirez-Tous pointée ^ronJ chargé d'ennuis? (Idem, act. II, se. ii, 37.)

Songe à ce bras puissant, vainqueur de tant de rois, A cet aimable front que la gloire couronne.

(Volt., Zaire, acl. I, se. i, 140.)

Avec plaisir, sans doute, il Terrait à ses pieds, Des sénateurs tremblants les fronts humiliés.

(Volt., Brut., act. III, se. il, 65.)

Messène, après quinze ans de guerres intestines. Lève un front moins timide, el sort de ses ruines. (Volt., Mer., act. I, se. i, 5.)

Le même Voltaire a dit dans l'Orphelin de la Chine (act. II, se. vi, 3) :

Où mon front sixili n'osa lever les yeui.

Voici la remarque que La Harpe a faite sur et vers : « On criti(pia beaucoup ce vers dans sa nouveauté ; el, quoiijue l'auteur se soit obstiné a ne pas le clian.^er, je crois (ju'on avait raison. Ce n'est pas <iuil ne soit physiipiement vrai que le mou veinent des sourcils (jui fait lever les yeux ne déjjcnde en partie du front; l'idée n'est donc pas fausse, mais l'expression paraît afrectée, précisément parce que, dans la pensée, nous ne séparons guéie ce mouvement des yeux de celui du froJit, et que par conséquent il y a une sorte d'affcclaliou à dire (ju'un front lève les yeux, tandis que dans le fait c'est le même mouvement de l'àme qui fait lever ou baisseï' à la fois les yeux el le front; el c'est ce mouvement moral que le poète doit exprimer. » (Couî-s de Htttu:) Front pour air se dit en poésie :

Ah! je n'en doute pas, et ce front satisfait Dit assez à mes yeui que Porus est défait.

(Rac, Alex., acl. m, se. I, S5.)

On dirait en prose cet air satisfait.

A front découvert est aussi une expression du style soutenu, plutôt tiue du style familier •

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