FRO
sertations, des bons mots, et quelquefois des belles ae lions.
Froc. Subsl. m. On prononce le c.
Froid, Froide. .Adj. On iieul le mettre avant son subsl., si l'analogie et i'iiarmonic le permettent : Pays froid, climat froid, temps froid. — Tempéra m eut froid, cerveau froid. — Un homme froid, un style froid. Un froid discours, de froides plaisanteries, une froide raillerie, de froides caresses. "Voyez Adjectif.
On dit qu'un morceau de poésie, d'éloquence, de musique, qu'un tableau même est froid, quand on altend dans ros ouvrages une expression animée qu'on n'y trouve pas. Les autres arts ne sont pas si susceptibles de ce défaut. Ainsi l'arciiilecture, la géométrie, la logique, la inctapbysi(]ue, tout ce qui a pour unique mérite la justesse, ne peut être ni échauffé ni refroidi.
Dans la poésie, dans l'éloquence, les grands mouvements des passions deviennent froids (juand ils sont exprimés en termes trop communs et dénués d'imagination. C'est ce qui fait(]ue l'amour, qui est si vif dans Racine, est languissant dans Campistron, son imitateur.
Les sentiments qui échappent à une âme qui veut les cacher demandent au contraire les expressions les i)lus simples. Hien n'est si vif, si animé que ce vers du Cid (act, III, se. iv, 115) :
Va, je ne te tiais point... je le dois... je ue puis.
Ce sentiment deviendrait froid, s'il était relevé par des termes étudiés. {\oh., Bictionn. philos.) Voyez Ampoulé.
Froid, Frais, Froideur, Froidure. Froid, dit la Grammaire des Grammaires , est op|)Osé à chaud ; c'est un cor|)S privé de chaleur. Frais tientle milieu entre \e froid et le chaud, mais en sorte pourtan- que le froid est plus sensible que le chaud. Froideur est la qualité de ce (pii est froid. On dit la froideur de l'eau, du marbre, du temps, de la vieillesse. Froidure signifie le froid répandu daijs l'air, et ne se dit cju'au propre : La froidure règne dans les lieux situes vers le septenti-ion.
On se sert de ce mot pour signifier l'hiver; mais en ce sens il n'est d'usage (pi'en poésie.
Nous observerons sur ces décisions i]ue froid n'est pas un corps privé de chaleur, mais qu'il se dit d'un corps privé de chaleur; et que frais se dit d'une température d'air moyenne entre le chaud et le froid.
Froid. Subst. m. Ce mot a deux acceptions différentes. H signifie proprement une modification particulière de notre àine, un scnlinieiit i|ui résulte en nous d'un certain ciKingcincnl survenu dans nos organes. Tel est le senliment^ (juc l'on a quand (m louclie de la neige ou de la glace. On se sert aussi du même mut |)our désigner une des propriétés accidentelles delà in.itiére, juiur exprimer dans les corps l'état singulier dans lequel ils peuvent exciter en nous la seusaliou dont on vient de parler.
Froidement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // m'a reçu froidement, il m'a froidement accueilli.
Fboidir. y. n. On a déjà remarqué que ce mot est un barbarisme recueilli par l'.^cadéuiie. On ne dit pas ne laissez pas froidir le dîner, votre bouillon froidit, ou se froidit; mais on dit ne laissez pas refroidir le dîner, votre bouillon se refroidit. — L'Académie a laissé ce mot dans sa