SI
hideuse, jusqii'oit il est permis de la vêtir sans la rendre opulente ni gucnilleuse.
Gdekon. Subst. f. L'Académie dit (|u'on le di par injure d'une laide femme: C'est une guenon, une franche guenn, une laide guenon — Si ce mot signifie une laide femme, pourquoi diraiton une laideguennnf L'Académie ajoute qu'il se dit aussi par injure d'une femme de mauvaise vie, et ([u'il est familier dans ces deux acceptions. II est vrai qu'à la halle on emploie quelquefois ce mot dans ce dernier sens ; mais on ne l'entend guère ailleurs, si ce n'est parmi la populace ; ce qui prouve qu'il n'est pas familier, mais bas et grossier.
Guère 07/. Gui:RES. Adv. On n'écrit plus guères (ju'en vers, lorsqu'il est favorable à la mesure ou à la rime : H ne travaille guère, ce vin-là n'est guère bon. Devant les substantifs, il régit de : Il n'y a guère de bonne foi dans le monde ; il n'a guère ^'argent. Cet adverbe est toujours accompagné de la négation. Dans les temps composés, ilse met toujours entre i'uuxiiiaire et le participe : Il n'a guère viangé. Je n'ai gulre dormi. Dans les temps simples, il se met après le veibe : n ne mangea gtiére. Mais il précède toujours l'infinitif : il ne veut guère manger. Les adverbes de comparaison se mettent toujours après guère : Guère plus, guère moins.
Ceux qui disent il no s'en faut de guère, pour dire il ne s'en faut guère, s'expriment mal. On dit : n ne s'en faut guère, il ne .'s'en est guère fallu, lorsque ce mot est employé absulument; mais c'est quand il a rapport à une quantité comparée avec une autre qu'on ajoute de. Si l'on mesure deux choses, el que l'une ne soit pas beaucoup plus grande que l'autre, on dit qu'elle ne la passe de guère. Au mot beaucoup, l'Académie est d'avis qu'il faut supprimer le rfe quand il s'agit simplement d'une différence sans comparaison : Le cadet n'est pas si sage que l'aîné, il s'en faut beaucoup; et qu'il faut le mettre quand il s'agit d'exprimer un manque de (luanlité : f^ous croyez m'avoir tout rendu, il s'en faut de beaucoup. Par une suite de ce principe, on doit (lire il ne s'en faut guère qu'il ne soit aussi avancé que son frère; et il ne s'en faut de guère que ce vase ne soit plein.
Guérir. V. a. el n. On li'û se guérir, guérir quelqu'un, et guérir d'une maladie. C'est un terme relatif à l'état de santé et à l'élnt de maladie, qui marque le passage de celui-.-i au premier, soit par le secours de la médecine, soil par Ic-s forces de la nature. Il se prend au propre et au figure, et s'applique aussi comuuinément aux maladies de l'esprit qu'à celles du corps.
Guerre. Subst f. Boileau avait dit (Satire viii, 129) :
L'ours fail-il dans le? bois la guerre avec les ours?
La Fontaine, Racine, et d'autres amis du poëte, remarquèrent qu'on ne dit pas faire la guerre avec, mais « quelqu'un. Boileau corrigea ce vers de celte manière :
L'ours a-t-il dans les bois la guerre avec les ours?
Il est vrai que, dans ce sens, on ne dit pas faire la guerre avec quelqu'un; mais il ne tant pas en conclure, comme semble l'avoir fait Féraud, que faire la guerre avec quelqu'un ne soit pas une expression française. On dit qu'on a /ai< la guerre avec quelqu'un pour dire qu'on a
servi avec lui en temps de guerre dans les armi'cs du même souverain ou du même parti J'ai fait avec lui la guerre d'Italie ; nous avons fait la guerre ensemble.
Gi'KRitiKR, GuKRRiKRE. A(ij. On peut le mettre avant sonsubsl., en consultant l'haiinonieel l'analogie : Une nation guerrière, des erphiits guerriers ; un air guerrier, une viinc guerrière ; une audace guerrière ; cette guerrière audace. A'oyez Adjectif.
GcET. Subst. m. On dit fignrément d'un homme qui est dans un lieu pour observer ce qui s'y passe, il a l'œil et l'oreille au guet :
On avait mij des gens au guet,
(Lu Fo>T., llv. TV, ful.le x, lO.'i
On dit aussi les oies, les chiens, sont de Imii guet. De bonne guette soraji une mauvaise locution. [Grammaire des Grammaires, p. dlGU. )
Gdeusant, Gdeusame. Adj. veri)al tiré du v. gueuser. 11 est peu usité comme adjectif.
G DEUX, GcEDSE. Adj. L'Académie l'explique par indigent, nécessiteux, qui est réduit à mendier. — Les indigents, les nécessiteux, les gens réduits à mendier ne sont pas des gueux ; ce sont des pauvres, des mendiants. Le mot de gueux emporte avec lui une idée de mépris que l'on n'attache pas ordinairement aux autres. Les gens gueux, ou pour mieux dire les gueux, car ce mot est dans l'origine un substantif que l'on emploie adjectivement; les gueux sont des misérables qui mendient par fainéantise ou par libertinage, qui font métier de mendier, et qui ne voudraient pas travailler si on leur offrait de l'ouvrage. Il n'y a (pie la légèreté ou l'impertinence qui traite de gueux les indigents et les pauvres. On peut juger par-là combien est déplacé cet exemple du Dictionnaire de l'Académie : Ces gens-là sont si gueux qu'ils n'ont point de pain.
Voici ce que dit Ch.Nodieràcesujct : ^^ Gueux, misérable, etc. Au sens propre, ces adjectifs se disent d'un homme très-i»auvre ; au sens (iguré, d'un scélérat. 11 parait que cette extension est de la langue des riches, et non pas de celle de rhumaniFé. Chez les anciens, res sacra erat miser. Chez nous, pour manjucr qu'un homme est à fuir, on dit que c'est un malheureux. » {Examen criliq. des Dict.) L'auteur de cet article pensait donc, comme l.avcaux, ([ue le mot gueux ne doit point conserver deux acceptions aussi différentes; seulement c'est le sens de /la;/vre qui, selon lui, aurait du prévaloir. C'est le seul que Béranger ait eu en vue dans sa jolie chanson des Gueux.
Gui, Guichet, Gdichetier, Guide, Guider.
Dans ces mots, gui se i)ronoiTce en une seule syllabe, sans faire sentir l'u.
Guide-ane. Subst. m. Petit livre qui contient l'ordre des fêtes cl celui des offices relatifs à chaque fête. Dans ce substantif composé, ni le mot guide, qui est un verbe, ni le mot âne, ne doit prendre la manjue du pluriel; la pluralité tombe sur livre, qui est sous-entendu, cl l'on doit écrire des guide-âne.
GiiDON. Subst. m. Gui se prononce conuroe une seule syllabe, sans faire sentir \'u.
Guigne, Guigner, Gligmer, Guignon. Dans ces quatre mo'.s,5ri/t se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu, et ou inouilley«
Guillage, Guillaume, Guiiledou. Dans ces trois mots, gui se prononce en une seule sylhibe, sans faire sentir \'}i, et on mouille les l.
Guillemet. Subst. m. C'est une espèce de caractère ligure ainsi i^, cl ([ui ressemble à deux virgules assemblées. On le met au commencement et à la lin d'une citation, et souvent même au commencement de chacune des lignes qui la composent. — Dans ce mot, et dans guillemelter, on prononce guil en une seule syllabe, sans faire sentir I'm, et l'on mouille les deux/.
Guilleret, Guillerette. .\dj. On prononce guil en une seule syllabe, sans faire sentir I'm, et on mouille les l. 11 ne se met qu'après son subst. : Un air guilleret, un habit guilleret.
GUILLERI, GUILLOCHEH, GuiLI.OCHIS. DaUS CCS
mots, guil se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu, et on mouille les l.
GuiM.\DVE. Subst. L Gt/i se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu.
Guimbarde, Guimpe. Dans ces deux mots, guim se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir I'm.
GuiNDAGE, GuiNDER. Daus CCS dcux mols, guin se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu.
Guinée. Subst. f. Gui se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu.
Guingois, Guinguette. Dans ces deux mots, guin se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu.
Guirlande. Subst. f. G !«'»• se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir l'w.
Guise. Subst. f. Gui se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir Vu.
Il faut rcmaniuer (|ue, dans les noms propres, on fait sentir Vu : Le duc do Guise.
Guitare. Subst. f. Gui se prononce en une seule syllabe, sans faire sentir 1'»/.
Guttural, Gutturale. Adj. On prononce les deux t.
H Subst. m. On prononce he. Celle lettre est souvent aspirée, lorsque dans la même syllabe elle est seule avec une voyelle. Quand elle est aspirée, elle donne au son de la voyelle suivante une articulation gutturale, cl alors elle a les mêmes effets que les autres consonnes. Si elle commence le mot, elle empêche l'élision de la voyelle finale du mot précédent, et rend muette la consdimc liualo. Ainsi, au lieu de dire avec clision funest'husard en quatre syllabes, comme funest' ardeur, on dit funes-te'hasardy en cinq
syllabes. Une haine se prononce u-ne-hame ; j'aurais honte, counnc j'aurc honte. — Si la lettre /; est muette, elle n'indiciue aucune articulation pour le son de la voyc^lle suivante, qui reste dans l'état actuel de simple émission de la voix ; el, dans ce cas, elle n'a pas plus d'influence sur la l)rononciation que si elle n'était point écrite. Ce n'est alors (ju'une lettre purement étymologique, (jue l'on conserve comme une tiare du mol radical où elle se trouvait, i)lutôt que comme le signe d'un élément réel du mol uù elle est em-
ployco ; et si clic commence le mol, la Icllre hnale du mot précédent, soit voyelle, soit consonne, est réputée immcdintcincnl suivie d'une voyelle. Ainsi, au lieu de dire sansélision ti-trehnnoi-aUe, comme on dit ti-tre- favorable, il faut dire avec élision tilr' honorable, comme on dit titr'onéreux.
Voici, pour ceux qui savent le latin, deux règles assez générales iiour distinguer le> mots où il faut aspirer le /i. Dans ions les mots français qui viennent de mots latins commençant par un h, cette lettre ne s'aspire point. Tels sont homme, qui vient de homo; honneur, qui vient de honor. Excepté héros, hennir, harpie, hanter, où le îi s'aspire, ciuoiiiu'ils viennent de mots latins qui commencent par un /;. T.a seconde règle, c'est que les mots français commençant par un h, qui viennent de mots latins qui ne commencent p:is par cette lettre, doivent s'aspirer; ainsi l'on dit avec l'aspiration, la haine, la honte, dont les mots latins correspondants, odium et pudor, ne commencent pas par un h. 11 en faut excepter heureux, huit, huile, hièble. Mais il est plus sûr de connaître tous les mots de la langue où le h est aspiré; et c'est ce que nous indiquons dans la table qui est à la fin de cet article.
Les consonnes après lesquelles on emploie la lettre h en français sont c, l, p, r, t. Après la consonne c, la lettre h est purement auxiliaire, lors<iue avec cette consonne elle devient le type de l'articulation forte dont nous représentons la faihle par j, et qu'elle n'indique aucune aspiration dans le mot radical. Telle est la valeur de h dans les mots purement français, ou qui viennent du latin, comme chapeau, cheval, chose, chute, etc. — Après c, la lettre h est purement étymologique dans plusieurs mots qui viennent du grec, ou de quelque langue orientale ancienne, parce qu'elle ne sert alors qu'à indiquer que les mots radicaux avaient un h aspiré, et que dans le mot dérivé elle laisse au c la prononciation naturelle du k. comme dans archétype, archiépiscopal, archonte, archange, Cluilcedoine , Chaldéen, chaos , chirographaire , chœur , choriste, chorus, chorngraphie , chrétien, chromatique , chronique, chronologie, chrysalide, Melchisédech, Bacchus, Achèlous, Chloris, Machiavel, Melchior, Alichel-Ange, que l'on prononce comme s'il y avait nrliétype, arkiépiscopal, arkonte, etc. Plusieurs mots de cette classe, étant devenus plus communs que les autres parmi le peuple, se sont insensiblement éloignés de leur prononciation originelle, pour prendre celle du ch français; et l'on prononce aujourd'hui à la française Achéron,
archevêque, archidiacre, urchiprctre, architecte, archiduc, Achille, chimie, chirurgien, chérubin, etc. — Jouchiin se prononce avec le son propre, et la dernière syllabe prend un son nasal comme dans la première du mot injuste. — Dans almanach \c ch n'a aucun son, et l'on prononce almana. ^'oyez Ch.
Après la consonne l, le A ne se met que pour faire mouiller le l, comme dans MUhau, ville.
P suivi de h, a pour nous le son propre de fv. Phare, philtre, phosphore, philosophe, phrase, physionomie, phalange , philanthnpe, sc prononcent comme fare, filtre, filosofe, etc.
Ilh n'a jjoint d'autre articulation que celle du r simple. likétcur, rhume, rliythme, se prononcent conur. réteur, rume, rytme.
Les i.^.,ts v^Ji commencent par un h non as^ pire font sonner le i final du mot précédent, auquel ils doivent être unis : Un savant homme. Cependant il y a des substantifs où il serait mal de prononcer le t final, comme dans u/i^ru^ horrible, un instinct heureux. La dureté qui résulterait de la prononciation du t fait assez sentir la raison de cette exception.
Le h conserve l'aspiration dans les mots composés de ceu.x où il est aspiré, tels que déharnacher, enharnucher, enhardi, aheurtemenl, etc. Cette lettre fait alors l'effet du tréma, et sert à annoncer que la voyelle qui la suit ne s'unit pas en diphthongueà la voyelle qui la précède. On sn cxcei^le exliausser, exhaussement, qui, quoique formés de hausser et haussement, où /test asiiirè, ne prennent point l'aspiration. Quelques grammairiens pensent avec raison que 1 on devrait aspirer le h dans ces deux mots, ne fut-ce que pour distinguer exhausser, élever, d'exaucer, accorder à quelqu'un ce qu'il demande. — Les dérivés du mot héros, tels que héroïne, héroïsme, héroïquement, héroïde, ne prennent point l'asjjiration. — Le h de Henri s'aspire dans le discours soutenu, mais on ne l'aspire jamais dans la conversation. Le h du nom propre Henriette ne s'aspire dans aucun cas. — On doit toujours aspirer le h dans Hollande, Hongrie, excepté dans ces phrases qui ont passé du langage du peuple dans le langage commun ; Toile d'Hollande, fromage d'Hollande, du point d'Hongrie, eau de la reine d'Hongrie; encore csl-il mieux d'y conserver l'aspiration. "N'oyez Hollande, Hongrie. — QueUiues granunairiens ne veulent pas qu'il y ait d'aspiration dans huit, mais c'est stius fondement, puisqu'on écrit et qu'on prononce sans élision ni liaison, le huit, les huit volumes, le huitième, ou la huitième, la huitaine.