GUE
soupirs ;el proverbialement, que le temps présent est gros de l'avenir.
Le cœur gros de soupirs qu'il n'a point écoules,
(Ric, Phéd., act. III, se. m, 19.)
Delille a employé celte expression avec i)eauconp de hardiesse, en parlant du cheval de Troie (^m;7rf., VI,G65):
Quand ce colosse allier, apportant le trépas, Entrait groa de malheurs, d'armes et de soldais.
GnossFuu. Sulist. f. Ce mot a deux acceptions assez difrOrcnles. On dit la grosseur et v ne grosseur. Pour le itrcmicr sens, voyez Gros. Dans le second sens, c'est presque la même chose ([ue tumeur.
Grossier, Grossière. Adj. On peut le inetlre avant son snbst., en consultant l'oreille et l'analoaie : Un ouvrage grossier, un grossier ouvrage ; un travail grossier, un grossier travail; une architecture grossière, xtne grossière architecture. Un Iicmine grossier, une femme grossière. On ne dit pas un, grossier homme. Voyez Adjectif.
Grossièrement. Adv. On peut le mettre cnlre l'auxiliaiie cl le participe : Cela est travaillé grossièrement, cela est grossièrement travaillé.
Grotesque. Adj. des deux genres. Au ligure, on pctii le mettre avant son subst. lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Des figures grote.sqttes , des peintures grotesques. — Un homme grotesque, une femme grotesque; une imagination grotesque ; voilà tine grotesque imagination, des idées grotesques, de grotesques idées. On ne dirait pas un grotesque homme, une grotesque femme, ^o'^ez Adjectif.
Grotesqdement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe: Il est vêtu grotesquement, oo il est grotesqitement rêtu.
Grouillant, Grouillante. Adj. verbal tiré du v. grouiller. On mouille les l. 11 ne se met qu'après son subst. On dit populairement: Il a six enfants tout grouillants.
Grcger. V. a. de la 1" conj. Dans ce verbe, le second g doit toujours avoir la prononciation duy,- et pour la lui conserver lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un o, on met un c muet avant cet a ou cet 0. Je grugeais, je grugeai; et non pas je grvgais, je grugai.
Gru.meleu.x, Grumeleuse. Adj. Il ne se met qu'après son subst. : Caillou grumeleux , bois grumeleux, poires grumeleuses.
Gruyère. Subst. m. L'Académie dit que c'est une sorte de IVomage qui tire son nom d'un lieu do la Suisse où il se fait. Ce fromage r.e s'appelle pas i)roprement rf(/ yr«î/ère, mais du fromage de Gruyère ; ^c n'est (juc par ellipse qu'on dit quelquefois du gruyère.
GuÉABLE. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son ?ubst. : Rivière guéable.
Guéder. y. a. de la 1'' conj. Soûler, faire manger avec excès. Voltaire a écrit : Si je n'étais pas guédé de vers, je crois que j'en ferais pour M. de Laudon,qui vient de prendre Shweidnitz. Il n'est guère usité.
* Gcenili.edx, Gdenilleuse. Adj. L'Académie ne met point ce mot. Cependant il est utile. Diderot a dit en parlant d'une esquisse de Charles Vaidoo qui rcpréscnle saint Grégoire vendant son bien et le distribuant aux pauvres : C'est ici qu'il faut voir comme nn peint la meyidicité, comment on la rend intéressante sans la montrer