‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 219 sur 453 · HIS · texte numérisé non relu

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et trop sévère. La Fontaine n'en a pas tenu

compte, et je crois ipi'il a eu raison.

Du reste, parmi les écrivains (pii ob.servcnt cette règle en apparence, il n'y en a pas un qui ne la viole en effet, toutes les fois que \'e muet final se trouve entre deux voyelles; car cet e muet s'élide, et les sons des deux voyelles se succèdent immédiatement :

Heclor tomba sous lui, Troy' eipiis sous vous.... (Ric, >4ridrom., act. I, se. il, 6.)

Allez donc, et portez cette joi' à mon frère.

(Rac, Britan., act. IV, se. il, 189.)

11 y a peu d'hiatus aussi rudes (jue celui de ces deux vers, l.a règle qui i)erinet cette élision et qui défend l'hiatus est donc une règle capricieuse, et aussi peu d'accord avec elle-même (ju'avec l'oieille, qu'elle prive d'une iiilinilé de douces liaisons. (Extrait de Marinontel.) Voyez Bédllement, Demi-hiatus.

HiDKusEMENT. Adv. Il sc mct entre le verbe et l'adjectif, ou entre l'auxiliaire et le participe : Il est hideusement laid, elle est hideusement défigurée.

Hideux, Hideuse. Adj. On peut le mettre avant son subst. , en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme hideux, une femme hideuse. Un spectacle hideux. Quel hideux .spectacle ! Devant un infinitif, il régit la préposition à : Une chose hideuse d voir. Voyez Adjectif.

Hier. Adv. On prononce le r. Cet adverbe peut se mettre devant ou a|irès le verbe, mais jamais entre l'auxiliaire et le i)articipe : Hier 710VS allâmes, OU nous allâmes hier ; mais non pas nous avotis hier été.

Il désigne quelquefois une époque indéterminée, mais qui n'est passée «lue depuis peu : C'est une histoire d'hier, une fortune d'hier, un homme d'hier.

HiÉRARCHiQCE. Adj. dcs dcux gcurcs. Cet adj. se met toujoui-s après son subst. : Ordre hiérarchique, état hiérarchique, gouvernement hiérarchique.

Hiérarchiquement. Adv. Il se met après le verbe : L'Eglise est gotivernée hiérarchique-

Hiéroglyphique. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Caractère hiéroglyphique, figure hiéroglyphique.

HiSToiiiocRAPiiE. Snbst. m. Titre fort différent de celui d'hi>lorien. On appelle communément en France historiographe l'homme de lettres jicnsionnç, et, comme on disait autrefois, appointé pour écrire l'histoire. Alain Chartier fit historiographe de Charles l^Il.

Ilcst trcs-difficiled'assignerauxsciencesetaux arts, aux travaux littéraires, leurs véritables b'^rnes. Peut-être le propre d'un historiographe est de rassembler les matériaux, et on est historien quand on les met en œuvre. Le prcimcr peut tout amasser, le second choisir et arranger. L'historiographe tient plus de l'annalisle simple, et Miistorien^amXAc avoir un champ plus libre pour l'éloquence. (Volt., Dict. philos.)

Historique. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'a[)rès son subst. : Style historique, narration historique, recueil historique, mémoires historiques, faits historiques. — Temps historiques, personnages historiques.

Historiquement. Adv. Il ne se met point entre l'auxiliaire et le participe : Il a narré les faits historiquement, ou il a narré historiqueme-iit les

HOM

faits; Cl non pas H a historiquement narré les faits.

Hiver. Subsl. m. On appelle iiçiiromenlcl poétiquemenl la vieillesse fhiver des ans, l'hiver de la vie:

Je sais que tos appa<, encor duis leur priiilemp?, Pourraient s'elTaroucher de l'hivtr ii me» ana.

(Volt., Mir., act. I, se. m, 15.)

Ho. Interjection. File marque rùtonncmenl et l'indigniilion : //'>.' que me ditei-nnis là ? — Elle sert aussi à appeler : Hu ! venez unpni ici.

Hocni-.T. Siihst. m. Ce mol, qui signifie au propre un ;<iuet d'enfant, s'emploie aussi lisurcment : Les hochets de la vieillesse. Fonlenelle a dit : // est des hochets pour tout âge.

HoLA. Tnlcrjection, adv. et sul)sl. L'Académie, enlcdomiant comme subslanlil", (Wlrnettre/e hohi, et mettre les holà. Féraud dit (pi'cn ce sens il est subslanlif indécHnaUe. 11 a voulu dire, sans doute, qu'il ne prend point de s au pluriel.

HoLLA^DE. Dans ce mol, le 7* est aspiré. Cependant, dans certaines phrases (pii ont jiassé du îantr.igc du i)cuplc dans le langage commun, ou ne l'asiiirc pas. Ain.si on dit toile d'Hollande, fromage d'Holtatide ;msih il vaut mieux conserver partout l'aspiration. L'Académie, au mol Fromage, écrit fromage de Hollande; et au mol Toile, toile de Hollande, ou d'Hollande ; on ne sait trop que conclure de ces trois exemples.

Homélie. Subsl. f. L'Académie défuiit ce mol, discours fait pour expliquer au peuple les matières de la religion, et particulièrement l'Evangile. On en peut dire à peu près autant des sermons et des prônes.

Ce mot signiflail originairement conférence ou assemblée ; mais il s'est dit ensuite des cxliortalions et lies sermons qu'on faisait au peuple. Le mot grec d'homélie signifie discours familier , comme le mol latin senno, et l'on nommait ainsi les discours qui se faisaient dans l'église, pour montrer (jue ce n'étaient pas des harangues et des discours d'apparat, comme ceux des orateurs profanes, mais des entretiens, comme d'un maître à ses disciples, ou d'un père à ses enfants. On distinguait Yhomélie du sermon, en ce que la première se faisait familièrement dans les églises par les prélats qui interrogeaient le peuple, et qui en étaient interroges comme dans une conférence ; au lieu que les sermons se faisaient en chaire, à la manière des orateurs.

H0.MICIDE. Subst. m. <iui se prend adjectivement. Ce mot se dit et de l'action de tuer un homme, el de celui qui a commis celte action : Commettre uji homicide. On a condamné l'homicide à mort. — Homicide, adjectif, n'est guère d'usage que dans le style souteiui, el se met tantôt avant, tantôt après son subst. : Uu bras homicide, sa ■main homicide, dessein hoviicide, complot homicide

J'ii senti tout à coup un homicide acier

Que le traître «n mon sein s plongé tout entier.

(RiC, Ath., act. II, se. V, 54.)

Voyez Adjectif

11 est bon d'observer ici qu'il y a certaines actions «lui causent la morl d'autrui, que l'on ne qualifie pas d'homicide, el que l!on ne considère pas comme un crime. Ainsi les gens de guerre qui tuent des ennemis dans un combat, ne sont pas qualifit-s d'homicides, et lorsque l'on exécute un homme condamné a mort, cela ne s'appelle

HOM

pas un homicide, mais une exécution à mort ; cv celui qui donne ainsi la mort ne commet point de crime, parce qu'il le fait en vertu d'une autorité légitime.

Homme. Subst. m. On dit pour marquer l'état, la profession, vn homme de gticrre, un homme d'éfflise, un homme d'épée, un homme de lettres ; pour marquer les qualités, un homme do cœur, ■un homme de courage, un homme de bon sens, vu ^07n??ierfej7(iM/. Pour marquer ce qu'un homme est capal>lo défaire, on dil, sansarticlo, t7 m^/wwtti*' éi se battre, il est homme à tout (ntnprendre, il n'est pas homme à endurer un affront.

Gens est souvent le pluriel du mol homme. Un homme de bieit, des gens de bien ; vn homme d'éfflise, des gens d'église ; un homme de lettres, des gens de lettres; vn honnête homme, d'honnêtes gens; vn brave homme, de braves gens ; un saint homme, de saintes gens, etc.; et non \iViS d'honnêtes hommes, de braves hommes, de saints hotnmes, etc. — Voltaire, dans sa 80' Épîtrc (v. 37j, a dit honnête homme en parlant d'une femme:

Une femme sensiljle, ei queramour engage,

Quand elle est honnête homme, à mes yeux est' un sage.

C'est-à-dire quavid elle a les qualités d'un honnête homme ; c'est ce que n'aurait pas exprimé honnête femme.

"S'oliaire fait de ce mot un adjectif, en écrivant à Maupertuis : Il n'ij a que le roi de Prusse que je meis de niveau avec vous, parce que c'est de tous les rois le moins roi et le plus homme.

HoMMAssE. Adj. L'Académie le fait des deux genres, ce qui est en conlradiclion avec l'explication qu'elle donne de ce mot. Cet adjectif ne se dil que d'une femme dont les traits, le son de la voix, la taille, tiennent plus de l'homme que de la femme.

HoMosYME. Adj. des deux genres. Terme de grauunaiic. On appelle ainsi un mot qifi sert à nommer plusieurs choses diiïérenles, comme coin, qui signifie un instrument à fendre du bois, un angle, la uialriLC ou rinslrumont avec quoi l'on marque la monnaie ou les médailles.

On peut distinguer deux espèces d'homonymes, \' homonyme vnivoque, et V homonyme équivoque. Un homonyme univoque est un mot qui, sans aucun chang'craont daiis le matériel, est destiné par l'usage à diverses significations propres, el dont jiar conséciuent le sens acliicl dépend toujours des circonstances où il est employé; tel est le mol coin, dont nous venons de parler. J'ai dil diverses significations propres, parce qu'on ne doit i)as regarder un mot comme homojiyme, quoiqu'il signifie une chose dans le sens propre, el une autre dans le sens figuré. Ainsi le mot voix n'est point homonvine, (pioiqu'il ail dans le sens figuré des significnlioiis différentes de celles du sens propre. ï)ans le sens propre, il signifie le son qui sort de la bouche; dans le ligure, il signifie quelquefois un sentiment intérieur, une sorte d'inspiration, com'.nc quand on dit la voix de laconscicnce; el d'autres fois, \m suffrage, un avis, comme quand on dit qu't7 vaudrait mieux peser les voi.r que de les compter.

On ai>[)elle homontjmes équivoques, des mots (jui n'ont entre eux que des différences trèslégères, ou dans la pnmonciaiion ou ilans l'oi^ thographe, ou même dans l'une et dans l'autre, (|uo1(ju'ils aient des significations tolalcinent dif . férenles. Par exemple', les mots ceinl, cinctus;

HOM

sain, sanus ; sein, sùms; et seinir, chirographuiii, ne dilTércnt entre eux que par l'orlhographc; et les nuits lâche, pensum; et tache, 7iiacula, différent entre eux et par la prononciation et par l'orthographe.

L'usage des homonymes de la première espèce exige tpic, dans la suite d'un raisonnement, on attache constamment au môme mot le même sens qu'on lui a d'abord supposé; parce qu'à coup sur ce qui convient à l'un ne convient pas à l'autre, par la raison même de leur différence, et que dans l'une des deux acceptions on avancerait une proposition fausse, qui deviendrait

HOM

peut-être ensuite la source d'une inGnité d'erreurs.

L'usage des homonymes de la seconde espèce exige de l'exactitude dans la prononciation et dans l'orthographe, afm qu'on ne présente pas, jiar maladresse, un sens louche et même ridicule, en faisant entendre on voir un mol pour un autre qui en approche. (Bcauzée.)

On a remarqué dans ce que nous venons de dire, que le mot homonyme se prend substantivement. Quand il est pris adjectivement, il suit toujours son substantif.

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