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Ei ailleurs (£'i/;j., act. Ill, se. i, «6):
Je l'ai trouvé couvert d'une affreuse poussière, Revelu de lambeaux, tout p51c ; — mais son œil Conservait sous la cendre encor le même orgueil.
Tous ces vers sont d'une coupe différente, et la césure est loujovir> placée avec une intention relative au sens. \'oyez Hi'mistiche.
L'jdjeclif hexamètre ne se met qu'après son substantif: Un verx hexamètre.
Hiatus. Subst. m. On prononce le 5. Ce mot, purement latin, a été adopté dans noire langue sans aucun changement, pour si^'nilîcr l'espèce de cacophonie qui résulte de l'ouverture continuée de la biiiuhc, dans réiiiis-ion consécutive de plusieurs sons qui ne sont dislingués l'un de l'autre par aucune artirulalion. Dumarsais regarde comme exactement synonymes les deux mois hiatus et bùUlevient, mais, en les examinant bien attentivement, on trouve que lûillcvient exprime particulièrement l'état de la bouche pendant l'émission des sons consécutifs, et qu'hiatus exprime la cacophonie qui en résulte, en sorte que l'on peut dire ipic Vhiatus est l'effet du hûillemeiit. Le bâillement est pénible pour celui qui parle, ïhiatuses\. désagréable pour celui qui écoute.
L'hiatus est «pielquefois doux, quelquefois dur; et l'on va s'en apercevoir. Les accents de la voix peuvent cire tour à tour détachés ou coulés, comme ceux de la flûte; et l'articulation est à l'orgunc ce que le coup de langue est à l'instrument. Or, la modulation du style, comme celle du chant, exige tantôt des sons coulés, et tantôt des sons délachôs, selon le caractère du sentiment ou de l'image que l'on veut peindre; donc, si la comparaison est juste, non-seulement l'hiatus est quelquefcis permis, mais il est souvent agréable. C'est au sentiment à le choisir, c'est à l'oreille à marquer sa [ilace. Nous sommes déjà sûrs qu'elle se plaît à la succession immédiate de certaines voyelles; rien n'est si doux pour elle que ces mots : ifanaé, Lais, Phaon, Léandre , Actéon, etc.
L'hiatus sera donc mélodieux dans la liaison des mots, car il est égal jiour l'oreille que les voyelles se succèdent dans un seul mot, ou d'un mot à l'autre. 11 y avait peut-être chez les anciens une espèce de bâillement dans l'hiatus; mais s'il y en a chez nous, il est insensible, et la sucip-sion de deux voyelles ne me sendjlo pas moins l'ontinue et facile dans il y a, il a été, que dans Dunaé, Méléagrc. — Nous éprouvons cependant qu'il y a des voyelles dont l'assemblage dé[)laît ; a-u, o-i, a-an, a-en, o-un, sont de ce nombre, et l'on en trouve la cause physique dans le jeu même de l'urgane. Mais deux voyelles dont les sons se modifient par des mouvements que l'organe exécute facilement, comme dans Clio, Datiaé, non-seulement se succèdent sans dureté, mais avec beaucoup de douceur.
L'hiatus d'une voyelle avec elle-même est toujours dur à l'oreille. 11 vaudrait mieux se donner, même en prose, la licence que Racine a prise quand il a dit j'écrivis en Jrgos, que de dire j'écrivis à Argns. C'est encore pis ([uand l'hiatus est redoublé, comme dans il alla à Athènes.
Ou voit par là qu'on ne doit ni éviter ni employer indd'féremment l'hiatus dans la prose. Il était permis anciennement dans les vers ; on l'en a banni par une règle, à mon gré, trop générale