NE
Uire, auxqtielles \f\ force et l'industrie ne peuvent nous soustraire. On le transporte par exagération à d'autres choses <\uv ne sont |ias également nécessaires. — On peut le mettre avant son snbst., lorsque l'analoi,'ie ot l'harmonie le permettent : Malheur inévitable, destinée inévitable ; inévitable destinée. A'oyoz Adjectif.
Inexact, Inexacte. Adj. Il ne se met guère qu'après son subst. : Un copiste inexact, une copie inexacte.
Inexcusable. Adj. des deux genres. On peut le Micllre avant son subst., en consultant l'oreille et y^yAosic '.Faute inexcuscdile. Un homme inexcusable. Cette inexcusable faute. Voyez Adjectif
Inexécutable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une mv.nque inexécutable, un projet inexécutable. Comment avezvouspu concevoir cet inexécutable projet? Voyez Adjectif.
Inexorable. Adj. des deux genres. L'Académie ne le dit «[uc des personnes : Il est inexorable. Le public est vn censeur inexorable. — 11 se dit aussi des choses : Les lois sont inexorables.
Ma gloir» inexorable à toute heure me suit.
(Rac, Bérén., acl. V, se. VI, 32.)
On pewt ïC mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent ; Cet inexorable censeur ne vous passera aucune 7iégligence. ("et adj. régit la préposition à : Saint Louis se rendit inexorable aux larmes et au repentir du bla.^phé- 7naleur. (Fléchier.) Un homme inexorable à soi- 7néme n'est indulgent aux autres que par un e.Tcès de raison. (La Bruyère, chap. iv. Du cœur, p. 260.) Aurez-vous le cœur assez dur pour être inexorable à votreroi et à vosplus tendres a7nis? (Fénel., Télém., liv. xiv, t. II, p. 109.)
Inexorablement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le iiarlicipe : Il a inexorable ment repoussé ma prièi'e.
Inexpérdienté, Inexpérimentée. Adj. qui ne so met qu'ai>rcs son subst. : Un ho7nme inexpérimenté. Mercier propose d'adoiiler ce mot dans le sens de, qui n'a pas été senti, éprouve, que lui donne Montaigne; mais nous avons inexpériynenté, dfKis le sens de, qui n'a point d'expérience. Tourquoi détourner un mot d'une signification reçue, pour lui en donner une nouvelle et extraordinaire? Inexpérimenté en ce sens n'est pas admissible.
Inexpiable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie: Cette inexpiable faute, cette faute i7icxpiable. ^'oycz Adjectif.
Inexplicable. Adj. des deux genres. Il nc se dit que des choses, et peut précéder son subst., lorsijue l'analogie et l'harmonie le permettent : Difficulté inexplicable , conduite inexplicable. Cette inexplicable difficulté, celte inexplicable conduite. Aoyez Adjectif II régit quelquefois la préposition d. Massillon a dit : Ils sont une énigme inexplicable à eux-mêmes. — L'Académie remarque que ce mot signifie quelquefois incompréhensible, bizarre, étrange, el qu'alors il se dit des personnes et des choses : Un homme, un caractère bizarre.
Inexprimable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., quand l'analogie et l'harmonie le permettent: Douleur inexprimable, joie inexprimable, reconnaissance inexprimable.
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sentiments inexprimables. — Cette inexprimable douleur. Vuyez Adjectif.
Inexpcoable. A(Jj. des deux genres. I.e ^ se prononce forleinent. On peut le mettre ;ivant son subsl., en consultant r>neillc et l'analogie : Une forteresse inexpugnable , cette inexpugnable forteresse. Voyez Adjectif.
IrreXTiNGfiBLr:. Adj. des deux genres. Gj/ifait diphlhongue. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Une suif inextinguible, une inextinguible soif. Voyez Adjectif.
l^EXTRlcâBLE. Adj. dcs deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Ce chaos inextricable, cet inextricable chaos. \ oyez Adjectif.
Infaillible. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Jiègle infaillible, succès ■infaillible, perte infaillible, vérité' infaillible. Je vous promets un infaillible succès. On ne dirait pas un infaillible homme, une infaillible femme. A'oyez Adjectif.
IxTAiLLiBLEMENT. Adv. On peut le mettre au commencement de la phrase, et quelquefois après le verbe, mais jamais entre l'auxiliaire et le participe : Infailliblement cela arrivera, cela arrivera infailliblement.
Infaisable. Adj. des deux genres. On prononce infesahle. Cet adj. ne se met jamais avant son jUbst. : Une chose infaisable.
I.NFAMANT, INFAMANTE. Adj. Ou pcut le mettre ayant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Des paroles infamantes, u ne sentence infamante ; cette infamante condamnation. Voyez Adjectif.
Infâme. Adj. des deux genres : Un homme infàvie, une action infâme. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un projet infâme, cet in fâme projet .
Infatigable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie ; Un homme infatigable, un cheval infatigable, un esprit infatigable; cette infatigable activité. Voyez Adjectif. Il régit la préposition à avant les noms et avant les verbes : Infatigable à ■^ course; infatigable à disputer, à écrire. — Dans les exemples donnes par l'Académie, cet adjectif n'est suivi d'aucun régime.
Infatigablement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il est infatigablement attaché au travail.
Infécond, Inféconde. Adj. Il s'emploie plus ordinairement en vers qu'en prose : Terre inféconde, esprit infécond, génie infécond.
La fille de Cûrès, Proserpine, a son tour.
Stérile déilé d'un slérite séjour,
En hommage reçoit une \ache inféconde,
(Delil., Enéide, VI, 325.)
Il ne se met guère qu'après son subst.
Infect, Infecte. Adj. Il ne se dit qu'au physique. On peut le mettre avant son subst., en consullanl l'oreille et l'analogie : Une haleine infecte, un lieu infect, air infect; d'infectes vapeurs.
Infecter. V. a. de la l"^' conj. 11 se dit au physique et au moral; au lieu qu'infect ne se dit que dans le premier sens : Cette puanteur a infecté l'air. Lapeste a infecté toutela contrée.
Jusqu'à quand souCfrc-t-on que ce peuple respire, Et d'un culte profane infecte voire empire 1
(lUc, Eith., ad. m, se. I, t25.)
INF
De qocl front cet ennemi de Dion Tient-il infecter l'air qu'on respire en ce lieu?
(Rjic., Àth., act. m, se. V, 7.)
Voilà comme infectant cette simple jeunesie. Vous employez tuiu deux le calme où Je tous laisse. [Idem, acl. II, se. Tii, 83.)
Il forma dans Paris celle Ligue funeste, Quibienlot de la France infecta tout le reste.
(Volt., Henr., III, 91.)
Il ne faut pas confondre ce mot avec infester, qui sign'IJe piller, ravager, et au figure, incom- Tnoder, tourmenter.
* Infélicité. Subst. f. Mercier aurait voulu faire revivre cette expression. Elle a été admise par Gattcl et par Boiste, qui se contentent de remarquer qu'elle est peu usitée. Les Latins disent in félicitas ; les Italiens in félicita; les Espagnols, infelicidad; les Portugais, infelicidade. Pourquoi, dit-il. ne dirions-nous ^^is, jusqu'à présent il n'a éprouvé que de lin félicite dans plusieurs de ses projets? — Pourquoi? C'est que i?i félicité signifierait le contraire de félicité : or, dans notre langue, félicité ne signifie pas, comme en latin félicitas, bonheur, prospérité, mais l'état permanent d'une âme contente; or, qu'est-ce que le contraire de cet état? C'est l'absence de cet état; ce n'est pas un être positif, ce n'est rien. On ne peut donc pas éprouver de Vinfélicité. On éprouve du malheur, i)arce que le mot malheur n'indique pas seulement le contraire de bonheur, mais quelque chose de positif qui trouble, qui chagrine, qui fait souffrir. Mais on ne peut pas plus dire infélicité, (\uinbonheur, qu'inmaladie, etc. Voyez In.
Inférieur , Inférieiire. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Partie inférieure, ordre inférieur. Il est inférieur à l'autre. Il régit aussi en : Il lui est inférieur en science, en talents.
Infériedrement. Adv. li prend le inèuie régime que l'adjectif : Z.'w?i a écrit bien inférieurement à l'autre.
Infernal, Infernale. Adj. Monstre infernal, furie infermde, dieux infernaux. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Cet infernal stratagème, infernal* méchanceté. \ oyez Adjectif.
Infertile. Adj. des deux genres. Son plus grand usage est en poésie, où l'on peut , sebn les cas, le mettre avant son subst. Voyez Adjectif.
Infester. V. a. de la 1"^' conj. Incomiu.Jer, tourmenter, ravager. Les ennemis infestèrent la frontière. Les mers sont infestées de pirates. — Il ne faut pas le confondre avec infecter. Voy. ce mot
Infidèle. Adj. des deux genres. On le met avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un ami infidèle, un infidèle ami; une épouse infidèle, une infidèle épouse. On ne dirait pas un infidèle homme. Cet adj. régit quelquefois la préposition à : Une femme infidèle à son mari. Une ville infidèle aux traités. Voyez Adjectif.
Infidèlement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Agir infidèlement.
Infime. Adj. des deux genres. Mercier propose de rajeunir ce mot : C'est une action i»fime. Dans toutes ses actions , il ne montre qu'un caractère infime. — Peu de personnes s'en sont servies. — Il s'emploie assez souvent aujourd'hui. L'Académie,quirarecueilli dans la dernière
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édilion de son Dictionnaire, remarqiic qu'il ne se dit qu'au ligure.
Infim, l>riNiE. Adj. L'Etre in fini, puissance infinie. Il ne se met guère qu'après son subst.
I.\FiMMKNT. Adv. Il se wict après le verbe : Iheu est infiniment bon. Il est infiniment heureux. Il sovffre infiniment. Il a infiniment d'espi-it. — Infiniment ne parait pas susceptible de degi'ès de comparaison. Malcbranchc a dit : Il y a sans doute infiniment bien plus de plaisir et plus d'honneur à se conduire pur se^- propres yeux que par ceux des autres. On sent qu'iw/îniment est déplacé dans celle piu-ase.
Infinité. Subst. f. Quand ce mol réirit un nom au pluriel, le verbe doit se meltrc au pluriel : Une infinité de gens croient, et non pas ci'oit. Il en est de même quand ce mol est précédé du pronom en, parce i]ue ce pronom exprime un pluriel : Il y en avne infinité qui pensent que...
Infinité n'a pas ordinairement de pluriel, et l'Académie ne lui en donne point. Cependant il est des cas où le pluriel rend plus exactement l'idée que l'on attache à ce mot. J.-J. Rousseau a dit : // faut avoir combiné des infinités de rapports pour acquérir des idées de convenance, de proportion, d'harmonie et d'ordre. Ici le pluriel rend beaucoup mieux l'idée de l'auteur que ne ferait le singulier.
Infinitif. A l'article f^erbe, nous avons fait connaître la nature du mode que l'on nomme infinitif. Isous ajouterons ici quelques observations sur son emploi.
L'infinitif est employé comme les autres noms abstraits, et sert de la môme manière et aux mêmes fins. 1° On l'emploie comme sujet grammatical ou logique. Nous disons, mentir est un crime, de même que, le mensonge est un crime, sujet logique ; fermer les yeux aux preuves éclatantes du christianisme est une extravagance inconcevable, de même que, l'aveuglement volontaire sur les preuves, etc. Ici fermer n'est qu'un sujet grammatical; fermer les yeux aux preuves éclatantes du christianisme est le sujet lugiiiue. 2° L'iiifinilif est (luelqucfois complément adjectif d'un verbe relatif. On dit, l'honnête homme ne sait pas mentir, comme, l'honnête homme ne connaît pas le vicnsi nge. 3° 11 est souvent le complément logique ou grammatical d'une préposition. On dif, la honte de mentir, comme, la turpitude du, mensonge ; sujet à débiter des phrases, comme, sujet à la fièvre; sans déguiser la vérité, comme sans déguisement, etc.
Dans les phrases où il y a plusieurs verbes de suite, ceux qui sont iuunédiatemcnt après le premier se mcllent toujours à l'infinitif: C'est aux mœurs et non au destin, qu'il faut imputer les crimes. Il se faut enlr'aidcr, c'est la loi de nature. S'il est quelque remède aux maux qui nous arrivent, le courage et la patience ''■ous les feront surmonter. — Toutefois cette . »î ne s'applique pas aux verbes auxiliaires, donv la fonction est déterminée par des principes suffisamment établis: c'est-à-dire, qu'on met au participe, et non à l'infinitif, le verbe qui suit l'auxiliaire : f^oilà ce que j'ai fait. C'est ce qu'ils m'ont promis.
Il est dans le génie de la langue franç;iise de préférer, quand on le peut, le mode infinitif à l'indicatif ou au subjonctif. En effet, l'infinitif débarrasse le discours de particules ou de petits mots dont l'emploi fréquent rend les constructions louches et le discours traînant. Ainsi on dit il vaut mieux être malheureux que d'être cri-
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minel, l)lutôt que, il vaut Tnieux être malheureux que vous soyez criminel. — Mais il est des cas où l'emiiloi de l'infinitif serait une faute : c'est lorsque le rapport en est incertain et équivoque, comme dans celle phrase : C'est pour être heureux, mon fils, que je t'ai donné une bonne éducation. — On ne voit pas si le sens est pour que je sois heureux, ou pour que -mon fils soit heureux.
On préférera encore l'indicatif ou le subjonctif à l'infinitif, pour éviter plusieurs de qui auraient différents sens. Ainsi, au lieu de, le philosophe Aristippe chargea ses compagnons de dire de sa part ù ses concitoyens , de songer de bonne heure à se procurer des biens qu'ils pussent sauver avec eux du naufrage, il faudrait dire, qu'ils soiigeasse7it de bonne heure, etc.
Infirme. Adj. des deux genres: Un homme infirme, un corps infirme. Il ne se met qu'après son subst.
Irfl.^mmable. Adj. des deux genres : Corps inflammable, matière inflammable. Il ne se met qu'après son subst.
Inflammatoire. Adj. des deux genres : Maladie inflammatoire, fièvre inflammatoire. Il ne se met qu'après son subst.
Inflexible. Adj. des deux genres. Qu'on ne peut fléchir. Il se dit au physique et au moral : Il y a des bois inflexibles. La plupart des corps fossiles sont inflexibles ,o\i ne peuvent être plies sans être rompus. Au moral, il signifie qui ne se laisse point fléchir, émouvoir à compassion, qui ne se laisse ébranler par aucune considération, et se dit des personnes et des choses qui ont rapport aux personnes : Un homme inflexible, un caractère inflexible, une vertu inflexible, une constance inflexible. En ce sens on peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Cet inflexible tyran, cette inflexible sévérité.
Inflexiblement. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Il est inflexiblement attaché à son opinion.
Inflexion. Subst. f. Terme de grammaire. On confond assez communément les mots inflexion et termijiaison, qui expriment pourtant des choses très-différentes, quoiqu'il y ail quelque chose de commun dans leur signification. Ces deux mots expriment également ce qui est ajouté a la partie radicale d'un mol ; mais la terminaison n'est que le dernier son du mot modifié. Par exemple, aim est la partie radicale de tous les mots qui con.sliluenl la conjugaison du verbe aimer. Dans j'aimerai, tu aimeras, il aimera, il y a à remarquer inflexion cl terminaison. Dans chacun de ces mots, la terminaison est différente, pour caractériser les différentes personnes ai, as, a; mais l'inflexion est la même pour marquer que ces mots appartiennent au même temps, c'est partout er. IHnflexion est donc ce qui peut se trouver entre la partie radicale et la terminair
Influent, Influente. Adj. qui se met ordinairement après son subst. Mot nouveau. Ministre influent, écrivain influent, parti influent. Jamais mot, dit Mercier, ne fut plus nécessaire. Nous sommes de son avis. — L Académie l'a adopté.
Informe. Adj. des deux genres: Une masse informe, un animal informe. Il ne se met guère qu'après son subst.
Informer. V. a. delà 1'' conj. Ou dit informer
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guelqv'tni de quelque chose. Racine a dit dans bajazct (acl. II, se. v, 39) :
Ne »ouî inforasx point c« qu« je deTiendrai.
D'Olivcl et La Havj^ic ont ifimarauo avec raison qu'il y a un solécisme (îa:is ce vers On ne dit pas s'informer quelque chose, mais s'informer de quelque chose. Il fallait absolument ne vous inforviez pas de ce que je deviendrai.
Infoutlne. Subst. f. Suite «Je malheurs auxquels rbouniie n'a point donné occasion, et au milieu desquels il n'a point de reproche à se faire. L'i/ifntiinc tombe sur nous; nous attirons quelquefois le vmlhcur.
Infortlmî, I^F0RTC!vÉE. Adj. On le met ordinairement apics son subst. Cependant il est des cas où l'on pourrait le mettre avant, en consultant l'harmonie et l'anuloiric : Ces guerriers infortunés, ces infortunés guerriers. Voyez Adjectif.
IsFr.vcTELR. Su!)Si. m. Kn parlant d'une femme, on ne dit point infractrice. Mais pourquoi ne le dirait-on pas? H y a des cas où ce mot est nécessaire.
* I^FRÉQUENTÉ, Infréqientée. Adj. Nous nc donnons pas cet adj. pour un mot usité, mais pour montrer que Delille l'a employé assez heureusement dans le vers suivant {Éneid., VIII, 119) :
Surpris de voir troubler leurs bords délicieuï. Le flsuve infréquenté, le bois silencieux, etc.
lNFECCTcri?EMr,M. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe: Il a traraillé infructueusement. J'aurai donc infructueusemi nt travaillé.
Infructueux, Infructueuse. Adj. Au figuré, on pourrait, dans certains cas, le mettre avant son subst. : Champ infructueux, terre infructueuse, année infructueuse. — Travail infructueux , d'infructueux travaux; veilles infructueuses , d'infructueuses veilles. Voyez Adjectif.
Infus, Infuse. Adj. Il ne se met qu'après son KUbst. On dit science infuse, grâce infuse, sagesse infuse, c'est-à-dire (ju'on n'a point accjuise par ses soins, maiscju'il a plu à Dieu de verser dans quelques âmes privilégiées.
Ingambe. Adj. des deux genres. Léger, alerte: Un jeune homme ingambe. On ne peut guère le mettre qu'après son subst.
Inoi-kieur. Subst. m. Nous avons trois sortes d'ingénieurs ; les uns pour la guerre, ils doivent savoir tout ce «lui concerne la construction, l'attaque et la défense des places; les seconds pour la marine, qui sont versés dans ce qui a rapport à la guerre et au service de mer; et les troisièmes pour les ponts et chaussées, qui s'occupent de la perfection <les gramles routes, de la construction des ponts, de rcnd)ellissemciit des rues, de la conduite et de la réparation des canaux, etc.
Inoémeusement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le p.irlicipe : // a répondu ingénieuseiiicnt, il a ingénieusement répondu.
Ingémeux, Ingénieuse. Adj. Qui montre de l'esprit, de la sagacité. 11 se dit des personnes et des choses : Un poëte ingénieux, un machiniste ingénieux. Une pensée ingénieuse, une machine ingénieuse. Lcs choses ingénieuses déparent les grandes choses. Si elles sont accumulées dans un ouvrage, elles fatiguent. Elles sont plus faites pour être dites que pour être écrites. Elles consistent dans des rapports fins, délicats et petits, qui échappent aux hoimnesde sens, dont l'atlcnlion se
porte sur les masses. Homère,Virgile, Miîtcn, îe ïasso, Sophocle, Euripide, Corneille, Racine, )!e sont point des poêles ingénieux. On le place avant son subst., soit en jiarlant des personnes, soit ea parlant des choses, lors(iue l'analogie et l'harmonie le permettent. On ne ilira pas un ingénieux homme, une ingénieuse femme, parce qu'il n'y a pas une analogie étroite entre les mots homme, femme, et ie mot ingénieux. Mais on dira vn ingénieux artiste, vn ingénieux ouvrier, u7ie ingénieuse ouvrière, pane tjue l'analogie est plus mai(]Uée. On ne dira pas tm ingénieu.v pvëte, parce (juc l'harmonie s'y oppose; mais, par la raison contraire, on dira un ingénieux opticien. En parlant des choses, on dit également bien, une machine ingénieuse , ou celte ingénieuse machine ; une invention iîigénieusc, ou cette ingénieuse invention, etc.
Il régit quelcjucfois la préposition à : Il est ingénieux à se tourmenter.
Ingénu, Ingénue. Ailj. Il ne se met qu'après son subst. : Un homme ingénu, vn esprit ingéiiu, un air ingémi, une réponse ingénue.
Ingénuité. Subst. f. L'ingénuité n'est ni la naïveté, ni la simplicité, ni la franchise, comme le dit l'Académie. L'ingénuité fait avouer ce ([u'on sait et <c qu'on sent; elle ne sait rien cacher, fait souvent pécher contre la ])rudencc, et se trahit elle-même. La naïveté fait dire librement ce qu'on iiense; elle fait souvent manquer à la politesse, et offense quelquefois. La franchise fait parler comme on pense; c'est un effet du naturel. Elle ne saurait dissimuler. La simplicité ne connaît ni le déguisement, ni le raffinement, ni la malice; elle montre le caractère à découvert ; elle tient à une innocence pure.
Ingénument. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Jiépondre ingénuluent. Il a ingénument répondu que... Il a avoué ingénument, il a ingéruimcnt avoue.
Ingrat, Ingrate. Adj. On le met quelquefois avant son subst., en consultant l'oreille cl l'analogie : Un homme ingrat, vn ami ingrat, une épouse ingrate, une ingrate épouse. — En parlant des personnes, il régit la jtréposition envers. On dit être ingrat cnvcvs quelqu'un, cl non pas être ingrat à quelqu'un. En parlant des choses, il régit à : Une terre ingrate à la culture, une pierre ingrate au ciseau.
Ces mêmes dignités Onlrendu Bérénice ingrate à vos bontés.
(Rlc, Bérén. acl. I, se. III, 39.)
Ingrat à tes bontés, ingrat à Ion amour.
(Volt., Mort de Céiar, acl. I, se. IV, 8.)
Mallieur .- 'loyen, ingrat h sa pairie. Qui vend ' étranger son avare industrie.
(Delille.)
Aujourd'hui que la langue semble commencer a se corrompre, dit Voltaire, et qu'on s'étudie à parler un jargon ridicule, on se sert du mot impropre vis-éi-vis après ingrat: Plusieurs gens de lettres ont été ingrats vis-à-vis de moi, au lieu é'envcrs moi.
Ingratitude. Subst. f. L'Académie ne lui donne point de pluriel. Il n'en a point en effet (juand il signifie le vice de l'ingratitude : Je suis surpris de l'ingratitude de vos enfants. Mais on lui eri donne un quand on l'emploie pour signifier des
INI
actes qui proviennent du vice : On éprouve bien des ingratitudes dans ce monde.
Me fait un long récit de m«> ingratitudes.
(Rac, Britan., acl. 11, se. Il, 116.)
Inguérissable. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : U/i homme inguîrissable. Ce mol n'est ijue du discours familier.
Lnguinal, Inguinale. Adj. On f;ut sentir Vu. Il ne se met iiu'aprésson subst.
Inhabileté. Subsl. f. Motnouvcau que l'usage a adopté. Ce mol, dit La Harpe, peut nous fournir une nuance de!)lâmcau-des>usdc l'impérilic ; comme un style inélégant est un peu au-dessus du style plat; comme Vinurhanité est un peu au-dessus delà grossièreté.
Inhabile. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst.
I^HABIT.ABLE. Adj. (Ics dcux gcnrcs. On yieut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Maison inliahilable, pays inhabitable. Cet inhabitable pays, celte inhabitable contrée. \ oyez Adjectif.
Inhabité, Inhabitée Adj. qui ne se met qu'aprés son subst. : Lieux inhabités, contrée inhabitée.
* INH.ABITDDE. Subst. f. J.-J. Rousscau 3 dit : Uinhabitude de penser da?is l'enfance, en ôte la faculté durant le reste de la vie. \' inhabitude n'est pas seulement ici l'absence, le défaut d'habitude, mais un élal positif qui influe sur le reste de la vie. Voyez In.
Inhérent, I;sHÉr.ENTE. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Qualité inhérente.
Inhumain, Inhumaine. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Maître inhumain, tyran inhumain. — Action inhumaine, traitement inhumain, loi inhumaine, coutume inhumaine .
Inhumainement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : On Ca traité inhumainement.
Inimaginable. Adj. des deux genres qui ne s'emploie que dans la conversation : Un contretemps inimaginable.
Inimitable. Adj. des deux genres. Qui ne peut être imité, et non pas qu'on ne doit pas imiter : Une action inimitable, -un ouvrage inimitable . On ne peut guère le mettre avant son subst. L'Académie a d'abord paru condamner cette phrase : La nature a des beautés inimitables à Vart. Ces expressions négatives, inimitable, incomparable, indicible, et une infinité d'autres, ne régissent rien ordinairement, parce que ce qu'on peut y ajouter est inutile et redondant ; car dire qu'wM homme est incomparable, c'est dire qu'on ne peut le comparer à personne; une joie indicible est celle qu'on ne peut exprimer par aucune parole; inimitable est ce qu'une personne ne peut imiter; ainsi il semble qu'il y ait quelque faute ou manière de |)léonasme à dire que la nature a des beautés inimitable 'i l'art. Cependant, après un mûr examen, a/""^ i.'roir discuté plusieurs exemples (pii ont part» \rés-bons, il a été décidé qw'' inimitable va ordinairement sans régime, mais que dans le style soutenu, ou lorsqu'il y a quelque comparaison, il peut en souffrir \n\. {Décisions de l'Académie.)
Inintelligible. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son suiist., en consultant l'analogie et rhannonie : Un discours inintelligible, cet inintelligible discours. \ oyez Adjectif.
Inique. Adj. des deux genres. Il a une signification inoms étendue qu'injuste. Il a rai)port à
INJ
une injustice excessive, criante, et se dit particulièrement des juges et des jugements. On dit un juge inique, et un homme injuste. On jjcut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un juge inique, un jugement inique, cet inique jugement. Voyez Adjectif.
Iniquement. Adv. 11 ne se met qu'après le verbe : Juger iniquement. On l'a jugé iniquement.
Initial, Initiale. Adj. On a[)pclle lettre initiale la première lettre de chaque mot, comme on appelle finale la dernière. Il ne se met (ju'après son subst. : Lettre initiale, un ^initial, unà initial, etc. Voyez Majuscule.
Injure. Subst. f. Ce mot, dans une signification étendue, se prend pour tout ce qui est fait pour nuire à un tiers contre le droit et rcipiité. l)ans une sieiùficalion plus élroilo, il signifie tout ce qui se fait nu mépris de (juohiu'un, dans le dessein de l'offenser, soit en sa personne, ou en celle de sa femme, de ses enlants ou domestiques, ou de ceux qui lui appartiennent soit à titre de parenté ou autrement. Ce n'est pas la même chose que^)7/; ce dernier trouble dans la possession des biens, de la réputation ; il attaque la propriété. L'injure impute des défauts, des crimes, des vices, des fautes; elle nie les bonnes qualités, elle attaque la personne. Racine a dit [Iphigénie, act. II, se. VIII, 2) :
Orgueilleuse rivale, on t'aime et lu murmures I SouITrirai-je à la fois ta gloire et tes injures ?
Racine, dit Luneau de Boisjermain, a trouvé moyen d'employer trés-heureusemcnl le mot injures dans le sens à'invectives, quoique, dans cette acception, injure ne soit pas noble. Cette expression , qui s emploie très-bien lorsqu'elle signifie injure faite ou reçue, devient basse et triviale lorsqu'elle signifie parole injurieuse; et il faut beaucoup d'art pour l'employer en ce sens dans le style noble. On en trouve encore un exemple dans Andromaque (act. IV, se. v. 32j :
Je crains votre silence, et non pas vos injuTcs.
Cet exemple n'est pas, à beaucoup i)rès, si heureux que le premier, où la bassesse du mot injure est relevée par la noblesse du mot gloire.
Injurieusement. Adv. 11 ne se mel qu'après le verbe : On l'a traité injurieusement.
Injurieux, Injurieuse. Adj. 11 se construit tantôt avec la préposition à, tantôt avec la préposition powr ; Ce mémoire est injurieux aux magistrats. Injurieux pour ses amis. (.\cad.) On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille cl l'analogie : Mémoire injurieux, discours injurieux , paroles injurieuses ; cet injurieux discours, cette injurieuse apostrophe. "Soyez Adjectif.
Injuste. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subsl., en" consultant lorcille et l'analogie : Un homme injuste, et non pas un injuste Iwmme. Un arrêt injuste, un injuste arrêt ; une sentence injuste, une injuste sentence; une demande injuste, une injuste demande; une guerre injuste, ujie injuste guerre; des moyens injustes, d'injustes moyens; etc. ^■oyez Adjectif. r • i
Injustement. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe ; Il a été condamné injustement, il a été injustement condamné. , . •
Injustice. Subst. f. Il n'a point de pluriel
lorsqu'il se prend pour l'habitude contraire a la juslicc : L'injustice régnait en ce siècle. Il en a un lorsqu'il se prend pour les effels de l'injustice, el alors il a un sens passif : J'ai entendu de sa part de grandes injustices. Corneille a dit rendre injustice. Aoltairc dit à ce sujet, on ne rend point injustice comme oti rend justice. I.a ••aison en est qu'on rend ce qu'on doit On doit justice, on ne doit pas injustice, [fteinarqnes sur CorneUlf.) — On dit faire une injustice, faire d^- injustices d quelqu'un; mais on ne dit pas 9oiis article, faire injustice.
ILLISIBLE. Adj. des deux genres. Voyez illisible.
Innavigabi-e. Adj. On fait sentir les deux n. Il ne se met qu'après son subsi. Cet adjectif est peu usité.
Inné, IrvNÉE. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. On |)rononce les deux n. Il se dit de ce qui nail avec nous, par opposition à ce que nous acquérons.
Innocemiif.nt. Adv. On prononce inoçament. Il ne se met qu'après le verbe : Parler innocemment, n a vécu innocemment. Delille l'a employé dans une acception que n'indique point l'Académie [Enéide, II, 917) :
Sur la tèle d'Ascagne une flamme rayonne, Tourne autour de son front en brillante couronne. Et, d'un léger éclair l'effleurant mollement, Autour de ses clieveui se joue innocemment.
Ihnocence. Subst. f. On prononce inoçance. Ce mot n'a point de pluriel. On a reconnu son innocence.
Innocent, Innocente. Adj. On prononce inoçant. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme innocent. — Ame innocente, esprit innncent, vie innocente, mœurs innocentes. — Les innocentes bergères, d'innocents plaisirs. Voyez Adjectif.
Innombrable, Adj. des deux genres. On ne prononce qu'un n. L'acception de ce mot varie dans l'esprit des hommes selon les circonstances. Pour un sauvage qui ne peut pas compter au delà de cinquante, ce qui est innombrable commence au delà de ce nombre. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Une multitude innombrable, une innombrable multitude; des esprits innombrables , d'innombrables esprits ; ses innombrables vaisseaux. Voyez Adjectif.
Innovation. Subst. f. On fait sentir les deux n.
Inoccupé, I>occupée. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un homme inoccupé, une vie inoccupée .
Inodore. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. Qui n'a point d'odeur : Fleurs inodores.
Inoffensif, Inoffensive. Adj. Mot nouveau qui est utile, et que l'usiise a adopté. Une réponse inoffensive, qui n'offense point, dont on ne peut point s'offenser. C'est une qualité réelle dans une réponse d'être inoffcnsivc.
Inopiné, Inopinée. Adj. qui ne se met qu'après son subst. Qui vient sans être attendu : Un accident inopiné, un bonheur iniipiné. H se dit des événements heureux et malheureux : Accident inopiné, affaire inopinée.
Inopinément. Adv. Il ne se met qu'après le verbe: // arriva inopinément; cela est arrivé inopinément.
INS
Inopï, Inouïe. Adj. Dont on n'a pas encore entendu pnrier. On dit le cas est inouï, cette action est inouïe. Il se prend encore dans un autre sens, comme dans ces vers :
Cerbère en est ému; ses oreilles avides Savourent des acceoU aux enfers tnou'ti.
Il ne se met qu'après son subst. : Une action inouïe, une cruauté inouïe.^
INQUIET, Inquiète. Adj. Etre inquiet de quelque chose, marque la cause de l'inquiétude : Je suis inquiet de 7ie point recevoir de ses 7iouvelles. Être inquiet sur quelque chose, en exprime l'objet : Je suis inquiet sur son sort. Je suis inquiet sur cette affaire.
Liquiet se dit des choses qui ont rapport aux personnes; Joie inquiète, esprit inquiet, caractère inquiet. On le met quelquefois avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent.
Des conrtisans sur nous les inquiet» regards Arec avidité tombent de toutes parts.
(Volt., OEd., act. III, se. I, 25.)
Voyez Adjectif.
Inquiétant , Inquiétante Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille el l'analogie : Une situation inquiétante, cette inquiétante situation; une affaire inquiétante, cette inqtiiétante affaire. "N'oyez Adjectif.
Inquiétude. Subst. f. Agitation de l'àme qui a plusieurs causes. Vinquietude, quand elle est devenue habituelle, se trouve ordinairement dans les hommes dont les devoirs, l'état, la fortune, contrarient l'instinct, les goijts, les talents. Ils sentent fréquemment le besoin de faire autre chose que ce qu'ils font. Dans l'amour, dans l'ambition, dans l'amitié, Vinquietude est presque touj(jurs Teffet du uiccontcntement de soimême, du doute de soi-même, et du prix extrême qu'on attache à la possession de sa maitresse, d'une place, de son ami. 11 y a une autre sorte d'inquiétude qu' 'l'est qu'un effet de l'eninii, du besoin, des liassions, du dégoiit. Il y a aussi \'i?iquiétude des remords.
Insalubre. Adj. des deux genres. Un logement insalubre, une exposition itisalubre. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Cette insalubre exposition .
Insatuble. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Un homme insatiable, une femme insatiable. Une avarice insatiable, une insatiable avarice. — Le pér(! Bouhours prétend i\\i'insatiable doit se dire absolument , et condamne insatiable de biens, insatiable de voir. L'Académie admet de avec un substantif : Insatiable d*^ -loire, i?isatiable d'honneurs, insatiable de i*" \'!ses. Insatiable de louanges. Ce rogiine est woité aujourd'hui. Nous ne croyons pas qu'on puisse l'employer avec un verbe , et l'Académie n'en donne point d'exemple. Voyez Adjectif.
Insatiablement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il est insatiablement avide de gloire.
Inscription. Subst. f. L'inscription, en littérature, se dit de l'épigraphe, de l'épitaphe, et de tout ce qui s'écrit en style lapidaire sur le cuivre, le marbre, etc.
iNscr.iRE. V. a. el irrég. de la 4* conj. Il se conjuçue comme «crire. Voyez ce mot.
INS
Imscbdtable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'iipiès sou subsl.
Iksçu. Subst. m. \ oyez Insu.
rNSE>sÉ, IrtsENSÉE, Adj. Oii donnc celte épithète injurieuse à ceux ([ui ont réellement perdu le sens et la raison, et à ceux qui se conduisenl comme s'ils en étaient privés. Il se dit aussi des choses, et ne se met qu'après son subst. : Un hotinne insensé, nu discours insensé, une action insensée, une entreprise insensée, une passion insensée. — On l'emploie aussi substantivement : Un insensé.
1nse>sible. Adj. des deux genres, qui se prend i|uoli]uefois subslaiitivemenl. En consultant l'analogie et l'harmonie, on peut le mettre avant son subst., dans les deux sens que lui donnent les dictionnaires: Un homme insensible, v ne femme insensible, son insensible cœvr. — Une transpiration insensible, vîie insensible transpiration ; vn viouvement insensible, cet insensible mouvement. \'o)'ei Adjectif.
Inséparable. Adj. des deux genres. Employé sans régime, il se dit des personnes et des choses : Deux amis inséparables, la chaleur et le feu sont inséparables. Appliqué aux personnes, il a un sens actif, et signifie qui ne se sépare point ; appliqué aux choses, il a un sens passif, et signifie qui ne peut être séparé. Dans les deux sens, on peut le mettre avant son subst., en consultant l'analogie et l'harmonie : Deux amis inséparables, deux inséparables amis; des qualités inséparables, ces inséparables qualités. En parlant des choses, il régit la préposition de : Le remords est inséparable du crime. (.\cad.) L'orgueil est presque inséparable de la fureur. (Fléchier.) Voyez Adjectif.
IîisÉPARABLEME>T. Adv. Il pcut sc mettre entre l'auxiliaire et le participe : Ils sont unis inséparablement, ils snnt inséparablement unis.
Insidieuseiie^t. Adv. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : On l'a amené insidieusement à faire cette promesse , OU on Va insidieusement amené à faire cette promesse.
Insidiedx, Insidieuse. Adj. Il se dit de ce qui est suggéré par le dessein secret de tromper et de nuire. On tient des discours insidieux, on envoie des présents insidieux, on fait des caresses insidieuses. On peut le meltre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Des caresses insidieuses , d'insidieuses caresses. Voyez Adjectif
Insig.ne. Adj. des deux genres. On mouille le gn. Qui se fait distinguer par quelque qualité I)eu commune. Il se dit des personnes et des choses, et se prend en bonne et en mauvaise I)arl. Un service insigne, une calomnie insigne. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent. Cest un insigne bonheur, c'est un bonheur insigne; U)ie faveur insigne, une insigne faveur ; un fripon insigne, un insigne fripon. \o)'GZ Adjectif.
InsiGNiFiAHT, 1^SIG^1FIA^TE. Adj. On mouille le gn. Un homme insignifiant, une promesse insignifiante. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Je ne fus point satisfait pur ces insignifiantes promesses.
Insinuant, Insinuante. Adj. Il ne se dit qu'au figuré. En parlant des personnes, il ne se met qu'après son subst.; en parlant des choses, on peut le meltrç avant, si l'analogie et l'harmonie i le permettent. Un homme insinuant, une femme '
INS
insinuante. — Des manières insinuantes, ces insinuantes 7nanières. \ oyez Adjectif.
Insipide. Adj. des deux genres. Il se dit de tout ce qui ne lait pas sur le goût une impression marquée. On l'emploie au physique et au moral. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie. Une liqueur insipide, une insipide liqueur. — U?ie plaisanterie insipide, une insipide plaisanterie ; des louanges insipides, d'insipides louanges. Voyez Adjectif.
Insistance. Subsl. f. Action d'insister; persévérance à demander quelque chose, à soutenir quelque avis, quelqueopinion. Mot nouveau proposé par Mercier. Nous n'avons point de mot dans la langue qui exprime exactement l'idée (jue présente celui-ci; nous pensons donc qu'on pourrait l'admettre; et quelques écrivains l'ont déjà employé : L'insistance du mendiant valide ajoute encore « l'abjection du métier. Il est de fait que les hommes en place accordent plus à l'insistance qu'au malheur réel, f^oules-vous réussir, ne négliges pas l'insistarice. Tous ces exemples sont de Mercier. — En 1833, l'Académie admet ce mot.
Insister. V. n. de lal"conj. On dil insister à, cl insister sur.
Insister à exprime la continuité de l'action, et est toujours suivi d'un verbe : Insister à demander une chose. Insister sur a rapport à la chose même, et est toujours suivi d'un nom : Il insiste sur cette prétention-
Insociable. Adj. des deux genres: Uji homme insociable, une femme insociable. En parlant des choses, on peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Une humeur insociable, cette insociable humeur; un caractère insociable, cet insociable caractère.
* Insocial, Insociale. Adj. Mot nouveau, que Voltaire a employé : Ce contrat social ou insocial n'est remarquable que par quelques injures dites grossièrement aux rois parle citoyen du bourg de Genève, et par quatre pages insipides contre la religion chrétienne. L'opposition entre social et insocial peut faire passer la dernière expression.
Insolemment. Adv. Il ne se met qu'après le verbe : Il a parlé insolemment, il a insolemment répondu.
Insolence. Subst. f. L'insolence consiste à exagérer les avantages de son état, et à les faire valoir d'une manière outrageante pour les autres. Quand ce mot signifie Te défaut, il n'a point di; pluriel : L'insolence de cet homme est grande. (Juaiid il se dit des paroles et des actions, on lui en donne un : Il a dit des insolences.
Insolent, Insolente. Adj. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Un homme insolent, tine femme insolente ; un valet insolent, un insolent valet; des discours insolents, ces insolents discours. lis avaient passé rapideynent de la consternation la plus profonde à la plus insolente présomption. (Barthélem.) Cet adjectif peut être suivi d'une des prépositions dans, en et avec. — Les âmes basses sont insolentes dans la bonne fortune. Il est insolent en paroles, insolent a^vGcles femmes. (Acad.)
Insoluble. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., si l'analogie et l'harmonie le permeltent : Un problème insoluble, cette insoluble difficulté.
Insouciant, iNSOcciANri:. Adj. On peut le mcllre avant son subst., en consultant l'oreille et
INS
l'analogie : Un homme insouciant. Béreillez donc l'activité de votre insouciant ami. A'oycz Adjectif.
Insoumis, Insodmise. Adj. qui neso mel qu'après son subsi. : Les peu pic -i insoumis.
Insoutenable. Adj. des deux genres. On peut le meure avant son subst., lorscjuc l'analogie et riiarmonie le pcrmeltenl : Un liomme insoutenable, une femme insoutenable ; une opinion insoutenable, cette insoutenable opinion ; une vanité insoutenable , utie insoutenable vanité. Voyez Adjectif
Inspecteli;. Subst. m. L'Académie nedit point comment il faut dire en parlant d'une femme. Mais il y a des inspectrices dans certains étabiissemo'nis, et rien n'empêche, ce me semble, de recueillir ce mot dans les dictionnaires.
Inspireh. X. a. de la 1" conj. On d'ilinspircr quelque chose à quelqu'un, llacine fait régir à ce verbe la préposition dans. {Alexandre, act. III, se. VI, 25) :
. . . Vos bontés, à leur tour, Dana les cœurs les plus durs inspireront l'amour.
L'abbé d'Oliveta condamné ce régime. Racine lils l'a défendu, mais sans appuyer sa défense sur des raisons. Nous croyons d'auiant mieux que ce régime est bon, que, comme l'a dit Racine lils, il était aisé à son père de l'éviter en mettant :
Même aux cœurs les plus durs inspireront l'amour.
Nous nous rangeons de l'avis de Racine fils, et voici nos raisons :
1' L'Académie ne dit ce mot que des personnes; et elle ne donne aucun exemple qui puisse faire croire qu'on peut dire : Inspirer quelque chose au cœur, à l'esprit de quelqu'im.
2" Inspirer (jueUiu'un, c'est lui communiquer un mouvement intérieur qui le détermine à faire quelque chisc. L'idée de volonté cnt'-e donc dans celle d'inspiration; on ne peut donc inspirer que des êtres capables de volonté; on ne peut donc inspirer que des personnes.
Mais dans les vers dont il est question. Racine n'a pas pris ce veibe en ce sens, mais dans le sens figuré de souffler. On dit au propre, inspirer de l'air dans les poumons (Acad.), et au ligure, inspirer de l'amour dans le cœur. Dans le premier sens, inspirer suppose une action qui doit être faite par celui qui a reçu l'inspiration; dans le second, il suppose une modification, un senlimcnt qu'il doit éprouver. Inspirer de l'amour à quelqu'un , c'est lui communi(]ucr un mouvement intérieur qui le porte à aimer. Inspirer l'amour dans le cœur de quelqu'un, c'est faire sur son cœur une impression qui lui fait éprouver, bon gré mal gi'é, le sentiment de l'amour. D'après cela, on pourrait fort bien dire, il m'était indiffèrent ; viais enfin, ses soins, sa complaisance, la bonté du son caractère , les agréments de sa conversation, m'ont inspiré de l'amour pour lui; et la beauté de cette femme est si séduisante, qu'à la previicre rue elle in- S[)ii'e de l'amour dans tous les cœurs. — .le ne prétends pas dire que celte façon de parler soit usitée; mais je pense qu'elle devrait l'être, puisqu'elle exprime une nuance différente de l'expression ordinaire ; et ce qui conlrihue beaucoup à in'affermir dans celle opinion, c'est l'exemple de Racine.
* I^STABLE. Adj. dcs deux genres. Ce mol doit être admis, dit La Ilarpc, puisque nous avons
INS
instabilité, et que tous deux nous viennent du lalin. On dirait Irès-bicn un caractère instable, pour dire un carariére qui n'a point de solidité. Cet adjectif cx[)rime une qualité réelle et positive. Voyez In.
Instamment. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire elle jiarticipe : Il m'en a prié instamment, il m'en a instamment prié.
Instance. Subst. L L'usage ne permet point d'employer ce substantif au singulier. On dit faire des instances, faire de grandes instances, cl non pas faire une instance, fiire une grande instance. Instance signifie prières, demandes réitérées, ce qui emporte l'idée du pluriel. Il ne faut donc pas imiter rAcadémic qui dit, avec instance, faire instance. — Ce mot n'a de singulier qu'en termes de palais : L'instance était grande à tel tribunal. Tribunal de première instance. Instant. Subst. m. On dit en un instant, et cela s'appli(|ue au présent et au passé : // le fait en un instant, il l'a fait en un instant. Dajis un instant marque un futur : Je reviendrai dans un instant.
Instant, Instante. Adj. Fcraud prétend que cet adj. ne peut s'employer iju'au féminin avec les substantifs prière, sollicifalii.n, poursuite, demande, el le plus souvent au pluriel. Cependant l'Académie dit : Le péril est instant, le besoin est instant. L'emploi de ce mot, en ce sens, est d'autant moins Imiucnt, qu'il dit moins que pressant el urgent, (jui [leuvent toujours le supl)Iéer. On peut le mettre avant .son subsl., en consultant l'oreille et l'analogie: Des prières inslanles, ces instantes prières. A oyez Adjectif.
Instant (a l'). Expression adverbi.ilc. Elle se met quelquefois au commencement de la phrase : A l'instant on chanta le combat des Centaures avec les Lapithes. (Fénél., Télém., liv. I, t. I, p. 74.) On le met aussi après le verbe : Il partit à l'instant. On ne dit pas il est à l'instant parti.
Instantané, Instantanée. Adj. Qui ne dure qu'un instant. Il n'y a pas longtemps encore que l'on écrivait instantu?iée au masculin comme au féminin : Ce mouvement, dit Voltaire, n'a été qu'instantanée. Giàce à l'Académie, on a rejeté celte exception inutile, el contraire à l'analogie de la langue. On dit aujourd'hui un mouvcmetit instantané. Cet adj. ne peut se mettre qu'après son subst.
Instigateck. Subst. m. Celui qui excite un autre à faire quehjue chose. En parlant d'une femme, on dit instigatrice.
Instigier. V. a de la 1'" conj. En vain, dit un critique, le barbarisme instigucr esl-il placé depuis plus de cent ans dans nos dictionnaires; le bon goût le re[)Ousse et le repoussera toujours. — Celte critique ne nous semble pas juste. Instiguer n'est ni plus barbare, ni plus contraire au bon goût, qu'instigation el instigateur, queVixsage admet. Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'il esl peu usité.
Instill.ation. Subst. f. On fait sentir les deux l sans les mouiller.
Instiller. V. a. de la 1'" conj. On fait sentir les deux l sans les mouiller.
Instituer. V. a. de la 1'' conj. 7w<?r forme deux syllabes.
Instituteur. Subst. m. En parlant d'une femme, on dit Institutrice.
Instructeur. Subst m. Peu d'auteurs, dit A'ollaire, se sont servis de ce mol qui manque à notre langue. 11 s'en est servi lui-même dans les vers suivants {Le Busse a Paris, 102) :
INS
N«mm(i-moi donc ces saints que le ciel favorise.
Maître Abraham Cliaumeix, Haytr le récollet,
El Berlliier le jésuite, et le diacre Trulilot.
Et le doux Laveirac, et Nonotte et tant d'autres,
Ils sont tous parmi nous ce qu'étaient les apôtres,
Avant qu'un feu divin filt descendu sur eux,
De leur siècle profane inêtructeurt généreux, etc.
Ikstrdctif, Instructive. Adj. 11 lie se dit que des choses, cl ne se met point avant son subst. Rousseau a dit en vers, Vinsiructive morale ; mais l'inversion parait dure.
Instruction. Suhsl. f. L'Académie met avoir de V instruction, pour dire être instruit. Ce néologisme n'est pas tiès-régulier, car instruction s'est toujours dit activement de l'aciioii d'instFuire. Cependant ilest adopté aujourd'hui assez généralement, et on dit qu' un jeune homme a de Vinstruction, pour dire qu'il a des connaissances dans plusieurs sortes de sciences.
Instruire. Y. a. de la 4' conj. Ce verbe se conjugue comme nvire. Il régit à devant un infinitif: Je m'instruis à lui répondre. La nature instruit les animaux à chercher ce qui leur est propre.
Je l'instruirai moi-même à venger les Troyens.
(RlC, Androm., acl. I, se. IV, 69.)
Vous me donnez des noms qui doivent me surprendre, Madame ; on ne m'a pas instruite aies entendre.
(lUc, Iphig., act. II, se. V, 45.)
"Voltaire a dit:
Ne pourra-t-on m'instruirt
Qui commande en ces lieux, quel est le sort d'AIzire, Si Montèze est esclave et vuitencor le jour. S'il traîne ses malheurs en cette horrible cour?
{Alt., act. II, se. I, 33.)
C'était pour nous instruire
Qae (onvent la raison sufGtà nous conduire. [Hcnr., IX, 257.)
Son exemple initruioait bien mieux que ses diseonrs, [Idem, IX, 263.)
Devant les noms, il régit ordinairement par : Il 7n instruit par son exemple. Mais quelques poètes, au lieu de par, ont employé de:
Instraisei-Ie d'exemple
(CoBK., Cid, act. I, se. Tl, 33.)
Il m'instruisait d'exemple an grand art des héros. (Volt., i/enr., II, 1Î5.)
Instrumental, Instrumentale. Adj. qui ne se met qu'après son subsl. . Cause instrumentale, musique instrumentale. Il n'a point de pluriel au masculin.
Insu. Subst. m. Féraud observe judicieusement que, puisqu'on écrit aujourd'hui savoir, j'ai su, on doit écrire insu et non pas insçu. C'est ce qu'a fait l'Académie dans la dernière édition de son Dictionnaire.
Insuffisant, Insuffisante. Adj. On peut le mettre avant son subst., lorstjue l'analogie et l'harmonie le permeltenl : Moyens insuffisants, quantité insuffisante. Celle insuffisante doctrine .
Insultant, Insultante. Adj. Il ne se dit que des choses, et peut se mettre avant son subsl. lorsque l'analogie et l'harmonie le pennettent : Discours insultant, paroles insultantes, manié-
INT
rf j insultantes. Ces insultantes maiiières, cet insultant procrdé. Voyez Adjectif.
Insulte. Subsl. f. Ce mol, qui ne peut être employé aujourd'hui qu'au féminin, était autrefois masculin. Buuhours, Fléciiier, lui ont donné ce genre ; et Boileau a dit dans son Lutrin :
Evrard seul, en un coin prudemment retiré. Se croyait à couvert de l'insuiCs taeré.
Deux puissants ennemis
A mes sacrés autels font un profane imulte. (VI, 135.)
L'Académie ne donne point d'exemple du pluriel, ce qui ferait croire que ce mot ne peut être employé à ce nombre. Cependant on dit faire des insultes, il a reçu de luiplusieurs insultes.
Insulter. V. a. de la 1'^ conj. On dit insulter quelqu'un, et insulter à quelqu'un. Le |)reinier signifie simplement faire insulte à quelqu'un; h. second ajoute à celle idée celle de la lâcheté qui fait qu'on prend avantage de la faiblesse, de la misère, du malheur de (luclqu'un pour l'insulter : Insulter aux malheureux.
Ce même Agaraemnon à qui vous insultez
(RiC, Jphig., act. II, .se. V, 60.).
Dans ce sens, il se dit des choses : Les imitateurs des passions des grands insultent à leurs vices en les imitant. (Massillon. Petit Carême. Des exemples des grands, V part., t. I, p. 557.) Comhienvoit-on de femmes, parce qu'elles ne tombent pas dans des péchés grossiers, insuller à la fragilité et à la faiblesse! (Fléchier.)
Voudrait-il insulter à la crainte publique?
(Rac, Iphig., act. I, se. II, 30.)
Que des yeux étrangers pleurent au moins son sort, Tandis que dans ces lieux on insulte à sa mort.
(Volt., Oresfc.act. II, se. Il, 35).
Il part, et des rameurs L'insolente allégresse insulte à mes douleurs. (Delil., Énéid., IV, 621.)
Insupportable. Adj. des deu.^ genres. Qu'on ne peut supporter. Il se dit des choses et des personnes : Un homme insupportable. Un joug insupportable. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Une douleur insupportable , une insupportable douleur. Une humeur insupportable, une insupportable humeur. Voyez Adjectif.
Insupportablement. Adv. Il se met après le verbe ; Il écrit insupportablement.
Insurmontable. Adj. des deux genres. Qui ne peut être surmonté. Le hasard, la misère ci d'autres circonstances nous exposent à des lentalions presque insurmontables. Ce projet présente des difficultés insurmontables. Lorsque nous jugeons qu'une chose est insurmontable, c'est par le rapport des moyens aux obstacles. Ainsi ce jugement suppose deux choses bien connues, la force des moyens et la grandeur des obslades. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Des difficultés insurmontables, d'insurmontables difficultés. Voyez Adjectif. , , ,
Intact, Intacte. Adj. On prononce le c et le ^ On ne peut le mettie qu'après son subst. : Un dépôt intact, une vertu intacte, un ho/nme intact.
Intarissable. Adj. des deux genres. Qu'on ne peut tarir Ce mol est pris de l'amas des eaux, li
INT
sedit au propre cl au figuré, et on peut le mettre avant ^oii subsl., lorsque l'analogie et Iharmonie le permettent. : Une source intarissable, vue carrière intarissable, des larmes intarissables. — Cette intarissable source de larmes... Cet intarissable babil. \ osez Adjectif.
Intègre. Adj. des îleux genres. 11 ne se inet qu'après son subst. : Juge intègre, U7ie vertu intègre.
Intellect. Subst. m. Féraud prétend qu'on prononce intellek. On prononce intcllecte. C'est l'àme en tant qu'elle conçoit.
Intellectuel, Intellectuelle. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Les facultés intellcctxtelles, objet intellectuel, véritvs intellectuelles.
Intelligence. Subsl. f. L'Académie dit ; lissant d'intelligence pour vous surprendre, pour vous <roOTpe/-. Ilacineadit {Bajaz.,ncl.Ul, se. vu, 2):
Tous deui à me tromper sonl-ils d'intelligence î
Lequel de ces deux régimes est le meilleur? Il semble que le premier a rapport aux mesures concerlées pour tromper, et le second au concert de l'action.
Intelligent, Intelligente. Adj. Être intelligent, substance intelligente, homme intelligent. il ne se met (ju'après son subst.
Intelligible. Adj. des deux genres. Paroles intelligibles, passage intelligible, auteur intelligible. 11 ne peut guère se mettre avant son subst.
Intelligiblement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire cl le participe. Il a prononcé intelligUlement, ou il a intelligiblement prononcé.
INTE.MI>É^,A^T,1^■TEMPÉRA^TE. Adj. Un homme intempérant. 11 suit toujours son subst.
IisTEjipÉr.iE. Subst. f. Il se dit de la mer, de l'air, du climat, des saisons et des humeurs.
Intention. Subst. f. C'est la lin que se propose un homme en agissant. L'Académie dit : Il a intention, et il a l'intention de faire quelque chose. 11 doit y avoir quelque différence entre ces deux expressions. Je [lense qu'elle peut se tirer de la nature même des termes. Dans il a intention, intention est pris dans un sens indéfini. Ainsi on dira d'un homme qui, en général, a intention de nuire à quelqu'un lorsqu'il en trouvera l'occasion, il a intention de vous nuire. Dans avoir l'intention, le mot intention est déterminé pas l'article; il signifie donc une intention parliculicre. Ainsi on dira il a l'mtention de vous nuire, en parlant d'un homme qui cherche à exécuter un dessein particulier qu'il a formé pour nuire à quelqu'un.
Interdire. V. a. cl irrégulicr de la 4' conj. Il se conjugue comme dire, excepté à la seconde personne du présent de l'indicatif, où l'on dit vous interdisez, au lieu de vous interdites. On dit aussi interdisez à l'impératif.
Intéressant, Intéressante. Adj. On peut quelquefois le mettre avant son subst. : Un ouvrage intéressant, une nouvelle intéressante, celle intéressante nouvelle, un homme intéressant.
Intéresser (s'). Être intéressé, ont des sens très-différents. L'un signifie, prendre intérêt, et l'autre, avoir intérêt a une chose. Dans celle phrase: Fuyez les procè* sur toutes choses : souvent la conscience s'y intéresse, la santé s'y altère, les biens s'y dissipent (Wailly), il fallait y est intéressée. L'affe/^tation de la symétrie a peui-éire |)roduit ce contre-sens. {Dictionnaire critique de Féraud.)
Imébêt. Subst. m. Ce mot a beaucoup d'ac-
INT
ceptions. Pris dans un sens absolu, sans lui «donner aucun rapport immédiat avec un individu , un corps, un peuple, il signifie ce vice qui nous fait chercher nos avantages au mépris de la justice et de la venu, et c'est une vile ambition; c'est l'avarice, la passion de l'argent. — Quand un dit l'intérêt d'un individu, d'un corps, d'une nation; mon intérêt, l'intérêt de l'État, son intérêt, leur intérêt, alors ce mot signifie ce (jui importe ou ce qui convient à rËlat,"'à la [)ersonnc,à moi,eic. — Intérêt, se dit en litlératurc, d'un récit, d'une peinture, d'une scène, d'un ouvrage d'es(irit en général. C'est l'attrait de l'émotion (ju'il nous cause, ou le yilaisir (,'je nous éprouvons à être émus, à son occasion, de curijsiié, d inquiétude, de crainte, de pitié, d'admiration, etc.
Intérieur, Intérieure. Adj. Partie intérieure, nioiirei/icnt intérieur, paix intérieure. Il ne se met qu'après son subst.
Intérieurement. Adv. Il se met après le verbe : La grâce de Dieu agit intérieurement. C'est un fruit qui est gâté intérieurement.
Intérim. Subst. m. On prononce le 7re.
Interjection. Subsl. f. Terme de grammaire. C'est un mot qui [leint d'un seul trait les affections subites de I àme, et qui quelquefois équivaut à une phrase entière. 11 y a autant d'interjections qu'il y a de passions différentes, et l'on emploie quelquefois comme interjections des mots qui expriment des idées. Ainsi, quand lioileau a dit (Sat. VI, 1) :
Qui frappe l'air, bon Dieu, de ces lugubres cris?
L'expression bon Dieu, est là une interjection.
Voici les mois qui sont particulièrement destinés à former des interjections, et les passions auxquelles ils ont rapport :
Ah I aïe ! ouf! ahi! hé! hélas ! expriment la douleur.
Ah ! bon! la joie.
Ail! hé! la crainte.
Fi! fi donc! l'aversion, le mépris, le dégoût.
Oh ! hé ! sest ! la dérision.
f^olontiers, soit, le consentement.
Oh! l'admiration.
Ha! Ho! bon Dieu! miséricorde ! la surprise.
Çà ! alljns! courage! oh çà! tenez ferme! l'encouragement.
Gare! "holà! hem! tout beau.' oA .'l'avertissement.
Hola! hé ! l'appel.
Chut, paix, si, le silence.
Voyez Ha, Hé.
Les interjections n'ont pas de place fixe dans le discours, mais elles y figurent selon ijue le sentiment qui les produit les manifeste à l'extérieur. La seule attention iju'il faille avoir, c'est de ne jamais les placer entre deux mots que l'usage a rendus inséparables, comme entre le sujet et le verbe, entre l'adjectif et le substantif (ju'il modifie. Cependant, lorsque les interjections tiennent à une phrase, elles se placent ordinairement à la tête, et y font l'emploi d'un adjoint : Aïe! vous me faites mal; fi ! cela est vilain.
Interligne. Subst. m. ii^Tze étant féminin, dit Féraud, il semble qu'i'w/e/Vi^we doit l'être aussi; Trévoux et Richelct lui donnent ce genre. L'Académie dit qu'il est masculin lorsqu'il signifie l'espace qui est entre deux lignes écrites ou imprimées, cl qu'il est féminin lors(iu'il s'api)lique aux lames de métal qui servent dans les imprimeries à séparer les lignes et les maintenir. —
INT
Il n'en est pas i'inierUyue comme à'antichambro. Celle dernière expression signilie une pièce ou chambre qui osl avanl la ciiambrc propremenl dite; et interligne ne signifie pas ligne, mais espace ipii esl entre deux lignes. Le genre doit donc tomber sur espace, et non pas sur ligne.
Imeulocuteuk. Subsl. m. l.inguct a dit iw/eclocutrice, etrAradcniiecn 1S35 admet ce féminin.
iNiEr.MÉDiAiRE. Adj. dcs dcux gciucs. On no le met qu'après son subst. : lemps intermédiaire, espace iittennédiuire, corps intermédiaire.
Imekminable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avanl sou subst., lorsipie l'analogie et l'harmonie lepcrmeUcnt : Question interminaUe , difficultés interminables, procès interiiiinahle, disputes interminables. — Cette interviinuble question, ces interminables difficultés, etc. ^'oyez Adjectif.