I.NTERMITTENÏ. iNTEr.MITTENTE. Ou prOUOnce IcS
deux t du milieu. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Pouls intermittent, fièvre intermittente.
Interne. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. : Qualité interne, vertu interne, cause interne, principe interne.
* Imermssable. Adj. des deux genres. Mot nouveau proposé par Mercier. On dit invariable, pour, qui ne varie point, qui ne jieut varier; intarissable, pour, qui ne peut tarir ou être tari; indéchiffrable, pour, qui ne jx-ul être dèchilTré; impérissable, puur, qui ne peut i)érir. Pourquoi ne dirait-on pas intemissahle, pour signifier qui ne peut èire terni? A'oltaire a dit [Pucelle, XXl, 43):
Pour achever de mettre en tout son jour. De Jeanne d'Arc le lustre interniseable, etc.
Inteuprétvtif, Interprétative. Adj. On ne le met qu'après son subst. : Déclaration interprétative, clause interprétative.
Interprète. Subst. m. L'Académie n'applique qu'aux yeux celle expression, dans le sens figuré : Les yeux sont les interprètes de l'âme. Racine a dit {Britan.., acl. II, se. m, 114) :
. . . Toujours de mon cœur la boiiclie est Yintcrprcte.
et Voltaire [Oreste, acl. IV, se. viii, 36) :
Ta bouche esl de mon sort Vinterprète funeste.
Interrègne. Subst. m. On prononce les deux r.
Interrogant. Adj. qui n'est d'usage que dans cette expression, ^ot/U i/jierro^a/i/. On iirononce intérogant. Le point interrogant, que l'on appelle aussi point interrogatif, est un point dont on se sert dans l'écriture pour figurer l'interrogation. 11 se figine de celte sorte ('?); il se meta 4a fin de toute proposition qui interroge, soit qu'elle suit pleine ou elliptique; soit qu'elle fasse partie du discours où elle se trouve, ou qu'elle y soit seulement rapportée comme prononcée directement par une autre personne : Peut-on voir, sans compassion, souffrir son seinbluble'l
Interrogatif, Interrogative. Adj. qui ne se met qu'après son subst. On prononce î«ie'/o^atif. Terme de grammaire. Qui sert à interroger. Une phrase est interrogative, lorsqu'elle exprime de la part de celui qui parle une question plutôt qu'une assertion. On met ordinairement à la fin de cette phrase un point que l'on nomme interrogant ou interrogatif: Quavez-vous^ Oùsuisje ? Voyez Interrogant.
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Quoi qu'en disent p'iusieurs grammairiens, il n'y a dans la langue aucun Icrme qui soit pr-jprcment interrogatif, c'est -à-dire, qui désigne essentiellement l'iiUerrogation. La i)reuve en esl (pie les mêmes mots que l'on allègue comme tels, sont mis sans aucun changement dans les assertions les plus posilives. Ainsi l'on dil bien, combien coûte ce livre'? Comment vont nos affuiresl Où, tendent ces discours? Pourquoi sommes-7iotts nés? Quand reviendra la paix? Que veut cet homme? Qui a parlé de la sorte? Sur quoi est fondée notre espérance? Quel bien est préférable? Mais nous disons aussi sans interrogation,/e 501* combien coûte ce livre ; j'ignore COnmiiluK vont nos affaires ; vous comprenez où iendc?it ces discours ; la religion nous enseigne pourquoi nous sommes nés; ceci nous apprend quand reviendra lu paix ; chacun devine ce que veut cet homme; personne ne sait qui a parlé de la sorte; vous co7inuissez sur (pioi est fondée notre espérance ; cherchons quel Lien esl préférable. Qu'est-ce i\\x'\ dénote donc si le sens d'une phrase est inierrugalif ou non?
Dans toutes celles où l'on trouve quelqu'un de ces mois réjjutés iulerrogalifs en eu.x-mémes, on reconnaît ce sens, eu ce que ces mots mêmes étant conjonctifs, et se trouvant néanmoins à la tête de la phrase construite selon l'ordre analytique, c'est un signe assuré qu'il y a ellipse de l'anlécédent, et que cet antécédent est le complément granunalical d'un verbe aussi sous-entendu, qui exprimerait directement l'interrogation s'il était énoncé.
Reprenons les exemples que nous venons de donner, et nous allons nous en convaincre. Combien coûte ce livre? c'est-à-dire, apprenez-moi le prix que colite ce livre. Comment vont vos affaires? dites-moi la manière selon laquelle vont vos affaires, etc.
Dans les phrases où il n'y a aucun de ces mots conjonctifs, on marque souvent le sens interrogatif par un tour particulier. On met le i)ronoin personnel qui indique le sujet du verbe innnédialement après le verbe, s'il est à un temps siml)le; et après l'auxiliaire, s'il esl a un temps composé; et cela s'observe lors même (jue le sujet est exprimé d'ailleurs par un nom, soit simple, soit accompagné de modificalifs . Fiendrez-vous? Avuis-je compris? La raison que vous alléguez aurait-elle été suffisante? Il faut cependant observer que si le verbe était au subjonctif, cette inversion du pronom personnel ne marquerait point l'interrogalion, mais une simple hy[iotlièse, ou un désir dont l'énoncialion explicite est supprimée par ellipse: /tinssiez -vous à bout de votre dessein, i)our, je supi)ose même que vous vinssiez à bout de votre dessein. Puissiez-vous être content, pour, je souhaite que vous puissiez être content. Quelquefois même le verbe étant à l'indicatif ou au conditionnel, cette inversion n'est pas interrogative; ce n'est qu'un tour plus élégant ou plus affirmalif : Aussi conservons -nous nos droits ; en vain formerions-nous les plus vastes projets ; il le fera, dit-il.
Ce n'est souvent que le ton et les circonstances du discours quidèlerminent une phrase au sens interrogatif; et comme l'écriture ne peut figurer le ton, c'est alors le point inlcrrogalif ((ui y décide le sens de la phrase. (Beauzée.) Voyez Interrogation.
Interrogation. Subst. f. Interrogation, en htlérature, se dit d'une figure de rhétorique par laquelle celui qui parle avance une chose par
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forme de question. L'apostrophe qu'il se fait alors à iiii-niéino, ou qu'il l'ail aux autres, ne donne pas peu de jpoids et de véliéinence à ce qu'il dit. I, 'orateur peut, en plusieurs occasions, employer celte ligure avec avantage : d° (juand il parle d'une chose d'un ton affirmatif, cl comme ne pouvant souffrir aucun doute; 2° quand il veut montrer les absurdités où l'on tomberait en entreprenant de combattre ses senlimcnts; 3" lorsqu'il veut dcmôlcr les réponses captieuses ou les sophismes de son adversaire; 4" quand souvent, pressé lui-même, il veut à son tour presser vivement son aniagonislc. Celle ligure est très-propre à peindre les fiassions vives, mais surtout l'indignation, ouand rintcrrogation exprime le doute, l'incerliiude, le verbe de la proposition subordonnée doit èlre mis au subjonctif : Croyez-vous qnil ait dit cela ? Mais quand elle n'est employée ([ue j)our affirmer ou nier avec plus d'énergie, le verbe de celte proposition se met à l'indicatif.
Croirai-je qu'un mortel, avant sa dernière lieure, Peut pénétrer des morts la profonde demeure?
(Rac, Phéd., act. II, «c. I, 23.)
Madame, oublier-vous, Qu« Thésée ut mon père, et qu'il est votre époux? (Rlc, Phed., act. II, se. v,83.)
Voyez Interrogatif.
Interroger. V. a. de la1"conj. On prononce inièroger. Dans ce verbe, ^ doit toujours se prononcer comme j ; et pour lui conserver celle prononciation lorsqu'il est suivi d'un a ou d'un 0, on met un e muet avant cet a ou cet o : J'interrogeais, interrogeons, et non \)diSj'interrogais, interrogons. ]Nous ajouterons les exemples suivants à ceux que donne l'Académie :
Des victimes vous-mêmes interrogez U flanc.
(Rac, Iphig., act. I, se. il, 40.)
Je reviens sur mes pas, et, d'un œil curieui. Mes avides regards interrogent ces lieux,
(Delil., Éniid., II, 1003.)
Il faut franchir l'Averne, et, dans ses sombres bois, De l'antique sibylle interroger la voix.
(Idem, III, 585.)
U est temps, il est temps d'interroger le tort. {Idem, VI, 62.)
Le héros cependant d'un roc gagne la cime, Et de la mer au loin witerroje l'abtme.
[Idem, I, 257.)
Racine a dit dans Iphigénie (act I, se. iv, 9) :
Et qui de son destin qu'elle ne connaît pas. Vient, dit-elle, enÂulide interroger Calchas.
On dit interroger quelqu'un sur quelque chose. Racine dit ici, interroger de. C'est un tour latin (|ui doit ôlrc permis eu poésie.
1>tekrompi;k. V. a. de laA'conj. Il se conjugue comme rovtpre.
Mais un trouble importun vient depuis quelques jours De mes prospérités interrompre le cours.
(Rac, Ath., act. II, se. V, 26.)
Voyez Rompre.
Interbdption. Subst. f. Interruption OU réticence, en termes de littérature, se dil d'une figure de rhétorique dans laquelle l'orateur.
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ou distrait par un sentiment plus violent qui s'élève subitement au fond de son àmc, ou honteux de ce qui lui reste à dire, s'interrompl lui-même, et se livre à d'autres idées. Dans VAthalic de Racine, celle princesse parle ainsi à Joad lorsqu'il l'a attirée dans le temple, sous prétexte de lui livrer Eliacin cl ses trésors (act. V, se. V, 4) :
En l'appui de ton Dieu tu t'étais reposé;