‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 238 sur 453 · I.nvisiblement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe · texte numérisé non relu

I.nvisiblement. Adv. Il ne se met qu'après le verbe

Inviter. V. a. de la l" conj. Il se dit des personnes et des choses : Inviter quelqu'u7i a faire quelque chose. Le temps invite a la promenade,

Mr. exemple si beau vous invite à le suivre.

(Rac, Frères ennemis, act. III, se. IV, 19.)

Où le sommeil Yinvite au Tond d'un antre sombre. (Delil., Géorg., III, 173.)

Invocation. Subst. f. En poésie, c'est une prière que le poêle adresse, en commençant son ouvrage, à quelque divinité, surtout à sa muse, pour en être inspiré.

Involontaire. Adj. des deux genres..Ce à quoi la volonté n'a point eu de part; ce qui n'a point élé ou n'est pas voulu, consenti. Il parait à celui qui examine les actions humaines de prés, que toute la différence des volontaires et des ini^o- Zo«/a jVm consiste à avoir été ou n'avoir pas été réfléchies. Je marche, et sous mes pieds il se rencontre des insectes que j'écrase involontairement. Je marche, et je vois un seri)ent endormi ; je lui appuie mon talon sur la tète, et je l'écrase volontairement. Ma réfle.xiou est la seule chose

IRl

qui distingue ces deux mouvements. On ne le met point avant son subst. : Mouvement involontaire, acte involontaire.

Involontairement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le partici|)e : Il a agi involontairement. Il a involontairement remué le bras. \ oyez Involontaire.

Invraisemblable. Adj. des deux genres. S se lirononco fortement comme au commenccmont d'un mot. On ne le met point avant son subst. Un fait invraisemblable, une circonstance invraisemblable.

Invraisemblance. Subst. f. S se prononce fortement comme au commencement d'un mot.

Invulnérable. Adj. des deux genres. Il ne se met qu'après son subst. Au figuré, il régit la préposition à : Il est invulnérable AU'X. traits de la médisance. (Acad.)

loNiQLE, Adj. des deux genres qui ne se met qu'après SOI) subst.: f^ers ionique, ordre ionique, secte ioniqtie.

*Irascibilité. Subst. f. Mol nouveau proposé par Mercier. Qualité de ce qui est irascible. Mirabeau a dit : Les hommes qui substituent ^irascibilité de V amour-propre au culte de la patrie. — Il nous semble que ce mot pourrait être adopté sans inconvénient.

Iris. Subst. On prononce le * final. Autrefois l'Académie regardait ce mot comme féminin ; mais dans la dernière édition de son dictionnaire elle dit tpi'il est masculin. Cette nouvelle décision est conforme à l'avis de M. de Mairan, qui nous a donné dans /'£'ncycZopetfie quelques recherches sur le genre de ce substantif.

Le mot d'iVw, dit-il, est certainement toujours féminin en latin, dans toutes ses significations quelconques. Les auteurs qui ont écrit en français il y a qualre-vinglsou cent ans, l'ont fait aussi de ce genre dans la signification d'arc-cn-ciel, à en juger du moins par M. de la Chamlire, qui donna un traité de Viris pris en ce sens, en 1662. Mais je crois que les physiciens modernes l'ont fait toujours ou presiiue toujours masculin.

Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'avec une bibliothèque remplie de livres sur ces matières, je n'ai pu retrouver les endroits où j'avais lu le mot à'iris masculin ou féminin, (luoique j'aie parcouru des chapitres entiers qui traitent de ce météore; par la circonstance de l'élision avec l'article le ou la, c'est toujours Viris. Il faut donc en venir au détail des raisons, et à d'autres autorités qui seront peut-être en même temps jilus concluantes.

l'iris, synonymcd'arc-en-ciel, météore, cercle lumineux et coloré, tous sulislantifs masculins, a sans doute invité d'abord les [ihysiciens modernes à le faire masculin dans la même acception, sans compter qu'on évite parla l'équivoque d'une belle, d'une grande iris, avec une belle Philis ou une grande Célimène. El en effet, il n'est pas plus question alors de la messagère deJunon ou d'une belle femme, qu'il n'est question de Junon en parlantde l'air. Maiscommeunc pareille induction ne suffirait pas pour constater un usage, j'.ii cru plus à propos de consulter là-dessus l'Académie des sciences; et je me suis adressé a ceux de ses membres qui sont le plus au fait de la matière, et que je connais aussi pour les plus attentifs à se bien exprimer. Les uns m'ont fait l'honneur de me dire qu'ils me demandaient la chose a moimême; les autres m'ont répondu sur-le-champ et sans hésiter, masculin, trouvant même ridicule qu'on put ^n user autrement.

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Le iliciionnaire de Trévoux dit niissi fort bien que les philosophes font ce mot masculin; mais ensuite, dans les explications et dans les exemples, il le fait tantôt masculin, tantôt fcniinin, tenant sans doute un peu en cela de l'usage ancien et du moderne.

Cette espèce de zone ou d'anneau circulaire et diversement coloré qui entoure la prunelle de l'œil, et qu'on appelle aussi Viris, est certainement masculin sous ce nom, selon nos plus célèbres anatomistes, MM. AVinslow, ^lorand, Ferrein, etc. Le premier, qui, tout Danois qu'il est, ne laisse pas de bien parler français quand il s'agit des termes de l'art, m'a fait remarquer à celte occasion (ju'on disait le tibia quoiqu'il n'y ait j)as de mot plus pleinement lalin et féminin en celle langue. Quant aux ouvrages imprimés, je trouve dans le volume de l'Acndélnie des sciences de 4704 un grand mémoire de M. Méry, qui roule entièrement sur Viris, et d'où je n'ai pu tirer, non plus que de l'extrait de M. de Fonienelle, qui est de cinq à six pages, de que! genre ils font l'ùvsde l'oeil; car c'est toujours Viris, les fibres de Viris, les mouvements de l'iris. Mais j'ai été plus heureux dans le mémoire de M. l'etil, médecin, sur les yeux de Vhomme et de plusieurs animaux, lu à la même Académie en 1720. On y trouve, sans équivoque, un iris fort brun, tel qu'on le voit dans des bœufs et des chevaux.

Enfin la fleur, la jilante, la racine ou la poudre d'iris, quand elle est désignée par le seul mot à!iris, devient un substantif masculin dans le langage des botanistes et des naturalistes. Les fleuristes, remarque encore fort bieu Trévoux, font iris masculin, et l'on dit en ce sens, de Viris commun, les iris bulbeux. Cependant Savary, dans le Dictionnaire du commerce, que l'Académie française veul bien quelquefois consulter, a fait ce mot féminin; mais je crois qu'il sera plus sûr de nous en tenir au sciuimcni des Jussicu et dos Duhamel, qui le font sans difficulté masculin, et qui sont les gens du monde qui enleniloni le mieux cette langue.

Ip.omb. Subst. I". C'est, dit Dnmarsais, une figure i)ar laquelle on veut faire entendre le contraire lie ce qu'on dit. Boilcau, qui n'a pas rendu à Quinault toute la justice que le public lui a rendue depuis, en narle ainsi par ironie [Sai. IX, 2.S4.) :

Toulefois, s'il le faut, je veux bien m'en dédire. Et, pour calmer enfin tous ces flots d'ennemis. Réparer en mes Ters les maux qu'ils ont commis. Puisque vous le voulez, je vais changer de style. Je le déclare donc, Quinault est un Virgile.

Les idées accessoires sont d'un grand usage dans Vironie. Le ton de voix, et plus encore la connaissance du mérite ou du démérite personnel de quelqu'un et de la façon de penser de celui qui parle, servent plus à faire connaître Vironie que les paroles dont on se sert. Un honmic s'écrie : O le bel esprit! Parle-t-il de Cicéron, d'Horace? il n'y a point là û'ironie, 1rs mots sont pris dans le sens propre. Farlc-t-il de Zoïlc? c'est une ironie. Ainsi , Vironie fait une satire avec les mêmes paroles dont le discours ordinaire fait un é'oge.

Ironique. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie : Discours ironique, ton ironique, réponse ironique. Cette ironique réponse 7ne viqva au vif. Voyez Adjectif.

iROMQUEMENT.Adv. Il nc sc met qu'après le

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verbe : Parler ironiquement. Il a parlé ironiquement.

lBRAisoN?(AnLE. Adj. dcs deux genres. On prononce les deux r. Il ne se met qu'après son subst.: Animal irraisonnable.

Il ne faut pas confondre irraisotinable avec déraison nabh. Le premier est un terme didactique qui se dit des animaux, parce (ju'ils ne sont pas doués de raison ; le second est un terme du langage ordinaire (jui signifie, qui est contraire à la droite raisun, qui n'agit pas suivant les lumières de la raison. L'homme n'est i)as un animal mm*o««aWe; mais il y a bien des hommes qui sont déraisonnables.

Irriîconc'liablk. Adj. des deux genres. On prononce les deux r. Qui ne se peut réconcilier. Terme relatif à la haine, à l'envie, à la jalousie, et à d'autres pa-^sions odieuses qui divisent les hommes et les animent souvent les uns contre les autres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie: Haine irréconciliable, f^oilà deux ennemis irréconciliables, deux irréconciliables ennemis.

lR^.Éco^cILIABLEMI;NT. Adv. Les deux r se prononcent. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : Ils sont brouillés irrcconciliablement, ils sont irréconciliahlement brouillés.

*Irrécoxciliés, Ir.RÉco.NCiLiÉEs. Adj. On doit admettre ce mot, dit La Harpe, puisque nous avons Irréconciliable. ]Ne dirait-on pas très-bien ne mettez jamais ensemble deux: ennemis irréconciliés^ — Nous pensons qu'il ne faut pas dire ces ennemis sont irréconciliés, mais ces ennemis ne sont pas réconciliés , parce que sont marque une affirmation, et que l'idée est entièrement négative. Voyez /«.

iRr.ÉcDSABLE. Adj. dcs deux genres. On fait sentir les deux r. On peut le mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent: Témoin irrécusable, cet irrécusaile témoiîi.

Ir.RÉFLÉcHi, IwtÉFLÉcHiE. Adj. qui ne se met qu'après son subst. : Un propos irréfléchi, une action irréfléchie, une démarche irréfléchie.

Irréfragable. Adj. des deux genres. On peut le mettre avant son subst., en consultant l'oreille et l'analogie: Docteur irréfragable, autorité irréfragable, doctrine irréfragable, cette irréfragable d^ctrir.a:. \uytz Aàjiitif

Irrégulier, lRBÉGULii;i'.E. Adj. Il ne se met (ju'après son subst. : Poëme irrégulier, procédé irrégiilier, vers inréguliers.

On appelle en grammaire verbes irréguliers, les verbes dont les variations ne sont pas conformes à celles du verbequi doitservirde modèle. Par exemple, aller esl un verbe irrégulier, parce que son infinitif finissant en er, comme tous ceux des verbes delà première conjugaison, ses variations ne sont pas conformes à celles du verbe chanter, qui sert de modèle pour cette conjugaison.

Les venfaes irréguliers de la première conjugaison sontaMe?-, qui est un verbe netiirc, envoyer et renvoyer, i|ui snut des verbesactifs. Voyez ces verbes à leurs articles.

11 y a dans la seconde conjugaison en ir, un grand nombre de verbes irréguliers. Condillac fait (piatre classes de cette conjugaison, dont il donne pour modèles, finir, sentir, ouvrir, tenir. La première est la même que celle dont nous avons donné emplir pour modèle. (Voyez Conjugaison.) EWc comprend tous les verbes qui se

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terminent on jç à l;i seconde personne du i)rcsent de l'indiiMlif. Ses verbes irrégidiers sont bénir, fleurir au tiçurtï, haïr. Voyez ces mots.

La seconde i-onjugaison en ir, dont le modèle est sentir, comprend les verbes consentir, ressentir, pre'ssciUir, montir, dormir, endormir, se repentir, servir, dessercir, sortir, partir, ressortir, sortir de nouveau, et repartir, répli- <iuer. Mais ressortir, être du ressort, répartir, partager, et sortir, obtenir, se conjuguent comme finir.

Seconde conjugaison en Ir.

Modèle, Sentir.

Infinitif. — Sentir.

Indicatif. — Présent. Je sens, tu sens, il sent; nous sentons, vous sentez, ils sentent. — Imparfait. Je sentais, tu sentais, il sentait , etc.

— Passé simple. Je sentis, tu sentis, il sentit; nous sentîmes, vous sontitcs, ils sentirent. — Futur simple. Je sentirai, tu sentiras, il sentira; nous sentirons, vous sentirez, ils sentiront.

Le reste conune dans la première conjugaison en ir.

Conditionnel. — Présent. Je sentirais, etc.

Impératif. — Pré.tent. Sens, qu'il sente ou qu'elle sente; sentons, sentez, qu'ils sentent.

Subjonctif. — Présent. Que je sente, que tu sentes, qu'il sente ; que nous sentions, que vous sentiez, qu'ils sentent. — Imparfait. Que je sentisse, que tu sentisses, qu'il sentit; que nous sentissions, que vous sentissiez, qu'ils sentissent.

Panicipe. — Présent. Sentant. — Passé.

Senti, sentie.

Les verbes irréguliers de cette conjugaison sont bouillir, courir, fxiir, 7nourir, vêtir, revêtir, acquérir, conquérir, recimquérir, requérir ; accourir, concourir, discourir, parcourir, qui se conjuguent comme courir, ^'oyez ces verbes.

Troisième conjugaison en In.

Modèle, Ouvrir.

Infinitif. — Ouvrir.

Indicatif. — Présent. J'ouvre, tu ouvres, il ouvre ; nous ouvrons, vous ouvrez, ils ouvrent.

— Imparfait. J'ouvrais, etc. — Passé simple. J'ouvris, tu ouvris, il ouvrit; nous ouvrîmes, vous ouvrîtes, ils ouvrirent. — Futur simple.

J'ouvrirai, etc.

Conditionnel. — Présent. J'ouvrirais, etc.

Impératif. — Présent. Ouvre, qu'il ouvre; ouvrons, ouvrez, (ju'ils ouvrent.

Subjonctif. — Présent. Que j'ouvre, que lu ouvres, qu'il ouvre; que nous ouvrions, que t vous ouvriez, qu'ils ouvrent. — Imparfait. (.)ue j'ouvrisse, que tu ouvrisses, qu'il ouvrit; que î nous ouvrissions, que vous ouvrissiez,*qu'ils ouvrissent. !

Participe. — Présent. Ouvrant. — Passé.

Ouvert, ouverte.

On conjugue comme ouvrir les verbes couvrir, découvrir, cntr ouvrir, rouvrir, recouvrir, offrir, mésoffrir, souffrir.

Les verbes irrésuliers sont cueillir, affaiblir, assaillir, tressaillir. Accueillir et recueillir .SP conju'^i'ent comme cueillir. Voyez ces ver

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