IV R
irriter le courroux, irriter des alarvies, irnter la douleur.
El respecte un courroux que la présence irritt,
(Volt., OEd., ad. III, sc. iv, 86.)
Je crains d'irriter vos ilarmes.
(Volt., Zdire, ad. III, sc. vu, 21.)
Toujours irritant vos douleurs, Croireï-ïous ne plus voir que des sujets de pleurs î (Rac, Iphig., ad. II, sc. I, 5.)
Isolément. Adv. D'une manière îsoiee. Féraud regarde cet adverbe comme un néologisme qui n'a pas l'air de faire fortune. Féraud s'est trompé; cet adverbe est admis généralement. On fait une demande, une pétition isolément ou collectivement.
Isoler. V. a. de la 1" conj. L'Académie le définit, faire qu'un corps ne tienne à aucun autre. Une maison n'est pas isolée parce qu'elle ne tient pas à d'autres maisons, mais parce qu'elle en est éloignée.
Issin. V. n. de la 2' conj. Vieux mot qui signifiait sortir. Il n'est plus usité qu'au participe passé issu, issue, et il signifie venu, descendu d'une personne, d'une race.
Itératif, Itérative. Adj. qui peut se mettre avant son subst., lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent : Mandements itératifs, commandements itératifs ; itérative défense, itératives remojitrances.
Itérativement. Adv. On peut le mettre entre l'auxiliaire et le participe : On l'a averti itérativement, on l'a itérativement averti.
Ivoire. On a été longtemps partagé sur le genre de ce mol. Vaugelas et Thomas Corneille le faisaient féminin: Boileau l'a fait masculin, et ce genre lui est resté :
Tuivoire trop hâta deux fois rompt sur sa lêle
(BoiL., Lutr., V, 18.)
Ivre. Adj. des deux genres qui ne se met qu'après son subst. : Un homme ivre, une^ femme ivre. 11 régit souvent la préposition de : Etre ivre de vin, d'eau-de-vie, d'amour, d'espérance, de volupté, d'orgueil, etc.
Ivresse. Subsl. f. L'Académie dit : L'ivresse des passions, des grandeurs, des succès. On dit aussi l'ivresse du pouvoir :
De l'absolu pouvoir vous ignorez Vivresse.
(Rac, Ath., ad. IV, sc. m, 83.)
Les grammairiens disent que ce mot n'a point de pluriel; cependant J.-B. Rousseau a dit (liv. I, ode XV, 22) :
Le réveil suit de près vos trompeuses ivresse», Et toutes vos richesses S'écoulent de vos mains.
Je pense que ce mol n'a point de pluriel lorsqu'il est employé dans un sens général et absolu; mais qu'on peut le mettre au i)luriol lorsqu'il signifie des états particuliers et distingués lesuns des autres. On peut dire, je crois, il est sujet à de grandes colères; pourquoi ne dirait-on pas, dans ses fréquentes ivresses, il ne connaît plus personne ?