‹ Dictionnaire raisonné des difficultés grammaticales et littéraires de la langue françaiseChapitre 241 sur 453 · JAM · texte numérisé non relu

JAM

JE

J. Subst. m. La dixième Icllrc do l'alphabel. On proiiuiicej'e. Le son propre de celleletlre est connue dans jamais, jcsuite, joli, jeune, jeter. Il conserve au coannenceraenl des mots le son qu^ lut esl ppipre

Cette lettre ne se double point, et ne se trouve jamais ni avant une consonne, ni à la fin d'un mot, ni avant la voyelle i, si ce n'est par clision, comme dans j'ignore, j'irai; et alors j' esl pour je. — J a toujours le son que l'on donne au g avant e, i : Je jugerai, le jmig, la jalnusie. — C'est le j et non le g que l'on emploie dans presque tous les mots où l'on enlcnd le son de ja, jo, ju : Jarretière, jalousie, jolie, joindre, jujubier. Mais c'est le g et non le j »iue Ion emploie dans geôle, geôlier, et dans les verbes en ger et leurs dérivés : il ^nange, nous mangeons; il gagea, nous gageons, la gageure, etc., qui se prononcent, le jolier, il manja, la gnjure. Si l'on a conservé l'e dans ces mot!^ c'est alin qu'on ne donnât pas au g le son dur (ju'il a dans garder, guttural.

J.-C. est l'expression abrégée du nomàc Jésus- Christ.

Jaillir. V. n. de la 2'conj. On mouille les /. Il se conjugue comme finir. Selon l'Académie, il ne se dit proprement que de l'eau ou de quelque autre chose de fluide. Nous croyons cependant qu'on ne saurait reprocher à Delille d'avoir dit (Enéide, AI, 7j :

Du roc qui le recèle.

L'un d'un feu pélillant fait jaillir l'étincelle.

Jaillissant, Jaillissante. Adj. verbal tiré du "verhQ jaillir. On mouille les l. Il ne se met qu'après son subst. : Des eaua; jaillissantes.

Jalousie. Subst. f. Inquiétude de l'âme qui la porte à envier la gloire, le bonheur, les talents d'aulrui. Celte passion ressemble beaucoup à l'envie, et on confond souvent ces deux mots. Il semble pourtant ipie par Venrie nous ne considérons le bien qu'en ce qu'un autre en jouit, et que nous le désirons pour nous; au lieu que dans la jalousie, il s'agit de notre bien propre que nous appréhendons de perdre, ou auquel nous craignons ([u'un autre ne participe. On envie l'autorité d'autrui , on est jaloux de celle qu'on possède. Corneille a dit dans Nicomède (act. I, se. V, 29) :

Par lui j'ai jeté Rome en haute jalousie.

Voltaire a dit à l'occasion de ce vers : On inspire de la jalousie, on la fait 7ia'itre. La jalousie ne peut éirc haute; elle est grande, elle est violente, soupçonneuse, etc. {Remarques sur Corneille.)

Jalolx, Jalolse. Adj. On peut le mettre avant son subst. , lorsque l'analogie et l'harmonie le permettent: Un homme jaloux, V7ie femme jalouse. Une liumeur jalouse, cette jalouse humeur ; des transports jaloux, de jaloux transports. — Qucl(|uefois il régit rfc devant les noms et les verbes : Jesuis jaloux de viu gloire; je suis jaloux de mériter votre estime. A oyez Jalousie.

Jamais. Adv. On le place lantôl au comniemcment de la phrase, jamais je ne l'ai vu ; tantôt après le verbe, je ne le verrai jamais ; tantôt entre l'auxiliaire et le participe,ye ne l'ai jamais , eu. — Jamais est ordinairement accompagné de la

négative ne. Il régit la préposition de : Cet homme ne boit jamais d'eau. Quelquefois il est suivi d'un nom appellalif sans article : Jamais homme n'a eu tant de génie. Alors ce nom appcllatif doit s'employer ai/ singulier, iiarcc que jamais avec h iiéi^atior» esl une exi)ression exclusive qui n'a pas besoin de pluriel.

L'Académie dit que jamaM se dit quelquefr.is sans être négatif : C'est ce qu'on peut jamais dire de mieux. Alors il ne prend point le ne. Féraud observe avec raison que, dans cette phrase, quoique la négation ne soit pas exprimée, le sens n'en est pas moins négatif. C'est comme si 1 on disait on ne pourra jamais rien dire de mieux.

On dit à jamais el pour jamais. Le premier est plus énergique que le second. Un homme est perdu à jamais, quand il est impossible qu'il se relève de sa disgrâce; il est perdu pour jamais, quand il est à croire qu'il ne s'en relèvera pas.

Japper. V. n. de la 1" conj. Voyez Aboyer.

Jargon. Subst. m. Ce mot a plusieurs acceptions. Il se dit: 1° d'un langage corrompu, tel qu'il se parle dans nos provinces; 2° d'une langue factice , dont quelques personnes conviennent pour se parler en compagnie el n'être pas entendues des autres; 3° d'un certain ramage de société qui a quelquefois son agrément et s'a finesse, el qui supplée à l'esprit véritable, au bon sens, au jugement, à la raison, aux connaissances, dans les personnes qui ont un grand usage du monde. Celui-ci consiste dans des tours de phrase particuliers, dans un usage singulier des mots, dans l'art de relever de peûtes idées froides, puériles, communes, par une expression recherchée. Le précieux, ou celle affectation de langage si opposée a la naïveté, à la vérité, au bon goiit et a la franchise, dont la nation était infectée, et que Molière décria dans ses Précieuses ridicules, fut une espèce Ag jargon. On a beau corriger ce mot de jargon par les épithèles de joli, d'obligeant, de délicat, d'ingénieux, il emporte toujours avec lui l'idée de la frivolité.

* J ARRETER. V. a. delà 1^' conj. Mol nouveau proposé par Mercier. Nous avons mettre ses jarretières, qui parait suffisant. Madame sejarrèle-t-elle au-dessus ou au-dessous du genou ? est bien plus dur à prononcer que madame inetelle ses jarretières, etc. ?

Jauger. V. a. de la l"^' conj. Dans ce verbe, le g doit toujours se prononcer cominey, el, pour lui conserver celle prononciation lorsqu'il esl suivi d'un a ou d'un o, on met un e muet avant cet a ou cet o : Je jaugeais, jaugeons, et non pas, je ja uga is, ja ugoîis .

Jaunâtre. Adj. des deux genres. Il suit toujours son snlist. : U/ie robe jaunâtre.

Jaune. Adj. des deux genres. Il suit toujours son subst. : Du drap jaune, une fleur jaune, avoir le teint jauîie.

Jaumssant, Jaunissante. Adj. verbal tiré du verbe jaunir. Cet adj. paraît propre au genre poétique : Les épis jaunissants, la moisson jaunissante. Los poêles le mettent avant son substantif, suivant le besoin de la mesure ou de la rime.

Je. Pronom de la 1'' personne du singulier des deux genres, dont nous esl le pluriel. Voyez Nous. Il est toujours le sujet de la proposition: Je marche. Il se met toujours devant le verbe, si ce n'est dans les phrases inlerrogaiives, que deviendrai-je? que ferai-je? dans celles où l'on

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