JUT
— Devant une voyelle , on écrit (luclquefois jus'^ue ave(^ un s a la fin, et les poêles ajoutent ce 5 quand ils le jugent convenable à la mesure du vers :
J'ai poussé la vertu jusques à la rudess
^RlC, Phèà., ici. IV, se. Ii, 76.)
Jusqu'à, ju-iqu'aux, scrl aussi à marquer quel- (|iie chose (|ui va au delà de l'ordinaire, soit en bien, soit en mal : Notre religion 7ious ordonne d'aimer jusqu'à nos ennemis. Ils ont tué tout, jusqu'aux enfants.
Jusque, devant là adverbe, prend toujours un tiret : Jusque-là.
\.'e final de jusque s'clide devant à, au, aux, ici. Jusqu'à Rome, jusqu'dMcielfjusqt^SiUX nues, jusqu'ici.
Jusque ne prend point la préposition à quand il doit être suivi des mots ici, là, ou d'une expression adverbiale qui commence par la préposition à : Jusqu'ici, jusque-là, jusqu'à présent. D'après cette règle, que fournil l'usage, on doit dire, jusqu'aujourd'hui, et non pas jusqu'à aujourd'hui. — En 1835 l'Académie admet les deux expressions. Voyez Avjourd'hui.
Jusqu'à ce que, régit le subjonctif: Jusqu'à ce qu'il soit arrivé. Quelques auteurs y joignent la négative, et disent, /i/syw'd ce qu'il ne sait arrivé. Mais ni l'usage ni l'analogie ne demandent cette négative. Jusqu'à ce que, dit Voltaire dans ses Remarques sur le Cid (AcL III, se. iv, h^), est rude, et ne doit jamais entrer dans un vers.
Juste. Adj. des deux genres. Cet adjectif se met lanlôt avant, tantôt après le subst. : Un homme juste. — Une sentence juste, une juste punitior, une juste récompense, une juste proportion, une juste mesure, un juste poids, un habit juste, un calcul juste, une (bservation juste, une roix juste, une balance juste, ^'oyez Adjectif
Juste. Adv. Avec justesse. Il ne se met qu'après le verbe : Parler juste, chanter juste. Il prit ses mesures si juste.
Justemdst. Adv. Avec justice. On peut quelquefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // a été justement puni. Il signifie aussi précisément. Foilà justement ce qu'il 7wus faut. Il a dit justement la vérité. On peut queliiuefois le mettre entre l'auxiliaire et le participe : // est justemeni arrivé comme je sortais.
JusT-JSSE. Subst. f. 11 n'a point de pluriel. Ce mot, qu'on emploie également au propre et au figuré, désigne en général l'exactitude, la réguhu'ilc, la précision. Il se dit au figuré en matière de langage, de pensées, d'esprit, de goût et de sentiment".
Justice. Subst. f. Il n'a de pluriel que lorsqu'on parle de certaines juridictions, comme, par exemple, les anciennes justices des seigneurs.
Justiciable. Adj. des deux genres : U est justiciable de tel tribunal. Il ne se met point avant son subst.
Justifiable. Adj. des deux genres. Il ne se met pas avant son subst : Conduite justifiable, procédé justifiable.
Juteux, Juteuse. Adj. qui suit toujours son subst. : Un melon juteux, une pêche juteuse.
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K. Subst. m., la onzième lettre de l'iilpliabet. le son projire de cette consonne est que trèsdur: Kyrielle. On ne s'en sert plus aujourd'hui «jue dans ce mot et dans (lucliiues autres tirés des
langues élrançères, comme kan, Stockholm, kirsch-wasser, kiosque, kyste, etc.
K est la marque de la monnaie de Bordeaux.
L. Subst. m. On prononce le. Douzième lettre de l'alphabet. Elle est du nombre des consonnes.
Le son propre de cette lettre est le, comme dans laurier, leç^m, livre, loge, lune. Au commencement des mots, elle conserve toujours le son qui lui est propre, comme dans lapin, larron ; au milieu d'un mol elle le conserve également lorsqu'elle est entre deux voyelles, couime dans filer, voler, modèle, fidèle, appeler. A la lin des mots, elle se fait ordinairement entendre, commb dans profil, puéril, subtil, fil, etc., etc. Il faut en excepter baril, chenil, coutil, fouridl, fusil, outil, gril, nombril, persil, sourcil, soûl.
— Nota. La prononciation des mots pluriels en ils varie conformément à celle du singulier ; par exemple, on dit des fusi-senlevés, des outi-zexci lhnts, parce que ces mots se prononcent au sin- -'ulier sans l articulation du Z; maison dit de.<t profil-zexacis, de subtU-zarguments, "p'àVCQ^wc dans ces cas on fait sonner la consonne/ au singulier; enliii des péril-za/freux, en mouillant, parce que péril se mouille au singulier.
On fait ei.iendre le l linal do ^e/)/t7 dans la signification d'idolâtre ; dans gentil signifiant joli, agréable, le l ne se fait entendre (juc devant une voyelle, et alors il prend le son mouille -.gentil enfant, gentilhomme; dans ce mot celte lettre est muette au pluriel : De gentils enfants, gentilshommes.
Le l final se change en w dans les mois col, fol. Mais quoiqu'on ail accoutumé de les prononcer cou, fou, il est néanmoins d'usage qu'en certaines phrases ils conservent, tant dans la prononciation que dans l'écriture, le l de leur première ortho-
graphe. Ainsi on dit et on écrit le col de la vessie, un fol appel, un f'I amour, un fol espoir
Autrefois on écrivait vnhommemulet efféminé; aujourd'hui on écrit un homme mou et rj/i/niné. La voyelle i placée avant la consonne / donne à celte lettre un son mouillé qui est trés-i^ommun dans noire langue. Ce son devrait avoir un caractère particulier; mais comme il nous manque, il n'y a pas d'uniformité tlans la manière de le désigner.
1» Nous indiquons ce son mouillé par la seule lettre l, quand clic e>t à la fin d'un mol et précédée d'un i, soit prononcé, soit muet, comme dans fenil, babil, cil, mil, péril, bail, vermeil, écueil, fenouil, etc. 11 faut en excepter fil, cl les adjectifs en il, connue vil, civil, subtil, etc., où la lettre l garde sa prononciation naturelle. Il I faut excepter aussi les mots fusil, sourcil, outil, ' gril, etc., et le mot fils, où la lettre l est entiè- ! rement muette.
! 2° Nous représentons le ^on mouillé par // dans
j le nom Sully, et dans les mots où il y a avant II
un i prononcé, comme dans fille, anguille., pil-
I loge, cotillon, etc. Il faut excepter Gilles, raille,
' ville, el tous les mots commençant par ill, comme
I illégitime, illuminé, illusion, etc.
i 3" Nous représentons le même son par ill, de
i manière que Vi est réputé muetlorsipie la voyelle
prononcée avant le son est autre que i ou u,
comme ûnns puillasfe, treille, feuille, elc
4" Enfin nous enqiloyons cpiehiuefois !h pour la même fin. comme dans Milhau, ville.
Au surplus, c'est mal rendre le son mouillé que de prononcer meilleur, tailleur, comme s'il y avait mélieur, tdlieur, ou comme s'il y avait meyeur, taîeur.